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Particuliers — Mairie de Villasavary
Déroulement d'une affaire devant le tribunal correctionnel
Le tribunal correctionnel est compĂ©tent pour juger les dĂ©lits commis par une personne majeure. Il peut condamner la personne Ă une peine dâemprisonnement, au paiement dâune amende, Ă un travail dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral... La victime peut se constituer partie civile pour demander rĂ©paration de son prĂ©judice. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre sur le dĂ©roulement de lâaffaire devant ce tribunal.
Le tribunal correctionnel est saisi selon l'une des procédures suivantes :
- Convocation par procĂšs-verbal (CPPV)
- Comparution immédiate (CI)
- Comparution à délai différé
- Comparution sur reconnaissance préalable de la culpabilité (CRPC)
- Convocation par officier de police judiciaire (OPJ).
C'est le procureur de la RĂ©publique qui dĂ©cide de mettre en Ćuvre l'une ou l'autre de ces procĂ©dures. On dit qu'il engage les poursuites.
En cas de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure spécifique s'applique.
Le tribunal correctionnel peut aussi ĂȘtre saisi par :
- Ordonnance de renvoi du juge dâinstruction Ă la fin d'une information judiciaire
- Citation directe délivrée à demande de la victime
- Comparution volontaire du prévenu.
Un prévenu mineur est jugé par le tribunal pour enfants.
Le prĂ©venu est convoquĂ© Ă lâaudience par citation Ă comparaĂźtre dĂ©livrĂ©e par un commissaire de justice.
La convocation peut aussi ĂȘtre notifiĂ©e par un officier de police judiciaire ou un agent de police judicaire. Elle est notifiĂ©e par le chef dâĂ©tablissement pĂ©nitentiaire si le prĂ©venu est incarcĂ©rĂ© (en dĂ©tention provisoire ou en exĂ©cution dâune autre condamnation).
Dans certaines procédures (CPPV, comparution à délai différé), le prévenu est convoqué verbalement. Un procÚs-verbal de convocation est établi dont une copie lui est remise.
La citation ou la convocation doit ĂȘtre remise au prĂ©venu au moins 10 jours avant la date de lâaudience.
La convocation informe le prĂ©venu de son droit d'ĂȘtre assistĂ© ou reprĂ©sentĂ© par un avocat choisi ou commis d'office.
Quand un prĂ©venu est sous tutelle ou curatelle, son tuteur ou curateur doit obligatoirement ĂȘtre informĂ© ainsi que le juge des tutelles.
Si le prévenu est en détention, le procureur fait le nécessaire pour qu'il soit conduit au tribunal sous escorte policiÚre le jour de l'audience.
La victime reçoit un avis dâaudience qui l'informe de la date, de l'heure et du lieu l'audience.
L'avis d'audience est transmis à la victime par courrier ou par tout moyen en cas de procédure rapide (convocation par procÚs-verbal (CPPV), comparution immédiate (CI), comparution à délai différé).
L'avis dâaudience informe la victime quâelle peut se constituer partie civile pour demander des dommages et intĂ©rĂȘts en rĂ©paration de son prĂ©judice.
Elle est informĂ©e de son droit d'ĂȘtre assistĂ©e ou reprĂ©sentĂ©e par un avocat choisi ou commis d'office.
La constitution de partie civile se fait par déclaration au greffe du tribunal avant l'audience.
La victime peut aussi se constituer partie civile par Ă©crit jusquâĂ la veille de lâaudience. La constitution de partie civile par Ă©crit doit parvenir au tribunal au moins 24 heures avant l'audience.
La victime qui ne sâest pas constituĂ©e partie civile avant lâaudience peut encore le faire pendant l'audience, avant les rĂ©quisitions du ministĂšre public.
Si un tĂ©moin doit ĂȘtre auditionnĂ© lors du procĂšs, il est convoquĂ© par citation.
Si une peine de confiscation dâun bien (voiture, ordinateur...) est encourue et que le propriĂ©taire est identifiĂ©, un avis dâaudience lui est adressĂ© par tout moyen au moins 10 jours avant lâaudience. Lâavis lâinforme quâil peut prĂ©senter ses observations Ă lâaudience et demander la restitution du bien. Il peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ© ou assistĂ© par un avocat.
