Démarches Association
Cession de l'entreprise individuelle Ă un membre de la famille
L'entreprise peut ĂȘtre cĂ©dĂ©e dans son intĂ©gralitĂ© Ă un membre de la famille. La cession est soumise Ă l'accomplissement de plusieurs formalitĂ©s en vue d'assurer la protection du cĂ©dant, de l'acquĂ©reur et des crĂ©anciers de l'entreprise.
La cession intégrale de l'entreprise implique une transmission universelle du patrimoine professionnel (TUPP), c'est-à -dire la cession de l'ensemble des biens, droits, obligations et sûretés nécessaires à l'activité.
En d'autres termes, le chef d'entreprise (le cédant) cÚde l'actif de l'entreprise (éléments du fonds de commerce notamment) et son passif (dettes, sûretés).
ConcrÚtement, le cédant transmet le fonds de commerce qui comprend les éléments suivants :
- ClientĂšle
- Enseigne et nom commercial
- Droit au bail : droit de prendre la suite du titulaire d'un bail commercial, d'occuper les locaux et de bénéficier d'un droit au renouvellement du bail
- Mobilier, matériel et outillage : véhicules, machines, ordinateurs, bureaux
- Stock et marchandises
- Droits de propriété intellectuelle : brevets, logiciels, marques, nom de domaine
- Sommes d'argent : fonds de caisse, toute somme en numéraire conservée sur le lieu d'exercice de l'activité professionnelle et les sommes inscrites aux comptes bancaires dédiés à cette activité
- Contrats de travail et d'assurance
De plus, un transfert universel du patrimoine professionnel implique la cession de ces autres éléments :
- Biens immeubles servant à l'activité (s'il en est propriétaire) : y compris la partie de la résidence principale utilisée pour un usage professionnel
- Créances : sommes dues par les clients mais qui n'ont pas encore été réglées
- Sûretés : nantissement du fonds de commerce, gage sur le stock, par exemple.
- Dettes : remboursement des emprunts bancaires et dettes d'exploitation (envers un fournisseur, par exemple). La cession d'une dette nécessite l'accord écrit du créancier. En revanche, les dettes de cotisations et contributions sociales ne sont pas comprises dans le transfert.
Le transfert universel du patrimoine professionnel (TUPP) est le régime par défaut. Le chef d'entreprise peut au contraire réaliser un transfert non intégral et céder des éléments de maniÚre isolée. Par exemple, une cession du seul fonds de commerce sans les biens immeubles et les dettes de l'entreprise.
La rédaction d'un acte de cession est obligatoire. Il doit mentionner les éléments suivants :
- ĂlĂ©ments incorporels et corporels cĂ©dĂ©s : clientĂšle, enseigne, nom commercial, droit au bail, brevet, matĂ©riel, outillage, stock, etc.
- Identité des parties : nom et prénoms, date et lieu de naissance, adresse du domicile
- Date et nature de l'acte : acte authentique ou acte sous seing privé
- Prix de vente et modalités de paiement
- Origine du fonds de commerce cĂ©dĂ© : identitĂ© du prĂ©dĂ©cesseur, date Ă laquelle le cĂ©dant a lui-mĂȘme acquis l'entreprise et Ă quel prix pour constater une Ă©ventuelle plus-value
- Chiffre d'affaires et résultat d'exploitation : sur les 3 derniers exercices précédents la cession
- Ătat des nantissements grevant le fonds : il s'agit des nantissements qui ont Ă©tĂ© accordĂ©s aux crĂ©anciers de l'entreprise sur les 10 ans prĂ©cĂ©dant la date de la vente. Si l'entreprise ne fait l'objet d'aucun nantissement, l'acte doit aussi le mentionner.
- Conditions du bail commercial : date et durée de conclusion du bail, montant du loyer, conditions de renouvellement, identité et adresse du bailleur
- Accord de l'époux : si le cédant est marié sous le régime de la communauté
Depuis le 21 juillet 2019, la mention des informations relatives Ă l'origine de l'entreprise, Ă l'Ă©tat des nantissements et aux rĂ©sultats des 3 derniers exercices n'est plus obligatoire. NĂ©anmoins, la mention de toutes ces informations permet Ă l'acte de cession d'ĂȘtre conclu en toute transparence entre les parties.
