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Renouvellement ou prolongation tacite du bail commercial

VĂ©rifiĂ© le 10/10/2025 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

À l'expiration du contrat de bail commercial (9 ans minimum), le bailleur (propriĂ©taire) peut adresser Ă  son locataire une offre de renouvellement. Le locataire qui n'a rien reçu peut Ă©galement ĂȘtre Ă  l'initiative du renouvellement en adressant une demande au bailleur. Lorsqu’aucune des parties se manifeste, le bail se prolonge automatiquement pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e : on parle alors de tacite prolongation.

À l'arrivĂ©e de l'Ă©chĂ©ance fixĂ©e dans le contrat, le bail commercial peut ĂȘtre renouvelĂ© par le bailleur. Il adresse alors Ă  son locataire un congĂ© avec une offre de renouvellement du bail.

Ce congĂ© permet de proposer un nouveau loyer Ă  son locataire Ă©tabli en fonction de la variation de l’indice des loyers commerciaux (ILC) ou, s'il s'applique, de l'indice des loyers des activitĂ©s tertiaires (ILAT).

Le bailleur doit envoyer un congé par acte de commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) au moins 6 mois avant la date d'expiration du bail.

Ce congé doit préciser les éléments suivants :

  • Motifs pour lesquels il est donnĂ©
  • PossibilitĂ© pour le locataire de saisir le tribunal judiciaire avant l'expiration d'un dĂ©lai de 2 ans s'il souhaite contester le congĂ© ou demander le paiement d'une indemnitĂ© d'Ă©viction

Lorsque le bail s'est prolongĂ© de façon tacite, le congĂ© doit ĂȘtre dĂ©livrĂ© au moins 6 mois Ă  l'avance et pour le dernier jour du trimestre civil (c'est-Ă -dire le 31 mars ; le 30 juin, le 30 septembre ou 31 dĂ©cembre).

💡 À noter

Par exemple, un bail commercial est signé le 1er juillet 2014 et prend fin le 30 juin 2023. Le bailleur donne congé à son locataire le 1eraoût 2023. Ce congé étant donné au cours de la prolongation tacite, il est effectif 6 mois aprÚs la date du congé et le dernier jour du trimestre civil, c'est-à-dire le 31 mars 2024.

Lorsque le locataire a reçu un congé avec offre de renouvellement de la part de son bailleur, il a 3 possibilités :

  • Refuser l'offre de renouvellement : le bail commercial prend fin. Dans ce cas, le bailleur ne verse pas au locataire une indemnitĂ© d'Ă©viction.
  • Accepter le renouvellement et le nouveau loyer proposé : il peut donner son accord exprĂšs soit par acte de commissaire de justice (anciennement huissier de justice ) soit par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Il peut aussi donner son accord de maniĂšre tacite, par exemple en payant spontanĂ©ment l'augmentation du loyer proposĂ©e par le bailleur.
  • Accepter le renouvellement mais en refusant le nouveau loyer : le bailleur et le locataire peuvent alors dĂ©cider Ă  l'amiable du montant du loyer. Cependant, si les parties ne trouvent pas d'accord, l'une ou l'autre des parties peut saisir la commission dĂ©partementale de conciliation des baux commerciaux (CDC) ou le prĂ©sident du tribunal judiciaire si la commission de conciliation n'a pas pu trouver d'accord.
⚠ Attention

Lorsque le locataire ou le bailleur est en procédure collective, c'est le tribunal des activités économiques (TAE) qui est compétent dans les ressorts des 12 villes suivantes : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

En savoir plus sur le tribunal des activités économiques (TAE)

À titre d'expĂ©rimentation depuis le 1er janvier 2025 jusqu'au 31 dĂ©cembre 2028, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacĂ©s par des tribunaux des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).

Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

Ces TAE ont des compétences plus larges que les tribunaux de commerce puisqu'ils traitent des affaires suivantes :

  • Litiges sur les baux commerciaux Ă  l’occasion d'une procĂ©dure collective. Il faut un lien suffisant entre la procĂ©dure collective et le bail : par exemple, litige concernant la rĂ©siliation du bail pour dĂ©faut de paiement du loyer ou le montant de l'indemnitĂ© d'Ă©viction.
  • ProcĂ©dures amiables (c'est-Ă -dire le mandat ad hoc, la procĂ©dure de conciliation) des associations, des agriculteurs, des sociĂ©tĂ©s civiles et des sociĂ©tĂ©s libĂ©rales
  • ProcĂ©dures collectives des associations, des agriculteurs, des sociĂ©tĂ©s civiles et des sociĂ©tĂ©s libĂ©rales

Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :

Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.

Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.

Lorsque les parties sont d'accord pour renouveler le bail commercial, un nouveau contrat est signĂ© aux mĂȘmes conditions que celles du bail venu Ă  expiration.

Cependant, les parties peuvent se mettre d'accord pour modifier certaines clauses du contrat initial.

Le montant du loyer renouvelĂ© peut ĂȘtre calculĂ© de l'une des façons suivantes :

  • En fonction de la variation de l’indice des loyers commerciaux (ILC) ou, s'il s'applique, de l'indice des loyers des activitĂ©s tertiaires (ILAT). On dit que le loyer est plafonné à la variation de l'ILC ou de l'ILAT.
  • En fonction de la valeur locative (et donc dĂ©plafonnĂ©).

Lorsque le locataire n'a pas reçu de congé avec offre de renouvellement à la fin de la durée du contrat de bail (9 ans minimum), il peut adresser une demande de renouvellement à son bailleur avec un loyer renouvelé. En effet, le locataire bénéficie d'un droit au renouvellement de son bail commercial (ou « droit à la propriété commerciale »).

Conditions du droit au renouvellement du bail commercial 

Pour bénéficier de ce droit au renouvellement, le locataire doit respecter les 3 conditions suivantes :

  • Être propriĂ©taire du fonds de commerce
  • Être immatriculĂ© au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s (RCS) pour un commerçant ou au registre national des entreprises (RNE) pour un artisan. Cette condition d'immatriculation au RCS doit ĂȘtre remplie Ă  la date de la dĂ©livrance du congĂ© ou Ă  la date de demande de renouvellement formulĂ©e par le locataire.
  • Exploiter le fonds de commerce de maniĂšre effective dans les locaux au cours des 3 annĂ©es prĂ©cĂ©dant la date d'expiration du bail ou de sa reconduction. L'exploitation effective correspond Ă  une exploitation commerciale rĂ©elle, rĂ©guliĂšre et conforme aux dispositions du bail. En d'autre termes, l'exploitation du fonds de façon intermittente, l'absence d'activitĂ© dans les lieux ou une activitĂ© trop rĂ©cente ne permettent pas au locataire de bĂ©nĂ©ficier du droit au renouvellement.

L'absence d'une seule de ces conditions fait perdre au locataire son droit au renouvellement.

Droit au renouvellement en cas de cession du bail commercial

En cas de cession du bail commercial, le cessionnaire (c'est-à-dire celui qui rachÚte le bail), dispose d'un droit au renouvellement du bail si la cession a lieu au cours des 6 premiÚres années du bail.

Cependant, lorsque la cession du bail intervient dans les 3 derniÚres années du bail commercial, il faut distinguer les 2 situations suivantes :

  • Cession du fonds de commerce  : pour bĂ©nĂ©ficier du droit au renouvellement du bail, le locataire doit avoir exploitĂ© le fonds de commerce d'une maniĂšre effective pendant 3 ans. Ici, le nouvel acquĂ©reur du fonds de commerce a la possibilitĂ© de complĂ©ter sa durĂ©e d'exploitation avec celle du vendeur du fonds de commerce et peut donc bĂ©nĂ©ficier du renouvellement du bail commercial.
  • Cession du seul droit au bail : le nouvel acquĂ©reur ne peut pas bĂ©nĂ©ficier du droit au renouvellement du bail. Dans ce cas, le nouvel acquĂ©reur a intĂ©rĂȘt Ă  obtenir du bailleur une promesse de renouvellement ou un renouvellement anticipĂ© du bail prĂ©alablement Ă  la signature de l'acte de cession.

