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Justice pénale : quelles sont les alternatives à un procÚs ?

VĂ©rifiĂ© le 08/07/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Au lieu de faire juger l’auteur des faits par une juridiction pĂ©nale, le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de mettre en place des mesures alternatives aux poursuites. Ces mesures doivent assurer la rĂ©paration du dommage causĂ© Ă  la victime, mettre fin Ă  l’infraction et permettre la rĂ©insertion sociale de l’auteur des faits pour Ă©viter toute rĂ©cidive. Nous vous prĂ©sentons l'ensemble de ces mesures.

Le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de mesures alternatives quelque soit l’infraction sauf un crime.

L’auteur des faits peut ĂȘtre un majeur, un mineur ou une personne morale.

Le procureur de la RĂ©publique peut agir directement ou par l’intermĂ©diaire d’un officier de police judiciaire, d’un dĂ©lĂ©guĂ© du Procureur ou d’un mĂ©diateur pĂ©nal.

Si l'auteur des faits ne respecte pas la mesure qui lui est imposĂ©e ou si la mesure ne peut pas ĂȘtre mise en place, le procureur peut en tirer toutes les consĂ©quences. Il peut, par exemple, dĂ©cider d'exercer des poursuites pour faire juger la personne.

💡 À noter

Les mesures alternatives suspendent la prescription de l’action publique. La prescription s’arrĂȘte temporairement sans effacer le dĂ©lai dĂ©jĂ  Ă©coulĂ©.

L’avertissement pĂ©nal probatoire, anciennement appelĂ© rappel Ă  la loi, prend la forme d'un entretien d'avertissement suivi d'une pĂ©riode de mise Ă  l'Ă©preuve.

L'avertissement pĂ©nal probatoire peut ĂȘtre mis en Ɠuvre par le procureur de la RĂ©publique si l'infraction reprochĂ©e est un dĂ©lit ou une contravention.

💡 À noter

La mesure ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©e si les faits commis sont des violences ou constituent un dĂ©lit contre une personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique ou investie d’un mandat Ă©lectif public.

L’auteur des faits peut bĂ©nĂ©ficier de cette mesure alternative aux poursuites uniquement s’il reconnait avoir commis l’infraction qu’on lui reproche et s'il n'a pas d'antĂ©cĂ©dents judiciaires. Un rĂ©cidiviste ou une personne ayant dĂ©jĂ  fait l'objet d'une condamnation non amnistiĂ©e ou rĂ©habilitĂ©e ne peut pas bĂ©nĂ©ficier de l'avertissement pĂ©nal probatoire.

En revanche, si l'auteur mineur a besoin d'un suivi éducatif, la mesure n'est pas possible.

Si l'auteur est mineur, ses représentants légaux sont convoqués et donnent leur accord sur la mise en place de la mesure.

La mesure d'avertissement est possible uniquement si la victime de l'infraction obtient rĂ©paration de son prĂ©judice. Cette rĂ©paration doit avoir eu lieu avant l'entretien d'avertissement ou bien ĂȘtre une mesure supplĂ©mentaire s'ajoutant Ă  l'avertissement pĂ©nal probatoire.

L'avertissement pénal probatoire est un entretien réalisé par le procureur de la République ou un délégué du procureur de la République.

L'objectif de l'entretien est de rappeler à l'auteur d'une infraction ce que dit la loi et les peines qu'il encourt pour ne l'avoir pas respectée.

Il peut ĂȘtre assistĂ©e par un avocat au cours de cet entretien. En cas de ressources insuffisantes, il peut demander Ă  bĂ©nĂ©ficier de l’aide juridictionnelle.

Lorsque l’infraction a causĂ© un prĂ©judice Ă  une personne, l'auteur des faits doit prouver qu'il a indemnisĂ© la victime de l'infraction avant l'entretien. Si ce n'est pas le cas, l'avertissement pĂ©nal probatoire doit obligatoirement ĂȘtre associĂ© Ă  une mesure de rĂ©paration du prĂ©judice de la victime.

