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Outrage Ă  agent

VĂ©rifiĂ© le 30/03/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Vous ĂȘtes par exemple policier, chauffeur de bus, infirmier, enseignant et vous avez subi des paroles ou des gestes qui portent atteinte Ă  votre dignitĂ© ou au respect dĂ» Ă  vos fonctions ? Il peut s'agir d'un outrage Ă  agent. Si vous ĂȘtes victime d'un tel dĂ©lit, vous pouvez dĂ©poser plainte. Si l'outrage Ă  agent a eu lieu sur internet, vous pouvez effectuer un signalement mĂȘme si vous en ĂȘtes uniquement tĂ©moin. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

L'outrage à agent est un acte malveillant (paroles, gestes, envoi d'un objet, etc.) en lien avec la mission d'un agent public et qui porte atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction qu'il exerce.

L'outrage à agent se manifeste de différentes façons :

  • Paroles insultantes, humiliantes, mĂ©prisantes, etc.
  • Actions du corps, mimiques ou attitude qui expriment clairement le mĂ©pris ou la colĂšre de l'auteur des faits pour la personne Ă  laquelle il s'adresse (par exemple, le fait de suivre un agent de la SNCF pendant plusieurs heures)
  • Menaces verbales
  • Images ou Ă©crits non rendus publics (par exemple, envoi par lettre, par SMS ou par mail, d’images ou d’écrits insultants, menaçants, dĂ©shonorants)
  • Envoi d'objets quelconques (par exemple, de la nourriture projetĂ©e sur le maire d'une commune).

Pour que l'outrage à agent soit retenu, il est nécessaire que les 3 conditions suivantes soient remplies :

  • L'auteur des faits doit avoir connaissance que vous ĂȘtes un agent dĂ©positaire de l'autoritĂ© publique ou chargĂ© d'une mission de service public
  • L'auteur des faits doit s'adresser directement Ă  vous ou faire en sorte que ses propos vous soient rapportĂ©s
  • L'auteur des faits doit avoir conscience que l'acte qu'il commet porte atteinte Ă  votre dignitĂ© de ou au respect dĂ» Ă  votre fonction.

Un individu est contrĂŽlĂ© par des policiers dans la rue. Pendant que l’un des agents vĂ©rifie ses papiers, l’individu se tourne vers l’autre policier et lui dit « Tu diras Ă  ton collĂšgue que c’est un incompĂ©tent total et qu’il abuse de son uniforme. » L’outrage Ă  agent peut ĂȘtre retenu, car l’individu sait que la personne qu’il outrage est un policier et que, mĂȘme si les propos ne lui sont pas directement adressĂ©s, ils lui seront rapportĂ©s. Enfin, en tenant de tels propos, l’individu sait qu’il porte atteinte Ă  la dignitĂ© de cet agent.

⚠ Attention

Il ne faut pas confondre l'outrage à agent avec d'autres infractions telles que les violences physiques, la diffamation ou l'injure. Les violences physiques sont retenues si un coup vous a été porté. L'injure et la diffamation ne nécessitent pas que les propos vous soient directement adressés.

Cette infraction est constituée dÚs lors que l'outrage est commis à l'encontre d'un agent dépositaire de l'autorité publique ou d'un agent chargé d'une mission de service public.

Un agent dĂ©positaire de l'autoritĂ© publique est une personne qui dĂ©tient un pouvoir de sanction et de contrainte et qui peut les utiliser au cours de l'exercice des fonctions qui lui sont confiĂ©es par l'État.

Plusieurs corps d'agent public sont considérés comme dépositaires de l'autorité publique, notamment :

  • Policiers municipaux ou nationaux
  • Agents de surveillance de la voie publique
  • Gendarmes
  • Militaires
  • Magistrats
  • Douaniers
  • Agents de l'administration pĂ©nitentiaire (exemple : gardiens de prison)
  • Inspecteurs des finances publiques
  • Inspecteurs du travail
  • Sapeur-pompier professionnel, sapeur-pompier volontaire et marin-pompier.

