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Emprunt bancaire collectif d'une copropriété
Un syndicat de copropriĂ©taires peut faire un emprunt bancaire pour financer des travaux au sein de la copropriĂ©tĂ©. Ce prĂȘt peut ĂȘtre fait pour l'ensemble des copropriĂ©taires ou pour le compte de certains copropriĂ©taires seulement. Trois types d'emprunt peuvent ĂȘtre souscrits. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaitre.
L'emprunt bancaire est fait au nom du syndicat des copropriétaires pour le compte :
- De l'ensemble des copropriétaires
- Ou pour les seuls copropriétaires qui décident d'y participer
- Ou pour les copropriétaires qui n'ont pas expressément refusé de participer à l'emprunt.
Il est possible de distinguer 3 types d'emprunt collectif pour financer certains types de travaux dans une copropriété. L'emprunt est toujours souscrit par le syndicat des copropriétaires, par l'intermédiaire de son syndic :
- Soit pour son compte. Dans ce cas, tous les copropriétaires participent à l'emprunt, sans exception.
- Soit au bĂ©nĂ©fice des copropriĂ©taires consentants. Dans ce cas, le prĂȘt concerne uniquement les copropriĂ©taires qui dĂ©cident volontairement d'y participer.
- Soit au bĂ©nĂ©fice des copropriĂ©taires n'ayant pas refusĂ© le prĂȘt. Dans cette hypothĂšse, tous les copropriĂ©taires qui n'ont pas refusĂ© expressĂ©ment le prĂȘt y sont soumis.
L'objet du prĂȘt varie en fonction du type d'emprunt souscrit.
L'emprunt bancaire fait au nom du syndicat des copropriétaires ou pour le compte de copropriétaires volontaires peut financer les projets suivants :
- Travaux votés sur les parties communes
- Travaux d'intĂ©rĂȘt collectif sur les parties privatives (par exemple, mise en place de compteurs individuels)
- Acquisition de biens
- PrĂ©financement des subventions publiques (par exemple, travaux subventionnĂ©s par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) s'ils portent sur les parties communes ou privatives et qu'ils sont d'intĂ©rĂȘt collectif).
Cet emprunt bancaire peut ĂȘtre utilisĂ© pour financer les projets suivants :
- Travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble ainsi qu'à la préservation de la santé et de la sécurité physique des occupants. Cela inclut les travaux portant sur la stabilité de l'immeuble, le clos, le couvert ou les réseaux et les travaux permettant d'assurer la mise en conformité des logements avec les normes de salubrité, de sécurité et d'équipement.
- Travaux rendus obligatoires en vertu de dispositions lĂ©gislatives ou rĂ©glementaires ou d'un arrĂȘtĂ© municipal portant sur la sĂ©curitĂ© ou la salubritĂ© publique
- Travaux participant de la réalisation de programmes de restauration immobiliÚre, dans le cadre de plans de sauvegarde et de mise en valeur et de restauration immobiliÚre
- Travaux d'accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite, tant qu'ils n'affectent pas la structure de l'immeuble ou ses éléments d'équipement essentiels
- Suppression des vide-ordures pour des impératifs d'hygiÚne
- Travaux d'Ă©conomies d'Ă©nergie ou de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă effet de serre pouvant comprendre des travaux d'intĂ©rĂȘt collectif rĂ©alisĂ©s sur les parties privatives et aux frais du copropriĂ©taire du lot concernĂ©, sauf dans le cas oĂč ce dernier peut prouver la rĂ©alisation de travaux Ă©quivalents dans les 10 annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.
Le recours Ă l'emprunt bancaire par le syndicat des copropriĂ©taires est soumis Ă certaines rĂšgles de formes. Plusieurs Ă©tapes doivent ĂȘtre respectĂ©es.
Le syndic doit inscrire à l'ordre du jour de l'assemblée générale :
- L'acquisition ou les travaux envisagés par la copropriété
- La question de la souscription de l'emprunt bancaire, destiné à financer l'acquisition ou les travaux souhaités.
Les conditions gĂ©nĂ©rales et particuliĂšres du projet de contrat de prĂȘt doivent ĂȘtre communiquĂ©es en mĂȘme temps que l'ordre du jour. Il en est de mĂȘme pour la proposition dâengagement de caution solidaire destinĂ©e Ă garantir le prĂȘt.
Ces documents assurent la validitĂ© de la dĂ©cision du syndicat des copropriĂ©taires. Ils permettent, en effet, que le copropriĂ©taire dispose dâune information complĂšte surâŻle coĂ»t global du prĂȘt (taux, durĂ©e, frais), ainsi que sur la nature et lâĂ©tendue de la garantie (cautionnement solidaire, conditions de mise en Ćuvre).
