Démarches Entreprise
Vos droits et démarches
Professionnels — Mairie de Villasavary
Surveiller lâĂ©quilibre financier et dĂ©tecter les signaux d'alerte
Identifier les signaux d'alerte pouvant Ă terme entraĂźner des difficultĂ©s importantes est essentiel. Le chef dâentreprise doit donc ĂȘtre attentif Ă tous les signaux qu'ils soient financiers, opĂ©rationnels ou politiques. Lâentreprise a plus de chances de rebondir lorsque les difficultĂ©s sont traitĂ©es tĂŽt.
Diagnostiquer les difficultés le plus tÎt possible permet de les traiter rapidement, avant qu'elles ne deviennent trop importantes.
Pour anticiper les difficultĂ©s, il faut identifier les signaux faibles. Ce sont des signaux d'alerte annonciateurs dâune menace ou d'une difficultĂ© potentielle. Il sont trĂšs variĂ©s et interviennent gĂ©nĂ©ralement bien avant les problĂšmes de trĂ©sorerie.
Le chef d'entreprise doit ĂȘtre attentif aux signaux suivants :
- Signaux opĂ©rationnels et de marché : perte dâun client majeur, retard de livraison de matĂ©riel, panne d'outil de production, dĂ©faillance dâun client important, perte d'un marchĂ© important, ou retard de livraison dâun fournisseur
- Signaux politiques : bouleversements politiques dans un pays oĂč l'entreprise est engagĂ©e (Russie, Ukraine)
- Signaux sociaux : conflit avec un associé, taux d'absentéisme important, augmentation des démissions, grÚve des salariés, perte d'une personne-clé
- Signaux réglementaires : augmentation des coûts de l'énergie, modification réglementaire rendant l'activité plus contraignante ou nécessitant des surcoûts
- Signaux financiers : défaut de trésorerie, rejet d'un paiement, redressement fiscal important, interdiction bancaire
DĂ©tecter les signaux faibles, câest identifier et traiter les difficultĂ©s de l'entreprise le plus en amont possible, c'est-Ă -dire avant quâelles deviennent trop importantes.
Le chef d'entreprise doit essayer de diagnostiquer le plus tÎt possible les signaux faibles. Pour détecter ces signaux, il doit analyser la situation de l'entreprise, notamment grùce aux actions suivantes :
- Réaliser une activité de veille et favoriser la remontée d'information au sein de l'entreprise.
- Se rapprocher des équipes opérationnelles qui peuvent avoir identifié une difficulté
- Faire appel à l'expert-comptable ou au commissaire aux comptes pour vérifier la situation financiÚre de l'entreprise
- Faire un point régulier avec le conseiller bancaire
Des signaux faibles peuvent avoir un impact grave sur lâactivitĂ© de lâentreprise. Une fois les difficultĂ©s dĂ©tectĂ©es, le dirigeant doit donc mettre en place toutes les mesures nĂ©cessaires pour rĂ©tablir la situation et assurer la pĂ©rennitĂ© de l'entreprise.
Le dirigeant qui a identifié des signaux d'alerte doit réagir rapidement aux premiÚres difficultés, par exemple :
- Récupérer les impayés
- Obtenir des délais de paiement auprÚs des fournisseurs ou partenaires commerciaux
- Demander des délais ou allÚgements de paiement à l'administration fiscale ou à l'Urssaf
Il est trĂšs important de ne pas rester isolĂ© face aux difficultĂ©s. Il faut parler des problĂšmes et s'entourer de personnes qui pourront apporter leur aide (avocat, amis, associĂ©s, expert-comptable, etc.). Certaines associations accompagnent les entrepreneurs qui ont besoin dâune aide psychologique.
DiffĂ©rents outils de gestion de l'activitĂ© permettent de dĂ©tecter les difficultĂ©s de trĂ©sorerie ou de financement. Lâexpert-comptable peut accompagner le dirigeant dans la mise en place de ces outils et indiquer quels sont les indicateurs Ă suivre afin de bien piloter lâactivitĂ© de l'entreprise.
Ătablir un plan de trĂ©sorerie prĂ©visionnel
Le plan de trĂ©sorerie prĂ©visionnel permet de dĂ©tecter et dâanticiper les problĂšmes de trĂ©sorerie.
Il s'agit d'un tableau comportant les encaissements et les décaissements prévus, mois par mois :
- Encaissements : chiffre dâaffaires prĂ©visionnel TTC, apports en capital (capital de dĂ©part et augmentations de capital), apports en compte courant, subventions reçues, produits financiers, remboursements dâimpĂŽts, etc.
- DĂ©caissements : investissements, achats TTC, frais gĂ©nĂ©raux TTC (loyers, honoraires, entretiens, assurance, dĂ©penses de transport), salaires et charges sociales, impĂŽts et taxes, rĂ©ductions de capital, reprises dâapports en compte courant, charges financiĂšres, etc.
Le plan de trésorerie permet ainsi de connaßtre le solde de trésorerie du mois et le solde cumulé d'un mois sur l'autre.
