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Particuliers — Mairie de Villasavary
Justice pénale : quelles sont les alternatives à un procÚs ?
Au lieu de faire juger lâauteur des faits par une juridiction pĂ©nale, le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de mettre en place des mesures alternatives aux poursuites. Ces mesures doivent assurer la rĂ©paration du dommage causĂ© Ă la victime, mettre fin Ă lâinfraction et permettre la rĂ©insertion sociale de lâauteur des faits pour Ă©viter toute rĂ©cidive. Nous vous prĂ©sentons l'ensemble de ces mesures.
Le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de mesures alternatives quelque soit lâinfraction sauf un crime.
Lâauteur des faits peut ĂȘtre un majeur, un mineur ou une personne morale.
Le procureur de la RĂ©publique peut agir directement ou par lâintermĂ©diaire dâun officier de police judiciaire, dâun dĂ©lĂ©guĂ© du Procureur ou dâun mĂ©diateur pĂ©nal.
Si l'auteur des faits ne respecte pas la mesure qui lui est imposĂ©e ou si la mesure ne peut pas ĂȘtre mise en place, le procureur peut en tirer toutes les consĂ©quences. Il peut, par exemple, dĂ©cider d'exercer des poursuites pour faire juger la personne.
Les mesures alternatives suspendent la prescription de lâaction publique. La prescription sâarrĂȘte temporairement sans effacer le dĂ©lai dĂ©jĂ Ă©coulĂ©.
Lâavertissement pĂ©nal probatoire, anciennement appelĂ© rappel Ă la loi, prend la forme d'un entretien d'avertissement suivi d'une pĂ©riode de mise Ă l'Ă©preuve.
L'avertissement pĂ©nal probatoire peut ĂȘtre mis en Ćuvre par le procureur de la RĂ©publique si l'infraction reprochĂ©e est un dĂ©lit ou une contravention.
La mesure ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©e si les faits commis sont des violences ou constituent un dĂ©lit contre une personne dĂ©positaire de lâautoritĂ© publique ou investie dâun mandat Ă©lectif public.
Lâauteur des faits peut bĂ©nĂ©ficier de cette mesure alternative aux poursuites uniquement sâil reconnait avoir commis lâinfraction quâon lui reproche et s'il n'a pas d'antĂ©cĂ©dents judiciaires. Un rĂ©cidiviste ou une personne ayant dĂ©jĂ fait l'objet d'une condamnation non amnistiĂ©e ou rĂ©habilitĂ©e ne peut pas bĂ©nĂ©ficier de l'avertissement pĂ©nal probatoire.
En revanche, si l'auteur mineur a besoin d'un suivi éducatif, la mesure n'est pas possible.
Si l'auteur est mineur, ses représentants légaux sont convoqués et donnent leur accord sur la mise en place de la mesure.
La mesure d'avertissement est possible uniquement si la victime de l'infraction obtient rĂ©paration de son prĂ©judice. Cette rĂ©paration doit avoir eu lieu avant l'entretien d'avertissement ou bien ĂȘtre une mesure supplĂ©mentaire s'ajoutant Ă l'avertissement pĂ©nal probatoire.
L'avertissement pénal probatoire est un entretien réalisé par le procureur de la République ou un délégué du procureur de la République.
L'objectif de l'entretien est de rappeler à l'auteur d'une infraction ce que dit la loi et les peines qu'il encourt pour ne l'avoir pas respectée.
Il peut ĂȘtre assistĂ©e par un avocat au cours de cet entretien. En cas de ressources insuffisantes, il peut demander Ă bĂ©nĂ©ficier de lâaide juridictionnelle.
Lorsque lâinfraction a causĂ© un prĂ©judice Ă une personne, l'auteur des faits doit prouver qu'il a indemnisĂ© la victime de l'infraction avant l'entretien. Si ce n'est pas le cas, l'avertissement pĂ©nal probatoire doit obligatoirement ĂȘtre associĂ© Ă une mesure de rĂ©paration du prĂ©judice de la victime.
à compter de la notification de l'avertissement s'ouvre une période probatoire. Il s'agit d'une période pendant laquelle l'auteur des faits ne doit pas commettre une nouvelle infraction.
Ce délai est de 1 an en cas de contravention et de 2 ans en cas de délit.