Au cours de la mĂȘme assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, les copropriĂ©taires doivent voter les opĂ©rations financĂ©es (travaux ou acquisition) et la souscription Ă l'emprunt bancaire. Ces 2 questions sont votĂ©es sĂ©parĂ©ment.
Contenu de la décision
L'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ne peut pas voter simplement le principe de recourir Ă un prĂȘt pour le financement des travaux ou de l'acquisition envisagĂ©s.
La résolution votée doit mentionner les conditions essentielles de l'emprunt à souscrire, notamment :
- Le montant du prĂȘt
- La durĂ©e du prĂȘt
- Les conditions gĂ©nĂ©rales du prĂȘt
- Son taux effectif global.
L'autorisation de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, ratifiant les conditions du prĂȘt, permet au syndic d'emprunter au nom du syndicat des copropriĂ©taires.
RÚgles de majorité
En principe, la décision de souscrire un emprunt est prise à l'unanimité des voix des copropriétaires.
Par exception, la dĂ©cision peut ĂȘtre votĂ©e Ă la mĂȘme majoritĂ© que celle nĂ©cessaire au vote des travaux concernĂ©s. Cela concerne 3 cas :
- Lorsque l'emprunt sert à préfinancer des subventions publiques accordées au syndicat de copropriétaires pour la réalisation de travaux votés
- Lorsque l'emprunt bénéficie aux seuls copropriétaires qui décident d'y participer
- Lorsque l'emprunt bĂ©nĂ©ficie aux copropriĂ©taires qui sont considĂ©rĂ©s comme ayant acceptĂ© d'y participer (absence de refus exprĂšs d'ĂȘtre soumis au prĂȘt).
Adhésion à l'emprunt
Les copropriĂ©taires qui souhaitent recourir Ă l'emprunt doivent notifier leur dĂ©cision au syndic lorsque le prĂȘt porte sur :
- Des travaux concernant les parties communes votés
- Des travaux d'intĂ©rĂȘts collectifs sur les parties privatives votĂ©s
- Des actes d'acquisitions conformes à l'objet du syndicat et votés.
La notification se fait par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle doit indiquer le montant de l'emprunt que le copropriétaire souhaite demander, dans la limite de sa quote-part de dépenses.
Cette notification d'adhésion doit intervenir dans un délai de 2 mois à partir de la notification du procÚs-verbal d'assemblée générale, sans ses annexes, à tous les copropriétaires.
Refus de participer Ă l'emprunt
L'ensemble des copropriĂ©taires est considĂ©rĂ© comme adhĂ©rant Ă la souscription de l'emprunt lorsque le prĂȘt porte sur :
- Des travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble et à la préservation de la santé et de la sécurité physique des occupants
- Des travaux rendus obligatoires en vertu de dispositions lĂ©gislatives ou rĂ©glementaires ou d'un arrĂȘtĂ© municipal portant sur la sĂ©curitĂ© ou la salubritĂ© publique
- Des travaux participant de la réalisation de programmes de restauration immobiliÚre
- Des travaux d'accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite
- La suppression des vide-ordures pour des impératifs d'hygiÚne
- Des travaux d'économies d'énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les copropriétaires peuvent néanmoins refuser de participer à l'emprunt.
Ils doivent alors notifier leur refus au syndic dans un délai de 2 mois à compter de la notification du procÚs-verbal de l'assemblée générale. Cette notification se fait par lettre recommandée avec accusé de réception.
Ils ont Ă©galement pour obligation de verser leur quote-part du prix des travaux dans les 6 mois de la notification du procĂšs-verbal. Cette quote-part correspond Ă la contribution personnelle exigible au remboursement du capital et des intĂ©rĂȘts, ainsi qu'au paiement des frais et honoraires.
Un vote « contre » ou une abstention ne sont pas assimilables à un refus de participer à l'emprunt.
Le contrat de prĂȘt est signĂ© par le syndic. Il doit ĂȘtre conforme au projet joint Ă l'ordre du jour et votĂ© par l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale.
La signature du contrat de prĂȘt s'effectue aprĂšs le dĂ©lai de 2 mois Ă partir de la notification de la dĂ©cision d'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale aux copropriĂ©taires. En effet, passĂ© ce dĂ©lai, l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ne peut plus ĂȘtre contestĂ©e par les copropriĂ©taires opposants ou dĂ©faillants. La dĂ©cision d'emprunter devient ainsi dĂ©finitive.
