Démarches Particulier
Centre de rétention administrative (CRA)
La rĂ©tention administrative permet de maintenir dans un lieu fermĂ© (centre de rĂ©tention administrative) un Ă©tranger qui fait l'objet d'une dĂ©cision d'Ă©loignement, dans l'attente de son renvoi forcĂ©. La rĂ©tention est dĂ©cidĂ©e par l'administration. Elle peut ĂȘtre prolongĂ©e par le juge quand le dĂ©part immĂ©diat de l'Ă©tranger est impossible. Elle est limitĂ©e Ă 90 jours (sauf en cas d'activitĂ©s terroristes). Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
La rétention administrative consiste à maintenir dans un lieu fermé un étranger qui ne peut pas quitter immédiatement la France.
Il ne peut pas ĂȘtre retenu plus de 4 jours. Mais, dans certains cas, la mesure de rĂ©tention peut ĂȘtre prolongĂ©e.
Ces lieux sont les suivants :
- Centre de rétention administrative (CRA), gardé par la police
- Local de rétention généralement situé dans un commissariat de police.
Vous pouvez ĂȘtre placĂ© en rĂ©tention si vous prĂ©sentez un risque de fuite par rapport Ă l'exĂ©cution d'une des dĂ©cisions suivantes dont vous ĂȘtes l'objet :
- Obligation de quitter la France (OQTF) de moins de 3 ans
- Interdiction de retour sur le territoire français (IRTF)
- Décision d'expulsion
- Interdiction de circulation sur le territoire français
- Interdiction judiciaire du territoire français (ITF)
- Mesure d'éloignement dans le cadre de l'Union européenne.
Un comportement menaçant l'ordre public peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme constituant un risque de fuite.
Vous pouvez Ă©galement ĂȘtre concernĂ© par un placement en rĂ©tention administrative si vous ĂȘtes dans l'une des situations suivantes :
- Vous n'avez pas quitté la France dans les 7 jours aprÚs la fin d'un 1er placement en rétention.
- Vous n'avez pas quitté la France dans les 48 heures aprÚs la fin d'un 1er placement en rétention, et des éléments nouveaux sont intervenus dans votre situation.
- Vous ĂȘtes revenu en France malgrĂ© une mesure d'Ă©loignement.
Un Ă©tranger mineur ne peut pas ĂȘtre placĂ© en rĂ©tention.
Cette procédure ne concerne pas un étranger ressortissant d'un pays européen, ni les membres de sa famille vivant en France avec lui.
La dĂ©cision initiale de placement en rĂ©tention prise par le prĂ©fet peut ĂȘtre suivie d'une ou plusieurs dĂ©cisions de prolongation qui devront ĂȘtre prises par le juge.
La dĂ©cision initiale peut ĂȘtre prise dans diffĂ©rentes situations.
La décision initiale de placement en rétention est prise par le préfet. Elle prend en compte votre état de vulnérabilité et tout handicap. Sa durée est de 4 jours.
Elle a lieu aprÚs votre interpellation par la police (éventuellement à la suite d'une mesure de retenue pour vérification du droit au séjour).
Il s'agit d'une dĂ©cision Ă©crite et argumentĂ©e. Elle doit vous ĂȘtre notifiĂ©e.
Le procureur de la RĂ©publique doit ĂȘtre immĂ©diatement informĂ© de votre placement en rĂ©tention.
La décision initiale de placement en rétention est prise par le préfet. Elle prend en compte votre état de vulnérabilité et tout handicap. Sa durée est de 4 jours.
Elle a lieu Ă la fin de votre emprisonnement.
Il s'agit d'une dĂ©cision Ă©crite et argumentĂ©e. Elle doit vous ĂȘtre notifiĂ©e.
Le procureur de la RĂ©publique doit ĂȘtre immĂ©diatement informĂ© de votre placement en rĂ©tention.
