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Garantir une dette avec un cautionnement

VĂ©rifiĂ© le 13/02/2023 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Lorsque vous faites une demande de prĂȘt auprĂšs d'une banque, vous devez fournir des garanties. Parmi les garanties possibles, il existe le cautionnement. Il s'agit d'un contrat par lequel une personne, appelĂ©e caution, s'engage Ă  rembourser votre dette Ă  votre place lorsque vous n'ĂȘtes pas en mesure de la payer.

Le cautionnement est un contrat par lequel une personne, appelée caution, s'engage à verser l'argent dû à un créancier par le débiteur lorsqu'il n'est pas en mesure de payer sa dette.

Le contrat de cautionnement est un contrat accessoire. Il dépend du contrat principal qui lie le débiteur et le créancier. Le cautionnement va servir à garantir la réalisation par le débiteur de l'obligation prévue dans le contrat principal. Il s'agit généralement de garantir un emprunt bancaire ou encore le paiement de loyers.

Un entrepreneur individuel s'adresse Ă  une banque pour obtenir un prĂȘt bancaire. Dans le cadre de ce contrat de prĂȘt (contrat principal), l'entrepreneur s'engage Ă  rembourser l'emprunt en versant des mensualitĂ©s Ă  la banque. Ici, l'entrepreneur est le dĂ©biteur et la banque est son crĂ©ancier.

En guise de garantie, la banque exige qu'une tierce personne (un proche, par exemple) se porte caution de l'entrepreneur. Si celui-ci n'est pas en mesure de rembourser le prĂȘt, la banque pourra alors se tourner vers la caution pour rĂ©clamer le paiement.

Il existe 2 types de cautionnements : le cautionnement civil et le cautionnement commercial.

Le cautionnement est civil lorsque la personne se porte caution pour un débiteur sans contrepartie (somme d'argent, avantage, etc.). C'est le cas le plus répandu.

Le cautionnement est commercial lorsqu'il remplit au moins une des conditions suivantes :

  • La caution a un intĂ©rĂȘt patrimonial et personnel au paiement de la dette principale (par exemple : un employĂ© se porte caution de son patron au bord de la faillite pour l'Ă©viter et conserver son emploi).
  • La caution est une banque
  • Le cautionnement est rĂ©alisĂ© par un commerçant ayant un intĂ©rĂȘt Ă  se porter caution
  • Le cautionnement se rattache Ă  un acte commercial. Par exemple, un commerçant reçoit un cautionnement pour les besoins de son commerce

Dans le cadre d'un cautionnement commercial, la caution est automatiquement solidaire. De plus, ce sont les juges du tribunal de commerce qui sont compétents en cas de litige.

Le cautionnement sert Ă  garantir une ou plusieurs obligations (dettes) dĂ©jĂ  existantes ou futures. Ces dettes doivent ĂȘtre dĂ©terminĂ©es ou dĂ©terminables. Cela signifie que le cautionnement couvre alors la dette dĂ©finie (la dette principale) et la dette indĂ©finie (frais accessoires, intĂ©rĂȘts, etc. qui dĂ©coulent de la dette principale).

Dette existante ou future

Une obligation est dite existante lorsqu'au moment du cautionnement la dette existe déjà. C'est par exemple le cas dans un emprunt bancaire.

En revanche, une obligation est dite future lorsqu'au moment du cautionnement, elle n'existe pas encore. C'est par exemple le cas d'un cautionnement visant à garantir un solde positif sur un compte courant. Ce n'est que lorsque le solde passe au négatif que la dette se crée.

Dette déterminée ou déterminable

Un cautionnement peut ĂȘtre pris sur une dette future Ă  condition d'ĂȘtre clairement identifiĂ©e dans le contrat de cautionnement. Le montant n'a pas nĂ©cessairement besoin d'ĂȘtre dĂ©terminĂ© au moment de la signature de l'acte.

Lorsque le contrat de cautionnement de dettes futures prend fin, la caution est quand mĂȘme tenue par les dettes qui sont nĂ©es avant la fin du contrat.