En cas de dĂ©lit douanier, le procureur de la RĂ©publique adresse un avis dâaudience Ă lâadministration des douanes.
En cas de dommage corporel couvert par lâAssurance maladie, la victime partie civile doit aviser sa caisse primaire dâassurance maladie.
Quand le prĂ©judice subi est couvert par un contrat d'assurance, un avis aux assureurs est fait par toute partie qui y a intĂ©rĂȘt au moins 10 jours avant lâaudience. Cet avis est remis par un commissaire de justice ou adressĂ© par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.
Les avocats du prévenu et de la victime peuvent consulter le dossier au tribunal dans les 2 mois qui suivent la citation ou la convocation.
Le prévenu, la partie civile ou leurs avocats ont droit à obtenir la copie du dossier. Le tribunal a 1 mois à compter de la demande pour délivrer la copie. La premiÚre copie est gratuite. Si le dossier est numérisé, la copie est délivrée au format numérique.
Avant le procĂšs, les parties ou leurs avocats peuvent demander la rĂ©alisation d'actes d'enquĂȘte qui leur paraissent utiles Ă la recherche de la vĂ©ritĂ©. Par exemple, le prĂ©venu d'un dĂ©lit de fuite peut demander l'exploitation de ses donnĂ©es tĂ©lĂ©phoniques pour montrer qu'il n'Ă©tait pas Ă l'endroit du dĂ©lit au moment oĂč il a Ă©tĂ© commis.
Cette demande doit ĂȘtre adressĂ©e au greffe du tribunal correctionnel avant l'audience, par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Elle peut Ă©galement ĂȘtre remise au greffe contre la dĂ©livrance d'un reçu.
Le prĂ©sident du tribunal se prononce sur la requĂȘte aprĂšs avoir demandĂ© l'avis du procureur.
Le prĂ©sident du tribunal peut ordonner la rĂ©alisation des actes d'enquĂȘtes demandĂ©s si ceux-ci sont justifiĂ©s et rĂ©alisables avant la date de l'audience. Dans ce cas, les nouveaux Ă©lĂ©ments sont joints au dossier et mis Ă la disposition des parties ou de leurs avocats.
Si le prĂ©venu ou la victime doivent ĂȘtre Ă nouveau entendus par la police ou la gendarmerie, ils ont le droit d'ĂȘtre assistĂ©s par leur avocat. L'avocat est alors convoquĂ© au plus tard 5 jours ouvrables avant l'audition. Il a accĂšs au dossier au plus tard 4 jours ouvrables avant cette date.
Si les actes demandĂ©s nâont pas Ă©tĂ© ordonnĂ©s par le prĂ©sident du tribunal avant lâaudience, le tribunal statue sur cette requĂȘte. Il peut dĂ©signer lâun des magistrats du tribunal ou un juge dâinstruction pour procĂ©der Ă ce supplĂ©ment dâinformation.
Si le tribunal refuse dâordonner ces actes, il peut statuer sur cette demande sans attendre le jugement sur le fond (condamnation, relaxe...). Ce jugement est susceptible dâappel avec le jugement rendu sur le fond.
Les affaires simples sont jugĂ©es par un seul juge. C'est le cas des dĂ©lits sanctionnĂ©s par une peine infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 5 ans dâemprisonnement, comme le vol, le port d'arme illĂ©gal, les dĂ©lits routiers, les violences peu graves. On dit que l'audience est Ă juge unique.
Les affaires complexes (dont la peine dâemprisonnement peut aller jusquâĂ 10 ans) sont jugĂ©es par 3 juges : 1 prĂ©sident et 2 assesseurs. On dit que lâaudience est collĂ©giale.
Le ministĂšre public est reprĂ©sentĂ© par le procureur de la RĂ©publique. Il dĂ©fend les intĂ©rĂȘts de la sociĂ©tĂ©.
Un greffier est également présent à l'audience. Il veille à la régularité de la procédure et de l'audience.
La salle d'audience est ouverte au public. La liste des affaires qui vont ĂȘtre jugĂ©es est affichĂ©e Ă l'entrĂ©e de la salle d'audience.
Un huissier d'audience, appelé aussi huissier audiencier, permet l'accÚs à la salle d'audience. Il vérifie la présence des personnes convoquées et accueille le public.
Parfois le public n'est pas autorisé à entrer dans la salle d'audience. On dit que l'affaire est jugée à huis clos.
