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Déroulement d'une affaire devant le tribunal correctionnel

VĂ©rifiĂ© le 21/02/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Le tribunal correctionnel est compétent pour juger une personne majeure soupçonnée d'avoir commis un délit. Il est saisi dans la majorité des cas par le procureur de la République. La victime de l'infraction peut participer au procÚs pour obtenir réparation de son préjudice si le prévenu est condamné. Nous vous présentons les informations à connaßtre sur le traitement d'une affaire au tribunal correctionnel.

Le tribunal correctionnel est saisi selon l'une des procédures suivantes :

  • Convocation par procĂšs-verbal (CPPV)
  • Comparution immĂ©diate (CI)
  • Comparution Ă  dĂ©lai diffĂ©rĂ©
  • Comparution sur reconnaissance prĂ©alable de la culpabilitĂ© (CRPC)
  • Convocation par officier de police judiciaire (OPJ).

C'est le procureur de la RĂ©publique qui dĂ©cide de mettre en Ɠuvre l'une ou l'autre de ces procĂ©dures. On dit qu'il engage les poursuites.

💡 À noter

En cas de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure spécifique s'applique.

Parfois, le tribunal correctionnel peut aussi ĂȘtre saisi :

  • Par ordonnance de renvoi du juge d’instruction Ă  la fin d'une information judiciaire
  • Par une citation directe
  • Par la comparution volontaire du prĂ©venu.

Le prĂ©venu est convoquĂ© Ă  l’audience par citation Ă  comparaĂźtre dĂ©livrĂ©e par un commissaire de justice.

La convocation peut aussi ĂȘtre notifiĂ©e par un officier de police judiciaire ou un agent de police judicaire. Elle est notifiĂ©e par le chef d’établissement pĂ©nitentiaire si le prĂ©venu est incarcĂ©rĂ©.

Dans certaines procédures (CPPV, comparution à délai différé) le prévenu est convoqué verbalement. Un procÚs-verbal est établi et on lui remet une copie du procÚs-verbal de convocation.

La citation ou la convocation doit ĂȘtre remise au prĂ©venu au moins 10 jours avant la date de l’audience.

La convocation informe le prĂ©venu de son droit d'ĂȘtre assistĂ© ou reprĂ©sentĂ© par un avocat choisi ou commis d'office.

Quand un prĂ©venu est sous tutelle ou curatelle, son tuteur ou curateur doit obligatoirement ĂȘtre informĂ©.

Si le prévenu est en détention, le procureur fait le nécessaire pour qu'il soit conduit au tribunal sous escorte policiÚre le jour de l'audience.

La victime reçoit un avis d’audience qui l'informe de la date, de l'heure et du lieu l'audience.

L'avis d'audience est transmis à la victime par courrier ou par tout moyen en cas de procédure rapide (convocation par procÚs-verbal (CPPV), comparution immédiate (CI), comparution à délai différé)

L'avis d’audience informe la victime qu’elle peut se constituer partie civile pour demander des dommages-intĂ©rĂȘts en rĂ©paration de son prĂ©judice. L'avis informe la victime de son droit d'ĂȘtre assistĂ©e ou reprĂ©sentĂ©e par un avocat choisi ou commis d'office.

La constitution de partie civile se fait par déclaration au greffe du tribunal avant l'audience.

La victime peut aussi se constituer partie civile par Ă©crit jusqu’à la veille de l’audience. La constitution de partie civile par Ă©crit doit parvenir au tribunal au moins 24 heures avant l'audience.

La victime qui ne s’est pas constituĂ©e partie civile avant l’audience peut encore le faire pendant l'audience, avant les rĂ©quisitions du ministĂšre public.

Si un tĂ©moin doit ĂȘtre auditionnĂ© lors du procĂšs, il est convoquĂ© par citation.