Un cautionnement a Ă©tĂ© mis en place pour garantir un contrat de prĂȘt. La dette dĂ©finie est le montant du prĂȘt, la dette indĂ©finie correspond par exemple aux intĂ©rĂȘts ou aux frais de retard.

L'acte de cautionnement contient toutes les informations pour que la caution sache précisément à quoi elle s'engage. Elle doit aussi connaßtre tous les éléments qui lui permettent de remplir son rÎle.

Pour que le cautionnement d'une obligation dĂ©terminable soit valable, il faut que le dĂ©biteur principal soit mentionnĂ© dans l'acte de cautionnement de telle sorte qu'il puisse ĂȘtre identifiĂ©.

Le contrat de cautionnement qui garantit un solde positif sur un compte courant, devra mentionner les informations permettant d'identifier le propriétaire du compte courant (le débiteur principal).

Dette proportionnée au patrimoine de la caution

La caution ne peut pas garantir un montant trop élevé par rapport à son patrimoine. En effet, en cas d'engagement disproportionné, le montant garanti sera réduit à hauteur du montant pour lequel la caution pouvait réellement s'engager au moment de la signature du cautionnement.

Une personne possĂšde une patrimoine total de 500 000 € : un bien mobilier d'une valeur de 300 000 €, un bien mobilier secondaire de 150 000 € et une Ă©pargne personnelle s'Ă©levant Ă  50 000 €.

On lui demande de se porter caution pour une dette s'Ă©levant Ă  2 000 000 €. Le montant Ă©tant largement supĂ©rieur au patrimoine de la caution, en cas d'engagement, le montant garanti sera rĂ©duit Ă  hauteur de ce que la caution peut rĂ©ellement supporter.

Pour que le contrat de cautionnement soit valable, plusieurs conditions doivent ĂȘtre remplies.

1. Information suffisante de la caution

La caution doit recevoir des informations du créancier avant de s'engager.

La personne qui se porte caution doit avoir des moyens financiers suffisants pour garantir la dette. En effet, si la caution devient insolvable alors le débiteur principal doit lui trouver un remplaçant. Il pourra également proposer une autre garantie (exemple : hypothÚque).

Le contrat de cautionnement peut ĂȘtre rĂ©digĂ© de maniĂšre Ă©lectronique.

Le créancier professionnel doit mettre en garde la caution (personne physique) lorsque le débiteur n'a pas les capacités financiÚres adaptées à son engagement. S'il ne le fait pas, le créancier ne pourra pas faire appel à la caution pour les sommes correspondant au préjudice qu'elle a subi.

Avant le 31 mars de chaque annĂ©e, le crĂ©ancier doit informer la caution (personne physique) sur le montant du principal de la dette, des intĂ©rĂȘts et des frais accessoires qui restent dus au 31 dĂ©cembre de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

⚠ Attention

Si le crĂ©ancier ne remplit pas cette obligation, les intĂ©rĂȘts et pĂ©nalitĂ©s arrivĂ©s Ă  Ă©chĂ©ance (devant ĂȘtre payĂ©s) depuis la date de la prĂ©cĂ©dente information et jusqu'Ă  la prochaine information ne sont pas garantis par la caution.

Le créancier doit également rappeler à la caution (personne physique) l'une des informations suivantes, selon le type de cautionnement :

  • Le cautionnement a une durĂ©e dĂ©terminĂ©e : le crĂ©ancier doit rappeler la date de fin de l'engagement de la caution
  • Le cautionnement a une durĂ©e indĂ©terminĂ©e : le crĂ©ancier doit rappeler la possibilitĂ© pour la caution de mettre fin Ă  son engagement et les conditions dans lesquelles cela doit ĂȘtre fait

Le crĂ©ancier doit informer la caution dĂšs le premier incident de paiement non rĂ©gularisĂ© du dĂ©biteur principal. Il doit la prĂ©venir au cours du mois durant lequel le paiement aurait du ĂȘtre fait. Dans le cas contraire, la caution n'est plus garante des intĂ©rĂȘts et pĂ©nalitĂ©s arrivĂ©s Ă  Ă©chĂ©ance (devant ĂȘtre payĂ©es) entre la date de l'incident de paiement et celle Ă  laquelle la caution est informĂ©e.

