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Enfant victime de maltraitance

VĂ©rifiĂ© le 19/11/2025 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

En cas de maltraitance envers un enfant, qu’il s’agisse de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou de nĂ©gligences, des dispositifs existent pour protĂ©ger l’enfant, alerter les autoritĂ©s et poursuivre les auteurs. Comment procĂ©der ? Nous vous donnons les dĂ©marches Ă  suivre et les aides disponibles.

La maltraitance sur un enfant correspond Ă  toute atteinte portĂ©e Ă  son intĂ©gritĂ© physique, psychologique ou affective, ainsi qu’à son dĂ©veloppement.

Elle peut ĂȘtre exercĂ©e par ses parents, par d’autres membres de sa famille, ou par des personnes de son entourage (voisin, ami, proche
).

Cette maltraitance peut ĂȘtre caractĂ©risĂ©e par :

  • des violences physiques ou sexuelles (morsure, brĂ»lure, Ă©tranglement, attouchement, mutilation sexuelle...)
  • des violences psychologiques (brimades, menaces...)
  • ou la privation volontaire de soins (alimentation, mĂ©dicaments, hygiĂšne...).

Le harcÚlement scolaire et les autres cas de violences entre élÚves font l'objet d'un traitement spécifique.

Toute personne (mineure ou majeure) tĂ©moin d'un acte de maltraitance envers un enfant ou soupçonnant un enfant en danger ou risquant de l'ĂȘtre doit signaler les faits. Il peut s'agir d'un particulier ou d'un professionnel (assistante sociale, mĂ©decin...).

Le signalement peut ĂȘtre anonyme, qu'il soit fait par courrier ou par tĂ©lĂ©phone.

119

Lorsqu'une situation de maltraitance envers un enfant est constatée, que l'on soit victime ou témoin (direct ou indirect), il convient d'appeler le 119.

NumĂ©ro d'appel destinĂ© Ă  tout enfant ou adolescent victime de violences ou Ă  toute personne prĂ©occupĂ©e par une situation d'enfant en danger ou en risque de l'ĂȘtre.

119 (appel gratuit et confidentiel)

24h/24 et 7 jours/7

Un appel sur ce numéro est géolocalisé, identifié et priorisé. Il n'apparait pas sur les factures.

Services d'urgence (15, 17, 18)

En cas d'urgence, les services de secours peuvent ĂȘtre sollicitĂ©s.

Aide sociale Ă  l'enfance (ASE)

Les services du dĂ©partement (l’aide sociale Ă  l'enfance - ASE - ou la cellule de recueil des informations prĂ©occupantes - Crip) peuvent Ă©galement ĂȘtre saisis.

Procureur de la République

Pour les cas d'une exceptionnelle gravité (violences physiques ou sexuelles par exemple), il est possible de s'adresser directement, par courrier, au procureur de la République.

Défenseur des droits

Il est Ă©galement possible de s'adresser au DĂ©fenseur des droits, notamment pour signaler des dysfonctionnements dans la prise en charge ou la protection de l’enfant.

Défenseur des droits

Libre réponse 71120

75342 Paris cedex 07

Attention : joindre à votre courrier les photocopies des piÚces relatives à votre saisine.

AccĂšs au formulaire de contact

La personne Ă  l'origine du signalement est informĂ©e des suites donnĂ©es Ă  une information prĂ©occupante sur un mineur en danger sauf si cette information est contraire Ă  ses intĂ©rĂȘts ou Ă  ceux de l'enfant.

La non-dĂ©nonciation d'une situation de maltraitance dont une personne a connaissance peut ĂȘtre punie de 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende. Lorsque ces faits concernent un mineur de moins de 15 ans, la loi considĂšre la situation comme plus grave et les peines sont portĂ©es Ă  cinq ans de prison et 75 000  €d'amende.

Le fait d'alerter volontairement les autoritĂ©s sur des faits inexacts relĂšve de la dĂ©nonciation calomnieuse. Ce dĂ©lit est puni par une peine de prison pouvant aller jusqu'Ă  5 ans et une amende de 45 000 €.

Le procureur de la RĂ©publique peut Ă©galement lancer, de lui-mĂȘme, une enquĂȘte Ă  la suite d'un signalement.

MĂȘme en cas d'implication des parents, une plainte simple peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e par la victime. Cet acte permet de signaler Ă  la justice (procureur de la RĂ©publique, officiers de police judiciaire) les faits subis (violences physiques ou psychologiques, privation de soin...).

