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Copropriété en difficulté : intervention d'un administrateur provisoire
Votre copropriĂ©tĂ© rencontre de graves difficultĂ©s financiĂšres ou le syndicat des copropriĂ©taires ne parvient plus Ă assurer la conservation de l'immeuble ? Un administrateur provisoire peut ĂȘtre dĂ©signĂ© par un juge pour prendre les mesures nĂ©cessaires au rĂ©tablissement du fonctionnement normal de votre copropriĂ©tĂ©. Nous faisons le point sur la rĂ©glementation.
Une copropriĂ©tĂ© est dite « en difficulté » lorsquâelle se trouve dans l'une des situations suivantes :
- L'Ă©quilibre financier du syndicat des copropriĂ©taires est gravement compromis. Cela signifie que la situation financiĂšre ne permet plus dâassurer normalement les dĂ©penses courantes de lâimmeuble. Par exemple, tel est le cas lorsque les comptes du syndicat prĂ©sentent un dĂ©ficit important (de plusieurs milliers dâeuros), que des factures restent impayĂ©es sur une pĂ©riode prolongĂ©e, et que certains prestataires essentiels, comme lâentreprise chargĂ©e de lâentretien de lâascenseur, suspendent leurs interventions ou leurs garanties en raison de ces impayĂ©s.
- Ou le syndicat des copropriĂ©taires est dans l'impossibilitĂ© de maintenir l'immeuble dans un bon Ă©tat gĂ©nĂ©ral. Câest le cas dâune absence de rĂ©alisation des travaux dâentretien ou de maintenance conduisant Ă la dĂ©gradation de lâimmeuble (par exemple, infiltrations dâeau dans les parties communes jamais traitĂ©es ayant entraĂźnĂ© une infestation de mĂ©rule prĂ©sentant un risque pour la structure du bĂątiment).
Dans ce cas, le recours à un administrateur provisoire est nécessaire.
Lâadministrateur provisoire est obligatoirement dĂ©signĂ© par un juge. Il est prĂ©sentĂ© ci-dessous les Ă©tapes de la procĂ©dure qui commence par la saisine du tribunal judiciaire et se termine par la dĂ©cision du juge.
Le prĂ©sident du tribunal judiciaire du lieu de situation de lâimmeuble est le seul juge compĂ©tent pour dĂ©signer un administrateur provisoire.
Le juge peut ĂȘtre saisi par :
- Des copropriétaires représentant ensemble 15 % au moins des voix du syndicat des copropriétaires
- Le syndic
- Le maire du lieu de situation de l'immeuble
- Le président de l'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) compétent en matiÚre d'habitat
- Le reprĂ©sentant de l'Ătat dans le dĂ©partement (prĂ©fet)
- Le procureur de la République
- Le mandataire ad hoc désigné dans le cadre de la procédure de prévention des difficultés du syndicat des copropriétaires.
Lorsque la demande est Ă lâinitiative du syndic ou du procureur de la RĂ©publique, le juge est saisi par une requĂȘte. Elle doit ĂȘtre accompagnĂ©e des documents de nature Ă justifier la demande, notamment les Ă©lĂ©ments comptables.
Elle est présentée au juge aprÚs consultation du conseil syndical.
Le syndic nâa pas besoin dâune autorisation de lâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale pour introduire cette requĂȘte devant le juge.
Dans les autres cas, le président du tribunal judiciaire est saisi par une assignation délivrée au syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. Cet acte doit détailler les motifs (raisons) de la demande en fait (exposé de la situation) et en droit (textes de lois). Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat pour cette procédure.
Quelle que soit lâorigine de la demande, toute demande de dĂ©signation dâun administrateur provisoire du syndicat doit ĂȘtre communiquĂ©e au procureur de la RĂ©publique.
Le juge commence par vĂ©rifier que la demande est recevable. Cela signifie quâil sâassure que la personne Ă lâorigine de la dĂ©marche a bien le droit dâagir et que la procĂ©dure a Ă©tĂ© engagĂ©e selon les formes prĂ©vues (par requĂȘte ou par assignation).