Le huis clos est décidé dans les dossiers sensibles pour protéger la dignité des personnes (victimes d'agression sexuelle par exemple) ou éviter que des incidents perturbent les débats.
Le tribunal correctionnel décide d'ordonner le huis clos d'office, ou à la demande des parties. Il prend sa décision dans un jugement séparé rendu en audience publique.
Le huis clos peut ĂȘtre ordonnĂ© pour toute la durĂ©e du procĂšs. Il peut aussi ĂȘtre limitĂ© Ă l'audition d'un tĂ©moin quand son tĂ©moignage le met (ou met ses proches), en grave danger.
Le prĂ©venu qui est convoquĂ© Ă l'audience doit comparaĂźtre, c'est-Ă -dire qu'il doit se prĂ©senter devant le tribunal pour ĂȘtre jugĂ©.
Si le prĂ©venu ne vient pas Ă l'audience, il s'expose Ă ĂȘtre amenĂ© de force devant le tribunal par la police.
Le tribunal peut aussi décider de le juger en son absence.
Le prévenu peut comparaßtre libre, sous contrÎle judiciaire ou détenu.
Si le prĂ©venu est libre ou sous contrĂŽle judiciaire, il entre en salle d'audience et attend dans le public le moment oĂč son affaire va ĂȘtre appelĂ©e.
Si le prĂ©venu est dĂ©tenu, une escorte policiĂšre le conduit au tribunal. Il attend son passage Ă l'audience dans une salle prĂ©vue pour les dĂ©tenus. Au moment oĂč son dossier va ĂȘtre examinĂ© par le tribunal, il est installĂ© avec l'escorte dans un emplacement sĂ©curisĂ© de la salle d'audience.
Le prévenu peut se défendre seul ou se faire assister par un avocat choisi ou commis d'office.
Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle.
L'avocat commis d'office n'est pas gratuit. Si le prĂ©venu remplit les conditions pour bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle, ses frais dâavocat sont pris en charge par l'Ătat. Si elle est refusĂ©e ou accordĂ©e partiellement, il doit rĂ©gler les honoraires.
Deux situations sont possibles :
Le prĂ©venu peut demander Ă ĂȘtre jugĂ© en son absence en Ă©tant reprĂ©sentĂ© Ă l'audience par un avocat. Il doit faire sa demande par Ă©crit au prĂ©sident du tribunal.
S'il ne connait pas d'avocat, il peut demander au bùtonnier de lui désigner un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle.
L'avocat commis d'office n'est pas gratuit. Si le prĂ©venu remplit les conditions pour bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle, ses frais dâavocat sont pris en charge par l'Ătat. Si elle est refusĂ©e ou accordĂ©e partiellement, il doit rĂ©gler les honoraires.
Si le tribunal estime que le prévenu doit venir à l'audience, il peut décider de renvoyer l'affaire à une autre date. Dans ce cas, le procureur de la République le convoque à nouveau par citation.
Quand la peine encourue est supĂ©rieure Ă 2 ans de prison, le tribunal peut dĂ©livrer un mandat d'arrĂȘt ou d'amener contre le prĂ©venu absent, mĂȘme si son avocat est prĂ©sent.
Deux cas de figure sont possibles :
En cas d'empĂȘchement majeur (maladie, dĂ©placement professionnel...), le prĂ©venu peut demander le renvoi de l'audience Ă une autre date.
La demande se fait par écrit avec un justificatif. La décision de renvoyer ou non l'affaire est prise le jour de l'audience.
Le tribunal peut accorder le renvoi.
Le tribunal peut aussi rejeter la demande de renvoi et juger le prévenu en son absence.
Si la peine encourue est supĂ©rieure Ă 2 ans de prison, le tribunal peut dĂ©livrer un mandat d'arrĂȘt ou d'amener contre le prĂ©venu absent.
Le prévenu non comparant et non excusé est jugé en son absence.
Mais le tribunal peut renvoyer l'affaire à une autre date s'il estime que sa présence est nécessaire.
Si la peine encourue est supĂ©rieure Ă 2 ans de prison, le tribunal peut dĂ©livrer un mandat d'arrĂȘt ou d'amener contre le prĂ©venu absent.
