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Responsabilité des contenus publiés sur internet : quelles sont les rÚgles ?
Lorsqu'un contenu illĂ©gal est publiĂ© sur internet, plusieurs personnes peuvent ĂȘtre reconnues responsables. Vous pouvez engager la responsabilitĂ© de l'auteur du contenu. Si le directeur de publication d'un service de communication en ligne ou l'hĂ©bergeur d'un site ou d'une plateforme en ligne ne respectent pas leurs obligations, leur responsabilitĂ© pĂ©nale peut Ă©galement ĂȘtre engagĂ©e. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
Toute personne qui publie un contenu illĂ©gal sur internet peut ĂȘtre reconnu responsable pĂ©nalement.
Pour que lâauteur prĂ©sumĂ© du contenu illicite soit poursuivi, vous pouvez dĂ©noncer ces faits aux forces de lâordre. Si vous dĂ©posez plainte, lâenquĂȘte menĂ©e peut aboutir Ă un jugement par une juridiction pĂ©nale.
Vous pouvez dĂ©noncer un contenu illĂ©gal publiĂ© sur internet quel que soit l'endroit oĂč il a Ă©tĂ© conçu (en France ou Ă l'Ă©tranger). NĂ©anmoins, les juridictions françaises sont compĂ©tentes pour juger les responsables d'un contenu illicite dĂšs lors qu'il figure sur un site internet accessible en France.
Un contenu est considĂ©rĂ© comme illĂ©gal lorsquâil est assimilable Ă lâune des infractions suivantes :
- Apologie du terrorisme
- Pédopornographie (violences sexuelles sur mineur)
- Trafic de drogues
- Discrimination
- Incitation à un crime ou à un délit (exemple : provocation à commettre un meurtre, un vol, une agression sexuelle)
- Incitation Ă la haine, Ă la violence ou Ă la discrimination
- HarcĂšlement sur internet
- Injure
- Diffamation.
L'auteur des faits peut notamment ĂȘtre une des personnes suivantes :
- Créateur d'une page web
- Créateur d'un site internet
- Créateur d'un blog
- Réalisateur d'une vidéo
- Photographe
- Rédacteur d'un commentaire
- Rédacteur d'un message privé.
Si vous ĂȘtes victime ou tĂ©moin dâun contenu illicite publiĂ© sur internet, vous pouvez le signaler aux forces. En tant que victime, vous pouvez dĂ©poser plainte.
Le signalement nâest pas une plainte. Il consiste uniquement Ă informer les services d'enquĂȘte de l'infraction commise et Ă leur apporter des Ă©lĂ©ments pour qu'ils identifient l'auteur des faits.
Que vous soyez majeur ou mineur, vous pouvez faire un signalement aux forces de lâordre par le biais de PHAROS.
Si les Ă©quipes de PHAROS estiment que le contenu est illicite, le signalement est transmis aux autoritĂ©s compĂ©tentes (service d'enquĂȘte de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale, DGCCRF).
Par ailleurs, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hébergeur du site ou de la plateforme en cause et lui demander de supprimer le contenu illégal.
Si la publication d'un contenu illégal vous porte atteinte, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur de cette publication.
Les hébergeurs doivent conserver les données permettant d'identifier l'auteur des faits. Ainsi, vous pouvez les contacter pour qu'ils coopÚrent avec les services de police ou de gendarmerie.
Si vous ne trouvez pas l'identité de l'auteur du contenu, vous pouvez porter plainte contre X.
Le dĂ©lai pour dĂ©poser plainte dĂ©pend de l'infraction commise. Par exemple, si vous ĂȘtes victime d'un contenu incitant Ă la haine raciale, vous pouvez dĂ©poser plainte dans un dĂ©lai de 3 mois Ă compter de sa publication.
Votre plainte peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e auprĂšs de n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie.
Vous pouvez demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel peut ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte jusqu'Ă l'Ă©ventuel jugement de l'auteur par les juridictions pĂ©nales.
Votre plainte entraĂźne une enquĂȘte de police qui peut aboutir au jugement et Ă la condamnation de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.
Vous pouvez Ă©galement vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.