Si une peine de confiscation est encourue, un avis d’audience est adressĂ© Ă  toute personne (autre que le prĂ©venu) qui a des droits sur le bien. L’avis l’informe qu’elle peut prĂ©senter ses observations Ă  l’audience et demander la restitution du bien et qu'elle peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e ou assistĂ©e par un avocat. L’avis d’audience est transmis par tout moyen au moins 10 jours avant l’audience.

En cas de dĂ©lit douanier, le procureur de la RĂ©publique adresse un avis d’audience Ă  l’administration des douanes.

En cas de dommage corporel couvert par l’Assurance maladie, la victime partie civile doit aviser la caisse primaire d’Assurance maladie.

Quand le prĂ©judice subi est couvert par un contrat d'assurance, un avis aux assureurs est fait par toute partie qui y a intĂ©rĂȘt au moins 10 jours avant l’audience. Cet avis est remis par un commissaire de justice ou adressĂ© par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.

Les avocats du prévenu et de la victime peuvent consulter le dossier au tribunal dans les 2 mois qui suivent la citation ou la convocation.

Le prévenu, la partie civile ou leurs avocats ont droit à obtenir la copie du dossier. Le tribunal a 1 mois à compter de la demande pour délivrer la copie. La premiÚre copie est gratuite. Si le dossier est numérisé, la copie est délivrée au format numérique.

Avant le procĂšs, les parties ou leurs avocats peuvent demander la rĂ©alisation d'actes d'enquĂȘte qui leur paraissent utiles Ă  la recherche de la vĂ©ritĂ©. Par exemple, le prĂ©venu d'un dĂ©lit de fuite peut demander l'exploitation de ses donnĂ©es tĂ©lĂ©phoniques pour montrer qu'il n'Ă©tait pas Ă  l'endroit du dĂ©lit au moment oĂč il a Ă©tĂ© commis.

Cette demande doit ĂȘtre adressĂ©e au greffe du tribunal correctionnel avant l'audience, par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Elle peut Ă©galement ĂȘtre remise au greffe contre la dĂ©livrance d'un reçu.

Le prĂ©sident du tribunal se prononce sur la requĂȘte aprĂšs avoir demandĂ© l'avis du procureur.

En savoir plus sur les complĂ©ments d'enquĂȘte

Le prĂ©sident du tribunal peut ordonner la rĂ©alisation des actes d'enquĂȘtes demandĂ©s si ceux-ci sont justifiĂ©s et rĂ©alisables avant la date de l'audience.

Dans ce cas, les nouveaux éléments sont joints au dossier et mis à la disposition des parties ou de leurs avocats.

Si le prĂ©venu ou la victime doivent ĂȘtre Ă  nouveau entendus par la police ou la gendarmerie, ils ont le droit d'ĂȘtre assistĂ©s par leur avocat. L'avocat est alors convoquĂ© au plus tard 5 jours ouvrables avant l'audition. Il a accĂšs au dossier au plus tard 4 jours ouvrables avant cette date.

Les affaires les simples sont jugées par un seul juge. C'est le cas par exemple des dossiers de vols, port d'arme illégal, délits routiers, violences peu graves. On dit que l'audience est à juge unique.

Les affaires complexes sont jugées par 3 juges : 1 président et 2 assesseurs. On dit que l'audience est collégiale.

Le ministÚre public est représenté par le procureur de la République.

Un greffier est également présent à l'audience. Il veille à la régularité de la procédure et de l'audience.

La salle d'audience est ouverte au public et la liste des affaires qui vont ĂȘtre jugĂ©es est affichĂ©e Ă  l'entrĂ©e de la salle d'audience.

Un huissier d'audience, appelé aussi huissier audiencier, permet l'accÚs à la salle d'audience. Il vérifie la présence des personnes convoquées et accueille le public.

Parfois le public n'est pas autorisé à entrer dans la salle d'audience. On dit que l'affaire est jugée à huis clos.