Il examine ensuite le bien-fondĂ© de la demande. ConcrĂštement, il vĂ©rifie si la copropriĂ©tĂ© rencontre rĂ©ellement des difficultĂ©s suffisamment importantes pour justifier la dĂ©signation dâun administrateur provisoire.
Avant de rendre sa dĂ©cision, le juge peut Ă©galement entendre toute personne quâil estime utile (par exemple des copropriĂ©taires, le syndic en place ou dâautres intervenants), afin de mieux comprendre la situation.
Lorsquâil fait droit Ă la demande de dĂ©signation dâun administrateur provisoire, la dĂ©cision du juge doit :
- Constater les faits qui justifient les difficultés rencontrées par la copropriété
- DĂ©signer un administrateur provisoire. Lâadministrateur provisoire peut ĂȘtre un administrateur judiciaire, une personne physique (un particulier), une personne morale justifiant d'une expĂ©rience ou d'une qualification particuliĂšre ou le mandataire ad hoc s'il a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© dans le cadre des mesures prĂ©ventives. Le syndic en place ne peut pas ĂȘtre dĂ©signĂ© au titre d'administrateur provisoire de la copropriĂ©tĂ©. En effet, lâadministrateur provisoire doit ĂȘtre indĂ©pendant du syndic, du syndicat des copropriĂ©taire et des crĂ©anciers (pas de lien financier, de conseil, de subordination et aucun intĂ©rĂȘt dans le mandat confiĂ©).
- Fixer la durĂ©e de la mission de lâadministrateur provisoire, qui ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă 12 mois (1 an)
- DĂ©finir lâĂ©tendue de la mission de lâadministrateur provisoire. Le juge prĂ©cise les pouvoirs du syndic et du conseil syndical qui sont transfĂ©rĂ©s Ă lâadministrateur provisoire. Il peut Ă©galement lui confier tout ou partie des pouvoirs de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des copropriĂ©taires.
- Déterminer la rémunération de l'administrateur provisoire. Celle-ci est forfaitaire et varie selon le nombre de lots dans la copropriété. Toutefois, lorsque la copropriété comporte 500 lots ou plus, la rémunération est fixée par le juge en fonction des frais engagés et des missions accomplies.
Ă lâinverse, si le juge estime que les conditions ne sont pas rĂ©unies, il peut rejeter la demande par une dĂ©cision motivĂ©e, considĂ©rant notamment que les difficultĂ©s invoquĂ©es ne sont pas suffisamment caractĂ©risĂ©es ou ne justifient pas la mise en place dâune administration provisoire.
L'ordonnance est portĂ©e Ă la connaissance des copropriĂ©taires dans le mois qui suit son prononcĂ©. Lâadministrateur provisoire doit, en effet, les informer par remise contre Ă©margement, lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception ou par courrier Ă©lectronique. Il doit joindre la copie de l'ordonnance qui l'a dĂ©signĂ©. Une copie de l'ordonnance de dĂ©signation est Ă©galement adressĂ©e par le greffe du tribunal judiciaire au procureur de la RĂ©publique, au prĂ©fet, au maire de la commune et au prĂ©sident de l'EPCI.
Le président du tribunal judiciaire peut à tout moment, modifier la mission de l'administrateur provisoire, la prolonger ou y mettre fin à la demande de l'administrateur provisoire.
L'administrateur provisoire est chargé de prendre les mesures nécessaires pour rétablir le fonctionnement normal de la copropriété.
Un administrateur provisoire peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©signĂ© pour liquider les dettes du syndicat des copropriĂ©taires en cas d'expropriation ou dissolution du syndicat.
