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Quelle obligation pour l'employeur en matiÚre de complémentaire santé ?

VĂ©rifiĂ© le 20/01/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Tout employeur du secteur privĂ© (entreprise et association) a l'obligation de proposer une couverture complĂ©mentaire santĂ© collective Ă  ses salariĂ©s, sauf exceptions. Cette couverture peut ĂȘtre assurĂ©e notamment par une mutuelle. Un particulier employant un salariĂ© Ă  domicile n'est pas concernĂ©. Certains salariĂ©s en contrat court peuvent ĂȘtre dispensĂ©s d'adhĂ©rer Ă  la complĂ©mentaire santĂ© collective et bĂ©nĂ©ficier d'un versement santĂ© par l'employeur. Nous vous prĂ©sentons les rĂšgles Ă  connaĂźtre.

Les rÚgles diffÚrent selon la situation du salarié :

L'employeur doit faire bénéficier tous ses salariés, quelle que soit leur ancienneté dans l'entreprise, d'une complémentaire santé d'entreprise.

Cette couverture permet au salarié de compléter ses remboursements de frais de santé en plus de la partie remboursée par la Sécurité sociale.

La couverture des ayants droit du salarié n'est pas obligatoire, mais l'employeur (ou les partenaires sociaux) peuvent décider de les couvrir aussi.

💡 À noter

Une personne peut demander Ă  ĂȘtre dispensĂ© d'adhĂ©rer au rĂ©gime de frais de santĂ© mis en place dans son entreprise. Pour cela, elle doit dĂ©jĂ  ĂȘtre couverte y compris en tant qu'ayant droit.

Cette couverture se fait par le biais d'un rĂ©gime de santĂ© collectif obligatoire (rĂ©gime familial obligatoire pour lequel l'adhĂ©sion des membres de la famille, Ă©poux(se), pacsĂ©(e), enfants, est obligatoire au mĂȘme titre que celle du salariĂ©).

En cas d'employeurs multiples, un salarié déjà couvert par un contrat collectif de l'un de ses employeurs peut refuser de souscrire aux autres contrats.

Il doit justifier de cette protection auprÚs des autres employeurs au moyen d'un justificatif annuel d'adhésion.

Les rÚgles diffÚrent selon la situation :

La couverture doit ĂȘtre maintenue lorsque le contrat de travail du salariĂ© est suspendu qu'elle qu'en soit la cause (exemples : survenance d'une maladie, d'une maternitĂ©, d'un accident ou en cas d'activitĂ© partielle ou d'un congĂ© d'adoption).

Le salarié doit se rapprocher de son employeur pour savoir si la mutuelle est ou non maintenue.

Les salariés dont le contrat est rompu pour un autre motif qu'une faute lourde bénéficient du maintien de cette couverture pendant une durée égale à la période d'indemnisation du chÎmage dans la limite de la durée du dernier contrat de travail.

Ce maintien des garanties ne peut pas excéder 12 mois (un an).

La couverture collective obligatoire doit remplir les 3 conditions suivantes :

  • La participation financiĂšre de l'employeur doit ĂȘtre au moins Ă©gale Ă  50 % de la cotisation (le reste Ă  la charge du salariĂ©)
  • Le contrat doit respecter un socle de garanties minimales (panier de soins minimum)
  • Le contrat est obligatoire pour les salariĂ©s, sauf dans les cas oĂč le salariĂ© peut refuser la mutuelle.

Si l'entreprise est soumise à une convention collective ou à un accord de branche, elle doit respecter ce qui est prévu dans ces textes.

En effet, des niveaux de garanties minimales ou un taux de cotisation plancher Ă  consacrer au financement des garanties peuvent ĂȘtre imposĂ©s Ă  l'entreprise par accord de branche.

Dans tous les cas, l'employeur et les reprĂ©sentants du personnel peuvent nĂ©gocier un accord au sein mĂȘme de l'entreprise.

En cas d’existence d’un accord de branche, l’accord d’entreprise devra prĂ©voir des garanties au moins aussi favorables que cet accord de branche.

Si ces négociations n'aboutissent pas, c'est une décision unilatérale de l'employeur qui met en place la complémentaire santé.

La complémentaire santé d'entreprise doit prendre en charge au minimum les garanties suivantes (panier de soins) :

  • IntĂ©gralitĂ© du ticket modĂ©rateur sur les consultations, actes et prestations remboursables par l'Assurance maladie. Cependant, des exceptions peuvent exister.
  • TotalitĂ© du forfait journalier hospitalier en cas d'hospitalisation
  • Frais dentaires (prothĂšses et orthodontie) Ă  hauteur de 125 % du tarif conventionnel
  • Frais d'optique de maniĂšre forfaitaire par pĂ©riode de 2 ans (annuellement pour les enfants ou en cas d'Ă©volution de la vue) avec un minimum de prise en charge fixĂ© Ă  100 € pour une correction simple, 150 € (voire 200 €) pour une correction complexe.

