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Redressement judiciaire d'une société

VĂ©rifiĂ© le 01/01/2025 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

La procédure de redressement judiciaire est une procédure collective qui permet la poursuite de l'activité d'une société qui se trouve en état de cessation des paiements. Cette procédure permet notamment de geler les dettes et d'obtenir des remises de dettes et des délais de paiement lors de l'adoption du plan de redressement.

Le dirigeant de la société en difficulté doit demander l'ouverture de la procédure de redressement judiciaire au plus tard dans les 45 jours de la cessation des paiements.

Cette procĂ©dure peut Ă©galement ĂȘtre ouverte Ă  la demande d'un crĂ©ancier ou du ministĂšre public.

💡 À noter

La procédure de redressement judiciaire concerne aussi l'entrepreneur individuel et le micro-entrepreneur. Pour plus de détails, vous pouvez consultez la fiche dédiée.

Le chef d'entreprise doit demander l'ouverture de la procédure de redressement judiciaire au plus tard dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements.

La procĂ©dure de redressement judiciaire ne peut pas ĂȘtre demandĂ©e lorsqu’une procĂ©dure de conciliation est en cours.

Le chef d'entreprise qui a tardĂ© Ă  demander l'ouverture d'un redressement judiciaire dans un dĂ©lai de 45 jours peut ĂȘtre condamnĂ© par le tribunal Ă  une peine d'interdiction de gĂ©rer, de diriger ou d'administrer une entreprise commerciale ou artisanale .

Cependant, le tribunal ne peut pas prononcer d'interdiction de gérer à l'encontre d'un entrepreneur exerçant une activité libérale réglementée. Dans ce cas, seul l'ordre professionnel (par exemple, Conseil de l'ordre des avocats, des architectes) peut prononcer une sanction disciplinaire.

Pour demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, il faut s'adresser au tribunal.

Le tribunal compétent dépend de la nature de l'activité et du lieu d'exercice :

Pour demander l'ouverture d'un redressement judiciaire, le dirigeant doit remplir le modÚle de demande d'ouverture de procédure suivant :

La demande d'ouverture de redressement judiciaire doit ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :

  • Extrait K-bis ou attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises (RNE)
  • État du passif exigible et de l'actif disponible et dĂ©claration de cessation des paiements
  • Nombre de salariĂ©s employĂ©s Ă  la date de la demande (nom, adresse etc.) et le montant du chiffre d'affaires Ă  la date de clĂŽture du dernier exercice comptable
  • État chiffrĂ© des crĂ©ances et des dettes avec l'indication selon le cas, du nom ou de la dĂ©nomination et du domicile ou siĂšge des crĂ©anciers et, pour les salariĂ©s, le montant global des sommes impayĂ©es
  • État actif et passif des sĂ»retĂ©s et engagement hors bilan
  • Inventaire sommaire des biens de l'entreprise
  • S'il s'agit d'une sociĂ©tĂ© comportant des membres responsables solidairement des dettes sociales (par exemple, une SNC), la liste de ceux-ci avec l'indication de leur nom et domicile
  • Comptes annuels du dernier exercice
  • Situation de trĂ©sorerie (liste des crĂ©ances et dettes) datant de moins d'1 mois
  • Attestation sur l'honneur certifiant l'absence de dĂ©signation d'un mandataire ad hoc ou l'ouverture d'une conciliation dans les 18 mois prĂ©cĂ©dant la demande.

Cette requĂȘte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e ou envoyĂ©e en 2 exemplaires au tribunal de commerce ou au tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).

Depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :

Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.

Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.

Pour en savoir plus sur les TAE, vous pouvez consulter le document sur la dĂ©signation et l’instauration des tribunaux des activitĂ©s Ă©conomiques.Entreprises en difficultĂ© : dĂ©signation et instauration des tribunaux des activitĂ©s Ă©conomiques

La demande d’ouverture de redressement judiciaire peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e en ligne par l’intermĂ©diaire du tribunal digital :

Pour demander l'ouverture d'un redressement judiciaire, le dirigeant doit remplir le modÚle de demande d'ouverture de procédure suivant :

La demande d'ouverture de redressement judiciaire doit ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :

  • Extrait K-bis ou attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises (RNE)
  • État du passif exigible et de l'actif disponible et dĂ©claration de cessation des paiements
  • Nombre de salariĂ©s employĂ©s Ă  la date de la demande (nom, adresse etc.) et le montant du chiffre d'affaires Ă  la date de clĂŽture du dernier exercice comptable
  • État chiffrĂ© des crĂ©ances et des dettes avec l'indication selon le cas, du nom ou de la dĂ©nomination et du domicile ou siĂšge des crĂ©anciers et, pour les salariĂ©s, le montant global des sommes impayĂ©es
  • État actif et passif des sĂ»retĂ©s et engagement hors bilan
  • Inventaire sommaire des biens de l'entreprise
  • S'il s'agit d'une sociĂ©tĂ© comportant des membres responsables solidairement des dettes sociales (par exemple, une SNC), la liste de ceux-ci avec l'indication de leur nom et domicile
  • Comptes annuels du dernier exercice
  • Situation de trĂ©sorerie (liste des crĂ©ances et dettes) datant de moins d'1 mois
  • Attestation sur l'honneur certifiant l'absence de dĂ©signation d'un mandataire ad hoc ou l'ouverture d'une conciliation dans les 18 mois prĂ©cĂ©dant la demande
  • Lorsque la sociĂ©tĂ© exerce une profession libĂ©rale soumise Ă  un statut lĂ©gislatif ou rĂ©glementaire ou dont le titre est protĂ©gĂ©, dĂ©signation de l'ordre professionnel ou de l'autoritĂ© dont il relĂšve.

Cette requĂȘte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e au tribunal judiciaire ou au tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).

En effet, depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux judiciaires de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :

Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.

Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.

⚠ Attention

Le tribunal judiciaire est compétent pour les professions réglementées du droit suivantes : avocats, notaires, commissaires de justice, greffiers de tribunal de commerce, administrateurs judiciaires et les mandataires judiciaires.

Pour en savoir plus sur les TAE, vous pouvez consulter la page suivante :

Le tribunal prononce le jugement d'ouverture du redressement judiciaire lorsqu'un plan pour sortir l'entreprise de ses difficultés paraßt possible.

Le greffier du tribunal informe l'entrepreneur de l'ouverture de la procédure dans les 8 jours de son prononcé.

Il procÚde également aux formalités de publicité suivantes :

  • Mention au RCS  pour une activitĂ© commerciale et/ou au RNE pour une sociĂ©tĂ© artisanale ou libĂ©rale
  • Avis au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr)
  • Insertion dans un support habilitĂ© Ă  recevoir des annonces lĂ©gales.

Ce jugement d'ouverture a les effets suivants :

  • Il met en place une pĂ©riode d'observation qui permettra de rĂ©aliser un diagnostic de l'entreprise et de prĂ©parer un plan de redressement.
  • Il dĂ©signe les organes de la procĂ©dure qui vont intervenir dans la procĂ©dure : il s'agit du juge-commissaire, du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire.

Le jugement d'ouverture de la procédure de redressement ouvre une période d'observation.

Cette période permet de faire un diagnostic de la situation. Elle établit un bilan de l'actif et du passif de la société pour déterminer les mesures qui permettront de poursuivre l'activité.

La pĂ©riode d'observation dure 6 mois au maximum. Elle peut ĂȘtre renouvelĂ©e une fois, pour une durĂ©e maximale de 6 mois, Ă  la demande de l'administrateur, de l'entreprise en difficultĂ© ou du ministĂšre public. Le ministĂšre public peut demander un second renouvellement. La pĂ©riode d'observation peut donc durer jusqu'Ă  18 mois.

Cette période permet de faire un diagnostic de la situation. Elle permet d'établir un bilan de l'actif et du passif de la société pour déterminer les mesures qui permettront de poursuivre l'activité.

L'administrateur judiciaire, avec l'aide de l'entreprise en difficulté, élabore le projet de plan de redressement. Ce projet de plan est élaboré en concertation avec les créanciers. Ces derniers sont consultés en fonction de la constitution de classes de parties affectées.

Les classes de parties affectées remplacent les comités de créanciers. Les classes de parties affectées se prononcent sur les propositions faites dans le projet de plan de redressement établi par l'administrateur judiciaire et l'entreprise en difficulté.

Certaines entreprises ont l'obligation de constituer des classes de parties affectées lorsqu'elles se trouvent dans l'une des situations suivantes :

  • Soit plus de 250 salariĂ©s et un chiffre d'affaires net qui dĂ©passe 20 millions €
  • Soit un chiffre d'affaires net qui dĂ©passe 40 millions €.

Les créanciers sont alors regroupés en fonction de leur créance : par exemple, les créanciers fiscaux, les créanciers munis de sûretés: Mécanisme qui sert à garantir le rÚglement d'une créance (dette, emprunt bancaire, etc.) en cas d'insolvabilité du débiteur. Il existe 2 types de sûretés : : les sûretés réelles lorsque la garantie repose sur un bien (hypothÚque, nantissement, gage) et les sûretés personnelles lorsqu'un tiers se porte garant (cautionnement).