La victime des faits qui ne se constitue pas partie civile, ne peut pas demander de dommages et intĂ©rĂȘts pour la rĂ©paration de son prĂ©judice.
Elle peut comparaĂźtre seule sans avocat.
Elle peut Ă©galement ĂȘtre prĂ©sente Ă lâaudience et assistĂ©e dâun avocat.
Elle peut ĂȘtre absente et reprĂ©sentĂ©e par un avocat.
La victime qui veut un avocat peut le choisir elle-mĂȘme ou demander au bĂątonnier de lui dĂ©signer un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rĂ©munĂ©rer l'avocat, elle peut demander Ă bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle.
Les rÚgles de comparution de la partie civile dépendent de la façon dont la victime s'est constituée partie civile.
La victime des faits qui ne se constitue pas partie civile ne peut pas demander de dommages et intĂ©rĂȘts pour la rĂ©paration de son prĂ©judice. Elle peut comparaĂźtre seule sans avocat, ĂȘtre prĂ©sente Ă lâaudience assistĂ©e dâun avocat ou ĂȘtre absente et reprĂ©sentĂ©e par un avocat. Elle peut le choisir elle-mĂȘme ou demander au bĂątonnier de lui dĂ©signer un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rĂ©munĂ©rer l'avocat, elle peut demander Ă bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle.
Quand une victime se constitue partie civile par écrit avant l'audience, elle a le choix de venir à l'audience ou pas. Si elle décide de ne pas venir, elle n'a pas besoin de se justifier.
Elle peut venir Ă l'audience seule.
Elle peut venir Ă l'audience avec un avocat pour l'assister.
Elle peut ĂȘtre absente et reprĂ©sentĂ©e par un avocat.
Elle peut ĂȘtre absente et sans avocat.
La victime partie civile qui veut un avocat peut le choisir elle-mĂȘme ou demander au bĂątonnier de lui dĂ©signer un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rĂ©munĂ©rer l'avocat, elle peut demander Ă bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle.
Quand la victime se constitue partie civile par déclaration au greffe avant l'audience, elle doit comparaitre.
Elle peut comparaĂźtre en personne.
Elle peut aussi comparaßtre en se faisant représenter par un avocat si elle ne peut pas ou ne veut pas venir.
La victime partie civile qui veut un avocat peut le choisir elle-mĂȘme ou demander au bĂątonnier de lui dĂ©signer un avocat commis d'office. Si ses ressources ne lui permettent pas de rĂ©munĂ©rer l'avocat, elle peut demander Ă bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle.
Si la partie civile constituée par déclaration au greffe est absente et n'a pas d'avocat pour la représenter, le tribunal considÚre qu'elle renonce à ses demandes (appelé désistement). Dans ce cas, la constitution de partie civile n'est pas examinée et le tribunal constate le désistement dans son jugement.
La partie civile peut éviter que le désistement soit constaté en renouvelant ses demandes par écrit avant l'audience.
La victime peut se constituer partie civile pendant lâaudience, avant les rĂ©quisitions du ministĂšre public.
Sa constitution de partie civile peut ĂȘtre faite par dĂ©claration contresignĂ©e par le greffier dâaudience ou par le dĂ©pĂŽt de conclusions rĂ©digĂ©es par elle ou son avocat.
Le président du tribunal mÚne les débats et veille au bon déroulement de l'audience.
Il peut par exemple expulser une personne qui trouble les débats y compris le prévenu. Il peut aussi interdire l'accÚs de la salle aux mineurs ou certains d'entre eux si les débats risquent de les choquer.
Le greffier prend des notes sur le dĂ©roulement des dĂ©bats :personnes prĂ©sentes, documents remis, constitution de partie civile, incident dâaudience.... Il doit noter les rĂ©ponses du prĂ©venu, les dĂ©clarations de la victime, des tĂ©moins et des experts ainsi que les demandes de la partie civile.
Lâaudience est publique sauf dĂ©cision contraire du tribunal qui peut ordonner le huis clos.
Une seule ou plusieurs affaires peuvent ĂȘtre jugĂ©es au cours d'une mĂȘme audience.
Un procĂšs peut se dĂ©rouler sur plusieurs journĂ©es d'audience sâil y a de nombreux prĂ©venus ou victimes ou de multiples infractions.
Invitation du prévenu à la barre
Le président d'audience appelle le prévenu et l'invite à se présenter à la barre.