Ăvaluation du respect de l'obligation de rĂ©duction des consommations d'Ă©nergie, annexĂ©e Ă l'acte de cession
Les bĂątiments ou parties de bĂątiments Ă usage tertiaire d'au moins 1 000 mÂČ doivent atteindre des objectifs de rĂ©duction de consommation d'Ă©nergie d'ici 2030, 2040 et 2050.
En cas de cession, l'Ă©valuation du respect de cette obligation doit ĂȘtre annexĂ©e Ă l'acte de cession Ă titre d'information, sur la base de la derniĂšre attestation numĂ©rique annuelle gĂ©nĂ©rĂ©e par OPERAT.
L'acte de cession doit ĂȘtre dĂ©posĂ© auprĂšs du service fiscal de lâenregistrement sans attendre s'il s'agit d'un acte sous signature privĂ©e ou, dans un dĂ©lai de 1 mois suivant la signature de la vente, s'il s'agit d'un acte authentique.
Le cédant doit déposer au service de l'enregistrement, sur place ou par courrier, les éléments suivants :
- Acte de cession de l'entreprise en 2 exemplaires
- Formulaire de déclaration de mutation de fonds de commerce en 3 exemplaires
- Formulaire de déclaration de l'état du matériel et des marchandises cédées en 3 exemplaires
- RĂšglement du droit d'enregistrement (en espĂšces jusqu'Ă 300 âŹ, par chĂšque ou par virement)
Le transfert universel du patrimoine professionnel n'est pas valable si l'une des partie a fait l'objet d'une faillite personnelle. Cette faillite implique l'interdiction de gérer, de diriger, d'administrer ou de contrÎler, directement ou indirectement, toute entreprise ou société.
La transmission de l'entreprise donne lieu au paiement d'un droit d'enregistrement à l'administration fiscale. Ce droit est calculé sur le prix de cession de la maniÚre suivante :
- 0 % jusqu'Ă 23 000 âŹ
- 3 % entre 23 001 ⏠à 200 000 âŹ
- Et 5 % au-delĂ de 200 000 âŹ
Le montant du droit d'enregistrement ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur 25 âŹ. Si l'opĂ©ration de cession inclut des ventes de marchandises neuves, celles-ci sont exonĂ©rĂ©es de droit d'enregistrement.
Le coût d'enregistrement est en principe à la charge de l'acquéreur. Toutefois, l'acte de cession peut prévoir que le paiement de la taxe est à la charge du cédant ou partagé entre les 2 parties.
Lorsque l'entreprise individuelle est fiscalement assimilée à une EURL (option pour l'impÎt sur les sociétés), sa cession est assimilée à une cession de parts sociales. Dans ce cas, un taux de 3 % est appliqué au prix de la cession (ou 5 % pour les sociétés à prépondérance immobiliÚre).
Par ailleurs, lorsque la cession est consentie à un membre de la famille, un abattement de 500 000 ⏠peut s'appliquer à la valeur du fonds avant le calcul du droit d'enregistrement.
Ce dispositif s'applique si les conditions suivantes sont réunies :
- L'entreprise exerce une activité commerciale, artisanale, industrielle, agricole ou libérale (à l'exception de la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier).
- La cession est consentie au conjoint du cĂ©dant, Ă son partenaire liĂ© par un pacte civil de solidaritĂ©, Ă ses ascendants ou descendants en ligne directe ou Ă ses frĂšres et sĆurs.
- Le cédant doit avoir détendu le fonds cédé pendant plus de 2 ans.
- L'acquéreur s'engage à poursuivre l'activité professionnelle et à assurer la directive effective de l'entreprise pendant au moins 5 ans à compter de la reprise.
Lorsqu'il cÚde son entreprise, le cédant doit respecter des formalités de publicités obligatoires. Celles-ci permettent de rendre la cession opposable aux tiers.
Le cédant a le choix entre 2 moyens de publication :
- Soit publication au Bodacc
- Soit publication dans un support d'annonces légales
Le cédant dispose d'un délai d'1 mois à compter du transfert de son entreprise pour publier un avis au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc).