En savoir plus sur l'audience Ă  huis clos

Le huis clos est décidé dans les dossiers sensibles pour protéger la dignité des personnes (victimes d'agression sexuelle par exemple) ou éviter que des incidents perturbent les débats.

Le tribunal correctionnel décide d'ordonner le huis clos d'office, ou à la demande des parties. Il prend sa décision dans un jugement séparé rendu en audience publique.

Le huis clos peut ĂȘtre ordonnĂ© pour toute la durĂ©e du procĂšs. Il peut aussi ĂȘtre limitĂ© Ă  l'audition d'un tĂ©moin quand le tĂ©moignage met le tĂ©moin ou ses proches en grave danger.

Le prĂ©venu qui est convoquĂ© Ă  l'audience doit comparaĂźtre, c'est Ă  dire qu'il doit se prĂ©senter devant le tribunal pour ĂȘtre jugĂ©.

Si le prĂ©venu ne vient pas Ă  l'audience, il s'expose Ă  ĂȘtre amenĂ© de force devant le tribunal par la police.

Le tribunal peut aussi décider de le juger en son absence.

Le prévenu peut comparaßtre libre, sous contrÎle judiciaire ou détenu.

Si le prĂ©venu est libre ou sous contrĂŽle judiciaire, il entre en salle d'audience et attend dans le public le moment oĂč son affaire va ĂȘtre appelĂ©e.

Si le prĂ©venu est dĂ©tenu, une escorte policiĂšre le conduit au tribunal. Il attend son passage Ă  l'audience dans une salle pour dĂ©tenus. Au moment oĂč son dossier va ĂȘtre examinĂ© par le tribunal, il est installĂ© avec l'escorte dans un emplacement sĂ©curisĂ© de la salle d'audience.

Le prévenu peut se défendre seul ou se faire assister par un avocat choisi ou commis d'office.

Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle.

⚠ Attention

L'avocat commis d'office n'est pas systĂ©matiquement gratuit. Il doit ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ© par la personne qu'il dĂ©fend, en fonction de ses revenus.

Le prĂ©venu peut demander Ă  ĂȘtre jugĂ© en son absence en Ă©tant reprĂ©sentĂ© Ă  l'audience par un avocat. Il doit faire sa demande par Ă©crit au prĂ©sident du tribunal.

S'il ne connait pas d'avocat, il peut demander au bùtonnier de lui désigner un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle.

⚠ Attention

l'avocat commis d'office n'est pas systĂ©matiquement gratuit. Il doit ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ© par la personne qu'il dĂ©fend, en fonction de ses revenus.

Si le tribunal estime que le prévenu doit venir à l'audience, il peut décider de renvoyer l'affaire à une autre date.

Quand la peine encourue est supĂ©rieure Ă  2 ans de prison, le tribunal peut dĂ©livrer un mandat d'arrĂȘt ou d'amener contre le prĂ©venu absent, mĂȘme si son avocat est prĂ©sent.

En cas d'empĂȘchement majeur (maladie, dĂ©placement professionnel...), le prĂ©venu peut demander le renvoi de l'audience Ă  une autre date.

La demande se fait par écrit avec un justificatif. La décision de renvoyer ou non l'affaire est prise le jour de l'audience.

Le tribunal peut accorder le renvoi.

Le tribunal peut aussi rejeter la demande de renvoi et juger le prévenu en son absence.

Si la peine encourue est supĂ©rieure Ă  2 ans de prison, le tribunal peut dĂ©livrer un mandat d'arrĂȘt ou d'amener contre le prĂ©venu absent.

Le prévenu non comparant et non excusé est jugé en son absence.

Mais le tribunal peut renvoyer l'affaire à une autre date s'il estime que sa présence est nécessaire.

Si la peine encourue est supĂ©rieure Ă  2 ans de prison, le tribunal peut dĂ©livrer un mandat d'arrĂȘt ou d'amener contre le prĂ©venu absent.

Les rÚgles de comparution de la partie civile dépendent de la façon dont la victime s'est constituée partie civile.