Il vérifie son identité puis il l'informe sur ses droits qui sont les suivants :
- Droit de se taire
- Droit de faire des déclarations spontanées ou de répondre aux questions qui lui sont posées
- Droit d'ĂȘtre assistĂ© d'un interprĂšte si le prĂ©venu ne parle pas ou ne comprend pas le français
- Droit d'ĂȘtre assistĂ© d'un interprĂšte en langue des signes si le prĂ©venu est sourd.
Instruction du dossier
Pour l'examen des faits, le président d'audience donne la parole aux parties et autres intervenants dans un ordre précis.
Le prévenu prend la parole en premier. Le président l'interroge sur les faits qui lui sont reprochés et sur sa situation personnelle.
On entend ensuite les éventuels témoins et experts convoqués pour l'audience.
Enfin, le tribunal entend les déclarations de la victime. Si la victime ne s'est pas constituée partie civile avant l'audience, elle peut le faire à ce moment-là . Si la victime partie civile a un avocat, on lui donne la parole pour sa plaidoirie.
Fin des débats
AprÚs l'examen de l'affaire, le président donne la parole au procureur de la République. Le procureur se lÚve pour donner son avis sur le dossier. On dit qu'il prend ses réquisitions.
Dans ses réquisitions orales, le procureur demande au tribunal de déclarer le prévenu coupable et précise la peine qu'il réclame à son encontre. Le procureur peut aussi demander la relaxe du prévenu s'il estime que sa culpabilité n'est pas suffisamment démontrée.
AprÚs les réquisitions du procureur, le prévenu prend à nouveau la parole. Si le prévenu a un avocat, on lui donne la parole pour sa plaidoirie.
La victime partie civile et le procureur peuvent répondre au prévenu. Dans ce cas le président d'audience doit redonner la parole au prévenu.
Le prévenu a toujours la parole en dernier et aprÚs sa derniÚre prise de parole, le président déclare que les débats sont terminés.
Les dĂ©bats peuvent faire l'objet d'un enregistrement sonore ou audiovisuel pour un motif d'intĂ©rĂȘt public, d'ordre pĂ©dagogique, informatif, culturel ou scientifique. L'autorisation est donnĂ©e par le premier prĂ©sident de la cour d'appel.
AprÚs les débats, le tribunal doit réfléchir à la décision qu'il va prendre. On dit qu'il délibÚre.
Ce temps de délibéré se déroule en secret. Si l'audience est collégiale, le président d'audience et ses assesseurs vont dans une salle de délibéré pour discuter de l'affaire. Il est interdit d'entrer dans la salle de délibéré pendant que le tribunal délibÚre.
L'audience est suspendue durant le temps de délibéré.
AprÚs avoir délibéré, le tribunal prononce sa décision publiquement à l'audience.
La dĂ©cision est rendue le jour mĂȘme. Si le tribunal a besoin de temps pour prĂ©parer sa dĂ©cision, elle peut ĂȘtre rendue Ă une autre date qui est communiquĂ©e oralement Ă lâensemble des parties.
Avant de juger l'affaire, le tribunal correctionnel doit rĂ©pondre aux demandes dâactes complĂ©mentaire restĂ©es sans rĂ©ponse au jour de l'audience.
Si le tribunal correctionnel estime que la demande d'acte d'enquĂȘte est justifiĂ©e, il ordonne un supplĂ©ment d'information.
Le tribunal peut aussi ordonner le supplément d'information d'office.
Le supplément d'information est décidé dans un jugement qui ne se prononce pas sur la culpabilité du prévenu ni sur les demandes de la victime partie civile.
Le procÚs est alors reporté à une autre date.
Le tribunal rend sa décision sur l'action publique, c'est-à -dire qu'il prend des décisions sur les poursuites pénales.
S'il estime que le prévenu n'est pas coupable, il prononce la relaxe.
S'il estime que le prévenu a bien commis les faits reprochés, il le déclare coupable et précise la ou les peines à exécuter.
Les condamnations pénales sont inscrites sur le casier judiciaire du condamné.
Ă lâaudience, le prĂ©venu peut demander au tribunal, une dispense d'inscription sur son casier judiciaire au cas oĂč il serait reconnu coupable des faits.