💡 À noter

Ces rÚgles s'appliquent aussi lorsque le créancier est un établissement de crédit ou une société de financement et que la caution est un professionnel.

2. Consentement libre et éclairé de la caution

Lorsque la caution donne son accord, son consentement doit répondre aux conditions suivantes :

  • Il doit ĂȘtre libre : la caution ne doit pas avoir donnĂ© son consentement sous la contrainte (par exemple : chantage, menace, etc.).
  • Il doit ĂȘtre Ă©clairé : la caution doit connaĂźtre les conditions et les risques du cautionnement pour lequel elle s'engage.
  • Il doit ĂȘtre non vicié : la caution ne doit pas se tromper sur les conditions de son cautionnement ou avoir Ă©tĂ© trompĂ©e par de fausses informations.

Si ces conditions ne sont pas remplies au moment de la signature de l'acte de cautionnement, celui-ci est susceptible d'ĂȘtre annulĂ©.

L'annulation peut ĂȘtre demandĂ©e par tout intĂ©ressĂ© au tribunal compĂ©tent (judiciaire pour un cautionnement civil et tribunal de commerce pour un cautionnement commercial). La nullitĂ© ne sera cependant pas prononcĂ©e si l'erreur provient du dĂ©biteur.

3. Capacité à contracter de la caution

La caution doit avoir la capacité de contracter un cautionnement. Ainsi, il ne doit pas s'agir d'un mineur non émancipé (encore sous l'autorité de ses parents ou d'une tuteur légal) ou d'un majeur protégé.

⚠ Attention

Si un contrat de cautionnement est conclu alors que la caution n'en a pas la capacité, l'acte sera considéré comme nul. Autrement dit, le cautionnement ne sera pas valable et la caution ne pourra pas se porter garante pour le débiteur.

Il peut y avoir plusieurs types de cautions :

  • Le dirigeant ou l'un des associĂ©s peut se porter caution pour la sociĂ©tĂ© auprĂšs d'un crĂ©ancier professionnel. C'est le cas par exemple du dirigeant qui se porte caution au titre d'un bail commercial
  • Une sociĂ©tĂ© peut Ă©galement se porter caution. Le cautionnement doit ĂȘtre fait dans son intĂ©rĂȘt et ne doit pas aller Ă  l'encontre de son objet social, c'est Ă  dire aller Ă  l'encontre de l'activitĂ© qu'elle exerce. Par exemple si l'activation du cautionnement l'empĂȘche de pouvoir poursuivre son activitĂ© alors celui-ci n'est pas valable
  • Une personne physique peut aussi se porter caution pour une autre personne physique. Par exemple, un salariĂ© peut se porter caution pour garantir les dettes de son employeur
💡 À noter

Il existe des sociétés de cautionnement mutuel qui peuvent se porter caution pour le débiteur en échange d'argent (cautionnement commercial).

4. Cautionnement licite et certain

Le cautionnement doit ĂȘtre Ă  la fois licite et certain.

Le cautionnement est licite lorsque son objet (la raison pour laquelle il a été conclu) ne va pas à l'encontre de l'ordre public, c'est-à-dire à l'encontre de l'ensemble des rÚgles obligatoires qui ont pour objectif de préserver la paix sociale. Par exemple, il n'est pas possible de cautionner une vente illégale d'armes.

Quant au caractĂšre certain, cela signifie que la dette mise sous caution doit exister ou est susceptible d'exister, ĂȘtre dĂ©terminĂ©e ou dĂ©terminable.

Lorsque la caution est une personne physique (particulier, entreprise individuelle...), l'acte de cautionnement doit respecter un formalisme spécifique. Si celui-ci n'est pas respecté, l'acte ne sera pas valable.