Si le locataire n'a pas reçu de congé de la part du bailleur et qu'il souhaite obtenir le renouvellement du bail commercial, il doit faire une demande de renouvellement de son bail.

Cette demande doit respecter les conditions suivantes :

  • Être envoyĂ©e par lettre recommandĂ©e avec AR ou par acte de commissaire de justice dans les 6 mois qui prĂ©cĂšdent l'expiration du bail.
  • Comporter la mention figurant Ă  l'alinĂ©a 4 de l'article L. 145-10 du code de commerce :« dans les 3 mois de la notification de la demande en renouvellement, le bailleur doit, par acte d'huissier, faire connaĂźtre au demandeur s'il refuse le renouvellement en prĂ©cisant les motifs de ce refus. A dĂ©faut d'avoir fait connaĂźtre ses intentions dans ce dĂ©lai, le bailleur est rĂ©putĂ© avoir acceptĂ© le principe du renouvellement du bail prĂ©cĂ©dent ».

La demande de renouvellement peut contenir une proposition de loyer mais ce n'est pas une obligation.

Le bailleur dispose de 2 options :

Il doit faire connaßtre sa décision dans un délai de 3 mois à compter de la réception de la demande en renouvellement.

S'il ne répond pas dans ce délai, il est considéré avoir accepté le renouvellement.

Le bailleur n'est pas obligé d'accepter de façon formelle (par un écrit) le renouvellement du bail commercial. Cependant, s'il souhaite obtenir une augmentation de loyer, il doit répondre et en faire la demande par acte de commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice).

Pour refuser le renouvellement du bail, le bailleur doit respecter toutes les conditions suivantes :

  • PrĂ©ciser les motifs du refus par acte de commissaire de justice. S'il s'agit de « motifs graves et lĂ©gitimes » comme le non-paiement des charges, l'absence de rĂ©parations du local prĂ©vu dans le bail ou encore le dĂ©faut d'exploitation effective du fonds de commerce, le bailleur n'aura pas d'indemnitĂ© d'Ă©viction Ă  verser.
  • Informer le locataire de la possibilitĂ© de contester le refus de renouvellement ou le montant de l'indemnitĂ© d'Ă©viction proposĂ©e devant le tribunal judiciaire. Le locataire a un dĂ©lai de 2 ans Ă  compter de la date Ă  laquelle il a connaissance du refus de renouvellement pour saisir le tribunal judiciaire.
⚠ Attention

Lorsque le locataire ou le bailleur est en procédure collective, c'est le tribunal des activités économiques (TAE) qui est compétent dans les ressorts des 12 villes suivantes : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

En savoir plus sur le tribunal des activités économiques (TAE)

À titre d'expĂ©rimentation depuis le 1er janvier 2025 jusqu'au 31 dĂ©cembre 2028, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacĂ©s par des tribunaux des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).

Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

Ces TAE ont des compétences plus larges que les tribunaux de commerce puisqu'ils traitent des affaires suivantes :

  • Litiges sur les baux commerciaux Ă  l’occasion d'une procĂ©dure collective. Il faut un lien suffisant entre la procĂ©dure collective et le bail : par exemple, litige concernant la rĂ©siliation du bail pour dĂ©faut de paiement du loyer ou le montant de l'indemnitĂ© d'Ă©viction.
  • ProcĂ©dures amiables (c'est-Ă -dire le mandat ad hoc, la procĂ©dure de conciliation) des associations, des agriculteurs, des sociĂ©tĂ©s civiles et des sociĂ©tĂ©s libĂ©rales
  • ProcĂ©dures collectives des associations, des agriculteurs, des sociĂ©tĂ©s civiles et des sociĂ©tĂ©s libĂ©rales

Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :

Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.

Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.

Le bailleur peut refuser le renouvellement du bail commercial concernant uniquement les locaux d'habitation accessoires aux locaux commerciaux. Pour cela, les 2 conditions suivantes doivent ĂȘtre rĂ©unies :

  • Le bailleur doit habiter lui-mĂȘme le local d'habitation ou le faire occuper par un membre de sa famille (son conjoint, ses ascendants ou descendants ou ceux de son conjoint).
  • Le bĂ©nĂ©ficiaire de la reprise ne doit pas disposer d'une habitation correspondant Ă  ses besoins normaux (par exemple, local froid et humide)

Si le bailleur n'a pas envoyĂ© de congĂ© et que le locataire n'a pas demandĂ© le renouvellement du bail, celui-ci se poursuit purement et simplement pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e. On parle de tacite prolongation. Ce n'est pas un nouveau contrat, c'est le mĂȘme contrat de bail commercial qui est prolongĂ©.

Le bail commercial se poursuit aux mĂȘmes conditions.

Par conséquent, les parties continuent d'appliquer le contrat de bail initial :

  • Le bailleur respecte toutes les obligations contenues dans le contrat (par exemple, prendre en charge les grosses rĂ©parations).
  • Le locataire continue de payer le loyer et les charges. Le loyer du bail commercial reste le mĂȘme pendant la tacite prolongation. Cependant, une rĂ©vision triennale du loyer peut ĂȘtre envisagĂ©e.

Si la durĂ©e du bail dĂ©passe 12 ans Ă  compter de la conclusion du bail initial, le bailleur peut dĂ©plafonner le loyer. Cela signifie que le loyer n'est plus fixĂ© en fonction de la variation de l'indice des loyers commerciaux (ILC) ou de l'indice des loyers des activitĂ©s tertiaires (ILAT) mais il peut ĂȘtre fixĂ© Ă  la valeur locative. Ce dĂ©plafonnement entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une hausse de loyer importante pour le locataire.

En cas de tacite prolongation du bail commercial, le locataire peut céder son fonds de commerce. Cependant, le nouvel acquéreur s'expose à un risque de non-renouvellement du bail commercial ou à une hausse de loyer.

En effet, le bailleur peut décider du non-renouvellement du bail en envoyant un congé 6 mois avant la date de fin souhaitée et au dernier jour du trimestre civil.

Si la durĂ©e du bail dĂ©passe 12 ans (Ă  compter du bail initial), le bailleur pourra dĂ©plafonner le loyer. Cela signifie que le loyer pourra ĂȘtre fixĂ© Ă  la valeur locative et donc ĂȘtre augmentĂ©.

Le bailleur ou le locataire peuvent mettre fin à la tacite prolongation du bail commercial. Pour cela, ils doivent envoyer un congé qui respecte les conditions suivantes :

  • Par acte de commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice)
  • Au moins 6 mois avant la date de fin souhaitĂ©e et pour le dernier jour du trimestre civil (31 mars, 30 juin, 30 septembre ou 31 dĂ©cembre).
💡 À noter

Le bailleur donne congé au locataire le 4 avril 2024 pendant la période de tacite prolongation. Le congé ne prendra pas effet le 4 octobre 2024 mais le dernier jour du trimestre civil en cours, c'est-à-dire le 31 décembre.

Quand le contrat de bail commercial arrive à son terme (au bout de 9 ans minimum), le locataire bénéficie du droit au renouvellement du bail commercial. Les parties sont libres de déterminer le montant du loyer renouvelé. Si elles ne parviennent pas à un accord, le montant du loyer renouvelé est calculé de l'une des 2 façons suivantes :

  • En fonction de la valeur locative
  • En fonction de la variation de l’indice des loyers commerciaux (ILC) ou, s'il s'applique, de l'indice des loyers des activitĂ©s tertiaires (ILAT). On dit que le loyer est plafonnĂ© Ă  la variation de l'ILC ou de l'ILAT.

