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Que risque une entreprise en cas de travail illégal ?

VĂ©rifiĂ© le 01/07/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Tout travail rĂ©alisĂ© par un employeur ou par ses salariĂ©s doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©. En l’absence de dĂ©claration, ou en cas de dĂ©claration incomplĂšte, l’activitĂ© est considĂ©rĂ©e comme illĂ©gale. Elle est alors qualifiĂ©e de travail au “noir”, ou travail dissimulĂ©. Les contrĂŽles peuvent entraĂźner des sanctions financiĂšres, administratives et pĂ©nales. Si elle recoure Ă  la sous-traitance, l’entreprise est responsable en cas de travail illĂ©gal effectuĂ© par ses sous‑traitants. Nous vous prĂ©sentons les rĂšgles Ă  connaĂźtre.

Le travail dissimulĂ© constitue l’infraction la plus courante, mais plusieurs situations peuvent ĂȘtre constitutives de travail illĂ©gal :

  • Dissimulation totale ou partielle d’un emploi salariĂ© (par exemple : absence de dĂ©claration d’un salariĂ©, non‑dĂ©claration du nombre rĂ©el d’heures travaillĂ©es) : il s’agit de travail dissimulĂ© par dissimulation d’emploi salariĂ©.
  • Absence de dĂ©claration d’une activitĂ© (par exemple : absence d’immatriculation au RCS ou au RNE) : il s’agit de travail dissimulĂ© par dissimulation d’activitĂ©.
  • Mise Ă  disposition de salariĂ©s dans le but de faire des bĂ©nĂ©fices : cela correspond Ă  un prĂȘt de main-d'Ɠuvre (ou marchandage) illĂ©gal.
  • Cumul d’emplois sans respect des rĂšgles de cumul (par exemple : dĂ©passement du nombre maximal d’heures autorisĂ©es).
  • Emploi de travailleurs Ă©trangers qui n'ont pas de permis de travail (visa, carte de sĂ©jour, etc.).
  • Fausse dĂ©claration pour obtenir des revenus de remplacement (activitĂ© partielle, retraite, invaliditĂ©, etc.).
💡 À noter

Dans des cas trĂšs exceptionnels, l’exĂ©cution du travail, bien que rĂ©alisĂ©e en dehors du cadre lĂ©gal, n’est pas sanctionnĂ©e, s’il s’agit de travaux qui doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s dans l'urgence (risque d'accident imminent ou nĂ©cessitĂ© de porter secours Ă  des personnes).

Dans les mĂȘmes situations, un sous‑traitant peut Ă©galement se trouver en situation de travail illĂ©gal.

Pour prĂ©venir toute forme de travail illĂ©gal, l’entreprise doit notamment veiller à :

  • DĂ©clarer son activitĂ©, en demandant son immatriculation au RCS ou au RNE
  • DĂ©clarer chaque embauche, par le biais de la DPAE
  • Établir un contrat de travail pour chaque salariĂ©
  • Inscrire chaque salariĂ© au registre unique du personnel
  • VĂ©rifier que les travailleurs Ă©trangers disposent d’un titre de sĂ©jour et d’une autorisation de travail valides
  • ContrĂŽler la conformitĂ© des sous‑traitants (attestation de vigilance).

La lutte contre le travail illégal repose sur un dispositif de contrÎle étendu. De nombreux services et organismes disposent de compétences spécifiques pour détecter, constater et sanctionner ces infractions :

  • Agents de contrĂŽle de l'inspection du travail
  • Officiers et agents de police judiciaire
  • Agents des impĂŽts et des douanes
  • Agents des organismes de sĂ©curitĂ© sociale (Urssaf, MSA)
  • Agents des affaires maritimes, de l’aviation civile et ceux chargĂ©s du contrĂŽle des transports terrestres
  • Agents de France Travail
  • Agents du CNAPS.

Les pouvoirs des agents compétents pour rechercher et constater les infractions relevant du travail illégal larges. Ils peuvent en effet notamment :

  • AccĂ©der Ă  des documents comptables ou professionnels
  • Obtenir communication de documents, renseignements ou Ă©lĂ©ments d'informations utiles, mĂȘme lorsqu’ils relĂšvent habituellement du secret professionnel.
  • Agir sous pseudonyme.