Quand une victime se constitue partie civile par écrit avant l'audience, elle n'est pas obligée de venir à l'audience. Elle a le choix de venir à l'audience ou pas. Si elle décide de ne pas venir, elle n'a pas besoin de se justifier.

Elle peut venir Ă  l'audience seule.

Elle peut venir Ă  l'audience avec un avocat pour l'assister.

Elle peut ĂȘtre absente et reprĂ©sentĂ©e par un avocat.

Elle peut ĂȘtre absente et sans avocat pour la reprĂ©senter.

La victime partie civile qui veut un avocat peut le choisir elle-mĂȘme ou demander au bĂątonnier de lui dĂ©signer un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rĂ©munĂ©rer l'avocat, elle peut demander Ă  bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle.

Quand la victime se constitue partie civile par déclaration au greffe avant l'audience, elle doit comparaitre.

Elle peut comparaĂźtre en personne.

Elle peut aussi comparaßtre en se faisant représenter par un avocat si elle ne peut pas ou ne veut pas venir.

La victime partie civile qui veut un avocat peut le choisir elle-mĂȘme ou demander au bĂątonnier de lui dĂ©signer un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rĂ©munĂ©rer l'avocat, elle peut demander Ă  bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle.

Si la partie civile constituée par déclaration au greffe est absente et n'a pas d'avocat pour la représenter, on considÚre qu'elle renonce à ses demandes. Dans ce cas la constitution de partie civile n'est pas examinée et le tribunal constate le désistement dans son jugement.

La partie civile peut éviter que le désistement soit constaté en renouvelant ses demandes par écrit avant l'audience.

Le président du tribunal mÚne les débats et veille au bon déroulement de l'audience.

Il peut par exemple expulser une personne qui trouble les débats y compris le prévenu. Il peut aussi interdire l'accÚs de la salle aux mineurs ou certains d'entre eux si les débats risquent de les choquer.

L’audience est publique sauf dĂ©cision contraire du tribunal qui peut ordonner le huis clos.

Une seule ou plusieurs affaires peuvent ĂȘtre jugĂ©es au cours d'une mĂȘme audience.

Un procĂšs unique peut aussi ĂȘtre organisĂ© sur plusieurs journĂ©es d'audience.

💡 À noter

Les dĂ©bats peuvent faire l'objet d'un enregistrement sonore ou audiovisuel pour un motif d'intĂ©rĂȘt public, d'ordre pĂ©dagogique, informatif, culturel ou scientifique. L'autorisation est donnĂ©e par le premier prĂ©sident de la cour d'appel.

Invitation du prévenu à la barre

Le président d'audience appelle le prévenu et l'invite à se présenter à la barre.

Il vérifie son identité puis il l'informe sur ses droits qui sont les suivants :

  • Droit de se taire
  • Droit de faire des dĂ©clarations spontanĂ©es ou de rĂ©pondre aux questions qui lui sont posĂ©es
  • Droit d'ĂȘtre assistĂ© d'un interprĂšte si le prĂ©venu ne parle pas ou ne comprend pas le français
  • Droit d'ĂȘtre assistĂ© d'un interprĂšte en langue des signes si le prĂ©venu est sourd.

Instruction du dossier

Pour l'examen des faits, le président d'audience donne la parole aux parties et autres intervenants dans un ordre précis.

Le prévenu prend d'abord la parole en premier. Le président l'interroge sur les faits qui lui sont reprochés et sur sa situation personnelle.

On entend ensuite les éventuels témoins et experts convoqués pour l'audience.

Enfin, le tribunal entend les déclarations de la victime. Si la victime ne s'est pas constituée partie civile avant l'audience, elle peut le faire à ce moment-là. Si la victime partie civile a un avocat, on lui donne la parole pour sa plaidoirie.

Fin des débats

AprÚs l'examen de l'affaire, le président donne la parole au procureur de la République. Le procureur se lÚve pour donner son avis sur le dossier. On dit qu'il prend ses réquisitions.