Pour atteindre cet objectif, le juge lui confie :
- Tous les pouvoirs du syndic, dont le mandat cesse sans indemnitĂ©. Lâadministrateur provisoire va, par exemple, gĂ©rer les comptes et les fonds du syndicat des copropriĂ©taire, faire exĂ©cuter les dĂ©cisions prises dans le cadre de sa mission, reprĂ©senter la copropriĂ©tĂ© en justice et dans tous les actes de la vie civile ou poursuivre le recouvrement des impayĂ©s.
- Tout ou partie des pouvoirs de lâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, Ă lâexception de ceux qui permettent lâacquisition ou lâaliĂ©nation immobiliĂšre et la modification ou lâĂ©tablissement du rĂšglement de copropriĂ©tĂ©
- Tout ou partie des pouvoirs du conseil syndical.
Le conseil syndical et l'assemblée générale des copropriétaires continuent à exercer les pouvoirs qui ne sont pas compris dans la mission de l'administrateur provisoire.
Sauf urgence, lorsquâil est investi des pouvoirs de lâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, lâadministrateur doit recueillir lâavis du conseil syndical avant toute dĂ©cision. De mĂȘme, il peut convoquer les copropriĂ©taires pour les informer et les entendre.
Le rĂŽle de lâadministrateur provisoire consiste ainsi principalement Ă Â :
- Assainir la situation financiĂšre de lâimmeuble (rattrapage des impayĂ©s, nĂ©gociation avec les crĂ©anciers, rĂ©organisation de la trĂ©sorerie)
- Faire rĂ©aliser les travaux nĂ©cessaires Ă la conservation de lâimmeuble et Ă la sĂ©curitĂ© (travaux urgents, travaux imposĂ©s, etc.)
- Rechercher des moyens de financements (emprunts, appels de fonds spĂ©cifiques, mobilisation du fonds de travaux, subventions, etc.) pour rĂ©tablir le fonctionnement de lâimmeuble.
En principe, lâadministrateur provisoire exĂ©cute personnellement la mission qui lui est confiĂ©e. Toutefois, il peut demander au prĂ©sident du tribunal judiciaire de dĂ©signer un tiers pour lâassister, lorsque la mission requiert une technicitĂ© particuliĂšre. De mĂȘme, il peut demander Ă se faire assister dans ses fonctions par un syndic dâintĂ©rĂȘt collectif.
DĂšs qu'il prend une dĂ©cision concernant la copropriĂ©tĂ©, l'administrateur provisoire doit la mentionner sur le registre des procĂšs-verbaux d'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Il doit Ă©galement adresser une copie de la ou les dĂ©cisions Ă chaque copropriĂ©taire, avec si besoin lâappel de fonds correspondant.
Lâadministrateur provisoire agit sous le contrĂŽle du prĂ©sident du tribunal judiciaire.
Lâadministrateur provisoire rend ainsi compte, par Ă©crit, de sa mission au juge, Ă sa demande et au moins 1 fois par an. Il sâagit dâun rapport de mission.
Si aucun rapport n'a déjà été établi par un mandataire ad hoc dans le cadre d'une procédure préventive au cours de l'année précédente, l'administrateur provisoire rend, au plus tard à la fin des 6 premiers mois de sa mission, un rapport intermédiaire présentant les mesures à adopter pour redresser la situation financiÚre du syndicat des copropriétaires.
L'administrateur provisoire doit déposer son rapport au greffe du tribunal judiciaire. Celui-ci envoie alors une copie au procureur de la République, au syndic de copropriété, au président du conseil syndical lorsqu'il y en a un ou, en son absence, à chacun des membres du conseil syndical.
Si le préfet, le maire de la commune, le président de l'EPCI en font la demande, le greffe du tribunal doit également leur adresser une copie du rapport de l'administrateur provisoire.
Toutes ces personnes peuvent formuler leurs observations dans un dĂ©lai de 2 mois maximum aprĂšs la rĂ©ception de la copie du rapport. Ces observations doivent ĂȘtre transmises au greffe du tribunal judiciaire qui les communique au juge et Ă l'administrateur provisoire.