La complĂ©mentaire santĂ© peut ĂȘtre un contrat dit responsable.

La complémentaire santé doit respecter le cahier des charges du contrat dit responsable.

Dans ce cas, les prestations du contrat sont les suivantes.

Ce que prend en charge le contrat dit « responsable »

PrestationsPrise en charge
Soins courants (consultations et médicaments à SMR majeur remboursés à 65 %)100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale
Forfait journalier100 % sans limitation de durée
Soins dentaires courants (consultations et soins tels qu’un dĂ©tartrage ou encore un traitement de caries)100 % de la base de remboursement de la SĂ©curitĂ© sociale
Optique100 % de la base de remboursement de la SĂ©curitĂ© sociale.Pour les frais optiques qui sont au-delĂ  du tarif conventionnel, la complĂ©mentaire santĂ© peut offrir en option, de façon cumulative, une prise en charge limitĂ©e de la maniĂšre suivante :Une paire de lunettes tous les 2 ans au maximum (annuellement pour les enfants ou en cas d’évolution de la vue) Monture Ă  hauteur de 100 € maximumLimites minimales et maximales selon la complexitĂ© de l’équipement  (exemple : pour un verre simple, prise en charge entre 50 € et 420 €)

Le contrat doit ĂȘtre solidaire : l'assurĂ© ne peut pas ĂȘtre soumis Ă  un questionnaire de santĂ© ou ĂȘtre tarifĂ© en fonction de son Ă©tat de santĂ©.

Ce que ne prend pas en charge le contrat dit « responsable »

  • La participation forfaitaire de 2 € pour chaque acte de consultation rĂ©alisĂ© par un mĂ©decin de ville, dans un Ă©tablissement ou centre hospitalier, dans la limite de 50 € par an et par personne
  • Les franchises mĂ©dicales laissĂ©es Ă  la charge de l’assurĂ© pour les mĂ©dicaments et les transports sanitaires. Le montant de la franchise est plafonnĂ© Ă  50 € par an et par personne.
  • La majoration de la participation de l’assurĂ© pour non dĂ©signation d’un mĂ©decin traitant ou consultation d’un autre mĂ©decin sans prescription du mĂ©decin traitant (« hors parcours de soins »)
  • Les dĂ©passements d’honoraires lorsque l’assurĂ© consulte un spĂ©cialiste auquel la loi ne permet pas d’accĂ©der directement sans passer par un mĂ©decin traitant.

Depuis le 1er janvier 2022, les contrats responsables prévoient l'acceptation par les complémentaires de la pratique du tiers payant (dispense d'avance de frais) sur les équipements et les soins du panier 100 % santé (optique, dentaire et audiologie).

La complémentaire santé peut proposer des prestations supplémentaires, par exemple :

  • Tiers-payant
  • Service d'assistance (aide mĂ©nagĂšre, garde d'enfants, etc.)
  • PrĂ©vention et accompagnement (prise en charge de dĂ©pistage par exemple).

Non, certains salariĂ©s peuvent ĂȘtre dispensĂ©s d'adhĂ©sion Ă  leur demande notamment :

  • Contrat de travail Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e (CDD) de moins de 3 mois
  • Contrat de mission de moins de 3 mois (intĂ©rimaires)
  • Temps partiel (jusqu'Ă  15 heures par semaine).

Un accord de branche peut par ailleurs prévoir que l'obligation de couverture des frais de soins de santé est assurée pour ces salariés par le biais du versement santé.

Ce dispositif consiste en une participation de l'employeur au financement de la couverture complémentaire.

En l'absence d'accord de branche ou lorsque celui-ci le permet, un accord d'entreprise peut également prévoir cette modalité de couverture alternative.

💡 À noter

Pour bĂ©nĂ©ficier de ce versement santĂ©, le salariĂ© doit justifier ĂȘtre couvert par un contrat responsable. Il produit une attestation de l’organisme auprĂšs duquel ils ont souscrit un contrat de complĂ©mentaire santĂ©.

Dans le cas oĂč le salariĂ© contracte 2 contrats successifs de moins de 3 mois et que la durĂ©e globale des 2 contrats dĂ©passe 3 mois, le versement santĂ© est dĂ» uniquement au titre du 1er contrat.

Lorsque plusieurs CDD sont conclus avec le mĂȘme salariĂ©, sans ĂȘtre successifs, le versement santĂ© doit ĂȘtre pris en compte contrat par contrat.

💡 À noter

Un salarié en CDD de 3 mois bénéficie du versement santé.