Les entreprises qui ne sont pas soumises Ă  cette obligation peuvent quand mĂȘme demander au juge-commissaire l'autorisation de constituer les crĂ©anciers en classes de parties affectĂ©es.

Le tribunal désigne les différents intervenants à la procédure :

  • Juge-commissaire. Il est chargĂ© de veiller au bon dĂ©roulement de la procĂ©dure.
  • Mandataire judiciaire. Il reprĂ©sente la collectivitĂ© des crĂ©anciers et agit au nom et dans l'intĂ©rĂȘt de ceux-ci.
  • Administrateur judiciaire . Il est chargĂ© d'assister l'entrepreneur ou d'assurer seul, entiĂšrement ou en partie, l'administration de l'entreprise en fonction de la mission que le tribunal lui a confiĂ©e. Il Ă©tablit un bilan Ă©conomique et social de l'entreprise. La dĂ©signation d'un administrateur judiciaire est obligatoire lorsque l'entreprise a plus de 20 salariĂ©s et un chiffre d'affaires hors taxes supĂ©rieur Ă  3 000 000 €.
💡 À noter

Le mandataire judiciaire et l'administrateur judiciaire sont rĂ©munĂ©rĂ©s par l'entreprise. Cette rĂ©munĂ©ration est fixĂ©e par un arrĂȘtĂ© pour chacune de leurs missions (par exemple, mission d'assistance, Ă©laboration du bilan social et Ă©conomique). Elle dĂ©pend Ă©galement du nombre de salariĂ©s et du chiffre d'affaires de l'entreprise.

Le jugement d'ouverture du redressement judiciaire ouvre une pĂ©riode d'observation durant laquelle le dirigeant reste Ă  la tĂȘte de son entreprise et poursuit l'activitĂ© de l'entreprise.

À tout moment de la pĂ©riode d'observation, le tribunal peut ordonner la cessation partielle de l'activitĂ© Ă  la demande du chef d'entreprise lui-mĂȘme, du mandataire judiciaire, du ministĂšre public.

L'ouverture d'une période d'observation a des conséquences sur la situation du dirigeant, des créanciers et les contrats en cours.

Le dirigeant reste en fonction pendant la période d'observation. Il est assisté et surveillé par l'administrateur judiciaire nommé par le tribunal. Sa rémunération est maintenue, mais l'administrateur judiciaire peut demander au juge-commissaire de la modifier.

Le dirigeant qui s'est portĂ© caution de la sociĂ©tĂ© peut bĂ©nĂ©ficier de l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts et de l'arrĂȘt de tout intĂ©rĂȘt de retard et majoration.

En l'absence de rémunération, le dirigeant peut obtenir sur l'actif de l'entreprise des subsides (sommes d'argent versée à titre de secours) fixés par le juge-commissaire.

Le dirigeant ne peut pas céder les parts sociales ou actions de la société qu'il détient. En revanche, les associés ont cette possibilité.

L'activitĂ© de la sociĂ©tĂ© se poursuit pendant la pĂ©riode d'observation avec l'assistance de l'administrateur judiciaire qui peut ĂȘtre chargĂ© de surveiller la gestion de l'entreprise ou de co-gĂ©rer l'entreprise avec le dirigeant.

Le chef d'entreprise continue d'exercer sur le patrimoine de l'entreprise les actes de disposition et d'administration qui ne sont pas réservés à l'administrateur judiciaire.

L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire n'entraßne pas la fin des contrats en cours. C'est l'administrateur judiciaire qui détermine les contrats dont l'exécution est maintenue et ceux qui doivent cesser :

  • Le bail commercial se poursuit en principe. Il peut ĂȘtre rĂ©siliĂ© Ă  la demande du propriĂ©taire du local si le locataire ne paie pas son loyer. L'administrateur judiciaire peut Ă©galement choisir de ne pas poursuivre le bail. Dans ce cas, sa dĂ©cision s'impose au propriĂ©taire du local.
  • Les contrats de travail des salariĂ©s se poursuivent. Lorsqu'il existe un comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) dans l'entreprise, celui-ci doit dĂ©signer un reprĂ©sentant des salariĂ©s. Lorsque des licenciements Ă©conomiques sont urgents, inĂ©vitables et indispensables, le juge peut les autoriser.

L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire affecte tous les créanciers. Les conséquences sont différentes selon que leur créance est apparue avant ou aprÚs le jugement d'ouverture.