Si vous ĂȘtes mineur, vous pouvez vous rendre sur PHAROS et signaler les faits. Cependant, vous n'avez pas le droit de dĂ©poser une plainte avec constitution de partie civile en vue d'obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts. Vos parents doivent le faire en votre nom.
Sâil est dĂ©clarĂ© coupable, lâauteur des faits encourt des sanctions pĂ©nales qui dĂ©pendent de l'infraction commise.
Par exemple, une personne qui publie un contenu faisant l'apologie du terrorisme risque une peine de 7 ans de prison et 100Â 000 d'amende.
L'auteur d'un contenu illĂ©gal publiĂ© sur internet encourt une peine complĂ©mentaire qui consiste Ă le bannir de la plateforme en ligne à partir de laquelle il a commis l'infraction. DĂšs qu'ils sont informĂ©s de cette condamnation, les fournisseurs d'accĂšs au service en ligne concernĂ© (exemple : Orange, SFR, etc.) doivent bloquer les comptes de l'auteur des faits et veiller Ă ce qu'il ne puisse pas en crĂ©er de nouveaux. Ce bannissement est valable pour une durĂ©e maximale de 6 mois. Cette pĂ©riode peut ĂȘtre portĂ©e Ă Â un an en cas de rĂ©cidive.
LâhĂ©bergeur dâun site internet a plusieurs obligations. Sâil ne les respecte pas, vous pouvez engager sa responsabilitĂ© pĂ©nale et obtenir sa condamnation.
Obligation pour lâhĂ©bergeur de conserver certaines donnĂ©es personnelles
Depuis le 21 octobre 2025, les opérateurs de communication en ligne et les hébergeurs doivent conserver certaines données concernant les utilisateurs de réseaux sociaux et de services de communication en ligne.
Parmi ces informations, il existe notamment les suivantes :
- Nom, prĂ©nom, date et lieu de naissance de lâutilisateur (ou du gĂ©rant agissant au nom dâune personne morale)
- Adresse postale et adresse Ă©lectronique de lâutilisateur
- Numéro de téléphone
- Identifiant et/ou pseudonyme utilisés
- Date et heure de début et de fin de connexion.
Ces donnĂ©es doivent ĂȘtre conservĂ©es pendant 1 an.
Cette conservation permet notamment dâidentifier plus rapidement lâauteur dâune infraction en ligne.
Obligation pour lâhĂ©bergeur de mettre en place un mĂ©canisme de signalement
Les hĂ©bergeurs doivent proposer aux internautes des mĂ©canismes leur permettant de signaler un contenu publiĂ© sur un site ou une plateforme en ligne, lorsquâils le considĂšrent comme illicite.Signaler un comportement abusif sur TikTok
Ces mĂ©canismes doivent ĂȘtre facilement accessibles Ă toute personne qui souhaite signaler une donnĂ©e illĂ©gale. Elle doit pouvoir Ă©mettre un signalement par voie Ă©lectronique.
Les rĂ©seaux sociaux (Twitter,Facebook,Instagram, Snapchat, TikTok, etc.) ont gĂ©nĂ©ralement des systĂšmes de signalement Ă©laborĂ©s qui permettent dâexpliquer la situation et de dĂ©noncer le contenu illicite de maniĂšre prĂ©cise.
Lorsquâil sâagit de sites internet indĂ©pendants (exemple : le site internet dâune entreprise), la personne qui souhaite faire un signalement doit rechercher les coordonnĂ©es de lâhĂ©bergeur (exemple : adresse mail).
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les coordonnĂ©es de lâhĂ©bergeur se trouvent dans les mentions lĂ©gales du site internet.
Le signalement doit contenir les informations suivantes :
- Identité de la personne qui fait le signalement
- Période pendant laquelle les faits se sont déroulés
- Description précise des contenus illicites
- Informations permettant dâidentifier lâauteur de lâinfraction (par exemple, lâadresse URL du site)
- Motifs pour lesquels la victime ou le témoin souhaite le retrait
- Ăventuelles dĂ©marches effectuĂ©es pour contacter lâauteur des faits.
Il nâest pas obligatoire dâavoir tentĂ© de contacter lâauteur de lâinfraction pour signaler un contenu illicite Ă lâhĂ©bergeur internet. La victime ou le tĂ©moin peut directement signaler les faits Ă lâhĂ©bergeur.