Dans ses réquisitions orales, le procureur demande au tribunal de déclarer le prévenu coupable et précise la peine qu'il réclame à son encontre. Le procureur peut aussi demander la relaxe du prévenu s'il estime que sa culpabilité n'est pas suffisamment démontrée.

AprÚs les réquisitions du procureur, le prévenu prend à nouveau la parole. Si le prévenu a un avocat, on lui donne la parole pour sa plaidoirie.

La partie civile et le procureur peuvent répondre au prévenu. Dans ce cas le président d'audience doit redonner la parole au prévenu.

Le prévenu a toujours la parole en dernier et aprÚs sa derniÚre prise de parole, les débats sont terminés.

AprÚs les débats, le tribunal doit réfléchir à la décision qu'il va prendre. On dit qu'il délibÚre.

Ce temps de délibéré se déroule en secret. Si l'audience est collégiale, le président d'audience et ses assesseurs vont dans une salle de délibéré pour discuter de l'affaire. Il est interdit d'entrer dans la salle de délibéré pendant que le tribunal délibÚre.

L'audience est suspendue durant le temps de délibéré.

AprÚs avoir délibéré, le tribunal prononce sa décision publiquement à l'audience.

La dĂ©cision est rendue le jour mĂȘme. Elle peut aussi ĂȘtre rendue Ă  une autre date si le tribunal a besoin de plus de temps pour prĂ©parer sa dĂ©cision.

Avant de juger l'affaire, le tribunal correctionnel doit répondre aux demandes d'f complémentaire restées sans réponse au jour de l'audience.

Si le tribunal correctionnel estime que la demande d'acte d'enquĂȘte est justifiĂ©e, il ordonne un supplĂ©ment d'information.

Le tribunal peut aussi ordonner le supplément d'information d'office.

Le supplément d'information est décidé dans un jugement qui ne se prononce pas sur la culpabilité du prévenu ni sur les demandes de la partie civile.

Le procÚs est alors reporté à une autre date.

Le tribunal rend sa décision sur l'action publique, c'est-à-dire qu'il prend des décisions sur les poursuites pénales.

S'il estime que le prévenu n'est pas coupable il prononce la relaxe.

S'il estime que le prévenu a bien commis les faits reprochés, il le déclare coupable et précise les peines à accomplir.

Les condamnations pénales sont inscrites sur le casier judiciaire du condamné.

Le condamné peut dÚs l'audience demander au tribunal une dispense d'inscription sur son casier judiciaire.

Peines principales et peines complémentaires

Le tribunal correctionnel fixe la peine principale que le condamné doit effectuer. Il s'agit notamment des peines suivantes :

  • Emprisonnement, travail d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ou peine de stage
  • Et/ou peine d'amende.

Les peines d'emprisonnement et d'amende peuvent ĂȘtre prononcĂ©es avec sursis.

Le tribunal correctionnel peut révoquer le sursis d'une ancienne peine si le prévenu est à nouveau jugé coupable de faits commis pendant la période d'épreuve.

Une ou plusieurs peines complémentaires peuvent s'ajouter à la peine principale.

Le tribunal correctionnel peut décider d'aménager les peines de prison ferme qu'il prononce. L'aménagement de peine est une alternative à l'emprisonnement.

Ajournement et dispense de peine

Le tribunal peut déclarer le prévenu coupable et reporter le prononcé de la peine. C'est ce qu'on appelle l'ajournement de peine. Le délai d'ajournement va permettre au coupable de régulariser sa situation et de réparer les dommages causés.

La peine prononcĂ©e aprĂšs un ajournement va tenir compte de la conduite du coupable durant cette pĂ©riode. Il peut alors espĂ©rer une peine plus lĂ©gĂšre. Le tribunal peut mĂȘme, Ă  certaines conditions, dĂ©cider d'une dispense de peine.