Pour publier son avis, il doit s'adresser (sur place ou par courrier) au greffe du tribunal de commerce dont dépend le siÚge de son entreprise. Le greffe se chargera de transmettre directement l'avis pour publication sur le site dédié bodacc.fr.
L'avis doit comporter les mentions suivantes :
- Nom de naissance, nom d'usage, prénoms et le cas échéant nom commercial du cédant et du cessionnaire (l'acquéreur)
- Activité professionnelle et code APE
- Adresse de l'Ă©tablissement principal ou, Ă dĂ©faut d'Ă©tablissement, l'adresse du local d'habitation oĂč l'entreprise cĂ©dĂ©e est fixĂ©e
- Numéro Siren
De plus, l'avis doit ĂȘtre accompagnĂ© d'un Ă©tat descriptif du patrimoine professionnel cĂ©dĂ©, c'est-Ă -dire :
- Valeur globale de l'actif
- Liste des sûretés dont l'entreprise bénéficie et montants des créances garanties par ces sûretés
- Valeur globale du passif
- Liste des biens du patrimoine professionnel faisant l'objet d'une sûreté et, pour chacun des biens concernés, la nature de la sûreté et le montant de la créance garantie.
L'état descriptif est établi en prenant en compte le dernier exercice comptable clos actualisé à la date du transfert, ou, pour les entrepreneurs individuels qui ne sont pas soumis à des obligations comptables, à la date qui résulte de l'accord des parties.
Le cédant dispose d'un délai d'1 mois à compter du transfert de l'entreprise pour publier un avis dans un support d'annonces légales habilité dans le département dans lequel l'activité professionnelle est exercée.
Une fois la publication effectuée, une attestation de parution de l'avis de modification est délivrée.
Les créanciers de l'entreprise disposent d'un délai d'1 mois à compter de la publicité pour s'opposer au transfert du patrimoine professionnel.
Les créanciers indiquent, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte extrajudiciaire transmis au domicile de l'acquéreur, le montant et les causes de la créance.
Le juge examine le bien-fondé de la demande et ordonne, le cas échéant, le remboursement de la créance. Dans ce cas, le cédant est engagé sur tous ses biens mobiliers et immobiliers présents et à venir (à l'exception de sa résidence principale).
En revanche, l'opposition n'empĂȘche pas le transfert universel de patrimoine qui a lieu Ă l'expiration du dĂ©lai d'opposition.
La cession de l'entreprise individuelle ou de son fonds s'analyse comme une cessation d'activitĂ©. Celle-ci doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e, sur le site du guichet des formalitĂ©s des entreprises, dans un dĂ©lai de 45 jours Ă compter de la publication de la cession dans la support d'annonces lĂ©gales.
Sur le plan fiscal, cette cessation emporte l'imposition immédiate des bénéfices réalisés depuis la fin du dernier exercice clos et le paiement de la TVA.
Pour permettre lâĂ©tablissement de lâimposition, le cĂ©dant doit rĂ©aliser une dĂ©claration de rĂ©sultat. La dĂ©marche Ă effectuer diffĂšre selon le rĂ©gime dâimposition des bĂ©nĂ©fices auquel est soumise l'entreprise.
Le cédant doit réaliser une déclaration de résultat n° 2031 dans les 60 jours à compter de la publication de la cession dans un support d'annonces légales.
Le cédant doit réaliser une déclaration de résultat n° 2035 dans les 60 jours à compter de la publication de la cession dans un support d'annonces légales.
Le cédant doit réaliser une déclaration de résultat n° 2065 dans les 60 jours à compter de la publication de la cession dans un support d'annonces légales.
S'il est redevable de la TVA, le cédant doit déclarer et payer la TVA sur toutes les opérations qui n'ont pas encore été déclarées à la date de la cession.
Il dispose du délai suivant pour réaliser sa déclaration :
- S'il relÚve du régime réel simplifié de TVA : délai de 60 jours à compter de la publication de la cession dans un support d'annonces légales.
- S'il relÚve du régime réel normal de TVA : délai de 30 jours à compter de la publication de la cession dans un support d'annonces légales.
Réel simplifié ou réel normal : quel régime d'imposition à la TVA ?