Mais, si la victime mineure souhaite que sa plainte donne lieu Ă  des poursuites, obtenir une indemnisation, elle devra se constituer partie civile. Pour ce faire, elle devra obligatoirement ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e :

  • par une personne majeure (grand-parent, tuteur, administrateur ad hoc...),
  • ou par une association de plus de 5 ans d'anciennetĂ©, dont l'objet est la dĂ©fense des victimes. Dans ce cas, la procĂ©dure doit dĂ©jĂ  avoir Ă©tĂ© lancĂ©e par le procureur de la RĂ©publique ou faire suite Ă  la plainte.
💡 À noter

Le dĂ©lai de prescription concernant la plupart des infractions commises sur les mineurs est de 30 ans Ă  compter de la majoritĂ© de la victime en cas de viol. L'auteur des maltraitances peut donc ĂȘtre poursuivi et condamnĂ© mĂȘme longtemps aprĂšs les faits.

L'enfant victime de maltraitance peut bĂ©nĂ©ficier d’un soutien psychologique via :

  • les services de l’Ase,
  • les centres mĂ©dico-psychologiques (CMP) ou CMPP,
  • les maisons des adolescents,
  • les unitĂ©s mĂ©dico-judiciaires (UMJ),
  • les cellules de psychotrauma créées dans chaque rĂ©gion.

Ces soins sont gratuits et confidentiels.

À la suite du signalement, le service de l'aide sociale Ă  l'enfance (ASE) peut intervenir au domicile de l'enfant pour Ă©valuer sa situation.

Si cet examen conclut à l'existence d'un danger ou d'un risque de danger pour l'enfant, le service peut proposer diverses mesures de protection administratives (par exemple des aides à domicile, un accueil ou hébergement ponctuel).

Toutefois, l’hĂ©bergement en hĂŽtel est interdit pour les enfants confiĂ©s Ă  l’ASE, sauf exception (jeunes de plus de 16 ans, 2 mois maximum).

Si l'examen de la situation conclut à un danger pour l'enfant et que les parents refusent les mesures de protection administratives ou qu'elles ne sont pas efficaces, le service peut saisir le procureur de la République. Celui-ci peut s'adresser à un juge des enfants pour qu'il mette en place des mesures d'assistance éducative (mesure de suivi et d'aide à la famille) ou, si l'enfant court un grave danger, décider de le placer temporairement en urgence (dans une famille d'accueil par exemple).

Le juge des enfants peut prendre des mesures de suivi et d'aide Ă  la famille et des mesures de placement.

Le juge des enfants essaie, dans la mesure du possible, de maintenir l'enfant dans sa famille.

Il peut désigner une personne qualifiée ou un service spécialisé pour aider la famille.

La personne qualifiĂ©e est chargĂ©e d’accompagner l’enfant et sa famille au quotidien. Elle apporte des conseils Ă©ducatifs, un soutien personnalisĂ© et peut orienter la famille vers des services adaptĂ©s.

Le service spécialisé doit mettre en place un accompagnement social et éducatif de la famille pour assurer la santé, la sécurité et l'éducation de l'enfant.

L'enfant peut également bénéficier d'un accompagnement psychologique.

Quand l'enfant est suivi par un service spĂ©cialisĂ©, il peut y ĂȘtre hĂ©bergĂ© de façon exceptionnelle ou pĂ©riodique (1 semaine par mois par exemple).

Le juge peut soumettre l'enfant ou ses parents au respect de certaines obligations. Elles peuvent ĂȘtre les suivantes :

  • Suivre une scolaritĂ© (ĂȘtre inscrit dans un Ă©tablissement sanitaire ou d'Ă©ducation, y compris en internat)
  • Exercer une activitĂ© professionnelle par l'enfant, s'il est en Ăąge de travailler
  • Respecter un suivi psychologique ou mĂ©dical.

Si l'enfant est suivi par un service spécialisé, la mesure peut durer 2 ans maximum, renouvelable 1 fois.

Si l'enfant est suivi par une personne qualifiée, il n'y a pas de durée maximale.

Le juge peut également ordonner une aide à la gestion du budget familial, dont le but est de rétablir l'autonomie financiÚre de la famille ou une aide éducative à domicile dont le but est de restaurer les liens entre les parents et l'enfant.

Le juge peut également ordonner une médiation familiale, notamment pour favoriser la communication entre parents et enfants, sous conditions spécifiques (accord des parents, absence de violence). Ce dispositif vise à apaiser les tensions et améliorer la situation familiale.

