Démarches Particulier
Congé de reclassement du salarié
L'employeur qui envisage de licencier pour motif Ă©conomique dans une entreprise de 1 000 salariĂ©s ou plus doit proposer un congĂ© de reclassement. Ce congĂ© permet au salariĂ© de bĂ©nĂ©ficier de lâaide dâune cellule dâaccompagnement des dĂ©marches de recherche dâemploi. Il permet la mise en place d'actions de formation ou de validation des acquis de lâexpĂ©rience (VAE) financĂ©es par l'employeur. Ce congĂ© est rĂ©munĂ©rĂ© par l'employeur. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
La proposition du congé de reclassement au salarié dépend du nombre de salariés dans l'entreprise.
Toutefois, en cas de redressement ou liquidation judiciaire, le congé de reclassement n'est pas proposé.
Le congĂ© de reclassement est proposĂ© Ă tout salariĂ© dont le licenciement pour motif Ă©conomique est envisagĂ© dans une entreprise, un Ă©tablissement ou un groupe dâentreprises de 1 000 salariĂ©s ou plus.
Aucune condition (ùge, ancienneté, nombre de licenciements, etc.) n'est exigée.
L'employeur peut proposer le congé de reclassement dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).
L'entreprise en redressement ou liquidation judiciaire n'est pas concernée par l'obligation de proposition du congé de reclassement.
Le contrat de sĂ©curisation professionnelle (CSP) doit alors ĂȘtre proposĂ© au salariĂ©.
L'employeur doit informer tout salariĂ© pouvant ĂȘtre licenciĂ© pour motif Ă©conomique des conditions de mise en place du congĂ© de reclassement (objet du congĂ©, aides au reclassement, statut et rĂ©munĂ©ration).
Cette information est transmise :
- Au cours de l'entretien préalable au licenciement économique du salarié, lorsque le licenciement concerne moins de 10 salariés sur une période de 30 jours
- AprĂšs la derniĂšre rĂ©union du comitĂ© social et Ă©conomique (CSE), lorsque l'employeur n'est pas obligĂ© de convoquer les salariĂ©s Ă cet entretien prĂ©alable au licenciement. Lâinformation peut ĂȘtre communiquĂ©e par voie dâaffichage ou par remise dâun document dâinformation.
Un modÚle de document est disponible pour informer le salarié des conditions du congé de reclassement :
L'employeur doit proposer au salarié le bénéfice du congé de reclassement dans la lettre de licenciement.
Des modÚles de lettre de licenciement économique avec proposition du congé de reclassement sont disponibles :
Le salarié a un délai de 8 jours calendaires, à compter de la notification de la lettre de licenciement, pour répondre à la proposition du congé de reclassement.
Il n'y a pas de procĂ©dure lĂ©gale obligatoire pour la rĂ©ponse Ă l'employeur. Afin dâĂ©viter tout litige, il est toutefois prĂ©fĂ©rable de le faire par lettre RAR ou lettre remise en mains propres contre dĂ©charge.
L'absence de réponse dans ce délai vaut refus du salarié.
Si le salarié accepte le congé de reclassement, celui-ci débute à la fin du délai de réponse de 8 jours.
En l'absence de réponse ou en cas de refus du congé de reclassement, le préavis de licenciement débute à partir de la 1re présentation de la lettre RAR.
Si l'employeur ne propose pas ce congé, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir une indemnisation.
Le congĂ© permet au salariĂ© de bĂ©nĂ©ficier de lâaide dâune cellule dâaccompagnement pour faciliter les dĂ©marches de recherche dâemploi.
Les prestations de cette cellule d'accompagnement sont accomplies par l'une des personnes suivantes :
- Prestataire extérieur choisi par l'employeur (aprÚs information et consultation du CSE)
- Salariés de l'entreprise désignés par l'employeur.
Lorsque le salarié accepte le congé de reclassement, celui-ci débute d'abord par un entretien d'évaluation et d'orientation. L'employeur présente ensuite au salarié un document formalisant le congé. AprÚs signature de ce document, le salarié bénéficie des actions visant au reclassement.
Lâentretien d'Ă©valuation et d'orientation organisĂ© par la cellule d'accompagnement a pour objet de dĂ©finir avec le salariĂ© un projet professionnel de reclassement et de dĂ©terminer les conditions de sa mise en Ćuvre.
