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ProcĂ©dure d’expropriation

VĂ©rifiĂ© le 28/11/2025 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

L’expropriation est une procĂ©dure encadrĂ©e par la loi qui permet de contraindre un propriĂ©taire Ă  cĂ©der son bien (appartement, maison, terrain etc) pour la rĂ©alisation d’un projet reconnu d’utilitĂ© publique. En contrepartie, le propriĂ©taire reçoit une indemnitĂ© juste et prĂ©alable. La procĂ©dure d’expropriation est engagĂ©e par une personne publique. Elle est divisĂ©e en une phase administrative et une phase judiciaire. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

L’expropriation est un mĂ©canisme qui permet de contraindre un propriĂ©taire Ă  cĂ©der (transfĂ©rer la propriĂ©tĂ©) son bien (appartement, maison, immeuble, terrain etc.), dans un but d’utilitĂ© publique et contre une indemnitĂ© juste et prĂ©alable.

L’expropriation est mise en Ɠuvre lorsqu’aucun accord amiable n’a pu ĂȘtre conclu, pour permettre aux personnes publiques (État, collectivitĂ©s territoriales etc.) ou privĂ©es d’acquĂ©rir les biens nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation de leurs missions, notamment la rĂ©alisation d’ouvrages publics et d’amĂ©nagements urbains. C’est ce qu’on appelle une prĂ©rogative de puissance publique.

Il s’agit ainsi d’un mode de cession forcĂ©e de la propriĂ©tĂ© qui peut ĂȘtre utilisĂ©e Ă  l’encontre d’un particulier ou d’une personne morale.

L’expropriation ne doit pas ĂȘtre confondue avec le droit de prĂ©emption urbain, qui est un droit d’achat prioritaire exercĂ© par une commune sur un bien mis en vente dans une zone urbaine. La prĂ©emption respecte la volontĂ© initiale du propriĂ©taire de cĂ©der son bien, tandis que l’expropriation permet, Ă  l’inverse, d’obliger le propriĂ©taire Ă  vendre malgrĂ© son refus.

Tous les biens immobiliers ou droits immobiliers appartenant Ă  une personne privĂ©e (physique ou morale) peuvent ĂȘtre expropriĂ©s.

Notamment :

  • Immeubles bĂątis ou non bĂątis (maisons, terrains, appartements, parcelles agricoles, locaux commerciaux, etc.)
  • Droits rĂ©els immobiliers (usufruit, servitude etc.)
  • Biens mobiliers indissociables de l’immeuble (par exemple certains Ă©quipements intĂ©grĂ©s).

L'expropriation peut porter sur la totalité du bien ou sur une partie de celui-ci.

Il est possible d’exproprier un immeuble classĂ© monument historique lorsque le propriĂ©taire refuse d’exĂ©cuter les travaux nĂ©cessaires Ă  sa conservation ou lorsque le monument prĂ©sente un intĂ©rĂȘt public historique ou artistique.

Seul l’État a la compĂ©tence pour dĂ©cider d’une expropriation.

Elle peut nĂ©anmoins ĂȘtre mise en Ɠuvre Ă  la demande ou au bĂ©nĂ©fice d’autres personnes publiques. C’est le cas, par exemple, des collectivitĂ©s territoriales ou des Ă©tablissements publics.

La loi peut Ă©galement habiliter des personnes privĂ©es Ă  recourir Ă  l’expropriation. C’est le cas, par exemple, des concessionnaires d’ouvrages de transport ou de distribution d’électricitĂ© ou d’installations hydrauliques.

