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Est-on obligé d'aider ses parents qui sont dans le besoin ?

VĂ©rifiĂ© le 12/12/2025 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Oui, les enfants ont l'obligation d'aider un parent ou un beau-parent qui n'est pas en mesure d'assurer ses besoins fondamentaux. On parle d’obligation alimentaire. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

L’obligation alimentaire est une aide apportĂ©e Ă  un parent ou Ă  un beau-parent qui n’arrive pas Ă  assurer ses besoins fondamentaux (logement, nourriture, soins, dĂ©penses courantes...).

Elle est versée sous la forme d'une pension alimentaire ou en nature (obligation d'héberger, de nourrir et d'entretenir...).

La personne qui réclame l'obligation alimentaire est créancier d'aliments. Celle qui la verse est obligé alimentaire ou débiteur d'aliments.

Les personnes suivantes doivent aider leurs parents dans le besoin :

  • Enfants, petits-enfants, Ă  l'Ă©gard de leurs pĂšre, mĂšre ou autres ascendants dans le besoin
  • Gendres, belles-filles Ă  l’égard de leurs beaux-parents dans le besoin. Du fait des obligations liĂ©es au mariage, un Ă©poux doit aider le parent de son Ă©poux en cas de besoin. Cette obligation cesse au dĂ©cĂšs de l’époux qui faisait l’affinitĂ© et des enfants issus de l’union.

Les obligations alimentaires sont rĂ©ciproques : ceci signifie que les pĂšre, mĂšre ou autres ascendants doivent Ă©galement aider leurs enfants et petits-enfants dans le besoin. Il en est de mĂȘme pour les beaux-parents Ă  l’égard de leur gendre et belle-fille dans le besoin.

💡 À noter

En cas d’adoption, l’obligation alimentaire dĂ©pend Ă  la fois du type d’adoption (simple ou plĂ©niĂšre) et du lien familial (filiation adoptive ou filiation biologique).

L'enfant admis comme pupille de l'État ne doit pas d'aliments à ses parents biologiques.

Le crĂ©ancier d’aliments qui demande l'aide doit dĂ©montrer qu'il est dans le besoin, c'est-Ă -dire qu'il ne peut pas faire face Ă  ses besoins fondamentaux (logement, nourriture, soins, vĂȘtements). Avant de solliciter le juge, il peut d'abord faire une demande Ă  l'amiable.

Le crĂ©ancier et le dĂ©biteur d’aliments peuvent tenter de trouver ensemble un accord amiable soit par courrier en invitant l’autre partie Ă  trouver un accord, soit par l’intermĂ©diaire d'un mĂ©diateur familial.

L'accord trouvĂ© peut ĂȘtre homologuĂ© par le Jaf pour lui donner force exĂ©cutoire.

L'homologation de l'accord peut ĂȘtre demandĂ©e par courrier au juge.

Celui qui rĂ©clame l’obligation alimentaire peut saisir le Jaf.

La demande se fait par assignation ou à l'aide d’un formulaire :

La requĂȘte doit ĂȘtre envoyĂ©e par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception ou dĂ©posĂ©e au tribunal judiciaire.

Le créancier d'aliments peut saisir le Jaf du tribunal judiciaire de son domicile ou de celui du débiteur d'aliments.

💡 À noter

Les Ă©tablissements publics de santĂ© peuvent Ă©galement agir pour rĂ©cupĂ©rer des sommes dus Ă  leurs Ă©tablissement (impayĂ©s de soins ou d’hĂ©bergement). Les collectivitĂ©s chargĂ©es de l’aide sociale peuvent de mĂȘme agir en leur nom ou au nom de la personne bĂ©nĂ©ficiant de l’aide sociale.

S'il y a plusieurs débiteurs d'aliments possibles, le créancier d'aliments doit d'abord solliciter son époux s'il est marié, puis ses enfants.

Le crĂ©ancier d’aliments n’est pas obligĂ© d’engager une procĂ©dure contre tous les codĂ©biteurs. Il n'y a pas de hiĂ©rarchie entre un descendant et un gendre ou une belle-fille : ils sont tenus de la mĂȘme maniĂšre Ă  l'obligation alimentaire.

L'avocat n'est pas obligatoire dans cette procédure.