Le rĂ©gime rĂ©el simplifiĂ© de TVA s'applique Ă une entreprise Ă compter du 1er janvier dâune annĂ©e N lorsquâelle respecte les seuils de chiffre dâaffaires et de montant de TVA :
Seuil concernant le chiffre dâaffaires hors taxes
- Son chiffre d'affaires hors taxes en N-1 doit ĂȘtre compris entre :85 000 ⏠et 945 000 ⏠pour les activitĂ©s de commerce, de restauration et de fourniture de logement (sauf location meublĂ©e) :37 500 ⏠et 286 000 ⏠pour les autres activitĂ©s de prestation de services (dont la location meublĂ©e) :
- Son chiffre d'affaires hors taxes rĂ©alisĂ© en N ne doit pas dĂ©passer les seuils majorĂ©s suivants :Pour les activitĂ©s de commerce, de restauration et de fourniture de logement (sauf location meublĂ©e) : 1 040 000 âŹPour les autres activitĂ©s de prestation de services (dont la location meublĂ©e) : 323 000 âŹ
Ces seuils sont valables pour lâannĂ©e 2026 (annĂ©e N).
Seuil concernant le montant de la TVA due
Le montant de la TVA dĂ» au titre de lâannĂ©e N-1 doit ĂȘtre infĂ©rieur Ă 15 000 âŹ
Conséquences en cas de dépassement
- En cas de dĂ©passement, soit du seuil normal de chiffre dâaffaires correspondant Ă lâactivitĂ© exercĂ©e, soit du seuil de TVA due (15 000 âŹ) : lâentreprise bascule dans le rĂ©gime rĂ©el normal de TVA Ă compter du 1er janvier de lâannĂ©e suivant celle du dĂ©passement.
- En cas de dĂ©passement de lâun des seuils majorĂ©s de chiffre dâaffaires, lâentreprise bascule dans le rĂ©gime rĂ©el normal de TVA de maniĂšre rĂ©troactive, câest-Ă -dire que ce rĂ©gime va sâappliquer Ă compter du 1er janvier de lâannĂ©e oĂč le dĂ©passement est survenu. Lâentreprise doit alors souscrire une dĂ©claration (CA3) rĂ©sumant lâensemble des opĂ©rations rĂ©alisĂ©es sur lâensemble du mois (ou du trimestre). Cette dĂ©claration doit ĂȘtre effectuĂ©e le mois suivant le mois (ou le trimestre) du dĂ©passement.
Toutefois, cette opĂ©ration est exonĂ©rĂ©e de TVA si la cession porte sur l'intĂ©gralitĂ© des Ă©lĂ©ments du fonds de commerce et que l'acquĂ©reur est lui-mĂȘme redevable de la TVA. L'exonĂ©ration concerne alors l'ensemble des biens et des services transmis Ă l'occasion de la cession du fonds.
La dĂ©claration de rĂ©sultat ou de TVA doit ĂȘtre effectuĂ©e de maniĂšre dĂ©matĂ©rialisĂ©e (lâenvoi de formulaires papiers nâest plus possible) :
- Soit par une saisie manuelle en ligne des formulaires (mode EFI). Lâentreprise les complĂšte elle-mĂȘme, en se connectant :
Sur son espace professionnel impots.gouv.fr :
Ou sur son compte Portailpro.gouv. :
Portailpro.gouv permet aux professionnels de centraliser et de consulter, sur un seul espace, lâensemble de leurs dĂ©clarations et paiements auprĂšs des administrations fiscales, sociales et douaniĂšres.
- Soit en passant par un logiciel dâĂ©change spĂ©cial (mode EDI). Dans ce cas, lâentreprise ou plus gĂ©nĂ©ralement son mandataire (par exemple un expert-comptable) saisissent lâensemble des informations exigĂ©es puis les tĂ©lĂ©transmettent Ă lâadministration.
Ces deux modes de télédéclaration sont davantage détaillés sur la page «Comment transmettre les déclarations fiscales professionnelles : EDI ou EFI ? »
L'administration fiscale accorde un délai supplémentaire de 15 jours calendaires pour réaliser cette téléprocédure.
Lors de la cession, le cédant peut réaliser une plus-value professionnelle qui correspond à la différence entre le prix de cession et la valeur d'origine de l'entreprise.
