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Particuliers — Villasavary
Médiateur civil
Le mĂ©diateur civil est un tiers indĂ©pendant et impartial, dĂ©signĂ© par le juge ou choisi par les parties. Il est chargĂ© de faciliter la rĂ©solution amiable dâun litige en aidant les parties Ă confronter leurs points de vue et Ă rechercher une solution nĂ©gociĂ©e. Le recours au mĂ©diateur civil est payant. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
La mission du médiateur civil est d'établir un dialogue entre des personnes en conflit et de permettre de trouver une solution amiable.
Il va ainsi :
- Ăcouter les points de vue des parties,
- Clarifier leurs attentes
- Construire une solution Ă©quilibrĂ©e et respectueuse des intĂ©rĂȘts de chacun.
Son rĂŽle est donc de faciliter les Ă©changes entre les parties en encourageant la comprĂ©hension mutuelle et la coopĂ©ration. Il aide les parties Ă trouver elles-mĂȘmes une solution commune.
Le mĂ©diateur civil ne tranche pas le litige, ne dĂ©termine pas de responsabilitĂ© et nâimpose aucune dĂ©cision.
Le mĂ©diateur civil doit exercer sa mission en respectant les principes dĂ©ontologiques dâimpartialitĂ©, dâindĂ©pendance, de neutralitĂ© et de confidentialitĂ©.
La mĂ©diation civile peut ĂȘtre utilisĂ©e dans la plupart des conflits du quotidien qui ne relĂšvent pas du pĂ©nal.
La mĂ©diation civile peut ĂȘtre utilisĂ©e, par exemple, pour des :
- Litiges de voisinage (bruits, plantations, servitudes, mitoyennetĂ©âŠ)
- Conflits locatifs ou immobiliers (loyers, charges de copropriété, travaux, relations bailleur/locataire...)
- Litiges de consommation
- Conflits familiaux (sauf en cas dâallĂ©gations de violence conjugale ou d'emprise morale et psychologique)
- Conflits commerciaux (désaccords entre associés, clients et fournisseurs, prestataires de services...).
La saisine du mĂ©diateur civil peut ĂȘtre spontanĂ©e, proposĂ©e ou obligatoire. Elle peut intervenir Ă lâinitiative des parties (mĂ©diation conventionnelle) ou sur dĂ©cision du juge (mĂ©diation judiciaire).
Avant de saisir le tribunal, les parties Ă un litige (conflit) peuvent rechercher une solution amiable par le biais dâune mĂ©diation.
Cette dĂ©marche prĂ©alable est parfois imposĂ©e par la loi. En effet, pour certains litiges, il est obligatoire de recourir Ă un mode de rĂ©solution amiable des conflits (conciliation, mĂ©diation ou procĂ©dure participative) avant de saisir le tribunal judiciaire. Cela signifie quâil faut dĂ©montrer avoir cherchĂ© Ă rĂ©gler le diffĂ©rend Ă lâamiable avant dâengager une procĂ©dure judiciaire. Sinon, le juge nâexaminera pas la demande. Tel est le cas d'une demande qui porte sur :
- Une paiement d'une somme infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 5 000 âŹ
- Un trouble anormal du voisinage
- Une action en bornage
- Une action concernant une servitude
- Une action concernant la distance des plantations et la propriété voisine
- Une action concernant lâĂ©lagage dâarbres ou de haies
- Une action concernant la distance de constructions pouvant nuire au voisinage (puits, fosse dâaisance, cheminĂ©e ou Ăątre, forge, four ou fourneau, Ă©table, magasin de sel ou amas de matiĂšres corrosives).
Le mĂ©diateur civil peut ĂȘtre saisi Ă lâinitiative des parties soit :
- En application dâune clause de mĂ©diation prĂ©vue dans un contrat
- Dâun commun accord aprĂšs la survenance dâun litige
- PrĂ©alablement Ă la saisie dâun juge.
Les parties choisissent librement leur mĂ©diateur : elles peuvent le dĂ©signer directement ou sâadresser Ă une structure de mĂ©diation.
Lâannuaire des sites de cours dâappel permet de trouver un mĂ©diateur en matiĂšre familiale, civile, sociale et commerciale :
Le mĂ©diateur civil peut ĂȘtre saisi :
- Par courrier
- Par un formulaire en ligne sur le site du médiateur
- Ou, si la juridiction le permet, par le dĂ©pĂŽt dâune demande directement au greffe de la cour dâappel ou du tribunal.
La demande doit contenir lâidentitĂ© des parties, un exposĂ© clair des faits Ă lâorigine du litige ainsi que les documents justificatifs ou tout Ă©lĂ©ment utile Ă la comprĂ©hension de votre dossier.