Un agent chargĂ© d'une mission de service public est une personne qui accomplit, volontairement ou sur demande des autoritĂ©s publiques, un service d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Parmi les agents chargés d'une mission de service public, on compte notamment les personnes suivantes :

  • Enseignants
  • Agents exerçant dans le domaine de la santĂ© (personnel mĂ©dical, pharmacien, prestataire de santĂ© Ă  domicile, etc.)
  • Agents des transports publics (par exemple, les employĂ©s des entreprises publiques de transport comme la SNCF ou la RATP)
  • Agents des collectivitĂ©s territoriales (employĂ©s de mairie, agents France services, etc.)
  • Greffiers
  • Mandataires judiciaires.

L'outrage Ă  agent peut ĂȘtre commis dans les lieux du quotidien (exemple : dans la rue, dans un commissariat, dans un train, etc.) ou sur internet.

Si vous ĂȘtes victime ou tĂ©moin d’un outrage Ă  agent et que les faits ont Ă©tĂ© commis sur internet, vous pouvez faire un signalement aux forces de l’ordre depuis PHAROS :

Concernant les images ou Ă©crits outrageants, l’infraction d’outrage Ă  agent peut uniquement ĂȘtre retenue s’ils n’ont pas Ă©tĂ© rendus publics (exemple : un Ă©crit envoyĂ© sur la messagerie privĂ©e d’un rĂ©seau social, une vidĂ©o transmise sur votre adresse mail).

Si les Ă©quipes de PHAROS estiment que le contenu est illicite, le signalement est transmis aux autoritĂ©s compĂ©tentes (exemple : services d'enquĂȘte de la police nationale ou de la gendarmerie nationale). Une enquĂȘte peut ĂȘtre menĂ©e sous l'autoritĂ© du procureur de la RĂ©publique.

Par ailleurs, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hébergeur du site ou de la plateforme concerné et lui demander de supprimer le contenu outrageant.

💡 À noter

Aucun mécanisme de signalement n'est prévu lorsque l'outrage à agent est commis dans les lieux du quotidien. Si vous souhaitez dénoncer ces faits, vous devez déposer plainte.

Si vous vous estimez victime d'un outrage à agent, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur des faits (ou contre X, si vous ne connaissez pas son identité).

Vous pouvez Ă©galement vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

Votre plainte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans un dĂ©lai de 6 ans Ă  compter de la commission des faits.

Pour déposer plainte, vous pouvez vous déplacer au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix. Vous avez également la possibilité d'écrire au procureur de la République.

Pour déposer plainte, vous devez vous rendre dans le commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix.

Les services de police ou de gendarmerie sont obligĂ©s d'enregistrer votre plainte si vous ĂȘtes victime d'une infraction.

Lors du dĂ©pĂŽt de plainte, vous ĂȘtes reçu et entendu par un policier ou un gendarme. À la fin de cet entretien, vous recevez un rĂ©cĂ©pissĂ© et une copie de votre plainte si vous la demandez.

Le dĂ©pĂŽt de plainte mĂšne Ă  une enquĂȘte de police qui peut aboutir Ă  la condamnation de l'auteur de l'outrage.

💡 À noter

Vous pouvez demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel peut ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte jusqu'Ă  l'Ă©ventuel jugement de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.

Vous pouvez porter plainte auprÚs du procureur de la République.

Pour cela, vous devez envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

Votre courrier doit préciser les éléments suivants :

  • Informations d'Ă©tat civil (vos noms, prĂ©noms, etc.) et vos coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
  • RĂ©cit dĂ©taillĂ© des faits, date et lieu de l'infraction
  • Nom de l'auteur supposĂ© si vous le connaissez (sinon, la plainte sera dĂ©posĂ©e contre X)
  • Nom et adresse des Ă©ventuels tĂ©moins de l'infraction
  • Description et estimation provisoire ou dĂ©finitive du prĂ©judice
  • Documents de preuve (exemple : certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, factures diverses, constats...)
  • Éventuelle volontĂ© de vous constituer partie civile.

Vous pouvez utiliser le modÚle de courrier suivant :

Vous pouvez envoyer votre plainte par lettre recommandée avec accusé de réception, par lettre simple ou par lettre suivie.