Le régime fiscal applicable distingue entre les plus-values à court terme et les plus-values à long terme.
Les plus-values sont dites « Ă court terme » lorsquâelles proviennent de la cession :
- soit dâĂ©lĂ©ments de toute nature acquis ou créés par lâentreprise depuis moins de 2 ans.
- soit dâĂ©lĂ©ments amortissables dĂ©tenus depuis au moins 2 ans, pour la fraction correspondant aux amortissements dĂ©duits pour lâassiette de lâimpĂŽt.
Le dĂ©lai de 2 ans se calcule jour par jour, depuis la date dâentrĂ©e dans lâactif de lâentreprise.
Au contraire, les plus-values sont dites « Ă long terme » lorsquâelles proviennent de la cession :
- soit dâĂ©lĂ©ments non amortissables dĂ©tenus depuis au moins 2 ans
- soit dâĂ©lĂ©ments amortissables dĂ©tenus depuis au moins 2 ans dans la mesure oĂč les plus-values excĂšdent le montant global des amortissements dĂ©duits pour lâassiette de lâimpĂŽt.
| DurĂ©e de dĂ©tention du bien | ĂlĂ©ments non amortissables | ĂlĂ©ments amortissables |
| Moins de 2 ans | Plus-value Ă court terme | Plus-value Ă court terme |
| 2 ans ou plus | Plus-value à long terme | Plus-value à court terme dans la limite de l'amortissement déduit (puis à long terme au-delà ) |
Plus-value Ă court ou Ă long terme : cas pratique
Un Ă©lĂ©ment amortissable a Ă©tĂ© achetĂ© 1â000 ⏠et a donnĂ© lieu Ă la constitution dâamortissements pour un montant de 300 âŹ.
Sa valeur comptable est donc de 1â000 â 300 = 700 âŹ.
Si cet Ă©lĂ©ment est vendu 1â200 ⏠:
- Moins de 2 ans aprĂšs son entrĂ©e dans lâactif, la plus-value en rĂ©sultant (soit 1â200 â 700 = 500 âŹ) est une plus-value Ă court terme.
- Au moins 2 ans aprĂšs son entrĂ©e dans lâactif, la plus-value de 500 ⏠est considĂ©rĂ©e comme :Ă court terme jusqu'Ă 300 ⏠(montant des amortissements prĂ©cĂ©demment dĂ©duits des bĂ©nĂ©fices imposables)et Ă long terme pour le surplus, c'est-Ă -dire 500 â 300 = 200 âŹ.
En revanche, si le mĂȘme Ă©lĂ©ment Ă©tait vendu 900 âŹ, la plus-value de cession (900 â 700) serait de 200 ⏠et donc infĂ©rieure au montant des amortissements (300 âŹ) prĂ©cĂ©demment dĂ©duits des bĂ©nĂ©fices. Dans ce cas, cette plus-value aurait, pour sa totalitĂ©, le caractĂšre de plus-value Ă court terme.
La somme des plus-values et des moins-values à court terme réalisées au cours de l'exercice constitue la plus-value nette à court terme.
La plus-value nette Ă court terme s'ajoute au rĂ©sultat imposable dans les conditions et au taux de lâimpĂŽt sur le revenu (barĂšme progressif de 0 % Ă 45 %).
La plus-value est également taxée à hauteur de 18,6 % au titre des prélÚvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
L'entreprise individuelle (EI) peut Ă©taler l'imposition sur 3 ans Ă parts Ă©gales (sur lâannĂ©e de rĂ©alisation et les 2 annĂ©es suivantes).
La plus-value nette à long terme est soumise au prélÚvement forfaitaire unique (PFU) au taux global de 31,4 % qui se décompose de la façon suivante :
- 12,8Â % au titre de l'impĂŽt sur le revenu (IR)
- 18,6 % au titre des prélÚvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
L'entreprise peut imputer les moins-values Ă long terme qui ont Ă©tĂ© subies au cours des 10 exercices antĂ©rieurs sur la plus-value nette Ă long terme rĂ©alisĂ©e au titre dâun exercice.