Si une partie souhaite avoir un avocat mais qu'elle n'a pas suffisamment de revenus, elle peut demander Ă  bĂ©nĂ©ficier de l’aide juridictionnelle.

Le crĂ©ancier d'aliments doit ĂȘtre :

  • ReprĂ©sentĂ© par son tuteur s'il s'agit d'un majeur en tutelle
  • AssistĂ© par son curateur s'il s'agit d'un majeur en curatelle
  • ReprĂ©sentĂ© ou assistĂ© (en fonction de l'Ă©tendue des missions) par la personne habilitĂ©e dans le cas d'une habilitation familiale.

Dans le cadre de l'exĂ©cution d'un mandat de protection future, le majeur conserve la possibilitĂ© de faire sa demande lui-mĂȘme.

Le montant de l'obligation alimentaire est fixĂ© par le juge en fonction des besoins du crĂ©ancier d'aliments et des ressources du dĂ©biteur d'aliments. Il n’existe pas de barĂšme.

Le juge fixe l’obligation alimentaire en tenant compte de la situation de tous les intĂ©ressĂ©s. C’est pourquoi le crĂ©ancier d’aliments doit prouver qu’il est dans le besoin et qu’il n’a pas les ressources suffisantes pour faire face Ă  ses dĂ©penses essentielles.

Le juge prend en compte l'ensemble des revenus et des charges du débiteur d'aliments.

Les revenus pris en compte sont les suivants :

  • Revenus du travail (salaire, retraite, allocation chĂŽmage, indemnitĂ© versĂ©e par la sĂ©curitĂ© sociale...)
  • Aides sociales (allocation adulte handicapĂ©, allocation logement, RSA...)
  • Revenus du capital (intĂ©rĂȘts issus d'un placement financier., revenu locatif, dividende...).

Les charges prises en considération sont les suivantes :

  • Charges de famille (enfant, conjoint ou concubin Ă  charge, pension alimentaire, prestation compensatoire...)
  • DĂ©penses de la vie courante (logement, nourriture, impĂŽts, frais de transport...)
  • CrĂ©dits, taux d’endettement etc.

Une fois cette contribution alimentaire fixĂ©e, le dĂ©biteur d’aliments doit pouvoir continuer de subvenir Ă  ses besoins et Ă  ceux des personnes vivant Ă  son foyer.

Les revenus de l’époux, du partenaire de Pacs ou du concubin du dĂ©biteur d’aliments ne sont pas ajoutĂ©s Ă  ses revenus, car son obligation est personnelle. Les revenus de l’époux sont pris en compte seulement si des aliments lui sont Ă©galement rĂ©clamĂ©s en tant que gendre ou belle-fille.

Les revenus du partenaire de Pacs ou du concubin peuvent ĂȘtre pris en considĂ©ration dans la mesure oĂč ils rĂ©duisent les charges du dĂ©biteur d'aliments. Par exemple, si le loyer et les charges courantes (nourriture, factures) sont payĂ©s par les 2 partenaires ou concubins. Ils ont un revenu disponible plus important qu'une personne qui assume seule le paiement de ces charges.

En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le juge fixe l’obligation alimentaire sous la forme d’une pension alimentaire versĂ©e mensuellement.

Toutefois elle s’exĂ©cute parfois en nature, c’est-Ă -dire en recueillant chez soi le crĂ©ancier d’aliments, en le nourrissant et en l’entretenant. C’est le cas lorsque le dĂ©biteur d’aliments justifie de ne pas pouvoir payer l’obligation alimentaire. C’est aussi le cas dans la situation spĂ©cifique du pĂšre ou de la mĂšre qui offre de recevoir son enfant majeur chez lui plutĂŽt que de payer une pension alimentaire.

Le juge peut dĂ©charger un ou plusieurs dĂ©biteurs d’aliments dĂšs lors qu’ils ont des ressources insuffisantes ou des charges trop importantes pour venir en aide Ă  leur parent dans le besoin.

Mais un dĂ©biteur d’aliments peut aussi ĂȘtre dispensĂ© de l’obligation alimentaire pour d’autres raisons que sa capacitĂ© contributive : cette dispense doit ĂȘtre demandĂ©e ou peut ĂȘtre automatique.