Une dispense de peine peut aussi ĂȘtre accordĂ©e dans le jugement initial et sans pĂ©riode d'ajournement.

En savoir plus sur la dispense de peine

La dispense de peine est exceptionnelle. Certaines conditions doivent ĂȘtre remplies pour en bĂ©nĂ©ficier.

Le tribunal doit constater le reclassement du prévenu (sa bonne conduite), la réparation des dommages et la fin du trouble causé par l'infraction.

Quand la dispense de peine est accordée, le tribunal peut décider que sa décision ne sera pas mentionnée au casier judicaire.

Le prévenu qui bénéficie d'une dispense de peine reste tenu des frais du procÚs.

Si le prévenu est déclaré coupable, le tribunal doit rendre sa décision sur l'action civile : il répond aux demandes d'indemnisation des parties civiles.

Le tribunal va fixer le montant des dommages-intĂ©rĂȘts que le coupable doit payer Ă  la victime en rĂ©paration de son prĂ©judice.

Parfois une expertise est nĂ©cessaire pour Ă©valuer et chiffrer ce prĂ©judice de la victime. Dans ce cas, le tribunal ordonne l'expertise et renvoie l'affaire Ă  une autre date pour une audience sur intĂ©rĂȘts civils.

Le renvoi sur intĂ©rĂȘts civils peut aussi ĂȘtre accordĂ© pour permettre Ă  la partie civile de complĂ©ter son dossier (par exemple certificat mĂ©dical, factures, devis des rĂ©parations de sa voiture...). Ce renvoi est de droit pour la partie civile qui le demande.

Le tribunal doit dire si les objets placĂ©s sous scellĂ©s dans le cadre de l'enquĂȘte doivent ĂȘtre restituĂ©s, confisquĂ©s ou dĂ©truits.

Si les objets placés sous scellés sont dangereux, nuisibles ou si leur détention est illicite, la restitution est interdite. Ils sont obligatoirement détruits.

En savoir plus sur la restitution des scellés

Le tribunal correctionnel est compétent pour statuer sur les demandes de restitution.

La demande de restitution d'un bien placé sous scellés peut se faire verbalement à l'audience.

Elle peut aussi se faire par lettre recommandée avec accusé de réception parvenue au moins 24 heures avant l'audience.

Si le tribunal rejette la demande, sa dĂ©cision peut faire l'objet d'un appel par la personne qui a demandĂ© la restitution. La cour d'appel ne peut ĂȘtre saisie qu'aprĂšs que le tribunal a statuĂ© au fond.

Si le tribunal ne se prononce pas sur la restitution des scellĂ©s, la demande de restitution peut ĂȘtre faite aprĂšs le jugement. Dans ce cas, c'est le procureur de la RĂ©publique qui est compĂ©tent. La demande se fait par Ă©crit sur papier libre ou Ă  l'aide du formulaire suivant :

Si la restitution n'a pas Ă©tĂ© demandĂ©e ou dĂ©cidĂ©e dans un dĂ©lai de 6 mois Ă  compter du jugement correctionnel, les objets non restituĂ©s deviennent la propriĂ©tĂ© de l'État.

Le condamné peut faire appel s'il a comparu en personne, s'il était représenté ou s'il était absent mais qu'il a eu connaissance de sa convocation.

La partie civile peut également faire appel mais uniquement concernant son indemnisation.

le procureur de la République, le procureur général prÚs la cour d'appel et les administrations publiques (par exemple les douanes) peuvent aussi faire appel.

L'appel se fait par déclaration au greffe du tribunal qui a rendu la décision.

Si le condamnĂ© est dĂ©tenu il fait sa dĂ©claration d'appel auprĂšs du chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire oĂč il est incarcĂ©rĂ©.

Si les parties Ă©taient prĂ©sentes ou reprĂ©sentĂ©es (jugement contradictoire), l'appel doit ĂȘtre fait dans le dĂ©lai de 10 jours Ă  partir du prononcĂ© de la dĂ©cision.