En effet, la caution doit ajouter la mention Ă  la main selon laquelle elle s'engage en tant que caution. Le cautionnement peut ĂȘtre rĂ©digĂ© Ă  la main ou sous format Ă©lectronique.

Elle doit indiquer les informations suivantes :

  • Son engagement Ă  payer au crĂ©ancier ce que lui doit le dĂ©biteur lorsqu'il ne peut pas payer
  • La limite de son engagement : montant en principal et accessoires en toutes lettres et en chiffres
  • Si la caution est privĂ©e du bĂ©nĂ©fice de discussion ou de division : elle doit reconnaĂźtre de pas pouvoir exiger du crĂ©ancier qu'il poursuive le dĂ©biteur en premier ou qu'il divise ses poursuites entre les cautions

En revanche lorsqu'une caution est donné par un acte établi par un notaire ou un avocat, alors la mention n'est pas obligatoire.

La caution personne morale (société) n'est pas concernée par l'ajout de la mention manuscrite.

Le créancier professionnel doit mettre en garde la caution (personne physique) lorsque le débiteur n'a pas les capacités financiÚres adaptées à son engagement. S'il ne le fait pas, le créancier ne pourra pas faire appel à la caution pour les sommes correspondant au préjudice qu'elle a subi.

Avant le 31 mars de chaque annĂ©e, le crĂ©ancier doit informer la caution (personne physique) sur le montant du principal de la dette, des intĂ©rĂȘts et des frais accessoires qui restent dus au 31 dĂ©cembre de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

⚠ Attention

Si le crĂ©ancier ne remplit pas cette obligation, les intĂ©rĂȘts et pĂ©nalitĂ©s arrivĂ©s Ă  Ă©chĂ©ance (devant ĂȘtre payĂ©s) depuis la date de la prĂ©cĂ©dente information et jusqu'Ă  la prochaine information ne sont pas garantis par la caution.

Le créancier doit également rappeler à la caution (personne physique) l'une des informations suivantes, selon le type de cautionnement :

  • Le cautionnement a une durĂ©e dĂ©terminĂ©e : le crĂ©ancier doit rappeler la date de fin de l'engagement de la caution
  • Le cautionnement a une durĂ©e indĂ©terminĂ©e : le crĂ©ancier doit rappeler la possibilitĂ© pour la caution de mettre fin Ă  son engagement et les conditions dans lesquelles cela doit ĂȘtre fait

Le crĂ©ancier doit informer la caution dĂšs le premier incident de paiement non rĂ©gularisĂ© du dĂ©biteur principal. Il doit la prĂ©venir au cours du mois durant lequel le paiement aurait du ĂȘtre fait. Dans le cas contraire, la caution n'est plus garante des intĂ©rĂȘts et pĂ©nalitĂ©s arrivĂ©s Ă  Ă©chĂ©ance (devant ĂȘtre payĂ©es) entre la date de l'incident de paiement et celle Ă  laquelle la caution est informĂ©e.

💡 À noter

Ces rÚgles s'appliquent aussi lorsque le créancier est un établissement de crédit ou une société de financement et que la caution est un professionnel.

Selon le type de caution les rĂšgles appliquĂ©es sont diffĂ©rentes. Si la cautionnement est commercial, la caution sera nĂ©cessairement solidaire. Si le cautionnement est civil, la caution pourra ĂȘtre simple ou solidaire.

La caution ne peut pas ĂȘtre actionnĂ©e avant l'Ă©chĂ©ance de la dette lorsque le dĂ©biteur principal ne paye pas.

En tant que caution simple, elle peut dĂ©cider d'actionner le bĂ©nĂ©fice de discussion, c'est-Ă -dire qu'elle va obliger le crĂ©ancier Ă  poursuivre le dĂ©biteur principal en premier avant de se retourner vers elle. Le crĂ©ancier peut lui demander de vendre ses biens et de se payer avec ce que la vente a rapportĂ©. Si le dĂ©biteur principal ne peut toujours pas payer, alors ce sera Ă  la caution de payer la dette, les intĂ©rĂȘts et les pĂ©nalitĂ©s.