Peines principales et peines complémentaires
Le tribunal correctionnel fixe la peine principale que le condamné doit effectuer. Il s'agit notamment des peines suivantes :
- Emprisonnement, travail d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ou peine de stage
- Et/ou peine d'amende.
Les peines d'emprisonnement et d'amende peuvent ĂȘtre prononcĂ©es avec sursis.
Le tribunal correctionnel peut rĂ©voquer le sursis d'une ancienne peine si le prĂ©venu est Ă nouveau jugĂ© coupable de faits commis pendant la pĂ©riode de mise Ă lâĂ©preuve.
Une ou plusieurs peines complémentaires peuvent s'ajouter à la peine principale.
Le tribunal correctionnel peut décider d'aménager la peine de prison ferme qu'il prononce. L'aménagement de peine est une alternative à l'emprisonnement.
Ajournement et dispense de peine
Le tribunal peut dĂ©clarer le prĂ©venu coupable et reporter le prononcĂ© de la peine. C'est ce qu'on appelle lâajournement de peine. Le dĂ©lai d'ajournement va permettre au coupable de rĂ©gulariser sa situation et de rĂ©parer les dommages causĂ©s.
La peine prononcĂ©e aprĂšs un ajournement va tenir compte de la conduite du coupable durant cette pĂ©riode. Il peut alors espĂ©rer une peine plus lĂ©gĂšre. Le tribunal peut mĂȘme, Ă certaines conditions, dĂ©cider d'une dispense de peine.
Une dispense de peine peut aussi ĂȘtre accordĂ©e dans le jugement initial et sans pĂ©riode d'ajournement.
La dispense de peine est exceptionnelle. Certaines conditions doivent ĂȘtre remplies pour en bĂ©nĂ©ficier.
Le tribunal doit constater le reclassement du prévenu (sa bonne conduite), la réparation des dommages et la fin du trouble causé par l'infraction.
Quand la dispense de peine est accordée, le tribunal peut décider que sa décision ne sera pas mentionnée au casier judicaire.
Le prévenu qui bénéficie d'une dispense de peine reste tenu des frais du procÚs.
Si le prévenu est déclaré coupable, le tribunal doit rendre sa décision sur l'action civile : il répond aux demandes d'indemnisation de la partie civile.
Le tribunal va fixer le montant des dommages et intĂ©rĂȘts que le coupable doit payer Ă la partie civile en rĂ©paration de son prĂ©judice.
Parfois, une expertise est nĂ©cessaire pour Ă©valuer et chiffrer ce prĂ©judice de la partie civile. Dans ce cas, le tribunal ordonne l'expertise et renvoie l'affaire Ă une autre date pour une audience sur intĂ©rĂȘts civils.
Le renvoi sur intĂ©rĂȘts civils peut aussi ĂȘtre accordĂ© pour permettre Ă la partie civile de complĂ©ter son dossier (par exemple certificat mĂ©dical, factures, devis des rĂ©parations de sa voiture...). Ce renvoi est de droit pour la partie civile qui le demande.
Le tribunal doit dire si les objets placĂ©s sous scellĂ©s dans le cadre de l'enquĂȘte doivent ĂȘtre restituĂ©s, confisquĂ©s ou dĂ©truits.
Si les objets placés sous scellés sont dangereux, nuisibles ou si leur détention est illicite, la restitution est interdite. Ils sont obligatoirement détruits.
Le tribunal correctionnel est compétent pour statuer sur les demandes de restitution.
La demande de restitution d'un bien placé sous scellés peut se faire verbalement à l'audience.
Elle peut aussi se faire par lettre recommandée avec accusé de réception parvenue au moins 24 heures avant l'audience.
Si le tribunal rejette la demande, sa dĂ©cision peut faire l'objet d'un appel par la personne qui a demandĂ© la restitution dans le dĂ©lai dâun mois. La cour d'appel ne peut ĂȘtre saisie qu'aprĂšs que le tribunal a statuĂ© au fond.
Si le tribunal ne se prononce pas sur la restitution des scellĂ©s, la demande de restitution peut ĂȘtre faite aprĂšs le jugement. Dans ce cas, c'est le procureur de la RĂ©publique qui est compĂ©tent. La demande se fait par Ă©crit sur papier libre ou Ă l'aide du formulaire suivant :
Si la restitution n'a pas Ă©tĂ© demandĂ©e ou dĂ©cidĂ©e dans un dĂ©lai de 6 mois Ă compter du jugement correctionnel, les objets non restituĂ©s deviennent la propriĂ©tĂ© de l'Ătat.