De mĂȘme, le syndic doit informer chaque copropriĂ©taire de la possibilitĂ© de consulter le rapport de mission, Ă son bureau ou tout autre lieu fixĂ© par l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, pendant les heures ouvrables dans le mois qui suit la remise du rapport. Un extrait du rapport peut ĂȘtre joint au courrier. Une copie du rapport peut ĂȘtre remise Ă tout copropriĂ©taire qui en fait la demande et Ă ses frais, y compris par voie dĂ©matĂ©rialisĂ©e.
La désignation de l'administrateur provisoire entraßne, notamment, les conséquences suivantes :
- Cessation immédiate du contrat de syndic
- Transfert de tous les pouvoirs du syndic Ă lâadministrateur provisoire
- Transfert de tout ou partie des pouvoirs de lâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et du conseil syndical Ă lâadministrateur provisoire
- Transmission par le syndic de tous les documents du syndicat des copropriétaires
- Suspension de l'exigibilité des créances antérieures (hors créances publiques ou sociales) pour une période de 12 mois (ou jusqu'à 30 mois sur demande de l'administrateur provisoire)
- Interruption ou interdiction des actions en justice de la part de tous les créanciers visant à la condamnation du syndicat débiteur au paiement d'une somme d'argent ou la résolution d'un contrat pour non paiement d'une somme d'argent
- ArrĂȘt ou interdiction des procĂ©dures de saisie n'ayant pas produit un effet attributif avant la dĂ©signation de l'administrateur provisoire
- Suspension des clauses contractuelles prévoyant des majorations ou pénalités de retard et une résolution (fin) automatique du contrat
- Suspension des remboursements d'un emprunt collectif.
Lorsque le syndicat des copropriĂ©taires est placĂ© sous administration provisoire, le traitement des dettes devient collectif et sâorganise en 2 Ă©tapes, Ă savoir :
- Les déclarations de créances de tous les créanciers du syndicat
- Un plan dâapurement des dettes rĂ©alisĂ© par lâadministrateur provisoire et homologuĂ© par le juge.
Délai pour déclarer sa créance
Dans un délai de 2 mois à partir de sa désignation, l'administrateur provisoire doit informer les créanciers du syndicat des copropriétaires de sa nomination.
Pour cela, il publie un avis au Bodacc ainsi que dans un journal dâannoncĂ©es lĂ©gales du dĂ©partement du lieu de situation de lâimmeuble.
Il doit Ă©galement prĂ©venir, par tous moyens, les crĂ©anciers du syndicat des copropriĂ©taires dont lâidentitĂ© est connue, afin de leur permettre de transmettre les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă l'Ă©valuation du montant de leurs crĂ©ances.
Les créanciers ont 3 mois pour déclarer leurs créances à partir de la désignation de l'administrateur.
Les crĂ©ances dĂ©clarĂ©es hors dĂ©lai sont exclues de la procĂ©dure. Elles ne sont donc pas opposables Ă celle-ci. Ces crĂ©ances peuvent nĂ©anmoins ĂȘtre prises en compte si le crĂ©ancier justifie que lâabsence de dĂ©claration ne lui est pas imputable.
Forme de la déclaration de créances
La déclaration de créance est faite auprÚs de l'administrateur provisoire par lettre recommandée avec accusé de réception.
Elle doit contenir les informations suivantes :
- Identité du créancier et coordonnées de la personne qui le représente
- Montant de la créance due au jour de la décision de désignation de l'administrateur provisoire
- Montant des sommes Ă devoir postĂ©rieurement Ă la dĂ©cision de dĂ©signation de l'administrateur provisoire et leur date dâĂ©chĂ©ance
- ĂlĂ©ments prouvant lâexistence et le montant de la crĂ©ance
- Mode de calcul des intĂ©rĂȘts
- Nature de la garantie (privilÚge ou sûreté) dont la créance est éventuellement assortie
- Juridiction saisie si la créance fait l'objet d'un litige.
Les documents justificatifs doivent ĂȘtre joints Ă la dĂ©claration de crĂ©ance.