Les infractions constitutives de travail illégal sont constatées au moyen de procÚs-verbaux.

Les contrÎles peuvent conduire à des sanctions administratives immédiates, à des sanctions financiÚres et à des poursuites pénales.

Le fait de ne pas respecter les interdictions de travail dissimulĂ© entraĂźne un redressement de cotisations sociales. Le redressement consiste Ă  payer les cotisations sociales qui auraient dĂ» ĂȘtre versĂ©es, avec application d’une majoration.

Le redressement est calculé sur une base forfaitaire, fixée à 25 % du PASS.

Pour l’annĂ©e 2026, cette base forfaitaire est Ă©gale Ă  12 015 €.

💡 À noter

Si l’employeur peut apporter des donnĂ©es rĂ©elles sur les rĂ©munĂ©rations dissimulĂ©es versĂ©es aux salariĂ©s, alors le redressement s'applique sur ces donnĂ©es rĂ©elles.

Le montant du redressement des cotisations est majorĂ© d’un taux diffĂ©rent selon la date Ă  laquelle la procĂ©dure est engagĂ©e.

Le montant des cotisations est majoré de :

  • 35 % en cas de constat de l'infraction de travail dissimulĂ© par dissimulation d'activitĂ© ou d'emploi salariĂ©
  • 50 % si le travail illĂ©gal porte sur l'un des cas suivants (circonstances aggravantes) :Plusieurs personnes sont employĂ©esIl y a un mineur (qui devrait ĂȘtre scolarisĂ©)Une personne est vulnĂ©rable ou dĂ©pendanteLe dĂ©lit est commis en bande organisĂ©e.

Le redressement porte sur toutes les cotisations sociales et contributions, sauf l'assurance chĂŽmage.

Un délai maximum de 5 ans est prévu pour payer le redressement.

Ce taux de majoration peut ĂȘtre rĂ©duit de 10 points si l’entreprise rĂšgle le redressement dans le mois suivant la mise en demeure, ou si elle prĂ©sente, dans le mĂȘme dĂ©lai, un calendrier de paiement, acceptĂ© par l'organisme de recouvrement.

En cas de récidive dans les 5 ans suivant un premier redressement, la majoration est portée à :

  • 45 % si la majoration lors du 1er redressement Ă©tait de 35 %
  • 60 % si la majoration lors du 1er redressement Ă©tait de 50 %.

Le montant des cotisations est majoré de :

  • 35 % en cas de constat de l'infraction de travail dissimulĂ© par dissimulation d'activitĂ© ou d'emploi salariĂ©
  • 50 % si le travail illĂ©gal porte sur l'un des cas suivants (circonstances aggravantes) :Plusieurs personnes sont employĂ©esIl y a un mineur (qui devrait ĂȘtre scolarisĂ©)Une personne est vulnĂ©rable ou dĂ©pendante
  • 60 % si le dĂ©lit est commis en bande organisĂ©e.

Le redressement porte sur toutes les cotisations sociales et contributions, sauf l'assurance chĂŽmage.

Un délai maximum de 5 ans est prévu pour payer le redressement.

Ce taux de majoration peut ĂȘtre rĂ©duit de 20 points si l’entreprise rĂšgle le redressement dans le mois suivant la mise en demeure, ou si elle prĂ©sente, dans le mĂȘme dĂ©lai, un calendrier de paiement, acceptĂ© par l'organisme de recouvrement.

En cas de récidive dans les 5 ans suivant un premier redressement, la majoration est portée à :

  • 45 % si la majoration lors du 1er redressement Ă©tait de 35 %
  • 60 % si la majoration lors du 1er redressement Ă©tait de 50 %
  • 70 % si la majoration lors du 1er redressement Ă©tait de 60 %.
💡 À noter

D’ici le 1er janvier 2027, un procĂšs‑verbal de flagrance sociale pourra ĂȘtre Ă©tabli par un agent de contrĂŽle. Ce mĂ©canisme permettra Ă  l’Urssaf de prendre immĂ©diatement des mesures conservatoires en cas de travail dissimulĂ©, et de rendre la contrainte exĂ©cutoire, mĂȘme si le dĂ©biteur fait un recours.