En cas de dĂ©cĂšs de l'exploitant, les plus-values constatĂ©es sont soumises au rĂ©gime fiscal des plus-values Ă long terme. Il est procĂ©dĂ© Ă une compensation gĂ©nĂ©rale entre les plus et moins-values constatĂ©es, sans tenir compte de la durĂ©e de dĂ©tention des Ă©lĂ©ments dâactif immobilisĂ© correspondants. Ainsi, lorsque la compensation fait apparaĂźtre une plus-value nette Ă long terme, celle-ci est taxĂ©e au taux global de 31,4 %.
Entreprise Ă l'IS : quelle imposition des plus-values ?
Une entreprise individuelle (EI) qui a opté pour l'assimilation à l'EURL relÚve du régime de l'impÎt sur les sociétés (IS).
DĂšs lors, il n'y a plus de distinction entre les plus-values Ă court terme et Ă long terme. La plus-value est soumise Ă l'IS, au taux normal de 25Â %.
La plus-value est fiscalement exonérée, en fonction du prix de cession, de la maniÚre suivante :
- ExonĂ©ration de la totalitĂ© de la plus-value, lorsque la valeur des Ă©lĂ©ments transmis (hors biens immobiliers) est infĂ©rieure Ă 500 000 âŹ.
- ExonĂ©ration partielle de la plus-value, lorsque la valeur des Ă©lĂ©ments transmis (hors biens immobiliers) est comprise entre 500 000 ⏠et 1 000 000 âŹ. Le taux d'exonĂ©ration est calculĂ© de la maniĂšre suivante : (1â000â000 â Valeur des Ă©lĂ©ments transmis) / 500â000.
Pour bénéficier de l'exonération, l'entreprise doit exercer une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, depuis au moins 5 ans.
Il existe plusieurs régimes d'exonération d'impÎts sur les plus-values professionnelles.
Pour bénéficier de l'exonération liée au prix de cession, l'entreprise transmise doit exercer une activité depuis au moins 5 ans.
La plus-value est exonérée de l'une des maniÚres suivantes :
- ExonĂ©ration de la totalitĂ© de la plus-value, lorsque la valeur des Ă©lĂ©ments transmis (hors biens immobiliers) est infĂ©rieure Ă 500 000 âŹ.
- ExonĂ©ration partielle de la plus-value, lorsque la valeur des Ă©lĂ©ments transmis (hors biens immobiliers) est comprise entre 500 000 ⏠et 1 000 000 âŹ. Le taux d'exonĂ©ration est calculĂ© de la maniĂšre suivante : (1â000â000 â Valeur des Ă©lĂ©ments transmis) / 500â000.
Si prix de cession est Ă©gal ou supĂ©rieur Ă 1 000 000 âŹ, aucune exonĂ©ration fiscal ne s'applique Ă la plus-value.
Une entreprise individuelle est cĂ©dĂ©e pour un prix de 1 300 000 âŹ. Parmi les Ă©lĂ©ments transmis figure un immeuble dont le prix de cession est de 620 000 âŹ. DĂ©duction faite de ce montant, la transmission envisagĂ©e est donc Ă©gale Ă 680 000 âŹ.
La plus-value rĂ©alisĂ©e lors de la cession s'Ă©lĂšve Ă 110 000 âŹ.
Le montant exonĂ©rĂ© de la plus-value est Ă©gal Ă : 110 000 x (1 000 000 â 680 000) / 500 000 = 70 400 âŹ.
La plus-value sera donc imposĂ©e Ă hauteur de 110 000 - 70 400 = 39 600 âŹ.
Une exonération de la plus-value s'applique en cas de départ à la retraite si toutes les conditions suivantes sont remplies :
- L'activitĂ© professionnelle a Ă©tĂ© exercĂ©e pendant au moins 5 ans. L'activitĂ© peut ĂȘtre de nature commerciale, industrielle, artisanale, libĂ©rale ou agricole.
- L'entreprise cédée est une PME.
- Le cĂ©dant cesse toute fonction dans l'entreprise cĂ©dĂ©e, c'est-Ă -dire toute fonction de direction ainsi que toute activitĂ© salariĂ©e au sein de lâentreprise.
- Le cédant fait valoir ses droits à la retraite soit dans les 2 ans suivant la cession, soit dans les 2 ans précédant celle-ci.