Si une personne signale un contenu comme étant illicite en étant conscient qu'il ne l'est pas, elle risque une peine d'un an de prison et de 15 000 ⏠d'amende.
Les hébergeurs de sites internet ou de plateformes en ligne qui ne répondent pas à leurs obligations peuvent engager leur responsabilité pénale.
En cas d'absence de retrait d'un contenu illégal qui vous porte atteinte, vous pouvez déposer plainte. Si l'hébergeur n'a pas prévenu les autorités compétentes, le ministÚre public peut engager des poursuites.
Les sanctions pénales applicables dépendent du manquement de l'hébergeur et s'il s'agit d'une personne physique ou d'une personne morale :
Si vous avez signalĂ© un contenu illicite Ă l'hĂ©bergeur et qu'il ne l'a pas immĂ©diatement retirĂ© ou qu'il n'en n'a pas bloquĂ© l'accĂšs, vous pouvez dĂ©poser plainte contre lui. S'il avait conscience que le contenu Ă©tait illicite, vous pouvez Ă©galement lui demander des dommages et intĂ©rĂȘts.
Le délai pour déposer plainte dépend de l'infraction commise. Par exemple, s'il s'agit d'un contenu injurieux, vous disposez d'un délai de 3 mois pour déposer plainte.
Vous pouvez déposer plainte dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie.
Si vous ĂȘtes mineur, vous pouvez vous rendre sur PHAROS et signaler les faits. Cependant, vous n'avez pas le droit de dĂ©poser une plainte avec constitution de partie civile en vue d'obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts. Vos parents doivent le faire en votre nom.
Vous pouvez demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel peut ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte jusqu'Ă l'Ă©ventuel jugement de l'auteur par les juridictions pĂ©nales.
Votre plainte entraĂźne une enquĂȘte de police qui peut aboutir au jugement et Ă la condamnation de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.
S'il est reconnu coupable, il encourt une peine de :
- 1 an de prison
- 250 000 ⏠d'amende.
Si vous avez signalĂ© un contenu illicite Ă l'hĂ©bergeur et qu'il ne l'a pas immĂ©diatement retirĂ© ou qu'il n'en n'a pas bloquĂ© l'accĂšs, vous pouvez dĂ©poser plainte contre lui. S'il avait conscience que le contenu Ă©tait illicite, vous pouvez Ă©galement lui demander des dommages et intĂ©rĂȘts.
Le délai pour déposer plainte dépend de l'infraction commise. Par exemple, s'il s'agit d'un contenu injurieux, vous disposez d'un délai de 3 mois pour déposer plainte.
Vous pouvez déposer plainte dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie.
Si vous ĂȘtes mineur, vous pouvez vous rendre sur PHAROS et signaler les faits. Cependant, vous n'avez pas le droit de dĂ©poser une plainte avec constitution de partie civile en vue d'obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts. Vos parents doivent le faire en votre nom.
Vous pouvez demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel peut ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte jusqu'Ă l'Ă©ventuel jugement de l'auteur par les juridictions pĂ©nales.
Votre plainte entraĂźne une enquĂȘte de police qui peut aboutir au jugement et Ă la condamnation de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.
S'il est reconnu coupable, il encourt une peine d'amende qui ne peut pas dĂ©passer  6 % de son chiffre dâaffaires mondial annuel au cours de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente.
Si vous avez signalĂ© un contenu illicite Ă l'hĂ©bergeur et qu'il n'a pas prĂ©venu les autoritĂ©s compĂ©tentes (exemple : l'Ofac), sa responsabilitĂ© pĂ©nale peut ĂȘtre engagĂ©e Ă l'initiative du ministĂšre public.
Dans ce cas, l'hĂ©bergeur peut ĂȘtre jugĂ© et condamnĂ© par le tribunal correctionnel.
S'il est reconnu coupable, il encourt des sanctions pénales. Les peines encourues par les personnes physiques diffÚrent de celles que risquent une personne morale.
L'hébergeur encourt une peine d'un an de prison et de 250 000 ⏠d'amende.
L'hĂ©bergeur encourt une peine d'amende Ă©gale Ă 1 250 000 âŹ.