Lorsque le propriĂ©taire de lâobjet confisquĂ© ne le rĂ©clame dans le dĂ©lai dâ1 mois aprĂšs une mise en demeure adressĂ©e Ă son domicile, lâobjet devient propriĂ©tĂ© de lâĂtat.
Câest Agrasc qui gĂšre et met en vente aux enchĂšres les biens saisis, devenus propriĂ©tĂ© de lâĂtat
La partie civile qui nâa pas rĂ©ussi Ă obtenir rĂ©paration de son prĂ©judice par les voies dâexĂ©cution peut demander Ă ĂȘtre payĂ©e sur les biens confisquĂ©s de la personne condamnĂ©e.
Le condamné peut faire appel s'il a comparu en personne, s'il était représenté ou s'il était absent mais qu'il a eu connaissance de sa convocation.
Lâappel peut porter sur une partie de la dĂ©cision (condamnation pĂ©nale, intĂ©rĂȘts civils ...) ou l'intĂ©gralitĂ© de la dĂ©cision.
La partie civile peut faire appel de la dĂ©cision mais uniquement sur les intĂ©rĂȘts civils.
Le procureur de la République, le procureur général prÚs la cour d'appel et les administrations publiques (par exemple les douanes) peuvent aussi faire appel.
L'appel se fait par déclaration en se déplaçant au greffe du tribunal qui a rendu la décision.
Si le condamnĂ© est dĂ©tenu, il fait sa dĂ©claration d'appel auprĂšs du chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire oĂč il est incarcĂ©rĂ©.
Si les parties Ă©taient prĂ©sentes ou reprĂ©sentĂ©es (jugement contradictoire), l'appel doit ĂȘtre fait dans undĂ©lai de 10 jours Ă partir du prononcĂ© de la dĂ©cision.
Ce dĂ©lai de 10 jours dĂ©bute Ă compter de la signification ou de la notification de la dĂ©cision pour les jugements contradictoires Ă signifier. Câest-Ă -dire les dĂ©cisions pour lesquelles les parties ont Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement convoquĂ©es, mais n'Ă©taient ni prĂ©sentes ni reprĂ©sentĂ©es par un avocat.
Lorsqu'une des parties fait appel dans le délai de 10 jours (appel principal), les autres bénéficient d'un délai supplémentaire de 5 jours pour faire un appel incident.
L'affaire est rejugée par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel.
Lorsque le prévenu n'a pas eu connaissance de la date d'audience (adresse inexacte, déménagement...) et n'est pas présent ni représenté par un avocat, le tribunal rend un jugement par défaut.
Il est signifié à la personne condamnée.
Pour contester la décision, elle doit former opposition. La premiÚre décision est annulée dans ses dispositions pénales et civiles.
La partie civile peut former opposition uniquement sur les intĂ©rĂȘts civils.
L'opposition permet au tribunal correctionnel de rejuger l'affaire.
L'opposition se fait par tout moyen (par exemple par déclaration au greffe du tribunal, par lettre recommandé avec accusé de réception...).
Si la personne est dĂ©tenue, elle peut faire opposition par dĂ©claration auprĂšs du chef dâĂ©tablissement pĂ©nitentiaire oĂč elle est incarcĂ©rĂ©e. La dĂ©claration est transmise sans dĂ©lai, par tout moyen, au ministĂšre public.
Le dĂ©lai pour faire opposition est de 10 jours Ă compter de la prise de connaissance de la dĂ©cision si la personne condamnĂ©e rĂ©side en France mĂ©tropolitaine et dâ1 mois si elle rĂ©side hors de ce territoire.
Quand lâopposition faite Ă un jugement rendu par dĂ©fautest communiquĂ©e au ministĂšre public. Celui-ci doit en aviser la partie civile par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.
Un nouveau procĂšs est prĂ©vu. La nouvelle date d'audience est communiquĂ©e Ă lâensemble des parties.
En cas de condamnation Ă une peine de prison ferme, le tribunal peut renvoyer le dossier Ă une date ultĂ©rieure. Il fait rechercher la personne condamnĂ©e par les services de police ou de gendarmerie soit pour la faire comparaĂźtre au nouveau procĂšs, soit pour la mettre en demeure de se prĂ©senter Ă lâaudience.