Pour recourir à l’expropriation d’un bien, il faut que toutes les conditions suivantes soient remplies :

  • L’opĂ©ration doit avoir une utilitĂ© publique, constatĂ©e avant l’expropriation et Ă  la suite d’une enquĂȘte. L’utilitĂ© publique peut ĂȘtre dĂ©clarĂ©e dans tous les domaines Ă  savoir social, d’hygiĂšne, scientifique, sportif, Ă©ducatif, environnemental, artistique ou Ă©conomique. C’est le cas, par exemple, de la crĂ©ation de lotissements communaux ou d’espaces verts, de marchĂ©s, d’établissements d’enseignement ou hospitaliers.Il faut ainsi que l’opĂ©ration prĂ©sente un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et qu’elle ne puisse pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avec les biens dĂ©jĂ  dĂ©tenus par l’expropriant dans des conditions Ă©quivalentes. Autrement dit, si la collectivitĂ© possĂšde dĂ©jĂ  un terrain qui pourrait convenir pour le mĂȘme projet, elle ne peut pas exproprier un particulier simplement par simplicitĂ© ou prĂ©fĂ©rence. L’expropriation est utilisĂ©e en dernier recours.De mĂȘme, l’expropriation doit prĂ©senter des avantages plus importants que les inconvĂ©nients subis.
  • Les parcelles Ă  exproprier doivent ĂȘtre dĂ©terminĂ©es
  • Les propriĂ©taires ou titulaires des droits ainsi que de toute personne intĂ©ressĂ©e par les parcelles concernĂ©es par le projet d’expropriation doivent avoir Ă©tĂ© recherchĂ©es
  • Une indemnitĂ© juste et prĂ©alable doit ĂȘtre versĂ©e au propriĂ©taire.

La procĂ©dure d’expropriation est sĂ©parĂ©e en 2 phases, Ă  savoir une phase administrative et une phase judiciaire.

La procĂ©dure d’expropriation dĂ©bute par une phase administrative qui se dĂ©roule en 4 Ă©tapes :

  • L’enquĂȘte prĂ©alable
  • La dĂ©claration d’utilitĂ© publique
  • L’enquĂȘte parcellaire
  • L’arrĂȘtĂ© de cessibilitĂ©.

EnquĂȘte prĂ©alable

L’enquĂȘte prĂ©alable Ă  l’expropriation a pour objectif d’informer le public sur le projet envisagĂ©. Elle permet Ă  toute personne intĂ©ressĂ©e de formuler ses observations ou ses remarques sur l’opĂ©ration d’expropriation.

Cette Ă©tape de consultation vise ainsi Ă  recueillir le plus grand nombre d’avis afin d’éclairer l’administration sur l’utilitĂ© publique du projet avant toute dĂ©cision.

Avant la mise en place de l’enquĂȘte prĂ©alable, l’administration peut, de façon facultative, consulter le public en organisant un dĂ©bat public ou un rĂ©fĂ©rendum.

L’enquĂȘte prĂ©alable se dĂ©roule en plusieurs Ă©tapes :

  • L’expropriant doit d’abord envoyer un dossier au prĂ©fet du dĂ©partement oĂč l’opĂ©ration doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e.Ce dossier doit notamment contenir une notice explicative du projet, un plan de situation, un plan gĂ©nĂ©ral des travaux, les caractĂ©ristiques principales des ouvrages les plus importants et l’apprĂ©ciation sommaire des dĂ©penses.Dans l’hypothĂšse oĂč le projet a des incidences importantes sur l’environnement ou la santĂ© humaine, il est Ă©galement obligatoire de fournir une Ă©tude d’impact.
  • Un commissaire enquĂȘteur est ensuite nommĂ© par le tribunal administratif. C’est lui qui effectuera l’enquĂȘte publique prĂ©alable.
  • Un arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral est alors pris par le prĂ©fet, ordonnant l’ouverture de l’enquĂȘte.Cette ouverture est mentionnĂ©e dans les journaux locaux diffusĂ©s dans le dĂ©partement et fait l'objet d'un affichage en mairie oĂč le projet doit avoir lieu. Il y est indiquĂ© les heures et le lieu oĂč le public peut prendre connaissance du dossier et formuler des observations sur un registre ouvert Ă  cet effet.
  • Par la suite, le commissaire enquĂȘteur rĂ©alise l’enquĂȘte publique prĂ©alable. Cela consiste, principalement, Ă  mettre en place un registre d’enquĂȘte destinĂ© Ă  recueillir les informations/observations du public et Ă  Ă©tudier les documents techniques du projet.
  • À la fin de l’enquĂȘte, le commissaire enquĂȘteur examine les observations recueillies, il rĂ©dige un rapport avec ses conclusions motivĂ©es sur le projet, prĂ©cisant s’il est ou non favorable Ă  l’opĂ©ration envisagĂ©e.Le commissaire enquĂȘteur transmet le dossier d’enquĂȘte et ses conclusions au PrĂ©fet. La copie de ce rapport est consultable par le public.