Par ailleurs, le juge peut dĂ©cider d'une mesure judiciaire d’investigation Ă©ducative pour mieux Ă©valuer la situation familiale avant de prendre des mesures plus contraignantes.

Il peut aussi interdire la sortie du territoire national de l’enfant pour une durĂ©e maximale de 2 ans en complĂ©ment d’une mesure d’assistance Ă©ducative.

Le juge des enfants peut décider d'une mesure de placement dans les cas les plus graves.

Cette mesure ne retire pas l'autorité parentale aux parents de l'enfant.

Cette mesure est fixée pour une durée de 2 ans maximum, renouvelable 1 fois.

Toutefois, il est possible que les mesures soient ordonnées pour une durée supérieure si la situation de la famille l'exige.

Les parents peuvent obtenir un droit de visite.

Les frais occasionnĂ©s par la prise en charge du mineur doivent ĂȘtre payĂ©s par les parents, sauf dĂ©cision contraire du juge.

En cas de placement d'urgence, le juge peut prendre une décision rapide sans audition préalable des parties, mais doit les convoquer dans un délai de 15 jours pour confirmer ou modifier la mesure.

Les mesures de placement sont exécutées sous la responsabilité de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), qui assure le suivi éducatif et social du mineur.

La loi prévoit des sanctions spécifiques pour protéger les mineurs.

Les peines varient selon l’ñge de la victime et celui de l’auteur de l’infraction.

Les enfants de moins de 15 ans bĂ©nĂ©ficient d’une protection renforcĂ©e. Toute infraction Ă  leur encontre entraĂźne des peines plus sĂ©vĂšres que si la victime Ă©tait plus ĂągĂ©e. Les mineurs de 15 ans et plus restent protĂ©gĂ©s mais avec des sanctions proches de celles prĂ©vues pour les adultes, sauf circonstances aggravantes.

L’ñge de l’auteur joue Ă©galement un rĂŽle dĂ©terminant : un mineur auteur est gĂ©nĂ©ralement soumis Ă  des mesures Ă©ducatives ou Ă  des peines adaptĂ©es Ă  son Ăąge et Ă  son discernement.

Type d’infractionVictime < 15 ans et auteur mineurVictime < 15 ans et auteur majeurVictime ≄ 15 ans et auteur mineurVictime ≄ 15 ans et auteur majeur
Violences physiquesMesures Ă©ducatives ou peines adaptĂ©es Ă  l’ñge et au discernementIncapacitĂ© totale de travail (ITT) < 8 jours : 5 ans et 75 000 €ITT > 8 jours : 10 ans et 150 000 €Mutilation/perte fonction permanente : 20 ansDĂ©cĂšs : 30 ansMesures Ă©ducatives ou peines adaptĂ©esAggravation possible si mineur victime et auteur ascendant ou ayant autoritĂ© sur l’enfant
Violences sexuellesMesures Ă©ducatives adaptĂ©esAgression : 7 ans et 100 000 €Si ascendant/autoritĂ© : 10 ans et 150 000 €Viol : 20 ans, 30 ans en cas de circonstances aggravantesMesures Ă©ducatives adaptĂ©esAggravation possible si mineur victime et auteur ascendant ou ayant autoritĂ© sur l’enfant
Privation de soin / mise en dangerMesures Ă©ducatives adaptĂ©esPrivation de soins : 7 ans et 100 000 €Si dĂ©cĂšs : 20 ansMise en danger directe : 1 an et 15 000 €Mesures Ă©ducatives adaptĂ©esAggravation possible si mineur victime
Exploitation / atteinte Ă  la moralitĂ©Mesures Ă©ducatives adaptĂ©esMendicitĂ© forcĂ©e : 5 ans et 75 000 €Corruption : 7 ans et 100 000 €Traite/exploitation sexuelle : jusqu’à 20 ansMesures Ă©ducatives adaptĂ©esAggravation possible si mineur victime
💡 À noter

Lorsqu’on parle d’ITT, il ne s’agit pas d’incapacitĂ© de travailler professionnellement pour un mineur, mais de la pĂ©riode pendant laquelle il est empĂȘchĂ© de mener sa vie normale, c’est-Ă -dire de se dĂ©placer, de se nourrir, d’aller Ă  l’école ou de jouer.

Les peines principales peuvent Ă©galement s’accompagner de peines complĂ©mentaires telles que :

  • le retrait de l’autoritĂ© parentale,
  • l’interdiction d’exercer une activitĂ© en contact avec des enfants
  • ou la privation de certains droits civiques, civils ou familiaux.

Textes de référence

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