Les crĂ©ances concernant un contrat de travail n'ont pas Ă ĂȘtre dĂ©clarĂ©es (arriĂ©rĂ©s de salaire du gardien par exemple).
Liste des créances
L'administrateur provisoire vérifie les créances déclarées et établit la liste de ces créances.
Si tout ou partie dâune crĂ©ance est contestĂ©e, lâadministrateur provisoire en informe le crĂ©ancier concernĂ©. Il lâinvite alors Ă prĂ©senter ses observations et Ă fournir les explications nĂ©cessaires. Le crĂ©ancier a alors 30 jours pour y rĂ©pondre. PassĂ© ce dĂ©lai, plus aucune contestation nâest possible.
Lâadministrateur provisoire dĂ©pose la liste des crĂ©ances au greffe du tribunal judiciaire. Le greffier fait publier au Bodacc un avis pour signaler ce dĂ©pĂŽt.
Dans le mĂȘme temps, il informe :
- Par lettre simple, les créanciers dont la créance est admise en précisant le montant retenu
- Par lettre recommandée avec avis de réception, les créanciers dont la créance a été rejetée.
Les créanciers ont 2 mois à partir de la publication de la liste pour en contester le contenu auprÚs du président du tribunal judiciaire.
Plan dâapurement provisoire
L'administrateur provisoire va dâabord Ă©laborer un plan dâapurement provisoire.
Ce document comprend l'échéancier global et l'échéancier détaillé relatif au créancier concerné.
Il est notifiĂ© Ă chacun des crĂ©anciers par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception ou par lettre remise contre Ă©margement. Ils ont 2 mois Ă partir de cette notification pour prĂ©senter leurs observations Ă lâadministrateur provisoire.
Plan dâapurement dĂ©finitif
Lâadministrateur provisoire dĂ©pose ensuite le plan d'apurement dĂ©finitif (Ă©chĂ©ancier dĂ©finitif du rĂšglement des dettes) au greffe du tribunal judiciaire pour qu'il soit homologuĂ© par le juge.
Ce plan doit présenter les informations suivantes :
- Ătat des dettes (crĂ©ances dĂ©clarĂ©es et crĂ©ances non recouvrables)
- Trésorerie prévisionnelle du syndicat sur la durée du plan (dont les dépenses nécessaires à la préservation de l'immeuble et éventuellement à la réduction des charges et au respect du plan)
- ĂchĂ©ancier des appels de fonds auprĂšs des copropriĂ©taires
- ĂchĂ©anciers dĂ©taillĂ©s par crĂ©ancier.
Certains documents doivent notamment ĂȘtre joints en annexe :
- Liste des travaux nécessaires au redressement financier de la copropriété et à la préservation de l'immeuble
- Liste indicative des mesures de gestion et des procédures amiables ou contentieuses envisagées
- Observations du conseil syndical et des créanciers
- Ătat dĂ©taillĂ© des impayĂ©s des copropriĂ©taires
- Inventaire des biens susceptibles d'ĂȘtre vendus
- Projet de convention d'administration provisoire renforcée si elle existe.
Le plan d'apurement définitif remis au juge ne peut pas dépasser 5 ans.
Le plan d'apurement dĂ©finitif doit ĂȘtre notifiĂ© Ă tous les crĂ©anciers, au conseil syndical et Ă chaque copropriĂ©taire par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception, remise contre Ă©margement ou voie Ă©lectronique.
Les créanciers disposent d'un délai de 2 mois à partir de cette notification pour saisir le juge d'une contestation.
En lâabsence de contestation dans ce dĂ©lai, le juge homologue le plan Ă la demande de l'administrateur provisoire. L'ordonnance d'homologation est notifiĂ©e aux crĂ©anciers et au conseil syndical avec le plan d'apurement dĂ©finitif.
Le plan d'apurement est mis en Ćuvre par le syndic Ă l'issue de la mission de l'administrateur provisoire.