DĂšs l’ouverture de l’enquĂȘte prĂ©alable, l’expropriant peut notifier aux propriĂ©taires concernĂ©s une offre d’indemnitĂ© et les inviter Ă  indiquer le montant de leur propre demande.

DĂ©claration d’utilitĂ© publique

Au vu des rĂ©sultats de l'enquĂȘte du commissaire-enquĂȘteur, si l'utilitĂ© publique du projet est identifiĂ©e, le prĂ©fet prononce, par un arrĂȘtĂ©, une dĂ©claration d'utilitĂ© publique (DUP).

Pour certains domaines, la DUP peut ĂȘtre prise par un arrĂȘtĂ© en Conseil d’État. C’est le cas, par exemple, pour des travaux de crĂ©ation d’autoroute, d’aĂ©rodrome ou de canaux de navigation d’une longueur supĂ©rieure Ă  5 km.

La DUP doit indiquer :

  • Le but d’utilitĂ© publique de l’opĂ©ration
  • Les textes sur lesquels elle est fondĂ©e
  • Les travaux Ă©ventuels nĂ©cessaires Ă  sa rĂ©alisation
  • Le bĂ©nĂ©ficiaire de l’expropriation
  • Le dĂ©lai accordĂ© pour rĂ©aliser l’expropriation (5 ans maximum).

L’acte dĂ©claratif d’utilitĂ© publique doit ĂȘtre publiĂ© au Journal officiel s’il a la forme d’un dĂ©cret ou par voie d’affichage dans les communes concernĂ©s s’il a Ă©tĂ© pris par arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral. Il n’y a donc pas de notification individuelle aux personnes concernĂ©es.

💡 À noter

L'acte dĂ©clarant l'utilitĂ© publique doit intervenir au plus tard 1 an aprĂšs la clĂŽture de l'enquĂȘte prĂ©alable. Ce dĂ©lai peut ĂȘtre prolongĂ© dans certains cas.

EnquĂȘte parcellaire

L’enquĂȘte parcellaire a pour but de :

  • DĂ©terminer contradictoirement les parcelles Ă  exproprier par l’établissement des caractĂ©ristiques cadastrales et des adresses postales, l’identification des servitudes et des hypothĂšques,la mesure des surfaces et la recherche de l’origine de propriĂ©tĂ©. L’identification des biens Ă  exproprier se fait en prĂ©sence et avec la participation des propriĂ©taires concernĂ©s.
  • Rechercher les propriĂ©taires, titulaires de droits rĂ©els et de tout intĂ©ressĂ©.

L’enquĂȘte parcellaire peut ĂȘtre menĂ©e postĂ©rieurement Ă  la dĂ©claration d’utilitĂ© publique (DUP) ou parallĂšlement Ă  l’enquĂȘte publique prĂ©alable.

L’expropriant adresse ainsi au prĂ©fet un dossier contenant un plan parcellaire des terrains et des bĂątiments Ă  exproprier ainsi que la liste des propriĂ©taires.

Le dĂ©pĂŽt du dossier doit ĂȘtre notifiĂ© individuellement aux propriĂ©taires figurant sur la liste contenue dans le dossier ou Ă  leurs mandataires, gĂ©rants, administrateurs, par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Cette notification intervient Ă  l’ouverture de l’enquĂȘte parcellaire afin de permettre aux propriĂ©taires visĂ©s par l’expropriation de formuler leurs observations ou remarques durant l’enquĂȘte.