Si les parties n'étaient ni présentes ni représentées par un avocat (jugement contradictoire à signifier), le délai de 10 jours débute à compter de la signification ou la notification de la décision.

lorsqu'une des parties fait appel dans le délai de 10 jours (appel principal), les autres parties bénéficient d'un délai supplémentaire de 5 jours pour faire un appel incident.

Dans ce cas, l'affaire est rejugée par la cour d'appel.

Lorsque le prévenu n'a pas eu connaissance de la date d'audience (adresse de la convocation inexacte, déménagement...) et qu'il n'est pas représenté par un avocat, le tribunal rend un jugement par défaut.

Il est signifié à la personne condamnée.

Si elle conteste la décision, elle doit former opposition.

La premiÚre décision est annulée dans ses dispositions pénales et civiles.

L'opposition permet au tribunal correctionnel de rejuger l'affaire.

L'opposition se fait par tout moyen (par exemple par déclaration au greffe du tribunal, par lettre recommandé avec accusé de réception...).

Le délai pour faire opposition est de 10 jours à compter de la prise de connaissance de la décision.

Quand une personne fait opposition à un jugement par défaut, une nouvelle date d'audience lui est communiquée.

Si elle ne se présente pas ou n'est pas représentée par un avocat, le jugement rendu est qualifié d'itératif défaut. Dans ce cas, il n'y a plus aucune voie de recours. Le jugement prononcé s'applique.

Le procureur de la RĂ©publique est chargĂ© de faire exĂ©cuter les dĂ©cisions pĂ©nales du tribunal correctionnel. Il procĂšde Ă  l'exĂ©cution des peines quand le jugement ne peut plus ĂȘtre contestĂ©.

Quand un prévenu est jugé en son absence, le procureur doit d'abord lui faire signifier le jugement. Dans l'attente de la signification, le prévenu est inscrit au fichier des personnes recherchées.

Quand le jugement est définitif, le procureur fait inscrire la condamnation au casier judiciaire.

Il transmet au trésor public les documents nécessaires pour le recouvrement des amendes et des droits fixes de procédure.

Les frais de justice (enquĂȘte...) engagĂ©s Ă  compter du 20 fĂ©vrier 2026 sont en principe Ă  la charge de la personne condamnĂ©e.

En cas de peine de prison ferme, le procureur transmet à l'établissement pénitentiaire un document qui permet l'incarcération du condamné. Ce document s'appelle extrait pour écrou. L'établissement pénitentiaire n'a pas le droit d'accueillir le condamné sans ce document.

En cas de travail d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ou de peines d'emprisonnement amĂ©nageable (ou amĂ©nagĂ©e), le procureur saisit le juge de l'application des peines pour la mise en place et le suivi des mesures d'amĂ©nagement.

En cas de peine d'emprisonnement ferme, la victime peut demander Ă  ĂȘtre informĂ©e sur l'exĂ©cution de la peine du condamnĂ©e.

Le jugement qui accorde des dommages-intĂ©rĂȘts est un titre exĂ©cutoire.

Il permet à la victime d'obtenir le paiement forcé si le condamné ne paie pas volontairement.

Les procĂ©dures d'exĂ©cution forcĂ©e sont les mĂȘmes que celles prĂ©vues pour l'exĂ©cution d'une dĂ©cision du juge civil.

En cas de difficultĂ©s pour percevoir les dommages intĂ©rĂȘts, la victime peut saisir la Civi ou le Sarvi.

Si la victime n'a pas pu se constituer partie civile Ă  l'occasion du procĂšs pĂ©nal, elle peut demander des dommages-intĂ©rĂȘts en rĂ©paration de son prĂ©judice en saisissant le tribunal judiciaire.

Textes de référence

Où s'adresser ?

Maison de justice et du droit

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📍 À Villasavary

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