Si vous avez dĂ©jĂ Ă©tĂ© placĂ© en rĂ©tention, la nouvelle dĂ©cision de placement doit intervenir au minimum 7 jours aprĂšs la fin de votre prĂ©cĂ©dente rĂ©tention. Ce dĂ©lai peut ĂȘtre ramenĂ© Ă 48 heures en cas d'Ă©lĂ©ments nouveaux intervenus dans votre situation.
Si votre Ă©loignement n'a pas pu intervenir dans les 48 heures aprĂšs votre placement en rĂ©tention, celle-ci peut ĂȘtre prolongĂ©e une 1re fois de 26 jours francs.
Le prĂ©fet doit alors saisir le magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire. Le juge a 48 heures pour statuer. Il vous auditionne (ou votre avocat si vous en avez un). Le prĂ©fet est Ă©galement auditionnĂ©. Un interprĂšte peut ĂȘtre prĂ©sent.
Le juge peut prolonger ou refuser la prolongation.
Il peut aussi décider, à titre exceptionnel, que vous serez assigné à résidence.
Le préfet peut demander au magistrat du siÚge du tribunal judiciaire une 2e prolongation de 30 jours francs dans les cas suivants :
- Urgence absolue (exemple : risque de fuite)
- Menace pour l'ordre public
- Renvoi impossible dans les cas suivants :Perte ou de la destruction volontaire de votre passeport, de la dissimulation de votre identité ou de l'obstruction à votre éloignementLaissez-passer qui n'a pas été délivré par le consulat de votre pays d'origineFaute de moyens de transport.
Le juge peut soit ordonner la prolongation de la rétention, soit la refuser.
Ă titre exceptionnel, la rĂ©tention d'un Ă©tranger interdit de territoire pour terrorisme ou frappĂ© d'un arrĂȘtĂ© d'expulsion pour activitĂ©s terroristes peut ĂȘtre prolongĂ©e pour 1 mois. De nouvelles prolongations peuvent avoir lieu pour 18 mois maximum.
Le prĂ©fet peut demander au magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire une nouvelle prolongation de 15 jours francs si, dans les 15 derniers jours de rĂ©tention, vous ĂȘtes dans l'une des situations suivantes :
- Obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement
- Présentation dans le seul but de faire échec à la mesure d'éloignement, d'une demande de protection contre l'éloignement en raison de votre état de santé
- Présentation d'une demande d'asile
- Non-exécution de la mesure d'éloignement en raison de l'absence de délivrance des documents de voyage par votre consulat (cette délivrance doit intervenir rapidement)
- En cas d'urgence absolue ou de menace Ă l'ordre public.
La demande a lieu avant la fin du délai de 30 jours.
Une prolongation de 15 jours francs peut ĂȘtre demandĂ©e au magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire si, dans les 15 derniers jours de rĂ©tention, vous avez compromis la mise en Ćuvre de la mesure d'Ă©loignement pour les mĂȘmes raisons, ou en cas d'urgence absolue ou de menace Ă l'ordre public.
La rétention peut donc durer 90 jours au total (ou jusqu'à 210 jours en cas d'activités terroristes).
Lors de votre placement en rĂ©tention administrative, vous bĂ©nĂ©ficiez d'un certain nombre de droits qui doivent vous ĂȘtre notifiĂ©s dans une langue que vous comprenez.
DÚs votre arrivée en rétention, vous recevez un document vous rappelant l'ensemble de vos droits.
Ce document doit ĂȘtre traduit par un interprĂšte si vous le demandez.
Vous avez droit à un avocat dÚs votre arrivée en rétention.
Vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour payer votre avocat.
Vous pouvez demander Ă ĂȘtre examinĂ© par un mĂ©decin de l'unitĂ© mĂ©dicale du centre de rĂ©tention.
Au besoin, il assurera votre prise en charge médicale durant la rétention.
Vous pouvez librement communiquer avec l'extérieur.