💡 À noter

En cas d'indivision, la notification est faite Ă  chaque coĂŻndivisaire. De mĂȘme, la notification du dĂ©pĂŽt du dossier d'enquĂȘte parcellaire est faite Ă  l'usufruitier et au nu-propriĂ©taire.

Le prĂ©fet prend ensuite un arrĂȘtĂ© qui ouvre l'enquĂȘte parcellaire. Cet arrĂȘtĂ© est publiĂ© dans un journal diffusĂ© dans le dĂ©partement concernĂ© et par voie d’affichage dans les mairies touchĂ©es par l’opĂ©ration d’expropriation.

Dans le mĂȘme temps, le prĂ©fet dĂ©signe un commissaire enquĂȘteur ou une commission d’enquĂȘte, chargĂ© de l’enquĂȘte parcellaire.

Le commissaire-enquĂȘteur ou la commission d’enquĂȘte donne ensuite un avis sur l’emprise des ouvrages projetĂ©s et Ă©tablit un procĂšs-verbal de l’opĂ©ration. Cet avis prend en compte les observations consignĂ©es par les propriĂ©taires ou toute personne intĂ©ressĂ©e par le projet d’expropriation dans les registres mis Ă  leur disposition pendant la durĂ©e de l’enquĂȘte.

ArrĂȘtĂ© de cessibilitĂ©

DĂšs qu’il a reçu le procĂšs-verbal du commissaire enquĂȘteur ou de la commission d’enquĂȘte, le prĂ©fet prend un arrĂȘtĂ© de cessibilitĂ©.

Cet arrĂȘtĂ© doit :

  • DĂ©signer les propriĂ©tĂ©s dĂ©clarĂ©es cessibles en prĂ©cisant la nature, la situation, la contenance et la situation cadastrale (section, numĂ©ro du plan et lieu-dit)
  • PrĂ©ciser l’identitĂ© des propriĂ©taires.

Le prĂ©fet peut exclure des parcelles du dossier d’enquĂȘte parcellaire lorsqu’elles ne sont pas nĂ©cessaires ou utiles Ă  la rĂ©alisation du projet.

💡 À noter

Le préfet peut augmenter l'emprise de l'opération projetée, si cette augmentation est justifiée par le projet et reste limitée.

L’arrĂȘtĂ© de cessibilitĂ© doit obligatoirement ĂȘtre notifiĂ©, par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception, aux propriĂ©taires concernĂ©s par le projet d’expropriation. Cette notification doit mentionner les dĂ©lais et les voies de recours.

De mĂȘme, l’arrĂȘtĂ© de cessibilitĂ© doit ĂȘtre transmis dans un dĂ©lai de 6 mois au greffe du juge de l’expropriation.

⚠ Attention

L’arrĂȘtĂ© de cessibilitĂ© constitue le dernier acte de la phase administrative de l’expropriation. Il n’opĂšre toutefois pas de transfert de propriĂ©tĂ©. À ce stade, les propriĂ©taires conservent leurs droits sur leurs biens. En l’absence d’accord amiable, c’est au juge judiciaire de prononcer la cession (transfert de propriĂ©tĂ©) du bien par l’ordonnance d’expropriation.

La procĂ©dure d’expropriation se poursuit par la phase judiciaire qui a pour but :

  • D’effectuer le transfert de propriĂ©tĂ© au moyen d’une ordonnance d’expropriation
  • De fixer les indemnitĂ©s dues aux propriĂ©taires en contrepartie de la cession de leur bien.

Transfert de propriĂ©tĂ© Ă  l’expropriant

Une fois que le projet d'expropriation a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© d'utilitĂ© publique et que l'arrĂȘtĂ© de cessibilitĂ© a Ă©tĂ© notifiĂ© au propriĂ©taire du bien, l’expropriant va notifier, par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception, une offre financiĂšre au propriĂ©taire.