À compter de la notification de l'avertissement s'ouvre une pĂ©riode probatoire. Il s'agit d'une pĂ©riode pendant laquelle l'auteur des faits ne doit pas commettre une nouvelle infraction.

Ce délai est de 1 an en cas de contravention et de 2 ans en cas de délit.

Si la personne commet une nouvelle infraction pendant la période probatoire, le procureur de la République doit réexaminer sa décision concernant l'infraction initiale. Il peut confirmer sa premiÚre décision, remplacer l'avertissement pénal probatoire par une composition pénale ou par des poursuites devant une juridiction pénale.

La nouvelle infraction commise peut ĂȘtre la mĂȘme infraction ou ĂȘtre une infraction diffĂ©rente.

Si la rĂ©paration n’a pas eu lieu, le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de poursuivre l’auteur des faits par la mise en Ɠuvre d’une composition pĂ©nale ou le faire juger.

L’auteur des faits peut ĂȘtre orientĂ© vers une structure sanitaire, sociale ou professionnelle pour l’accomplissement d’un stage. Cette mesure est destinĂ©e Ă  lui faire prendre conscience de sa responsabilitĂ© et de ses devoirs.

Elle peut notamment prendre la forme de l’un des stages suivants :

  • Stage de citoyennetĂ© (rappel des valeurs rĂ©publicaines et devoirs du citoyen)
  • Stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupĂ©fiants
  • Stage de sensibilisation Ă  la sĂ©curitĂ© routiĂšre (en cas d'infraction Ă  l'occasion de la conduite d'un vĂ©hicule)
  • Stage de responsabilisation pour la prĂ©vention et la lutte contre les violences au sein du couple et sexistes
  • Stage de sensibilisation Ă  la lutte contre l'achat de services sexuels (dans le cadre de la lutte contre la prostitution)
  • Stage de responsabilitĂ© parentale (rappel aux parents de leurs droits et devoirs )
  • Stage de lutte contre le sexisme et de sensibilisation Ă  l'Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes
  • Stage de sensibilisation au respect de l’espace numĂ©rique et Ă  la prĂ©vention des infractions commises en ligne (cyberharcĂšlement...).

Ce stage doit ĂȘtre payĂ© par l'auteur des faits.

💡 À noter

Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Ils doivent donner leur accord. Le procureur fixe la part des frais de stage à payer par les parents.

L'auteur des faits mineur peut ĂȘtre orientĂ© vers un stage de formation civique ou vers une consultation auprĂšs d'un psychiatre ou d'un psychologue. Le stage de formation civique peut comporter un volet spĂ©cifique de sensibilisation aux risques liĂ©s au harcĂšlement scolaire.

💡 À noter

Le procureur peut demander au mineur et à ses représentants légaux de justifier de l'assiduité du mineur à un enseignement ou une formation professionnelle.

Le procureur de la République peut laisser la possibilité à l'auteur des faits de se mettre en conformité avec la loi ou un rÚglement.

Par exemple, l'auteur des faits peut régulariser sa situation des maniÚres suivantes :

  • Obtenir un permis de construire non demandĂ© avant la rĂ©alisation des travaux
  • Se dessaisir au profit de l'État de la chose qui a permis l'infraction ou de la chose qui est le rĂ©sultat de l'infraction (matĂ©riel de pĂȘche prohibĂ© ou drone utilisĂ© dans une zone interdite...). Le procureur peut ordonner la remise au bĂ©nĂ©fice d’une personne morale Ă  but non lucratif.
  • Mettre en conformitĂ© un vĂ©hicule avec la loi (par exemple, contrĂŽle technique)
  • Payer une pension alimentaire qui n'Ă©tait plus rĂ©glĂ©e.

L'auteur des faits doit apporter la preuve qu'il a régularisé sa situation en présentant le document nécessaire (permis de construire accepté, facture acquittée de mise en conformité du véhicule...). La réussite de la mesure permet à l'auteur des faits d'échapper aux poursuites.

💡 À noter

Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Ils doivent également donner leur accord.