à la fin de l'entretien, la cellule d'accompagnement remet à l'employeur et au salarié un document précisant le contenu et la durée des actions nécessaires en vue de favoriser le reclassement.
La cellule d'accompagnement informe le salarié de la possibilité de bénéficier d'un bilan de compétences lorsque l'entretien d'évaluation et d'orientation n'a pas permis de définir un projet professionnel. Ce bilan est réalisé par un organisme agréé et a uniquement pour objet la détermination du projet professionnel de reclassement. Il est formalisé par la signature d'une convention entre l'employeur, l'organisme prestataire et le salarié.
AprÚs l'entretien d'évaluation et d'orientation ou le bilan de compétences, l'employeur remet au salarié un document détaillant le contenu du congé de reclassement.
Ce document rappelle notamment l'obligation faite au salarié de se rendre aux convocations de la cellule d'accompagnement, les engagements du salarié et les conditions de rupture du congé.
Le salarié a un délai de 8 jours calendaires, à compter de la remise de ce document, pour le signer.
L'absence de signature à la fin de ce délai vaut refus du congé. Dans ce cas, l'employeur notifie au salarié la fin du congé de reclassement par lettre RAR . Si le préavis est suspendu, la date de présentation de cette lettre fixe le terme de la suspension du préavis. à la fin du préavis, le contrat est rompu.
Le salarié bénéficie de l'aide d'une cellule d'accompagnement des démarches de recherche d'emploi et d'actions de formation destinées à favoriser le reclassement professionnel.
Le salarié peut bénéficier d'une validation des acquis de son expérience (VAE).
Le salarié participe aux actions organisées par la cellule d'accompagnement.
L'employeur finance l'ensemble de ces actions.
La durée du congé de reclassement est fixée par l'employeur aprÚs consultation du CSE .
La durée varie en fonction des résultats de l'entretien d'évaluation et d'orientation ou du bilan de compétences.
Cette durée est, en principe, comprise entre 4 et 12 mois (ou moins de 4 mois, avec l'accord du salarié).
Si le salariĂ© suit une formation de reconversion professionnelle, la durĂ©e du congĂ© de reclassement peut ĂȘtre portĂ©e jusqu'Ă 24 mois.
Si le salariĂ© suit une action de formation ou de VAE, la durĂ©e du congĂ© de reclassement ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă la durĂ©e de ces actions, dans la limite de 12 mois.
Le congé de reclassement débute pendant le préavis, que le salarié est dispensé d'effectuer. Si la durée du congé de reclassement dépasse la durée du préavis, la date de fin du préavis est reportée jusqu'à la fin du congé.
La rĂ©munĂ©ration du salariĂ© est prise en charge par lâemployeur et varie en fonction de la durĂ©e du congĂ© de reclassement.
Elle diffÚre selon que le congé correspond à la durée du préavis ou le dépasse :
Pendant la période de congé correspondant au préavis, l'employeur verse le salaire habituel du salarié.
Pendant la période du congé de reclassement excédant la durée du préavis, le salarié perçoit une allocation mensuelle.
Son montant est au moins égal à 65 % de la rémunération brute moyenne des 12 derniers mois précédant la notification du licenciement.
L'allocation ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă 1 549,58 âŹ, soit 85 % du Smic.
La rémunération est calculée sur la base d'un temps plein si le salarié a travaillé à temps partiel au cours de ces 12 derniers mois dans les situations suivantes :
- Congé parental d'éducation
- Congé de proche aidant
- Congé de présence parentale
- Congé de solidarité familiale.
L'allocation est exonérée de cotisations et contributions sociales.
Elle est toutefois soumise aux prélÚvements sociaux (à la CSG à un taux de 6,2 % et à la CRDS à un taux de 0,5 %).
L'employeur remet chaque mois un bulletin de paie précisant le montant et le détail du calcul de cette rémunération.
Un salariĂ© en congĂ© de reclassement nâa pas le maintien dâun avantage en nature (par exemple, un vĂ©hicule de fonction) sur la pĂ©riode dĂ©passant la durĂ©e du prĂ©avis.
Oui, le congé de reclassement est alors suspendu durant chaque période de travail effectuée par le salarié.
Le salarié peut travailler pour le compte de tout employeur (sauf pour un particulier).
Il signe, pour chaque période de travail, soit un CDD renouvelable 1 fois, soit un contrat de travail temporaire.