L’ouverture de du redressement judiciaire a les effets suivants :

  • lnterdiction pour l'entreprise en difficultĂ© de payer toute crĂ©ance antĂ©rieure au jugement d'ouverture. En pratique, cela signifie que l'entreprise ne paie plus ses crĂ©ances Ă  partir de l'ouverture du jugement de redressement judiciaire. Les crĂ©anciers doivent donc effectuer une dĂ©claration de leurs crĂ©ances auprĂšs du mandataire judiciaire.
  • Suspension des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs. La caution ne peut pas ĂȘtre poursuivie pendant la pĂ©riode d'observation.
  • ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations. Les cautions (personnes physiques) de l'entreprise en difficultĂ© peuvent bĂ©nĂ©ficier de l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts. En revanche, les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă  une annĂ©e ne sont pas concernĂ©s par l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts.
  • DĂ©claration de crĂ©ance : les crĂ©anciers ayant une crĂ©ance antĂ©rieure au jugement d'ouverture doivent dĂ©clarer leurs crĂ©ances auprĂšs du mandataire judiciaire, dans un dĂ©lai de 2 mois Ă  compter de la publication du jugement d'ouverture au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr).

Pour en savoir plus sur la déclaration de créance, se reporter à la fiche dédiée.

En principe, l'entreprise en difficulté ne paie pas les créances qui apparaissent aprÚs le jugement d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire.

En pratique, les apports en trĂ©sorerie apportĂ©s aprĂšs le jugement d'ouverture doivent ĂȘtre remboursĂ©s avant toutes les autres crĂ©ances. C'est que qu'on appelle le privilĂšge de redressement judiciaire.

Cependant, les créances salariales font exception à cette rÚgle et sont toujours payées en priorité.

D'autres créances sont également payées à leur échéance :

  • CrĂ©ances nĂ©cessaires au dĂ©roulement de la procĂ©dure ou de la pĂ©riode d'observation (par exemple, paiement d'une livraison d'un bien nĂ©cessaire Ă  l'activitĂ© de la sociĂ©tĂ©)
  • Contrepartie d'une prestation fournie Ă  l'entreprise en difficultĂ© pendant cette pĂ©riode (par exemple, paiement de travaux de plomberie)
  • CrĂ©ances alimentaires

Pour favoriser la poursuite de l'activité de l'entreprise, le juge-commissaire peut également autoriser le paiement des factures des transporteurs.

À la fin de la pĂ©riode d'observation, le tribunal prend l'une des dĂ©cisions suivantes :

  • ClĂŽture du redressement judiciaire
  • Mise en place d'un plan de continuation (ou plan de redressement judiciaire)
  • PrononcĂ© de la liquidation judiciaire.

ClĂŽture du redressement judiciaire

Lorsque la société a les sommes suffisantes pour payer ses créanciers, le tribunal ordonne la clÎture du redressement judiciaire. Cette situation est trÚs rare en pratique.

Mise en place d'un plan de continuation (ou plan de redressement judiciaire)

Lorsqu'il existe des possibilités sérieuses de redressement de l'entreprise, le tribunal met en place un plan de continuation (ou plan de redressement judiciaire) mettant fin à la période d'observation. Ce plan est destiné à permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise, le maintien de l'emploi et le paiement du passif.

AprĂšs avoir entendu les dirigeants de l'entreprise, l'administrateur, le mandataire judiciaire et les reprĂ©sentants du personnel, le tribunal arrĂȘte un plan de continuation de l'activitĂ©. Ce plan est Ă©tabli pour une durĂ©e qui ne peut pas excĂ©der 10 ans.

De plus, pour toute la durée du plan, le tribunal nomme un administrateur ou un mandataire chargé de veiller à la bonne exécution du plan. Sur demande du ministÚre public, il peut décider du remplacement d'un ou plusieurs dirigeants de la société.

Le plan de redressement peut prĂ©voir des licenciements nĂ©cessaires Ă  la survie de l'entreprise. Lorsqu'un plan de sauvegarde de l'emploi doit ĂȘtre Ă©laborĂ©, l'administrateur met en Ɠuvre la procĂ©dure prĂ©vue dans le code du travail dans le dĂ©lai d'un mois aprĂšs le jugement.

Le plan peut Ă©galement prĂ©voir l'arrĂȘt ou la cession d'une ou de plusieurs activitĂ©s.

💡 À noter

Lorsque l'entreprise en redressement judiciaire ne peut plus effectuer le versement des salaires dus à ses salariés, celui-ci est effectué par l'assurance en garantie des salaires (AGS).

