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Recouvrement judiciaire : référé-provision devant les juridictions civiles ou commerciales

VĂ©rifiĂ© le 27/11/2024 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Que faire lorsqu'une personne ou une société n'a pas honoré le paiement d'une somme d'argent ? Si la situation présente un certain caractÚre d'évidence, il est possible de demander une avance sur la créance via la procédure du référé-provision. Celle-ci permet au juge d'ordonner rapidement le paiement d'une avance sur la somme due.

Cette procédure permet d'éviter la compléxité et la lenteur de la procédure d'assignation en paiement devant les tribunaux pour obtenir le paiement d'une somme d'argent.

Elle peut ĂȘtre mise en oeuvre si la crĂ©ance est considĂ©rĂ©e comme Ă©vidente. C'est-Ă -dire que la crĂ©ance ne doit pas ĂȘtre sĂ©rieusement contestable. Ainsi, la crĂ©ance doit ĂȘtre certaine et son montant doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©. Par exemple, le juge ne doit pas avoir Ă  interprĂ©ter les clauses du contrat ou avoir Ă  Ă©valuer le montant des sommes dues.

La décision du juge sera rendue rapidement (dans le délai d'un mois environ) sous forme d'une ordonnnance ayant autorité de la chose jugée . Elle sera éxécutoire : le débiteur sera donc immédiatement condamné à payer.

L’ordonnance de rĂ©fĂ©rĂ© est une dĂ©cision provisoire. Ainsi, si le dĂ©biteur engage une procĂ©dure devant le tribunal, celui-ci pourra statuer diffĂ©remment de l'ordonnnance de rĂ©fĂ©rĂ©. Il est trĂšs rare que le dĂ©biteur saisisse le tribunal .

Le tribunal compétent dépend de la qualité du débiteur :

Lorsque le débiteur est un commerçant ou une société commerciale (SAS, SARL, etc.), il convient de saisir le tribunal de commerce.

Le tribunal compétente est soit celui du siÚge social du débiteur, soit celui ou lieu d'éxécution de la prestation à l'origine de la créance.

Il convient de saisir le tribunal judiciaire du lieu de résidence du débiteur (client particulier, société d'exercice libéral (SEL), etc.) ou du lieu d'éxécution de la prestation à l'origine de la créance.

Cette procĂ©dure peut ĂȘtre mise en oeuvre pour tout type de crĂ©ance, qu'elle qu'en soit l'origine, Ă  l'encontre d'une personne physique ou d'une sociĂ©tĂ©

Il est necessaire de démontrer l'existence d'une créance bien établie : cette créance doit avoir un caractÚre évident, c'est-à-dire qu'elle n'est pas sérieusement contestable. C'est par exemple le cas de bons de commande et de livraison signés par le client qui prouvent l'accord sur sur le prix à payer et sur la qualité des produits livrés.

En revanche, une crĂ©ance dont le montant prĂ©cis est soumis Ă  apprĂ©ciation, ou dont la date d'exigibiltĂ© n'est pas clairement dĂ©finie, ou qui nĂ©cessite une interprĂ©tation du juge peut ĂȘtre sĂ©rieusement contestĂ©e.

Il n'est pas nécéssaire de justifier d'une situation d'urgence pour pouvoir demander un référé-provision.

Pour introduire une action en référé, le créancier doit préparer un dossier

Il doit également s'adresser à un commissaire de justice exerçant dans le ressort du tribunal compétent.

Celui-ci va envoyer au débiteur une assignation comportant obligatoirement les mentions suivantes :

  • IdentitĂ© et coordonnĂ©es des parties
  • Montant des sommes rĂ©clamĂ©es
  • Fondement de la demande et piĂšces justificatives
  • Date, heure et lieu de l'audience

Le créancier doit joindre tous les documents justificatifs, par exemple : le bon de commande ou le devis signé par le client, la facture mentionnant la date de rÚglement convenue, le bon de livraison, les conditions générales de vente acceptées par le client ou les lettres de relance.

Le créancier et le débiteur défendent chacun leur argumentation. Le recours à un avocat est obligatoire lorsque le litige dépasse un certain montant :

Le recours Ă  un avocat n'est pas obligatoire.

Le créancier peut défendre son dossier seul. Il a également la possibilité se faire représenter et assister : par exemple un conjoint, un parent ou une personne de l'entreprise. Pour cela, il faut donner un pouvoir spécial.

Les parties doivent ĂȘtre assistĂ©es et reprĂ©sentĂ©es par un avocat :

Le crĂ©ancier dĂ©fend son dossier en prĂ©sence du dĂ©biteur, qui lui-mĂȘme fait valoir son argumentation.

Le juge octroie une avance sur le montant de la somme due, aussi appelĂ©e « provision ». Il est possible de demander Ă©galement d'eventuels intĂ©rĂȘts de retard. En revanche, il n'est pas possible de demander des dommages-intĂ©rĂȘts.

La dĂ©cision du juge des rĂ©fĂ©rĂ©s reste provisoire. Le montant pourra ĂȘtre modifiĂ© lors de la procĂ©dure menĂ©e devant le juge du fond si de nouveaux Ă©lĂ©ments sont soumis Ă  son apprĂ©ciation.

Le crĂ©ancier doit ensuite signifier l’ordonnance rendue par le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s au dĂ©biteur. Il doit alors s'adresser Ă  un commissaire de justice qui remettra au dĂ©biteur l’ordonnance rendue :

Lorsque le créancier n'a pas obtenu gain de cause, il peut saisir la cour d'appel. Il dispose d'un délai de 15 jours francs aprÚs la notification ou la signification du jugement.

Le dĂ©biteur peut Ă©galement faire appel du jugement dans le mĂȘme dĂ©lai.

⚠ Attention

Il n'est pas possible de faire appel de l’ordonnance de rĂ©fĂ©rĂ© lorsque le litige est infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  5 000 €,

Si le crĂ©ancier n'est pas satisfait de la dĂ©cision en appel ou si la crĂ©ance est infĂ©rieure Ă  5 000 €, le crĂ©ancier peut assigner le dĂ©biteur en paiement devant le tribunal (et non plsu devant le prĂ©sident).

Textes de référence

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