Il risque également une peine complémentaire qui consiste en l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle au cours de laquelle l'infraction a été commise.
Dans certains cas, la responsabilitĂ© pĂ©nale du directeur de publication d'un service de communication en ligne peut ĂȘtre engagĂ©e. Il en est ainsi si un internaute laisse un commentaire :
- Provocant à un crime ou à un délit (exemple : incitation à commettre un meurtre ou un vol)
- Incitant Ă la haine, Ă la violence ou Ă la discrimination
- Injurieux
- Diffamatoire.
Le directeur de publication peut s'apercevoir seul du caractÚre illégal du commentaire. Vous pouvez également signaler ce type de contenu et en demander le retrait.
La demande doit ĂȘtre adressĂ©e au directeur de publication du service de communication en ligne par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Elle doit mentionner :
- Le contenu que vous dénoncez (exemple : vous pouvez faire un copier/coller du texte concerné)
- L'adresse internet (URL) du service de communication en ligne sur lequel la publication a été faite
DÚs qu'il a connaissance du caractÚre illicite du commentaire, le directeur de publication doit immédiatement le faire retirer. S'il ne le fait pas, il risque des sanctions pénales.
Un commentaire diffamatoire est laissé sous une vidéo publiée sur un réseau social. Dans ce cas, le directeur de publication est obligé de supprimer ce commentaire dans les jours, voire les heures qui suivent. S'il ne le fait pas, il risque des sanctions pénales.
Pour engager la responsabilité pénale du directeur de publication, vous pouvez déposer plainte ou faire une citation directe.
Vous disposez dâun dĂ©lai de 3 mois Ă compter du jour oĂč le contenu a Ă©tĂ© publiĂ©.
Vous pouvez ĂȘtre assistĂ© d'un avocat. Ce professionnel peut ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©but de la procĂ©dure jusqu'Ă l'Ă©ventuel jugement du directeur de publication.
Lors du dĂ©pĂŽt de plainte, vous pouvez vous constituer partie civile (en Ă©tant accompagnĂ© de vos parents si vous ĂȘtes mineur). Si vous faites une citation directe, vous avez automatiquement le statut de partie civile.
La plainte entraĂźne une enquĂȘte de police qui peut aboutir au jugement du directeur de publication par le tribunal. La citation directe permet de saisir directement la juridiction compĂ©tente.
Si le directeur de publication est reconnu coupable, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă des sanctions pĂ©nales qui dĂ©pendent de l'infraction commise.
Par exemple, un contenu injurieux est publié sur un site. Dans ce cas, le directeur de publication risque une peine d'amende de 12 000 ⏠et la publication de sa condamnation.
Dans le cas oĂč le directeur de la publication est poursuivi par les juridictions pĂ©nales, l'auteur du contenu est considĂ©rĂ© comme son complice.
Textes de référence
- Loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse â Infractions de presse (chapitre IV)
- Loi n°82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle : article 93-3 â ResponsabilitĂ© de l'auteur et du directeur de la publication
- Loi n°2024-449 du 21 mai 2024 : article 16 â Peine de bannissement d'une plateforme en ligne
- DĂ©cret n° 2025-980 du 15 octobre 2025 â Obligation de lâhĂ©bergeur et de lâopĂ©rateur de communication en ligne de conserver certaines donnĂ©es
- RĂšglement (UE) 2022/2065 Du Parlement europĂ©en et du Conseil du 19 octobre 2022 â ResponsabilitĂ© de l'hĂ©bergeur
- Code pĂ©nal : article 131-39 â Peines complĂ©mentaires encourues par un hĂ©bergeur (personne morale)
Où s'adresser ?
116 006 - Numéro d'aide aux victimes
Ce service permet aux victimes d'infractions (hors atteintes aux biens sur internet) d'ĂȘtre Ă©coutĂ©es et orientĂ©es vers une association dâaide aux victimes ou un service spĂ©cialisĂ©. Il est accessible aux personnes sourdes et malentendantes.
116 006
Appel gratuit
Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h.
+ 33 (0)1 80 52 33 76
Appel gratuit
Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h (heure de Paris).
Par mail : victimes@116006.fr