Un créancier A loue un local commercial à un débiteur B. La caution C se porte caution pour le paiement des loyers du débiteur B.

Le débiteur B ne paye pas son loyer, le créancier A doit demander au débiteur B de payer par n'importe quel moyen. Il peut lui demander de vendre certains de ses biens pour pouvoir payer le loyer. Si malgré tout ça, le débiteur B ne peut pas payer son loyer, alors le créancier A pourra demander à la caution C de payer.

Lorsqu'il y a plusieurs cautions, il existe le bénéfice de division qui oblige le créancier à diviser son action entre chaque caution à la hauteur de ce à quoi elles se sont engagées.

Un créancier A loue un appartement à un débiteur B. Les cautions C, D et E se portent caution pour le paiement des loyers du débiteur B. Les cautions C et D se porte caution à hauteur de 20 % du loyer chacune et la caution E se porte caution pour le reste (60 %).

Si le débiteur B ne paye pas son loyer, le créancier A pourra demander aux cautions de le payer à hauteur de ce à quoi elles se sont engagé. Ainsi, il peu demander 20 % du loyer à la caution C, 20 % du loyer à la caution D et 60 % du loyer à la caution E.

La caution ne peut pas ĂȘtre actionnĂ©e avant l'Ă©chĂ©ance de la dette lorsque le dĂ©biteur principal ne paye pas.

En tant que caution solidaire, celle-ci ne peut pas utiliser le bénéfice de discussion et le bénéfice de division :

  • BĂ©nĂ©fice de discussion : la caution peut exiger que le crĂ©ancier se retourne d'abord contre le dĂ©biteur pour obtenir le paiement de ses dettes.
  • BĂ©nĂ©fice de division : la caution Ă  qui le crĂ©ancier s'adresse pour obtenir le remboursement de sa dette, peut demander Ă  ce que le crĂ©ancier divise ses poursuites lorsque plusieurs personnes sont caution.

Si il y a plusieurs cautions solidaires, le crĂ©ancier peut se retourner vers n'importe laquelle des cautions pour rĂ©cupĂ©rer la totalitĂ© de la dette, des intĂ©rĂȘts et des pĂ©nalitĂ©s. De plus, le crĂ©ancier n'est pas obligĂ© d'engager toutes les poursuites possible contre le dĂ©biteur avant de faire appel Ă  la caution.

Une sociĂ©tĂ© conclut un prĂȘt auprĂšs d'une banque. Son dirigeant et 2 employĂ©s se portent caution. Chaque employĂ© se porte caution Ă  hauteur de 25 de la dette et le dirigeant se porte caution Ă  hauteur de 50 de la dette.

Le dirigeant et les employĂ©s ont un intĂ©rĂȘt Ă©conomique Ă  se porter caution pour la sociĂ©tĂ©, ainsi il s'agit d'un cautionnement commercial et les cautions sont obligatoirement solidaires.

Les cautions étant solidaires, si la société ne paye pas une de ses mensualités, la banque peut directement s'adresser aux cautions pour en obtenir le paiement sans avoir à engager tous les recours possibles contre la société (perte du bénéfice de discussion). De plus, la banque peut demander le remboursement de la totalité de la mensualité non versée à une seule des cautions bien qu'elles ne se soient engagées que pour une partie de la dette (perte du bénéfice de division).

La caution qui a payĂ© la dette dans sa totalitĂ© ou seulement en partie, a un recours personnel contre le dĂ©biteur principal. Le recours porte sur les sommes que la caution a payĂ©es, les intĂ©rĂȘts et les frais.

On appelle cela la subrogation. La caution subroge le créancier dans ses droits. Autrement dit, elle prend la place du créancier et récupÚre ainsi ses droits et obligations envers le débiteur. Elle est alors en droit de demander le remboursement de la dette au débiteur principal.