Si la personne commet une nouvelle infraction pendant la période probatoire, le procureur de la République doit réexaminer sa décision concernant l'infraction initiale. Il peut confirmer sa premiÚre décision, remplacer l'avertissement pénal probatoire par une composition pénale ou par des poursuites devant une juridiction pénale.
La nouvelle infraction commise peut ĂȘtre la mĂȘme infraction ou ĂȘtre une infraction diffĂ©rente.
Si la rĂ©paration nâa pas eu lieu, le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de poursuivre lâauteur des faits par la mise en Ćuvre dâune composition pĂ©nale ou le faire juger.
Lâauteur des faits peut ĂȘtre orientĂ© vers une structure sanitaire, sociale ou professionnelle pour lâaccomplissement dâun stage. Cette mesure est destinĂ©e Ă lui faire prendre conscience de sa responsabilitĂ© et de ses devoirs.
Elle peut notamment prendre la forme de lâun des stages suivants :
- Stage de citoyenneté (rappel des valeurs républicaines et devoirs du citoyen)
- Stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants
- Stage de sensibilisation à la sécurité routiÚre (en cas d'infraction à l'occasion de la conduite d'un véhicule)
- Stage de responsabilisation pour la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple et sexistes
- Stage de sensibilisation Ă la lutte contre l'achat de services sexuels (dans le cadre de la lutte contre la prostitution)
- Stage de responsabilité parentale (rappel aux parents de leurs droits et devoirs )
- Stage de lutte contre le sexisme et de sensibilisation à l'égalité entre les femmes et les hommes
- Stage de sensibilisation au respect de lâespace numĂ©rique et Ă la prĂ©vention des infractions commises en ligne (cyberharcĂšlement...).
Ce stage doit ĂȘtre payĂ© par l'auteur des faits.
Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Ils doivent donner leur accord. Le procureur fixe la part des frais de stage à payer par les parents.
L'auteur des faits mineur peut ĂȘtre orientĂ© vers un stage de formation civique ou vers une consultation auprĂšs d'un psychiatre ou d'un psychologue. Le stage de formation civique peut comporter un volet spĂ©cifique de sensibilisation aux risques liĂ©s au harcĂšlement scolaire.
Le procureur peut demander au mineur et à ses représentants légaux de justifier de l'assiduité du mineur à un enseignement ou une formation professionnelle.
Le procureur de la République peut laisser la possibilité à l'auteur des faits de se mettre en conformité avec la loi ou un rÚglement.
Par exemple, l'auteur des faits peut régulariser sa situation des maniÚres suivantes :
- Obtenir un permis de construire non demandé avant la réalisation des travaux
- Se dessaisir au profit de l'Ătat de la chose qui a permis l'infraction ou de la chose qui est le rĂ©sultat de l'infraction (matĂ©riel de pĂȘche prohibĂ© ou drone utilisĂ© dans une zone interdite...). Le procureur peut ordonner la remise au bĂ©nĂ©fice dâune personne morale Ă but non lucratif.
- Mettre en conformité un véhicule avec la loi (par exemple, contrÎle technique)
- Payer une pension alimentaire qui n'était plus réglée.
L'auteur des faits doit apporter la preuve qu'il a régularisé sa situation en présentant le document nécessaire (permis de construire accepté, facture acquittée de mise en conformité du véhicule...). La réussite de la mesure permet à l'auteur des faits d'échapper aux poursuites.
Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Ils doivent également donner leur accord.
Le procureur peut demander à l'auteur des faits de réparer le dommage causé à la victime. La réparation peut, par exemple, consister en l'indemnisation ou en la remise en l'état du bien dégradé.
La réparation peut également consister à rembourser l'aide d'urgence accordée à la victime de violences conjugales.
La victime peut Ă©galement demander le remboursement des frais engagĂ©s pour la remise en Ă©tat des lieux ou dâun objet dĂ©gradĂ© par lâauteur des faits.
Elle est informée des propositions de réparation.
Elle peut les accepter ou les refuser.
Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Le mineur et ses représentants légaux doivent donner leur accord par procÚs verbal.
Si le dommage concerne les biens d'une commune, le procureur peut demander à l'auteur des faits de répondre à une convocation du maire. Cette convocation permet à l'auteur de faits de conclure une transaction avec le maire.