Cette notification peut prendre la forme d’un courrier classique ou d’un document intitulĂ© « mĂ©moire valant offre ». Ce document contient la dĂ©signation prĂ©cise du bien expropriĂ© (rĂ©fĂ©rences cadastrales, superficie, situation, etc.), l’évaluation du bien faite par l’expropriant, la proposition d’indemnitĂ© formulĂ©e au profit du propriĂ©taire et les Ă©lĂ©ments de calcul et justificatifs de cette estimation.

En cas d’accord sur la proposition indemnitaire, le transfert de propriĂ©tĂ© se fait par par accord amiable entre la personne publique et la personne expropriĂ©e. Cette cession amiable peut s’effectuer soit par acte notariĂ© soit par acte administratif.

En l'absence d'accord, la personne publique saisit le juge de l'expropriation Ă  l’expiration d’un dĂ©lai d’1 mois suivant la notification de son offre.

Dans ce cas, le dossier transmis au juge par le préfet contient obligatoirement la copie des documents suivants :

  • Acte dĂ©claratif de l'utilitĂ© publique (DUP)
  • Plan parcellaire des terrains et bĂątiments
  • ArrĂȘtĂ© du prĂ©fet organisant l'enquĂȘte parcellaire
  • PiĂšces justifiant l'accomplissement des formalitĂ©s de publication collective et de notification individuelle pour l’enquĂȘte parcellaire
  • ProcĂšs-verbal Ă©tabli Ă  la suite de l'enquĂȘte parcellaire
  • ArrĂȘtĂ© de cessibilitĂ© ou de l'acte en tenant lieu datant de moins de 6 mois.

Le dossier peut également contenir tous autres documents que le préfet estime utiles.

Le juge de l’expropriation rend alors une ordonnance d’expropriation sur le seul fondement de ce dossier. Les propriĂ©taires ne sont pas invitĂ©s Ă  comparaitre devant le juge, ni Ă  formuler des observations ou des remarques.

L'ordonnance d'expropriation a pour effet de transférer juridiquement la propriété du bien et les droits réels immobiliers (usufruit, servitude
) de l'exproprié à la personne publique.

À ce stade, l'expropriĂ© ne peut donc plus vendre, ni faire de donation, ni constituer d'hypothĂšque sur le bien.

Le bail signé par un locataire occupant prend également fin.

L’ordonnance d’expropriation doit :

  • DĂ©signer chaque immeuble ou fraction d'immeuble expropriĂ©
  • PrĂ©ciser l'identitĂ© des expropriĂ©s
  • Et indiquer le bĂ©nĂ©ficiaire de l’expropriation.

Cette ordonnance doit obligatoirement ĂȘtre notifiĂ©e Ă  l’expropriant et Ă  l’encontre de chacun des intĂ©ressĂ©s. Cette notification peut ĂȘtre effectuĂ©e par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception ou par l’intermĂ©diaire d’un huissier (signification).

L’ordonnance d’expropriation entraĂźne le transfert de propriĂ©tĂ© Ă  la date oĂč elle est rendue. L’expropriant devient alors propriĂ©taire du bien et ne peut plus renoncer Ă  cette propriĂ©tĂ©. De mĂȘme, l’ordonnance met fin aux droits rĂ©els et personnels sur le bien.

L’ordonnance d’expropriation doit ĂȘtre publiĂ©e au fichier immobilier. Ce registre public est tenu par le service de la publicitĂ© fonciĂšre dans chaque dĂ©partement.

⚠ Attention

Tant qu'il n'a pas Ă©tĂ© indemnisĂ© par la personne publique, l'expropriĂ© conserve la jouissance du bien. En effet, le transfert de propriĂ©tĂ© ne permet pas la prise du possession du bien. Celle-ci est conditionnĂ©e par le paiement d’une indemnitĂ©.