⚠ Attention

Pour disposer d'un droit de recours, la caution doit avertir le débiteur de son intention de payer sa dette au préalable. Si le débiteur a payé sa dette et que la caution l'avait déjà fait sans le prévenir, elle pourra seulement faire une demande de restitution auprÚs du créancier.

Les cautions qui ont payé la dette dans sa totalité ou seulement en partie ont un pouvoir de subrogation qui leur permet d'avoir des droits de recours. Les cautions subrogent le créancier dans ses droits. Autrement dit, elles prennent la place du créancier et récupÚrent ainsi ses droits et obligations envers le débiteur. Cela leur permet de se retourner contre le débiteur principal pour obtenir le remboursement de la dette qu'elles ont payée à sa place :

  • Recours personnel contre le dĂ©biteur principal : il porte sur les sommes que les cautions ont payĂ©es, les intĂ©rĂȘts et les frais. Les cautions pourront chacune poursuivre le dĂ©biteur principal Ă  la hauteur de ce qu'elles ont payĂ©
  • Recours subrogatoire contre les autres cautions : Si les cautions sont solidaires, la caution qui a payĂ© la dette du dĂ©biteur a un droit de recours personnel contre le dĂ©biteur principal et un droit de recours subrogatoire contre chacune des autres cautions Ă  hauteur de ce qu'elles s'Ă©taient engagĂ©es Ă  payer
⚠ Attention

Pour disposer d'un droit de recours, la caution doit avertir le débiteur de son intention de payer sa dette au préalable. Si le débiteur a payé sa dette et que la caution l'avait déjà fait sans le prévenir, elle pourra seulement faire une demande de restitution auprÚs du créancier.

Disparition de l'obligation principale

Le cautionnement est un contrat accessoire qui dépend d'un contrat principal conclu entre un débiteur et un créancier. Il sert à garantir une obligation ou une dette du débiteur. Lorsque cette dette ou cette obligation disparait, l'engagement de la caution disparait aussi.

Un professionnel loue un local commercial, un tiers se porte caution pour le paiement des loyers. Lorsque le professionnel décide de partir et de ne plus louer de local commercial alors le contrat de cautionnement visant à garantir le paiement des loyers n'a plus de raison d'exister, il disparait.

Désengagement spontané de la caution

Lorsque le cautionnement garantit une dette future pour une durée indéterminée (par exemple, garantie par le chef d'entreprise du solde débiteur du compte courant de l'entreprise), la caution peut mettre fin à son engagement quand elle le souhaite. Elle doit cependant attendre le délai prévu dans le contrat de cautionnement ou un délai raisonnable avant de rompre son engagement.

Perte des droits de subrogation de la caution

Si la caution perd son droit de subrogation car le créancier a commis une faute, alors la caution est déchargée de son engagement proportionnellement au préjudice qu'elle a subi.

Une banque demande une caution pour un prĂȘt qu'elle consent Ă  une sociĂ©tĂ©. Le dirigeant se porte caution du prĂȘt.

La banque ne verse jamais le montant du prĂȘt Ă  la sociĂ©tĂ© qui n'est plus en mesure de payer les intĂ©rĂȘts. Comme la banque a commis une faute en ne versant pas le prĂȘt, le dirigeant est dĂ©chargĂ© de son engagement.

En cas de décÚs de la caution, ses héritiers sont obligés de payer les dettes apparues avant le décÚs. En revanche, ils n'ont pas à payer les dettes qui surviennent aprÚs le décÚs.

Une personne se porte caution pour garantir le paiement du loyer commercial du dĂ©biteur auprĂšs du crĂ©ancier. La caution dĂ©cĂšde en septembre 2022. Si le dĂ©biteur n'a pas payĂ© son loyer avant le dĂ©cĂšs de la caution, les hĂ©ritiers de la caution devront payer les dettes du dĂ©biteur. En revanche tous les loyers non payĂ©s aprĂšs le dĂ©cĂšs de la caution n'ont pas Ă  ĂȘtre payĂ©s par les hĂ©ritiers de la caution.

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