En cas de contrĂŽle, des sanctions administratives peuvent Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©es, en plus d’éventuelles sanctions pĂ©nales en cas de poursuites judiciaires :

  • Suppression des aides publiques (par exemple les exonĂ©rations de charges sociales ou les aides Ă  l'embauche d'un contrat d'apprentissage) pendant 5 ans maximum
  • Remboursement des aides publiques dĂ©jĂ  perçues sur les 12 derniers mois
  • Exclusion des contrats publics pour une durĂ©e maximale de 6 mois
  • Fermeture de 3 mois maximum dĂ©cidĂ©e par le prĂ©fet avec confiscation du matĂ©riel professionnel.
⚠ Attention

En cas de rĂ©cidive au cours des 5 derniĂšres annĂ©es, une sanction financiĂšre est imposĂ©e au donneur d'ordre. Son montant est Ă©gal Ă  l'ensemble des rĂ©ductions ou des exonĂ©rations de cotisations ou de contributions dont il a bĂ©nĂ©ficiĂ© pour les rĂ©munĂ©rations versĂ©es Ă  l’ensemble de ses salariĂ©s sur la pĂ©riode au cours de laquelle la situation de travail dissimulĂ© a Ă©tĂ© constatĂ©e.

En cas de condamnation, le tribunal correctionnel prononce des sanctions pénales.

La personne reconnue coupable est punie d'une peine d'amende et/ou de prison.

  • L’auteur du dĂ©lit de travail dissimulĂ© risque jusqu'Ă  3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (225 000 € s'il s'agit d'une sociĂ©tĂ©).
  • Le prĂȘt de main d'Ɠuvre illĂ©gal et le marchandage sont sanctionnĂ©s par 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (150 000 € pour une sociĂ©tĂ©).
  •  L’emploi d’un Ă©tranger sans permis de travail expose Ă  une peine de 5 ans d’emprisonnement et Ă  30 000 € d'amende par personne (150 000 € pour une sociĂ©tĂ©).

Ces peines sont renforcées en cas de circonstances aggravantes :

  • Si le travail dissimulĂ© concerne un mineur ou une personne vulnĂ©rable ou dĂ©pendante, la sanction va jusqu'Ă  5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.
  • Si le travail dissimulĂ© est commis en bande organisĂ©e, la sanction est de 10 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende.
  • Si le prĂȘt de main d’Ɠuvre illĂ©gal et le marchandage sont commis en bande organisĂ©e, la sanction est de 10 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende.
  • Si l’emploi d’un Ă©tranger sans titre de travail est commis en bande organisĂ©e, la sanction est de 10 ans d'emprisonnement et 200 000 € d'amende.

Dans certains cas, une ou plusieurs peines complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre prononcĂ©es :

  • Interdiction d'exercer l’activitĂ© professionnelle pendant 5 ans maximum
  • Exclusion des marchĂ©s publics pendant 5 ans maximum
  • Confiscation d'objets produits dans le cadre du travail illĂ©gal, ou de matĂ©riel professionnel ayant permis la production
  • Affichage du jugement dans les journaux
  • Diffusion de la dĂ©cision de justice (dĂ©cision pĂ©nale) dans une liste noire sur le site internet du ministĂšre du travail. La durĂ©e maximale de la diffusion est de 2 ans.
  • Interdiction des droits civiques (exemple : droit de vote) et civils (dĂ©placement, parentĂ©, alliance, hĂ©ritage, etc.).

Pour prĂ©venir le travail illĂ©gal, un contrĂŽle particulier s’impose en cas de sous-traitance.