Un récépissé vous est remis dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré votre plainte.

Le dĂ©pĂŽt de plainte mĂšne Ă  une enquĂȘte qui peut aboutir Ă  la condamnation de l'auteur de l'outrage.

Si vous vous constituez partie civile, vous pouvez obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

💡 À noter

Vous pouvez demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel peut ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte jusqu'Ă  l'Ă©ventuel jugement de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.

💡 À noter

L'outrage à agent étant un délit, vous pouvez également déposer une citation directe au greffe de l'audiencement pénal.

En tant qu'agent public (fonctionnaire ou contractuel), victime d'une infraction telle que l'outrage, vous bénéficiez d'une protection fonctionnelle.

Ainsi, l'administration employeuse rÚgle les frais liés à votre affaire (exemple : honoraires d'avocat). Elle peut aussi vous verser directement une somme d'argent pour réparer le préjudice que vous (ou vos proches) avez subi.

Dans ce cas, elle a le droit de mener une action en justice contre l'auteur des faits pour récupérer cette somme. Pour cela, il faut que vous (ou le ministÚre public) ayez déjà engagé des poursuites contre cet individu (par exemple, en déposant plainte).

À la suite de votre dĂ©pĂŽt de plainte, l'auteur d'un outrage Ă  agent peut ĂȘtre poursuivi puis condamnĂ© Ă  des sanctions pĂ©nales par le tribunal correctionnel.

Cette infraction est punie différemment selon le statut de l'agent public :

Les peines encourues par l'auteur d'un outrage à agent dépositaire de l'autorité publique dépendent de la fonction exercée par l'agent :

L'outrage commis envers un agent dépositaire de l'autorité publique est puni d'une peine de :

  • 1 an de prison et de 15 000 € d'amende s'il est le fait d'une seule personne
  • 2 ans de prison et de 30 000 € d'amende s'il est le fait de plusieurs personnes.

L'outrage à magistrat ou à toute autre personne travaillant au sein d'une juridiction (exemple : greffier) est puni d'une peine d'1 an de prison et de 15 000 € d'amende.

Lorsque l'outrage est commis durant une audience, ces peines s'Ă©lĂšvent Ă  2 ans de prison et 30 000 € d'amende.

💡 À noter

Ces peines s'appliquent à l'auteur d'un outrage commis à l'encontre d'un juré.

L'outrage commis à l'encontre d'un sapeur-pompier ou d'un marin-pompier est puni d'une peine de :

  • 1 an de prison et de 15 000 € d'amende s'il est le fait d'une seule personne
  • 2 ans de prison et de 30 000 € d'amende s'il est le fait de plusieurs personnes.

Les peines encourues varient en fonction de plusieurs éléments :

  • QualitĂ© de l'agent qui subit l'outrage
  • Lieu oĂč il a Ă©tĂ© commis.

L'outrage commis à l'encontre d'un agent chargé d'une mission de service public est puni :

  • D'une amende de 7 500 € et d'une peine de travail d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral s'il est le fait d'une seule personne
  • D'une peine de 6 mois de prison et de 7 500 € d'amende s'il est le fait de plusieurs personnes.

L'outrage commis envers l’agent d'un exploitant de rĂ©seau de transport public de personnes est puni :

  • D'une peine de 6 mois de prison et de 7 500 € d’amende s'il est le fait d'une seule personne
  • D'une peine d’1 an de prison et de 15 000 € d'amende s'il est le fait de plusieurs personnes.

L'outrage Ă  agent commis Ă  l'intĂ©rieur ou aux abords d'un Ă©tablissement scolaire est puni d'une peine de 6 mois de prison et de 7 500 € d'amende.

Lorsque l’outrage est commis Ă  l’intĂ©rieur d’un Ă©tablissement de santĂ© (hĂŽpital, pharmacie, service mĂ©dico-social, cabinet de mĂ©decin, etc.), l’auteur encourt une peine de 6 mois de prison et de 7 500 € d'amende.

Textes de référence

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