En principe, le syndicat de copropriĂ©taires doit ĂȘtre garanti par une caution, c'est-Ă -dire par un tiers (entreprise d'assurance ou une autre banque), pour prĂ©venir les impayĂ©s de remboursement du prĂȘt des copropriĂ©taires. Cette caution est facultative lorsque le prĂȘt souscrit sert au prĂ©financement des subventions publiques.
Le montant de l'emprunt est versé au syndicat des copropriétaires par l'établissement de crédit (banque).
Le syndic doit ouvrir un compte bancaire spécifique pour recevoir les fonds de l'emprunt souscrit pour les copropriétaires ne l'ayant pas refusé. Dans ce cas, le paiement des travaux est réalisé sur présentation des factures par le syndic à la banque.
Le syndicat des copropriĂ©taires doit reverser Ă la banque les sommes reçues des copropriĂ©taires qui ont souscrit au prĂȘt. C'est le syndic qui gĂšre le montant et la pĂ©riodicitĂ© (par exemple mensuelle ou trimestrielle) des appels de fonds Ă adresser Ă chaque copropriĂ©taire concernĂ©.
Avant chaque Ă©chĂ©ance de remboursement, le syndic doit adresser Ă chaque copropriĂ©taire un avis indiquant le montant de la somme exigible. Les avis sont envoyĂ©s par voie Ă©lectronique Ă lâadresse mail communiquĂ©e par le copropriĂ©taire (ou par lettre simple si aucune adresse mail nâa Ă©tĂ© communiquĂ©e).
Les copropriĂ©taires remboursent le prĂȘt dans la limite de leur quote-part de dĂ©penses.
Le syndic peut exiger des copropriĂ©taires le versement des contributions de lâemprunt collectif, câest-Ă -dire la quoteâpart de remboursement en capital, les intĂ©rĂȘts, les frais Ă©ventuels de caution et les frais et honoraires gĂ©nĂ©rĂ©s par le montage et la gestion du prĂȘt.
Le syndic peut également choisir de déléguer à la banque la gestion des appels de fonds liés à l'emprunt. Il doit alors obtenir l'autorisation expresse de l'assemblée générale. Dans ce cas, la banque prélÚvera les fonds directement sur les comptes personnels de chaque copropriétaire.
Lorsquâun prĂȘt collectif est souscrit par le syndicat des copropriĂ©taires pour financer des travaux sur les parties communes ou des travaux dâintĂ©rĂȘt collectif rĂ©alisĂ©s sur des parties privatives, la durĂ©e maximale de remboursement du prĂȘt est limitĂ©e Ă 300 mois, soit 25 ans.
Depuis le 1er octobre 2025, le constat de dĂ©faillance du copropriĂ©taire rĂ©sulte dâune procĂ©dure en plusieurs Ă©tapes :
- Lettre de relance envoyĂ©e par le syndic au moins 30 jours aprĂšs lâĂ©chĂ©ance impayĂ©e. Elle constituera un premier rappel amiable
- Mise en demeure envoyée par le syndic aprÚs l'expiration d'un délai de 60 jours aprÚs l'envoi d'une lettre de relance. Ce courrier sera adressé par lettre recommandée avec avis de réception ou par voie électronique.
- Constat de dĂ©faillance : si la mise en demeure reste infructueuse pendant plus de 30 jours, le copropriĂ©taire sera alors formellement considĂ©rĂ© comme dĂ©faillant, ce qui permettra au syndic de solliciter la caution. Celle-ci a pour mission de payer Ă la place du copropriĂ©taire dĂ©faillant, câest-Ă -dire de rĂ©gler les Ă©chĂ©ances quâil nâa pas versĂ©es.
La caution s'adresse ensuite au copropriĂ©taire dĂ©faillant pour obtenir le remboursement de sa dette. En l'absence de recouvrement amiable des sommes, la caution peut mettre en Ćuvre tous les moyens utiles (par exemple, action en justice ou hypothĂšque sur le bien) pour obtenir le rĂšglement des fonds.
Textes de référence
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriĂ©tĂ© des immeubles bĂątis â Articles 25-3 et 26-4 Ă 26-14
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 fixant le statut de la copropriĂ©tĂ© des immeubles bĂątis â Articles 5, 6, 11, 35, 35-2 et 38
- DĂ©cret n°2025-499 du 6 juin 2025 relatif aux informations fournies par le syndic Ă l'Ă©tablissement prĂȘteur dans le cadre d'un emprunt collectif du syndicat de copropriĂ©taires
- DĂ©cret n° 2025-711 du 25 juillet 2025 relatif aux prĂȘts consentis aux syndicats de copropriĂ©taires et aux modalitĂ©s d'intervention du fonds de garantie pour la rĂ©novation â Article 1