Cette mesure permet dâĂ©loigner lâauteur des faits du lieu de lâinfraction et de la victime.
Le procureur peut interdire à l'auteur des faits de se rendre dans un ou plusieurs lieux déterminés dans lesquels l'infraction a été commise (un bar, un marché, une salle de sport...).
Il peut aussi interdire Ă l'auteur des faits de se rendre dans le lieu oĂč rĂ©side la victime.
La mesure est décidée pour une durée de 6 mois maximum.
Ă la demande de la victime, en cas de violences conjugales ou familiales qui peuvent se rĂ©pĂ©ter, le procureur peut interdire Ă l'auteur des faits de s'approcher et de rĂ©sider au domicile familial. Cette mesure est dĂ©cidĂ©e pour une durĂ©e de 6 mois maximum. La mesure peut ĂȘtre accompagnĂ©e d'une prise en charge sanitaire, sociale ou psychologique de l'auteur des faits.
Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure.
Le procureur de la république peut demander à l'auteur des faits de ne pas rencontrer ou entrer en relation avec les personnes suivantes :
- Victime
- Complice
- Co-auteur.
L'interdiction est d'une durée maximale de 6 mois.
Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure.
à la demande ou avec l'accord de la victime, le procureur peut ordonner une mesure de médiation pénale.
Cette mesure a pour objectif de résoudre à l'amiable le litige
En cas de réussite, un procÚs verbal d'accord est signé entre le médiateur pénal, la victime et l'auteur.
En cas dâĂ©chec ou de non-exĂ©cution, le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de poursuivre lâauteur des faits par la mise en Ćuvre dâune composition pĂ©nale ou le faire juger.
Si l'auteur des faits est mineur, ses représentants légaux sont convoqués avant la mise en place de la mesure. Ils doivent également donner leur accord.
Le procureur de la RĂ©publique peut demander Ă l'auteur des faits de verser une contribution citoyenne auprĂšs d'une association d'aide aux victimes. Cette contribution citoyenne est une somme dâargent destinĂ©e Ă soutenir les associations dâaide aux victimes.
Le montant de cette contribution est fixé par le procureur en fonction de la gravité des faits, des ressources et des charges de l'auteur des fait.
Le montant maximum est de 3 000 âŹ.
La composition pénale est une procédure alternative aux poursuites.
Elle peut ĂȘtre proposĂ©e par le procureur de la RĂ©publique pour certains dĂ©lits (usage de drogue, conduite en Ă©tat d'ivresse) et les contraventions connexes qui dĂ©coulent des mĂȘmes faits.
Cette procĂ©dure s'adresse Ă la personne physique (majeure ou mineure dâau moins 13 ans) ou Ă la personne morale, qui reconnaĂźt sa culpabilitĂ©.
S'il s'agit d'un mineur, il doit donner son accord ainsi que ses représentants légaux, en présence d'un avocat.
Si la victime est identifiĂ©e dans la procĂ©dure, le procureur de la RĂ©publique doit demander Ă lâauteur de lâindemniser dans un dĂ©lai de moins de 6 mois.
La victime qui n'a pas Ă©tĂ© indemnisĂ©e de son prĂ©judice au cours de la procĂ©dure, conserve ses droits. Elle peut saisir le procureur dâune demande de citation directe pour obtenir rĂ©paration.
Textes de référence
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : article 41-1 â Mesures alternatives aux poursuites
- Code de la justice pĂ©nale des mineurs : articles L422-1 Ă L422-2 â Mesures spĂ©cifiques pour un mineur
- Code pĂ©nal : articles 131-3 Ă 131-9 â Stages (articles 131-5-1)
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : article 41-2 â Composition pĂ©nale
- Code de la santĂ© publique : article L3423-1 â Injonction thĂ©rapeutique
- Circulaire du 13 décembre 2022 présentant les dispositions de la loi n°2021-1729 du 22 décembre 2021 pour la confiance dans l'institution judiciaire relatives à l'avertissement pénal probatoire
- Circulaire du 12 mai 2017 relative aux mesures alternatives aux poursuites
- Circulaire du 8 avril 2019 relative aux alternatives aux poursuites, aux poursuites et au jugement