Un solde cumulé négatif donne une alerte. Plusieurs actions sont alors possibles en fonction de la difficulté rencontrée :
- En cas de difficulté passagÚre, rechercher une solution rapide de financement comme une autorisation de découvert ou un crédit bancaire à court terme
- En cas de problĂšme structurel concernant le fonctionnement mĂȘme de l'entreprise, trouver une solution Ă long terme comme un nouvel apport en capital ou un prĂȘt bancaire complĂ©mentaire
Calculer le fonds de roulement (FR)
Il reprĂ©sente la partie des capitaux permanents de l'entreprise qui ne financent pas les immobilisations. Il reste donc disponible pour les besoins de lâexploitation.
Il se calcule Ă partir du bilan comptable de l'entreprise.
Fonds de roulement (FR) = Capitaux propres + Dettes - Actifs immobilisés
Un fonds de roulement positif indique que l'entreprise dispose de liquiditĂ©s excĂ©dentaires aprĂšs avoir couvert toutes ses obligations Ă court terme. Câest un indicateur de sĂ©curitĂ© financiĂšre qui rĂ©vĂšle une gestion prudente et efficace des ressources d'une entreprise.
En revanche, s'il est nĂ©gatif, cela signifie que lâentreprise manque de capitaux pour couvrir ses besoins. Cela peut sous-entendre des problĂšmes de trĂ©sorerie.
Calculer le besoin en fonds de roulement (BFR)
Le besoin en fonds de roulement (BFR) représente le besoin de financement nécessaire à l'entreprise pour fonctionner au quotidien.
Il matĂ©rialise le besoin en trĂ©sorerie de lâentreprise. IdĂ©alement, le fonds de roulement (FR) doit permettre de financer une partie du BFR.
Besoin en fonds de roulement (BFR) = Stock + CrĂ©ances clients â Dettes fournisseurs
Si le BFR est positif, cela signifie que lâentreprise a besoin de trĂ©sorerie pour financer le dĂ©calage entre les dĂ©caissements et les encaissements.
S'il est nĂ©gatif, le besoin est infĂ©rieur aux ressources dâexploitation. Lâentreprise nâa pas besoin dâutiliser ses excĂ©dents de ressources.
Pour en savoir plus sur les outils de gestion, vous pouvez consulter le guide pratique de la CCIÂ :
Construire un tableau de bord
Le tableau de bord est un outil de suivi et de pilotage des performances qui donne une vue dâensemble de lâactivitĂ© de l'entreprise.
Le tableau de bord est un outil de gestion composĂ© dâindicateurs qui permet dâavoir un Ă©tat et une tendance gĂ©nĂ©rale de lâactivitĂ© de l'entreprise en temps rĂ©el. Il permet d'obtenir une vue d'ensemble de l'entreprise en mettant en place des indicateurs Ă partir d'objectifs rĂ©alistes.
Plusieurs types dâindicateurs peuvent ĂȘtre utilisĂ©s en fonction de lâactivitĂ© de l'entreprise :
- Les indicateurs économiques mesurent les résultats et les coûts : chiffre d'affaires par client ou par produit, marge commerciale, achat de marchandises, stock des marchandises, coût de transport, frais de déplacement, etc.
- Les indicateurs physiques mesurent la qualité des produits et des services : délais de livraison, satisfaction des clients, nombre de devis émis, etc.
- Les indicateurs humains mesurent la performance des salariés : volume des effectifs, rotation du personnel, taux d'absentéisme, etc.
- Les indicateurs de suivi de projet mesurent l'avancée d'un projet
Le tableau de bord permet d'identifier les écarts entre les prévisions et l'activité réelle de l'entreprise. Une fois les problÚmes repérés, il faut déterminer les raisons qui ont mené à cette situation (par exemple, nouveau concurrent). Il faut ensuite mettre en place les actions nécessaires pour améliorer la performance et remédier à la situation (action de communication, changement de mode de transport, etc.) .
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche sur la crĂ©ation et la mise en place dâun tableau de bord de gestion.
Ătablir un compte de rĂ©sultat
Le compte de rĂ©sultat est Ă©tabli au moment de la clĂŽture de lâexercice comptable. Il prĂ©sente de maniĂšre synthĂ©tique les produits qui augmentent la valeur de lâentreprise et les charges de l'annĂ©e comptable Ă©coulĂ©e.
Câest un outil utile pour dĂ©terminer la rentabilitĂ© de lâentreprise. Il permet de comparer les charges et produits d'un exercice donnĂ© avec un exercice prĂ©cĂ©dent ou de savoir pourquoi le rĂ©sultat obtenu est positif ou nĂ©gatif.
Calculer le seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilitĂ© reprĂ©sente le niveau de chiffre d'affaires minimum qui permet de dĂ©gager un bĂ©nĂ©fice, en d'autres termes d'ĂȘtre rentable. En dessous de ce seuil l'entreprise est dĂ©ficitaire.
Le calcul du seuil de rentabilité est trÚs utile pour le chef d'entreprise car il lui permet d'évaluer à partir de quel moment il commence à dégager un bénéfice.