Vous pouvez recevoir des visites aux heures prévues par le lieu de rétention.
Vous avez notamment le droit de communiquer avec vos proches et le consulat de votre pays d'origine.
Le centre de rétention doit avoir un téléphone en libre accÚs pour 50 étrangers retenus.
Des agents de l'Ofii présents sur place peuvent vous apporter des informations et vous aider à préparer votre départ (récupération des bagages, formalités administratives, etc.).
Vous pouvez aussi demander aux agents de l'Ofii l'Ă©valuation de votre Ă©tat de vulnĂ©rabilitĂ©. Elle peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par le mĂ©decin de l'unitĂ© mĂ©dicale du centre de rĂ©tention.
Les résultats de cette évaluation peuvent amener l'agent de l'Ofii et le médecin à formuler un avis concernant l'adaptation des conditions de votre rétention.
Cet avis peut également porter sur votre maintien en rétention s'il est incompatible avec votre état de vulnérabilité.
Certaines associations assurent des permanences juridiques dans les lieux de rétention.
Ces associations aident les étrangers durant la procédure d'éloignement.
La présence d'une seule permanence juridique est autorisée par centre ou local de rétention.
D'autres associations peuvent intervenir pour défendre les droits des étrangers ou pour une assistance médicale ou sociale.
Ces associations doivent bénéficier d'un agrément individuel. Il est accordé par le préfet pour une durée de 3 ans.
Vous pouvez contester la décision de placement en rétention prise par le préfet et les ordonnances prises par le magistrat du siÚge du tribunal judiciaire.
Vous pouvez contester la décision de placement en rétention prise à votre encontre auprÚs du magistrat du siÚge du tribunal judiciaire dans un délai de 4 jours.
Vous pouvez contester l'ordonnance du magistrat du siÚge du tribunal judiciaire) devant le 1er président de la cour d'appel.
L'appel doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 24 heures aprĂšs les faits suivants :
- Prononcé de l'ordonnance (son annonce par le magistrat du siÚge du tribunal judiciaire), si vous étiez présent à l'audience,
- Notification de l'ordonnance, si vous étiez absent.
Si ce délai se termine un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu'au prochain jour ouvrable.
Le 1er président de la cour d'appel doit statuer dans les 48 heures aprÚs qu'il a été saisi.
L'appel n'est pas suspensif : vous restez en rétention durant la procédure.
Vous pouvez aussi saisir le magistrat du siÚge du tribunal judiciaire à tout moment pour demander votre libération si de nouvelles circonstances nécessitant la fin de votre rétention apparaissent.
L'ordonnance du 1er président de la cour d'appel peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation.
Textes de référence
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles L741-1 Ă L741-9 â Placement en rĂ©tention
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : article L741-10 â Contestation de la dĂ©cision de placement en rĂ©tention
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles L742-1 Ă L742-3 â Saisine du magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire pour maintien en rĂ©tention au-delĂ de 4 jours
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles L742-4 Ă L742-7 â Nouvelle saisine du magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire afin de prolonger la rĂ©tention
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : article L744-1 Ă L744-17 â Conditions de la rĂ©tention
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : article L612-3 â DĂ©finition du risque de soustraction Ă une mesure d'Ă©loignement (risque de fuite)
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles R741-1 Ă R741-2 â AutoritĂ© compĂ©tente
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles R743-1 Ă R743-9 â Prolongation de la rĂ©tention par le magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles R743-10 Ă R743-20 â Contestation de la dĂ©cision de placement en rĂ©tention par l'Ă©tranger
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles R744-1 Ă R744-15 â Centres de rĂ©tention
- Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles R744-16 Ă R744-21 â Droits des Ă©trangers retenus
- ArrĂȘtĂ© du 30 dĂ©cembre 2016 fixant la liste des associations humanitaires ayant accĂšs aux lieux de rĂ©tention â Associations humanitaires ayant accĂšs aux lieux de rĂ©tention.