L'enfant dont le pĂšre ou la mĂšre a manquĂ© gravement Ă  ses obligations Ă  son Ă©gard peut ĂȘtre dispensĂ© de l'obligation alimentaire par le juge aux affaires familiales (Jaf). Il peut ĂȘtre dĂ©chargĂ© en tout ou en partie de son obligation.

On ne peut pas demander Ă  ĂȘtre dispensĂ© par avance de cette obligation alimentaire. La demande de dispense se fait au moment oĂč le dĂ©biteur d’aliments est sollicitĂ© Ă  ce titre, souvent Ă  l’occasion d’un hĂ©bergement en Ehpad ou en maison de retraite ou Ă  l’occasion d'une demande d'aide sociale.

Pour ĂȘtre dispensĂ©e, le dĂ©biteur d’aliments doit prouver que le parent a gravement manquĂ© Ă  ses obligations Ă  son Ă©gard (abandon, violences). Il peut faire la preuve de ce manquement en produisant un jugement, des attestations, des documents des services sociaux...

L’enfant dont le pĂšre ou la mĂšre s’est vu retirer son autoritĂ© parentale est automatiquement dispensĂ© de toute obligation alimentaire Ă  l’égard de ce parent, sauf dispositions contraires dans le jugement de retrait.

L’enfant dont le pĂšre ou la mĂšre a Ă©tĂ© condamnĂ© pour un crime commis sur lui ou sur l'un de ses ascendants, descendants, frĂšres ou sƓurs est dĂ©chargĂ© de son obligation alimentaire par le Jaf, sauf dĂ©cision contraire du juge.

L’enfant qui a Ă©tĂ© retirĂ© de son milieu familial par dĂ©cision judiciaire durant une pĂ©riode d'au moins 36 mois cumulĂ©s et avant ses 18 ans est Ă©galement automatiquement dispensĂ© d’aider ses parents. C’est aussi le cas du petit-enfant, dans le cadre d'une demande d’aide sociale Ă  l'hĂ©bergement (ASH) pour le compte de l'un de ses grands-parents.

Les parties peuvent faire appel de la décision rendue par le Jaf.

L'avocat est obligatoire.

La suppression ou la rĂ©vision de l’obligation alimentaire peut ĂȘtre demandĂ©e si la situation du dĂ©biteur ou celle du crĂ©ancier change.

C’est le cas notamment dans les situations suivantes :

  • Les revenus du dĂ©biteur d’aliments diminuent (chĂŽmage par exemple) ou ses charges augmentent (naissance d'un enfant par exemple)
  • La situation financiĂšre du crĂ©ancier d’aliments s’amĂ©liore
  • La situation familiale du crĂ©ancier ou du dĂ©biteur d’aliments Ă©volue (mariage, divorce).

La demande de révision ou de suppression se fait sur papier libre ou en utilisant un formulaire :

Le crĂ©ancier d’aliments doit saisir le tribunal dont dĂ©pend son domicile ou le tribunal dont dĂ©pend le domicile du dĂ©biteur d'aliments. Le dĂ©biteur d’aliments doit saisir le tribunal dont dĂ©pend le domicile du crĂ©ancier d’aliments.

Si la pension alimentaire n'est pas versĂ©e ou partiellement versĂ©e par le dĂ©biteur d’aiment, le crĂ©ancier d’aliments peut engager une des procĂ©dures suivantes :

  • Faire appel Ă  un commissaire de justice qui peut mettre en place une procĂ©dure de "paiement direct", une saisie sur compte bancaire ou une saisie-vente
  • Demander une saisie sur salaire.

L'obligĂ© alimentaire qui ne verse pas la pension alimentaire pendant plus de 2 mois au crĂ©ancier d’aliments commet le dĂ©lit d'abandon de famille.

L'obligation d'aliments prend fin en cas de décÚs du créancier ou du débiteur d'aliments.

Elle peut aussi prendre fin par dĂ©cision du juge aux affaires familiales, Ă  la suite d’une demande d’une partie, en cas de circonstances nouvelles. C’est le cas par exemple aprĂšs un divorce ou en cas d’insolvabilitĂ© de celui qui la doit.

Textes de référence

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