Si la situation financiĂšre de la copropriĂ©tĂ© ne permet pas de rĂ©aliser les travaux nĂ©cessaires Ă la conservation, Ă la mise en sĂ©curitĂ© de l'immeuble, Ă la protection des occupants et Ă la prĂ©servation de leur santĂ© ou la rĂ©duction des charges de copropriĂ©tĂ© malgrĂ© la prĂ©sence dâun administrateur provisoire, le juge peut placer l'immeuble sous administration provisoire renforcĂ©e.
La demande de placement sous administration provisoire renforcĂ©e peut ĂȘtre demandĂ©e par une des personnes suivantes :
- Maire de la commune du lieu de situation de l'immeuble
- Président de l'EPCI compétent en matiÚre d'habitat
- Préfet
- Ou lâadministrateur provisoire dĂ©jĂ dĂ©signĂ©.
L'auteur de la demande doit établir un dossier précisant les raisons pour lesquelles il est demandé le placement sous administration provisoire renforcée ainsi que les aides et mesures d'accompagnement publiques mobilisées pour assurer la réussite de la procédure.
Dans le cadre du placement sous administration provisoire renforcée, le juge autorise l'administrateur provisoire à conclure une convention à durée déterminée, au nom du syndicat des copropriétaires, avec un ou plusieurs opérateurs compétents en matiÚre de maßtrise d'ouvrage de travaux et de mise au point de financement d'opération de travaux.
La décision du juge est notifiée aux personnes suivantes :
- Parties intéressées
- Maire de la commune
- Président de l'EPCI
- Préfet.
La convention avec l'opérateur prévoit notamment les points suivants :
- Liste des études juridiques, financiÚres et techniques nécessaires pour définir le contenu des travaux et effectuer les choix techniques en résultant
- Calendrier prévisionnel des études, du choix des prestataires et des travaux
- Nature des travaux envisagés
- Enveloppe financiÚre prévisionnelle associée.
Le juge homologue la convention conclue entre l'opérateur et l'administrateur provisoire.
L'exĂ©cution de la convention peut se poursuivre mĂȘme si la mission de l'administrateur provisoire est terminĂ©e.
La convention prend fin à l'expiration du terme qu'elle s'est fixée.
Le maire de la commune ou le président de l'EPCI peuvent engager à tout moment la procédure permettant de déclarer l'état de carence de la copropriété. La conclusion de la convention est alors suspendue dans l'attente de la décision du juge, mais la mission de l'administrateur provisoire se poursuit.
Textes de référence
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 29-1 â Intervention de l'administrateur provisoire
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 29-2 â Copie de l'ordonnance
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 29-3 â CrĂ©ances susceptibles d'ĂȘtre suspendues
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 29-4 â DĂ©claration de crĂ©ances
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 29-5 â Plan d'apurement de dettes
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 29-11 â Placement de l'immeuble sous administration provisoire renforcĂ©e
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-1 â CompĂ©tence juridictionnelle
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-2 â Saisine du juge
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-4 â Mesures d'instruction
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-5 â DurĂ©e et Ă©tendue de la mission de l'administrateur provisoire
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-6 â Transmission des documents de copropriĂ©tĂ©
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-7 â Avis du conseil syndical
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-8 â Registre des dĂ©cisions d'AG
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-9 â Information des copropriĂ©taires (dĂ©cisions de l'administrateur provisoire)
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-10 â Aide d'un tiers
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-11 â Rapport de l'administrateur provisoire
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-12 â Information des copropriĂ©taires (rapport de l'administrateur)
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-13 â PrĂ©-rapport
- DĂ©cret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 62-14 â Questions inscrites Ă l'ordre du jour
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 : article 18-3 â Syndic dâintĂ©rĂȘt collectif
- DĂ©cret n° 2025-508 du 10 mai 2025 relatif Ă la qualitĂ© de syndic d'intĂ©rĂȘt collectif â Syndic dâintĂ©rĂȘt collectif