Si son contrat est renouvelĂ©, il n’ouvre pas droit Ă  ce versement au titre du renouvellement.

Sauf cas de dispense, il devra donc ĂȘtre affiliĂ© au rĂ©gime de prĂ©voyance santĂ© Ă  la fin du 1er CDD.

D'autres salariĂ©s peuvent ĂȘtre dispensĂ©s, Ă  leur demande, de l'obligation d'adhĂ©sion :

  • SalariĂ©s bĂ©nĂ©ficiaires d'une couverture individuelle lors de la mise en place du rĂ©gime collectif obligatoire ou lors de leur embauche si elle est postĂ©rieure. La dispense s'applique jusqu'Ă  la l'Ă©chĂ©ance du contrat individuel.
  • SalariĂ©s bĂ©nĂ©ficiaires de la complĂ©mentaire santĂ© solidaire. La dispense s'applique jusqu'Ă  la date Ă  laquelle le salariĂ© cesse de bĂ©nĂ©ficier de la complĂ©mentaire santĂ© solidaire.
  • SalariĂ©s, y compris en tant qu'ayants droit, bĂ©nĂ©ficiaires de prestations servies au titre d'un autre emploi de l'un de ces dispositifs : complĂ©mentaire santĂ© collective obligatoire, rĂ©gime local d'assurance maladie d'Alsace-Moselle, rĂ©gime complĂ©mentaire d'assurance maladie des industries Ă©lectriques et gaziĂšres (Camieg), mutuelle des agents de l’État et des collectivitĂ©s territoriales, notamment.

Depuis avril 2024, les salariĂ©s couverts en tant qu’ayants droit par un autre contrat collectif et obligatoire peuvent se dispenser Ă  leur initiative de l’obligation d’adhĂ©sion, que cette couverture en tant qu’ayants droit soit facultative ou obligatoire.

La contribution de l'employeur au titre du versement santé est calculée de façon différente selon la zone concernée :

Le versement santé est financé par l'employeur.

Le montant du versement santé correspond aux sommes que l'employeur aurait été obligé de verser si le salarié avait bénéficié d'une couverture collective.

S'il est impossible de dĂ©terminer le montant qu'aurait dĂ» verser l'employeur, le montant de rĂ©fĂ©rence est fixĂ© Ă  22,27 € pour 2026.

Le coefficient appliqué au montant de référence est de :

  • 105 % pour les salariĂ©s en CDI,
  • 125 % pour les salariĂ©s en CDD ou en contrat de mission.
💡 À noter

La contribution de l'employeur est forfaitaire et Ă©gale Ă  20 €.

Le salarié travaille 35 heures par semaine. Il est en CDD de moins de 3 mois. Le contrat collectif obligatoire ne lui garantit pas une couverture en complémentaire santé d'au moins 3 mois.

  • Le salariĂ© Ă©tant Ă  temps plein, son coefficient de proratisation est de 1 (151,67/151,67)
  • Ce coefficient appliquĂ© Ă  la contribution forfaitaire (20 €), le montant de rĂ©fĂ©rence reste de 20 €
  • Le salariĂ© Ă©tant en CDD, le coefficient de majoration est de 125 %.

Ainsi, le montant versĂ© au salariĂ© est de 25 € (20 €*125 %).

L'employeur bénéficie d'une exonération de cotisations sociales sur ces versements.

Cependant, ces versements sont soumis en totalité à la CSG-CRDS et au forfait social dans les entreprises d'au moins 11 salariés.

Le versement santé est financé par l'employeur.

Le montant du versement santé correspond aux sommes que l'employeur aurait été tenu de verser si le salarié avait bénéficié d'une couverture collective

S'il est impossible de dĂ©terminer le montant qu'aurait dĂ» verser l'employeur, le montant de rĂ©fĂ©rence est fixĂ© Ă  7,44  €pour 2026.

Le coefficient appliqué au montant de référence est de :

  • 105 % pour les salariĂ©s en CDI
  • 125 % pour les salariĂ©s en CDD ou en contrat de mission.
💡 À noter

Un employeur verse une contribution forfaitaire de 60 € pour chacun de ses salariĂ©s d'une certaine catĂ©gorie.

Pour un salarié en CDI de cette catégorie, qui travaille 50 heures par mois., le montant de référence est calculé comme suit : 60 x (50/151,67) =19,78, auquel est appliqué le coefficient de 105 %, le salarié étant en CDI.

Le montant mensuel Ă  verser pour ce salariĂ© est de 20,77 € (19,78 x 105 %).

L'employeur bénéficie d'une exonération de cotisations sociales sur ces versements, .

Cependant, il n'y a pas d'exonération pour la CSG-CRDS et le forfait social dans les entreprises d'au moins 11 salariés.

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