Indemnisation de l’expropriĂ©

DĂšs l’ouverture de l’enquĂȘte prĂ©alable Ă  la dĂ©claration d’utilitĂ© publique, l’expropriant peut notifier aux propriĂ©taires concernĂ©s une offre d’indemnitĂ© et les inviter Ă  indiquer le montant de leur propre demande.

Les expropriĂ©s disposent d’un dĂ©lai d’1 mois Ă  compter de cette notification pour rĂ©pondre par Ă©crit, soit en acceptant l’offre, soit en prĂ©sentant leur demande chiffrĂ©e et motivĂ©e.

En cas de dĂ©saccord, c’est le juge de l’expropriation qui fixe le montant de l’indemnitĂ©. La procĂ©dure est Ă©crite et contradictoire.

Elle se décompose en plusieurs étapes :

  • Chaque partie (expropriĂ© et expropriant) doit ainsi rĂ©diger un mĂ©moire qui contient les nom, prĂ©nom, domicile, date et lieu de naissance ainsi que le fait qu’il est propriĂ©taire ou expropriant, les Ă©lĂ©ments juridiques du dossier (nature du bien, consistance du bien etc.) et des Ă©lĂ©ments de comparaison qui permettent de dĂ©terminer la valeur du bien.Le juge examine ces mĂ©moires, ainsi que les conclusions du commissaire du gouvernement, qui propose une Ă©valuation motivĂ©e de l’indemnitĂ© due Ă  l’expropriĂ©.
  • Le juge fixe ensuite, par ordonnance, une date de la visite des lieux et l’audition des parties. Le transport sur les lieux permet au juge d’apprĂ©cier la situation rĂ©elle du bien expropriĂ©. Il doit ĂȘtre effectuĂ© dans un dĂ©lai de 2 mois Ă  compter du rendu de l’ordonnance.La visite des lieux se fait en prĂ©sence de l’expropriant, de l’expropriĂ© et du commissaire du gouvernement. Un procĂšs-verbal est Ă©tabli Ă  la suite de la visite.
  • À la suite de cette visite, le juge va fixer la date et le lieu de l’audience publique. Lors de celle-ci, le juge entend les parties Ă  savoir l’expropriant puis l’expropriĂ©. Il peut Ă©galement entendre le commissaire du gouvernement.Il est obligatoire d’ĂȘtre reprĂ©sentĂ© par un avocat pour cette procĂ©dure.
  • Le juge va rendre un jugement qui fixera le montant des indemnitĂ©s Ă  verser Ă  l’expropriĂ©, Ă  savoir :L’indemnitĂ© principale qui correspond Ă  la valeur vĂ©nale du bien expropriĂ©Les indemnitĂ©s accessoires qui ont pour objet de rĂ©parer les autres prĂ©judices rĂ©sultant de l’expropriation (par exemple, frais de dĂ©mĂ©nagement et de rĂ©installation, la perte de revenu locatif, la perte de stationnement). Parmi ces indemnitĂ©s, il y a ainsi l’indemnitĂ© de remploi, l’indemnitĂ© de dĂ©prĂ©ciation si l’expropriation portait sur une partie seulement de la propriĂ©tĂ© ou encore l’indemnitĂ© pour perte de clĂŽture.

La prise de possession du bien interviendra aprĂšs le paiement de l’indemnitĂ© d’expropriation dĂ©finitivement fixĂ©e par le juge. L’expropriant a un dĂ©lai de 3 mois pour payer ou consigner l’indemnitĂ©. Sinon, il devra payer des intĂ©rĂȘts moratoires.

Si, dans le dĂ©lai d'un an Ă  compter de la dĂ©cision dĂ©finitive fixant le montant de l'indemnitĂ©, celle-ci n'a Ă©tĂ© ni payĂ©e ni consignĂ©e, l'expropriĂ© peut demander au juge qu'il soit Ă  nouveau statuĂ© sur ce montant. Cette demande devra ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par un avocat.

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