En cas de départ à la retraite, l'exonération des plus-values ne porte que sur l'impÎt sur le revenu, les prélÚvements sociaux de 18,6 % restent dus.
Pour bénéficier de l'exonération, l'exploitant doit exercer une activité à titre professionnel, depuis au moins 5 ans.
La plus-value est exonérée de l'une des maniÚres suivantes :
- Exonération de la totalité de la plus-value, lorsque les recettes annuelles sont inférieures ou égales à 250 000 ⏠(activité d'achat-revente ou de fourniture de logement) ou 90 000 ⏠(prestation de service ou bénéfices non commerciaux)
- ExonĂ©ration partielle de la plus-value, en fonction des recettes et de l'activitĂ© de l'entreprise :ActivitĂ© d'achat-revente ou de fourniture de logement. Lorsque les recettes sont supĂ©rieures Ă 250 000 ⏠et infĂ©rieures Ă 350 000 âŹ, le taux d'exonĂ©ration se calcule de la maniĂšre suivante : (350 000 - Recettes) / 100 000.Prestation de service ou bĂ©nĂ©fices non commerciaux (BNC). Lorsque les recettes sont supĂ©rieures Ă 90 000 ⏠et infĂ©rieures Ă 126 000 âŹ, le taux d'exonĂ©ration se calcule de la maniĂšre suivante : (126 000 - Recettes) / 36 000.
Au-delà de ces seuils, la plus-value n'est pas exonérée.
Le montant des recettes annuelles sâentend de la moyenne des recettes hors taxes rĂ©alisĂ©es au titre des exercices clos (ramenĂ©s le cas Ă©chĂ©ant Ă 12 mois) au cours des 2 annĂ©es civiles qui prĂ©cĂšdent la date de clĂŽture de lâexercice de rĂ©alisation des plus-values.
Si l'exploitant ou la sociĂ©tĂ© exerçait plusieurs activitĂ©s, les recettes rĂ©alisĂ©es dans lâensemble des activitĂ©s sont prises en compte.
Un exploitant qui exerce une activitĂ© d'achat-revente a rĂ©alisĂ©, en annĂ©e N, une plus-value de cession de 70â000 âŹ. Son exercice comptable coĂŻncide avec lâannĂ©e civile et le montant de ses recettes sâĂ©tablit Ă :
- Recettes N-2 : 320â000 âŹ
- Recettes N-1 : 240â000 âŹ
La moyenne des recettes de 2020 et 2021 est Ă©gale Ă : (320â000 + 240â000) / 2 = 280â000 âŹ.
Le montant exonĂ©rĂ© de la plus-value est Ă©gal Ă : 70â000 Ă (350â000 â 280â000 / 100â000) = 49â000 âŹ.
La plus-value sera donc imposĂ©e Ă hauteur de 70â000 â 49â000 = 21â000 âŹ.
LâexonĂ©ration nâest pas cumulable avec le rĂ©gime d'exonĂ©ration en fonction du prix de cession (dĂ©taillĂ© ci-dessous). En revanche, elle peut ĂȘtre cumulĂ©e avec lâexonĂ©ration des plus-values rĂ©alisĂ©es lors du dĂ©part Ă la retraite.
Services en ligne
- Déclaration de mutation de fonds de commerce ou de clientÚle
- Déclaration de mutation de fonds de commerce ou de clientÚle : état du matériel et des marchandises neuves cédées
- ModĂšle d'acte de cession de fonds de commerce
- Consulter le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr)
Textes de référence
- Code de commerce : articles L526-27 Ă L526-31 â Transfert du patrimoine professionnel de l'entrepreneur individuel
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : articles 151 sexies Ă 151 septies B â RĂ©gime fiscal des plus-values professionnelles
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : articles 201 Ă 204 â RĂ©gime de l'impĂŽt sur le revenu
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : articles 719 Ă 723 â RĂ©gime fiscal des mutations de fonds de commerce
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 732 ter â Abattement sur le droit d'enregistrement
- DĂ©cret n° 2022-725 du 28 avril 2022 relatif Ă la dĂ©finition du patrimoine professionnel de l'entrepreneur individuel â ĂlĂ©ments inclus dans le patrimoine professionnel de l'entrepreneur individuel