En cas de sous-traitance, un sous‑traitant se trouve en situation de travail illĂ©gal dans les cas suivants :

  • Dissimulation totale ou partielle d’un emploi salariĂ© (par exemple : absence de dĂ©claration d’un salariĂ©, non‑dĂ©claration du nombre rĂ©el d’heures travaillĂ©es) : il s’agit de travail dissimulĂ© par dissimulation d’emploi salariĂ©
  • Absence de dĂ©claration d’une activitĂ© (par exemple : absence d’immatriculation au RCS ou au RNE) : il s’agit de travail dissimulĂ© par dissimulation d’activitĂ©
  • Mise Ă  disposition de salariĂ©s dans le but de faire des bĂ©nĂ©fices : cela correspond Ă  un prĂȘt de main-d'Ɠuvre (ou marchandage) illĂ©gal
  • Cumul d’emplois sans respect des rĂšgles de cumul (par exemple : dĂ©passement du nombre maximal d’heures autorisĂ©es)
  • Emploi de travailleurs Ă©trangers qui n'ont pas de permis de travail (visa, carte de sĂ©jour, etc.)
  • Fausse dĂ©claration pour obtenir des revenus de remplacement (activitĂ© partielle, retraite, invaliditĂ©, etc.).

Les maĂźtres d’ouvrage et donneurs d’ordre doivent respecter une obligation de vigilance Ă  l’égard des entreprises avec lesquelles ils concluent un contrat de prestation. Cette obligation de vigilance suppose une vĂ©rification rĂ©guliĂšre de documents obligatoires (justificatif d’immatriculation, attestation de dĂ©clarations sociales) prouvant la situation du contractant. Elle a pour but de s’assurer que le sous-traitant respecte l’interdiction de travail dissimulĂ©, de l’emploi de travailleurs Ă©trangers sans titre de travail, etc.

Ce devoir de vigilance qui s’impose Ă  l’égard du sous‑traitant quand le contrat est supĂ©rieur Ă  5 000 € HT, consiste notamment Ă  exiger la preuve de ses dĂ©clarations d’activitĂ©. Une attestation de vigilance doit lui ĂȘtre demandĂ©e lors de la conclusion et tous les 6 mois jusqu'Ă  la fin du contrat. Ce document atteste de la rĂ©gularitĂ© des dĂ©clarations d’activitĂ© et d’emploi des salariĂ©s.

Jusqu’alors le maĂźtre de l'ouvrage n'est pas tenu Ă  une obligation de vigilance Ă  l'Ă©gard du sous-traitant de son cocontractant. Toutefois, de nouvelles mesures imposeront au maĂźtre de l'ouvrage un devoir de vigilance Ă  l'Ă©gard de l'ensemble des sous-traitants intervenant dans l’exĂ©cution du marchĂ©. Ainsi, en cas de chaĂźnes de sous-traitance ou de sous-traitances dites « en cascade », le devoir de vigilance s’appliquera non seulement vis-Ă  vis du 1er premier sous-traitant direct, mais Ă©galement vis-Ă -vis de l'ensemble des sous-traitants qui interviennent et que le maĂźtre d’ouvrage a acceptĂ©. L’obligation de vigilance impliquera la vĂ©rification pĂ©riodique, par le maĂźtre de l'ouvrage auprĂšs de l’entrepreneur principal, de documents relatifs Ă  la rĂ©gularitĂ© de la situation de sous-traitance en cascade. Ces nouvelles obligations s’appliqueront Ă  une date qui doit ĂȘtre fixĂ©e par un dĂ©cret Ă  venir.

En cas de travail illĂ©gal commis par un sous‑traitant, le maĂźtre d’ouvrage ou donneur d’ordre encourt les mĂȘmes sanctions que s'il avait lui-mĂȘme commis l'infraction.

Il est tenu solidairement, avec l'auteur de l'infraction au travail dissimulé, au paiement des impÎts, cotisations, majorations, pénalités, etc.

En cas de chaĂźnes de sous-traitance ou de sous-traitances dites « en cascade », et d'infraction au travail dissimulĂ© d'un des sous-traitants, le maĂźtre d’ouvrage ou donneur d’ordre sera solidaire financiĂšrement de l’entreprise verbalisĂ©e, mĂȘme s’il n’en est pas le cocontractant direct. Toutefois, la majoration de cotisation ne s’appliquera pas en cas de paiement des sommes dans un court dĂ©lai (qui doit ĂȘtre fixĂ© par dĂ©cret) ou de conclusion d'un plan d'Ă©chelonnement dans le mĂȘme dĂ©lai.

Textes de référence

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