Le plafonnement du loyer renouvelé signifie que la variation du loyer ne peut pas dépasser la variation de l'indice trimestriel des loyers commerciaux (ILC) ou de l'indice trimestriel des loyers des activités tertiaires (ILAT).

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche sur ces indices de référence.

La rĂšgle du plafonnement s'applique dans les 2 cas suivants :

  • Lors du renouvellement du bail 6 mois avant l'expiration du bail : ce renouvellement s'effectue par un congĂ© donnĂ© par le bailleur 6 mois avant la date d'expiration, ou par une demande de renouvellement faite par le locataire 6 mois avant
  • Lorsque le bail se poursuit au-delĂ  de 9 ans tacitement (c'est-Ă -dire sans congĂ© du propriĂ©taire ou demande de renouvellement par le locataire) sans dĂ©passer 12 ans.

Pour déterminer le loyer dû lors du renouvellement du bail à son terme, il convient de multiplier le loyer initial par le dernier indice connu à la date du renouvellement, puis de le diviser par l'indice publié 9 ans auparavant.

💡 À noter

Un bail conclu le 1er dĂ©cembre 2015 a fixĂ© un loyer annuel de 10 000 €. Il vient Ă  expiration le 31 novembre 2024. Il est renouvelĂ© le 1er dĂ©cembre 2024.

Les indices applicables sont les suivants :

  • Dernier indice des loyers commerciaux connus (ILC) connu au 1er dĂ©cembre 2024 : il correspond Ă  celui du 3e trimestre 2024 Ă©gal Ă  137,71
  • Indice des loyers commerciaux connus (ILC) publiĂ© 9 ans auparavant : il correspond Ă  celui du 3 e trimestre 2015 Ă©gal Ă  108,38

Pour calculer le nouveau loyer, il faut appliquer la formule suivante :

Loyer initial x (dernier ILC connu au moment du renouvellement/ILC connu lors de la conclusion du bail)

= 10 000  €x (137,71/108,38) =12 706 €

Les parties peuvent décider d'exclure le plafonnement du bail commercial au moment de la conclusion du bail ou de son renouvellement.

Dans certains cas, le loyer du bail renouvelĂ© peut ĂȘtre fixĂ© sans respecter la rĂšgle de plafonnement du loyer. On parle alors de loyer dĂ©plafonnĂ©. Ce dernier est alors fixĂ© Ă  la valeur locative.

Le plafonnement est écarté en raison soit de la durée du bail, soit de la modification notable de la valeur locative.

Déplafonnement lié à la durée du bail

Lorsque le bail est conclu ou renouvelé pour une durée supérieure à 9 ans, le loyer du bail renouvelé est déplafonné et fixé à la valeur locative.

Le loyer est également déplafonné lorsque le bail s'est poursuivi au-delà d'une durée de 12 ans en raison de l'inaction des parties. En pratique, le propriétaire n'a pas donné congé et le locataire n'a pas demandé le renouvellement du bail.

Déplafonnement lié à des modifications notables de la valeur locative

Plusieurs éléments permettent de déterminer la valeur locative d'un loyer renouvelé :