Si la personne condamnée ne se présente pas ou n'est pas représentée par un avocat au nouveau procÚs, le jugement rendu est qualifié d'itératif défaut.
Dans ce cas, il n'y a plus aucune voie de recours. Le jugement prononcé s'applique.
Le procureur de la RĂ©publique est chargĂ© de faire exĂ©cuter les dĂ©cisions pĂ©nales du tribunal correctionnel. Il procĂšde Ă l'exĂ©cution des peines quand le jugement ne peut plus ĂȘtre contestĂ©.
Quand un prévenu est jugé en son absence, le procureur doit d'abord lui faire signifier le jugement. Dans l'attente de la signification, le prévenu est inscrit au fichier des personnes recherchées.
Quand le jugement est définitif, le procureur fait inscrire la condamnation au casier judiciaire.
Il transmet au Trésor public les documents nécessaires pour le recouvrement des amendes et des droits fixes de procédure.
Les frais de justice (enquĂȘte...) engagĂ©s Ă compter du 20 fĂ©vrier 2026 sont en principe Ă la charge de la personne condamnĂ©e.
En cas de peine de prison ferme, le procureur transmet à l'établissement pénitentiaire un document qui permet l'incarcération du condamné. Ce document s'appelle extrait pour écrou. L'établissement pénitentiaire n'a pas le droit d'accueillir le condamné sans ce document.
En cas de travail d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ou de peine d'emprisonnement amĂ©nageable (ou amĂ©nagĂ©e), le procureur saisit le juge de l'application des peines pour la mise en place et le suivi des mesures d'amĂ©nagement.
Le suivi de lâexĂ©cution de la peine est fait par le service pĂ©nitentiaire dâinsertion et de probation (SPIP).
En cas de peine d'emprisonnement ferme, la victime peut demander Ă ĂȘtre informĂ©e sur l'exĂ©cution de la peine du condamnĂ©e et la date de sa libĂ©ration.
Le jugement qui accorde des dommages et intĂ©rĂȘts est un titre exĂ©cutoire.
Il permet à la partie civile d'obtenir le paiement forcé si le condamné ne paie pas volontairement.
Les procĂ©dures d'exĂ©cution forcĂ©e sont les mĂȘmes que celles prĂ©vues pour lâexĂ©cution d'une dĂ©cision du juge civil.
En cas de difficultĂ©s pour percevoir les dommages et intĂ©rĂȘts, la partie civile peut saisir la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi) ou le Service d'aide au recouvrement des victimes d'infraction (Sarvi).
Si la victime n'a pas pu se constituer partie civile Ă l'occasion du procĂšs pĂ©nal, elle peut demander des dommages et intĂ©rĂȘts en rĂ©paration de son prĂ©judice en saisissant le tribunal judiciaire.
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Textes de référence
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 381 Ă 388-5 â CompĂ©tence du tribunal correctionnel
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 398 Ă 399 â Composition du tribunal correctionnel
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 400 Ă 405 â PublicitĂ© et police de l'audience du tribunal correctionnel
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 406 Ă 417 â Comparution du prĂ©venu devant le tribunal correctionnel
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 418 Ă 426 â Constitution de partie civile devant le tribunal correctionnel
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 458 Ă 461 â DĂ©bats devant le tribunal correctionnel
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 462 Ă 486 â DĂ©cisions du tribunal correctionnel
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 723-15 Ă 723-18 â AmĂ©nagement de peine par le JAP
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 487 Ă 488 â DĂ©faut
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 494 Ă 494-1 â ItĂ©ratif dĂ©faut
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 489 Ă 493-1 â Opposition
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 496 Ă 509-1 â Droit d'appel
Où s'adresser ?
Maison de justice et du droit
Voir aussi
- Comparution immédiate
- Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC)
- Audition des témoins lors d'un procÚs pénal
- Victime d'infraction : indemnisation par le fonds de garantie des victimes
- Aide aux victimes d'infraction pĂ©nale pour recouvrer les dommages et intĂ©rĂȘts
- Coût d'un procÚs en justice
- Demander la révision d'une décision de justice (pénale ou civile)
- Condamnations et peines