Le congé de reclassement reprend à la fin de chaque période de travail.
L'employeur peut prévoir un report du terme prévu du congé. La durée du report ne peut pas excéder la durée des périodes de travail effectuées durant le congé.
Le congĂ© de reclassement peut ĂȘtre suspendu en cas d'arrĂȘt maladie, de congĂ© maternitĂ©, paternitĂ© ou dâadoption. La prise de congĂ©s payĂ©s suspend Ă©galement le congĂ©.
En cas de maladie, le salarié continue de percevoir l'allocation de congé de reclassement aprÚs déduction des indemnités journaliÚres de la Sécurité sociale.
Ă la fin de l'arrĂȘt maladie, le salariĂ© bĂ©nĂ©ficie Ă nouveau de l'allocation de congĂ© de reclassement, sauf si la date de fin de congĂ© est dĂ©jĂ atteinte.
Pendant la grossesse, la salariĂ©e peut suspendre le congĂ© de reclassement lorsqu'il n'est pas terminĂ© au moment oĂč elle bĂ©nĂ©ficie du congĂ© maternitĂ©.
à la fin du congé maternité, elle bénéficie à nouveau du congé de reclassement pour une période correspondant à la durée totale du congé diminuée de la durée utilisée avant le congé de maternité.
Il en est de mĂȘme pour le congĂ© d'adoption et le congĂ© de paternitĂ©.
Le salarié peut prendre les congés payés acquis avant le début du congé de reclassement.
Des jours de congĂ©s payĂ©s peuvent ĂȘtre accordĂ©s au salariĂ© durant le congĂ© de reclassement. L'information est alors prĂ©cisĂ©e dans le document, signĂ© par l'employeur et le salariĂ©, qui fixe les conditions du congĂ© de reclassement.
Le salarié n'acquiert pas de congés payés lors de la période en congé de reclassement qui excÚde la durée du préavis.
Le congĂ© de reclassement peut ĂȘtre rompu avant la fin prĂ©vue si le salariĂ© ne respecte pas les engagements pris ou s'il retrouve un emploi.
Si le salarié ne respecte pas les engagements précisés dans le document qu'il a signé, l'employeur peut mettre fin au congé de reclassement.
L'employeur rappelle au salarié par lettre RAR ou lettre remise en mains propres contre décharge qu'il doit suivre les actions prévues et donner suite aux convocations qui lui sont adressées.
Si le salarié ne donne pas suite à ce courrier dans le délai fixé, l'employeur lui notifie la fin du congé de reclassement par lettre RAR.
Le congé de reclassement prend fin si le salarié retrouve un emploi avant la date de fin prévue.
Le salarié doit en informer l'employeur avant l'embauche, par lettre RAR ou lettre remise en mains propres contre décharge.
Il précise la date de l'embauche à l'employeur et la date de présentation de la lettre RAR fixe la fin du congé de reclassement.
Le salarié perçoit une indemnité de licenciement.
La période du congé de reclassement excédant la durée normale du préavis n'est pas prise en compte dans la détermination de l'ancienneté pour le calcul de l'indemnité de licenciement.
Il perçoit également une indemnité compensatrice de congés payés, s'il n'a pas pris tous les congés acquis à la date de rupture du contrat.
L'employeur remet les documents suivants au salarié :
- Certificat de travail
- Attestation France Travail (anciennement PĂŽle emploi)
- Reçu pour solde de tout compte.
Lorsqu'un dispositif d'épargne salariale est mis en place dans l'entreprise, l'employeur remet au salarié, à la fin du contrat de travail, un état récapitulatif des sommes épargnées.
Le salarié qui remplit les conditions, notamment d'une période minimale de travail, peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).
Services en ligne
- ModÚle de lettre - Lettre de licenciement économique sans entretien préalable - Congé de reclassement
- ModÚle de lettre - Lettre de licenciement économique avec entretien préalable - Congé de reclassement
- ModÚle de document remis par l'employeur au salarié l'informant des conditions du congé de reclassement
Textes de référence
- Code du travail : articles L1233-71 Ă L1233-76 â SalariĂ©s concernĂ©s, durĂ©e, pĂ©riodes de travail, rĂ©munĂ©ration
- Code du travail : articles R1233-17 Ă R1233-21 â Proposition du congĂ© de reclassement
- Code du travail : articles R1233-22 Ă R1233-36 â Fonctionnement du congĂ© de reclassement