  • CaractĂ©ristiques du local : situation du local dans l'immeuble oĂč il se trouve, sa surface, son volume, les commoditĂ©s d'accĂšs pour le public. Lorsque le propriĂ©taire ajoute une surface supplĂ©mentaire ou une cave aux locaux louĂ©s, le loyer peut ĂȘtre dĂ©plafonnĂ©.
  • Destination des lieux : le locataire d'un commerce de bar-tabac obtient en cours de bail l'autorisation du propriĂ©taire de vendre « tous produits de tĂ©lĂ©phonie ». Le loyer peut ĂȘtre dĂ©plafonnĂ© lors du renouvellement. Ici c'est l'Ă©volution de l'activitĂ© commerciale qui autorise le dĂ©plafonnement du loyer.
  • Obligations respectives des parties. Les modalitĂ©s d'utilisation des locaux qui peuvent constituer un inconvĂ©nient pour le locataire : par exemple, passage commun dans une entrĂ©e. En consĂ©quence, la valeur locative va Ă©voluer Ă  la baisse.
  • Facteurs locaux de commercialitĂ©
  • AmĂ©liorations importantes apportĂ©es aux lieux louĂ©s

La modification d'un seul de ces Ă©lĂ©ments peut justifier le dĂ©plafonnement du loyer. Cette modification doit ĂȘtre notable, c'est-Ă -dire suffisamment importante. C'est le juge qui apprĂ©cie au cas par cas l'existence de cette modification.

Lorsque le bailleur et le locataire ne parviennent pas à un accord, l'une des parties peut saisir :

  • Soit la commission de conciliation des baux commerciaux (CCBC)
  • Soit le prĂ©sident du tribunal judiciaire

En cas de désaccord sur le montant du loyer renouvelé, le bailleur ou le locataire peuvent saisir la commission de conciliation des baux commerciaux (CCBC). Elle tente de trouver un accord entre les parties. Sa saisine est gratuite.

Pour saisir la commission de conciliation des baux commerciaux (CCBC) , il faut suivre les étapes suivantes :

  • Envoyer une lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception
  • Mentionner les coordonnĂ©es du bailleur et du locataire
  • Joindre les documents relatifs Ă  la demande (contrat de bail, relevĂ© de charges, courriers, synthĂšse du litige et attente des parties...)

Il faut s’adresser Ă  la commission de conciliation du dĂ©partement dans lequel est exercĂ©e l’activitĂ©. Pour connaĂźtre la CCBC compĂ©tente, vous pouvez contacter la prĂ©fecture :

💡 À noter

La saisine de la commission de conciliation n’est pas obligatoire. Les parties peuvent s’adresser directement au prĂ©sident du tribunal judiciaire.

La commission s’efforce de concilier les parties puis rend un avis dans un dĂ©lai de 3 mois.

Si un accord sur le loyer du bail renouvelé est trouvé, elle constate la conciliation qui doit recevoir application.

Si les parties n'arrivent pas à trouver un accord, la commission émet un avis faisant apparaßtre les points principaux de désaccord et une proposition motivée de loyer. Le bailleur ou le locataire peut ensuite saisir le président du tribunal judiciaire.

Il peut ĂȘtre saisi directement ou lorsque la commission de conciliation n’a pas trouvĂ© d’accord. Le propriĂ©taire et le locataire doivent ĂȘtre assistĂ©s par un avocat. L’une des parties doit envoyer un mĂ©moire Ă  l’autre partie par lettre recommandĂ©e avec AR. Le prĂ©sident du tribunal judiciaire est saisi 1 mois aprĂšs la rĂ©ception par le locataire ou le propriĂ©taire du premier mĂ©moire Ă©tabli.

Pendant la durée de la procédure, le locataire est tenu de continuer à payer le loyer prévu dans le bail.

Le Président du tribunal judiciaire peut renvoyer les parties à une audience de rÚglement amiable (ARA). L'ARA interrompt l'instance et l'autre juge tente de parvenir à un accord amiable.

⚠ Attention

Lorsque le locataire ou le bailleur sont en procédure collective, c'est le tribunal des activités économiques (TAE) qui est compétent dans les ressorts des 12 villes suivantes : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.

Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.

Textes de référence

📍 À Villasavary

Mairie de Villasavary 42 Rue du Barry, 11150 Villasavary 📞 04 68 11 93 95 🕐 Du lundi au vendredi de 8h00 à 12h00