Prononcé de la liquidation judiciaire

Lorsque le redressement paraĂźt impossible, le tribunal prononce la liquidation judiciaire.

SauvegardeRedressement judiciaireLiquidation judiciaire
Cessation des paiementsNonOuiOui
CaractÚre obligatoire de la procédureNonOuiOui
Initiative de la procĂ©dureUniquement le dirigeantUne des personnes suivantes :DirigeantCrĂ©ancier (Urssaf par exemple)MinistĂšre public (sur requĂȘte)Une des personnes suivantes :DirigeantCrĂ©ancier (Urssaf par exemple)MinistĂšre public (sur requĂȘte)
Situation de l'entrepriseDifficultĂ©s juridiques, sociales, Ă©conomiques ou financiĂšres insurmontablesCessation des paiementsCessation des paiements et redressement de l’entreprise manifestement impossible
Organes de la procĂ©dure nommĂ©s par le tribunalMandataire judiciaire : il reprĂ©sente les crĂ©anciersAdministrateur judiciaire (pour les entreprises d’une certaine importance) : il surveille ou assiste l'entreprise dans sa gestion.Juge-commissaire : il veille Ă  la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure.Mandataire judiciaire : il reprĂ©sente les crĂ©anciers.Administrateur judiciaire (pour les entreprises d’une certaine importance) : il assiste l'entreprise dans sa gestion.Juge-commissaire : il veille Ă  la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure.Liquidateur : il est chargĂ© de vĂ©rifier les crĂ©ances, de vendre les actifs et de procĂ©der aux licenciements et au paiement des crĂ©anciers.Juge-commissaire : il veille Ă  la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure.
Durée de la période d'observation12 mois maximum18 mois maximumPas de période d'observation
CoĂ»tHonoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire Ă  la charge de l'entreprise.Frais de greffeHonoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire Ă  la charge de l'entreprise.Frais de greffeHonoraires du liquidateur Ă  la charge de l’entreprise. Ils sont pris en charge par la Caisse des dĂ©pĂŽts et consignations si l’entreprise ne dispose pas de fonds.Frais de greffe
ConsĂ©quences du jugement d'ouvertureArrĂȘt des paiementsInterdiction des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs.ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă  1 an.ArrĂȘt des paiementsInterdiction des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs.ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă  1 an.ArrĂȘt immĂ©diat de l'activitĂ© (maintien parfois autorisĂ© par le tribunal pour 6 mois maximum)Dirigeant perd son pouvoir de direction au profit du liquidateur.Fin des contrats de travailInterdiction des poursuites contre l'entreprise pour des sommes dues et non remboursĂ©esArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă  1 an.
ObjectifsFaciliter la rĂ©organisation de l'entreprisePermettre la poursuite de l'activitĂ© Ă©conomiqueMaintenir l'emploiApurement du passifPermettre la poursuite de l'activitĂ© de l'entrepriseMaintenir l'emploiApurement du passifOrganiser la cession de toute l’entreprise ou d’une partie de celle-ciFermer l'entrepriseRembourser les crĂ©anciersOrganiser la cession de toute l’entreprise ou d’une partie de celle-ci
Fin de la pĂ©riode d'observationLa pĂ©riode d'observation se termine de l'une des façons suivantes :ClĂŽture de la sauvegarde car disparition des difficultĂ©s de l'entreprise au cours de la pĂ©riode d'observation (rare en pratique)Adoption d'un plan de sauvegarde pour 10 ans maximum qui met fin Ă  la pĂ©riode d'observation.Redressement ou liquidation judiciaire si pas de possibilitĂ© pour l'entreprise d'ĂȘtre sauvegardĂ©eLa pĂ©riode d'observation se termine de l'une des façons suivantes :ClĂŽture du redressement judiciaire si l'entreprise a remboursĂ© tous ses crĂ©anciers (trĂšs rare en pratique)Adoption d'un plan de redressement pour 10 ans maximum. Le plan peut prĂ©voir la cession d'une ou de plusieurs activitĂ©s.Liquidation judiciaire si le redressement est manifestement impossibleÀ la fin des opĂ©rations de liquidation, le tribunal prononce l'un des jugements suivants :ClĂŽture de la liquidation pour extinction du passif lorsque le liquidateur a pu rembourser tous les crĂ©anciers (trĂšs rare en pratique)ClĂŽture de la liquidation pour insuffisance d'actifs lorsque l'entreprise n'a plus assez d'argent pour rembourser l'ensemble des crĂ©anciers.
⚠ Attention

La procédure de sauvegarde accélérée et la liquidation judiciaire simplifiée ne sont pas traitées dans ce tableau.

Textes de référence

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