Le procureur peut demander à l'auteur des faits de réparer le dommage causé à la victime. La réparation peut, par exemple, consister en l'indemnisation ou en la remise en l'état du bien dégradé.

La réparation peut également consister à rembourser l'aide d'urgence accordée à la victime de violences conjugales.

La victime peut Ă©galement demander le remboursement des frais engagĂ©s pour la remise en Ă©tat des lieux ou d’un objet dĂ©gradĂ© par l’auteur des faits.

Elle est informée des propositions de réparation.

Elle peut les accepter ou les refuser.

💡 À noter

Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Le mineur et ses représentants légaux doivent donner leur accord par procÚs verbal.

Si le dommage concerne les biens d'une commune, le procureur peut demander à l'auteur des faits de répondre à une convocation du maire. Cette convocation permet à l'auteur de faits de conclure une transaction avec le maire.

Cette mesure permet d’éloigner l’auteur des faits du lieu de l’infraction et de la victime.

Le procureur peut interdire à l'auteur des faits de se rendre dans un ou plusieurs lieux déterminés dans lesquels l'infraction a été commise (un bar, un marché, une salle de sport...).

Il peut aussi interdire Ă  l'auteur des faits de se rendre dans le lieu oĂč rĂ©side la victime.

La mesure est décidée pour une durée de 6 mois maximum.

À la demande de la victime, en cas de violences conjugales ou familiales qui peuvent se rĂ©pĂ©ter, le procureur peut interdire Ă  l'auteur des faits de s'approcher et de rĂ©sider au domicile familial. Cette mesure est dĂ©cidĂ©e pour une durĂ©e de 6 mois maximum. La mesure peut ĂȘtre accompagnĂ©e d'une prise en charge sanitaire, sociale ou psychologique de l'auteur des faits.

💡 À noter

Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure.

Le procureur de la république peut demander à l'auteur des faits de ne pas rencontrer ou entrer en relation avec les personnes suivantes :

  • Victime
  • Complice
  • Co-auteur.

L'interdiction est d'une durée maximale de 6 mois.

💡 À noter

Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure.

À la demande ou avec l'accord de la victime, le procureur peut ordonner une mesure de mĂ©diation pĂ©nale.

Cette mesure a pour objectif de résoudre à l'amiable le litige

En cas de réussite, un procÚs verbal d'accord est signé entre le médiateur pénal, la victime et l'auteur.

En cas d’échec ou de non-exĂ©cution, le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de poursuivre l’auteur des faits par la mise en Ɠuvre d’une composition pĂ©nale ou le faire juger.

💡 À noter

Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Ils doivent également donner leur accord.

Le procureur de la RĂ©publique peut demander Ă  l'auteur des faits de verser une contribution citoyenne auprĂšs d'une association d'aide aux victimes. Cette contribution citoyenne est une somme d’argent destinĂ©e Ă  soutenir les associations d’aide aux victimes.

Le montant de cette contribution est fixé par le procureur en fonction de la gravité des faits, des ressources et des charges de l'auteur des fait.

Le montant maximum est de 3 000 €.

La composition pénale est une procédure alternative aux poursuites.

Elle peut ĂȘtre proposĂ©e par le procureur de la RĂ©publique pour certains dĂ©lits (usage de drogue, conduite en Ă©tat d'ivresse) et les contraventions connexes qui dĂ©coulent des mĂȘmes faits.

Cette procĂ©dure s'adresse Ă  la personne physique (majeure ou mineure d’au moins 13 ans) ou Ă  la personne morale, qui reconnaĂźt sa culpabilitĂ©.

💡 À noter

S'il s'agit d'un mineur, il doit donner son accord ainsi que ses représentants légaux, en présence d'un avocat.

Si la victime est identifiĂ©e dans la procĂ©dure, le procureur de la RĂ©publique doit demander Ă  l’auteur de l’indemniser dans un dĂ©lai de moins de 6 mois.

La victime qui n'a pas Ă©tĂ© indemnisĂ©e de son prĂ©judice au cours de la procĂ©dure, conserve ses droits. Elle peut saisir le procureur d’une demande de citation directe pour obtenir rĂ©paration.

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