Pour calculer le seuil de rentabilité, il faut suivre les étapes suivantes :
- RĂ©partir lâensemble des charges en 2 catĂ©gories :Charges fixes : ce sont les charges incompressibles : le loyer, les salaires, les charges sociales, les assurances professionnelles, les impĂŽts, etc.Charges variables : ce sont les achats de matiĂšres premiĂšres ou de marchandises nĂ©cessaires Ă la vente, les frais de transport sur achats et/ou sur ventes, les frais dâintĂ©rim, les dĂ©penses dâĂ©nergie, etc.
- Calculer la marge sur coûts variables : il faut alors soustraire les charges variables du chiffre d'affaires prévisionnel.
- Obtenir le taux de marge sur coûts variables en traduisant la marge sur coûts variables en pourcentage de chiffre d'affaires : (marge sur coûts variables /chiffre d'affaires) x 100.
- Déterminer le seuil de rentabilité : charges fixes / taux de marge sur coûts variables
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche sur le calcul du seuil de rentabilité.
DÚs qu'il éprouve des difficultés dans la gestion de son entreprise, le dirigeant peut utiliser des outils d'autodiagnostic. Il peut ainsi détecter l'origine des difficultés pour y remédier au plus vite. Le recours à ces outils est rapide, anonyme et gratuit.
Il existe plusieurs types d'outils, plus ou moins rapides et prĂ©cis. Ils permettent d'estimer le degrĂ© des difficultĂ©s que rencontre une entreprise ou mĂȘme de mesurer les performances d'une entreprise.
Infogreffe
Infogreffe propose un auto-diagnostic pour évaluer le degré des difficultés. Il s'agit d'un questionnaire gratuit sur l'activité économique de l'entreprise, sa situation financiÚre et son environnement.
Si l'entrepreneur cumule plus de 7 réponses positives, cela signifie que l'entreprise a des difficultés déjà présentes ou à venir.
Centre d'information et de prévention des difficultés (CIP)
Le Centre d'information et de prĂ©vention des difficultĂ©s (CIP) reçoit et informe les chefs d'entreprises sur la prĂ©vention des difficultĂ©s des entreprises et les dispositifs dâaide et de soutien.
Il propose un outil adapté aux TPE pour estimer le degré de difficultés rencontré par l'entreprise. à l'issue de ce test, l'entreprise peut prendre un rendez-vous gratuit avec 3 professionnels bénévoles du CIP : un expert-comptable ou commissaire aux comptes, un avocat et un ancien juge consulaire.
Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA)
Le rĂ©seau des chambres de mĂ©tiers et de lâartisanat propose un outil de diagnostic financier.
Ă lâissue du questionnaire, une premiĂšre analyse de la santĂ© financiĂšre de l'entreprise est faite. Celle-ci peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par un accompagnement plus approfondi assurĂ© par un conseiller de la chambre des mĂ©tiers.
Il existe des outils d'analyse qui mesurent et comparent les performances de l'entreprise, identifient les points forts et permettent de dĂ©couvrir le potentiel dâamĂ©lioration.
Banque de France (Opale)
Opale est un outil dâaide Ă la gestion et Ă la dĂ©cision gratuit proposĂ© par la Banque de France.
Il permet de mesurer et comparer les performances de l'entreprise, d'identifier les points forts et de dĂ©couvrir le potentiel dâamĂ©lioration.
Le dirigeant choisit son secteur dâactivitĂ© et cible gĂ©ographiquement les entreprises avec lesquelles il souhaite se comparer. Il obtient ensuite un rapport qu'il peut utiliser pour Ă©changer avec ses partenaires
Pour accéder à Opale, le chef d'entreprise doit d'abord s'inscrire à l'espace dirigeant de la Banque de France :
Chambres de commerce et dâindustrie (Comment va ma boĂźte ?)
Les chambres de commerce et dâindustrie (CCI) proposent aux dirigeants des entreprises de moins de 10 salariĂ©s (commerçants, artisans, entreprises de services ou industrielles), un outil « Comment va ma boĂźte ? ».
Cet outil permet de réaliser en ligne et de façon confidentielle un état des lieux de la santé économique et financiÚre d'une entreprise en analysant les éléments concernant l'activité administrative, comptable, financiÚre, commerciale numérique et les relations clients/fournisseurs. Il permet un suivi régulier de la santé de l'entreprise et permet de détecter le plus rapidement possible d'éventuelles difficultés.
Cet outil est proposé dans chaque CCI régionale.
Cet outil est gratuit, anonyme et confidentiel. Le rĂ©sultat constitue une base de discussion entre les chefs dâentreprise et leurs partenaires : CCI, expert-comptable, banque, avocat, etc.
Services en ligne
- Outil d'autodiagnostic pour les entreprises en difficulté
- Outil d'autodiagnostic pour évaluer le degré des difficultés d'une entreprise
- Outil d'autodiagnostic financier : le Diag express financier
- Outil d'autodiagnostic « comment va ma boßte ? »
- S'inscrire Ă l'espace dirigeant de la Banque de France