En cas de litige avec un professionnel, la loi impose de sâadresser Ă un mĂ©diateur compĂ©tent. Câest notamment le cas pour les conflits entre un consommateur et un professionnel, qui relĂšvent du mĂ©diateur de la consommation. Selon le secteur dâactivitĂ©, dâautres mĂ©diateurs spĂ©cialisĂ©s peuvent ĂȘtre compĂ©tents. Par exemple, le MĂ©diateur national de lâĂ©nergie pour les litiges liĂ©s Ă lâĂ©lectricitĂ© ou au gaz, le mĂ©diateur bancaire ou le mĂ©diateur de lâAutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF) pour les litiges bancaires et financiers, ou encore le MĂ©diateur SNCF Voyageurs et le MĂ©diateur Tourisme et Voyage pour les litiges dans le domaine des transports.
Le mĂ©diateur civil peut intervenir Ă la demande dâun juge qui estime qu'une rĂ©solution amiable du litige (affaire/conflit) est possible. Dans ce cas, le mĂ©diateur est dĂ©signĂ© par le juge, avec lâaccord des parties.
La dĂ©cision par laquelle le juge ordonne une mĂ©diation contient, notamment, le nom du mĂ©diateur, lâobjet et la durĂ©e initiale de la mission, le montant de la provision Ă valoir sur la rĂ©munĂ©ration du mĂ©diateur et le consentement des parties.
Cette décision est notifiée par le greffe de la juridiction aux parties, par tous moyens.
Ă tout moment de la procĂ©dure, le juge peut imposer aux parties de participer Ă une rĂ©union dâinformation avec un mĂ©diateur. Cette rencontre a pour but de leur prĂ©senter lâobjet et le fonctionnement de la mĂ©diation. La partie qui ne participe pas Ă ce rendez-vous, sans motif lĂ©gitime, peut ĂȘtre condamnĂ©e au paiement d'une amende civile d'un maximum de 10 000 âŹ.
Une fois acceptée, la médiation fait l'objet d'une convention qui précise son déroulement.
Le médiateur peut réaliser un entretien préalable avec chaque partie pour obtenir leur point de vue sur la situation conflictuelle.
Ă la suite de ces entretiens, une date de premiĂšre rĂ©union est fixĂ©e par tous moyens (courriers, emails..). Les parties peuvent ĂȘtre accompagnĂ©es d'une personne de leur choix, compĂ©tente devant la juridiction saisie.
Lors de cette premiÚre réunion, le rÎle du médiateur consiste notamment à  :
- Accueillir les parties
- Se présenter et demander à chacun de se présenter
- Rappeler les principes de la médiation et son rÎle
- Expliquer le déroulement de la médiation.
Ensuite, les parties participent Ă des rendez-vous de mĂ©diation oĂč elles peuvent exprimer leurs prĂ©occupations, Ă©changer des propositions et explorer diffĂ©rentes solutions. Le mĂ©diateur facilite ces discussions et la recherche de solutions satisfaisantes pour lâensemble des parties.
Toutes les réunions de médiation sont couvertes par la confidentialité. Ainsi, le médiateur ne peut pas divulguer les informations ou transmettre les documents échangés dans le cadre de la médiation.
De mĂȘme, le mĂ©diateur doit accomplir sa mission dans le respect de ses obligations dĂ©ontologiques : impartialitĂ©, indĂ©pendance, neutralitĂ© et loyautĂ©.
Si la médiation s'est engagée à la demande des parties, aucun délai n'est imposé au médiateur de justice pour accomplir sa mission.
La durée initiale de la médiation ordonnée par un juge est de 5 mois maximum. Ce délai court à compter du versement de la provision à valoir sur sa rémunération au médiateur.
La mission peut ĂȘtre prolongĂ©e une fois, pour une durĂ©e de 3 mois, Ă la demande du mĂ©diateur.
Le juge peut mettre fin à la médiation, à tout moment, sur demande d'une partie ou du médiateur. Il peut également y mettre fin d'office lorsque le bon déroulement de la médiation paraßt compromis (par exemple, si les parties n'arrivent pas à s'entendre).
L'accord issu d'une mĂ©diation judiciaire peut ĂȘtre constatĂ© dans un Ă©crit signĂ© par les parties. Dans ce cas, le mĂ©diateur atteste que l'accord est issu d'une mĂ©diation.
Les parties ont la possibilitĂ© de demander au juge, par la voie dâune requĂȘte, dâhomologuer cet accord. Le juge vĂ©rifie uniquement que son contenu est conforme Ă la loi et Ă lâordre public. Il ne peut en modifier les termes.
Si lâaccord est homologuĂ©, il acquiert la force exĂ©cutoire.
Lorsque lâaccord est conclu sous la forme dâun acte contresignĂ© par les avocats de chaque partie, elles peuvent demander Ă ce quâil soit revĂȘtu de la formule exĂ©cutoire. La demande se fait par voie de requĂȘte auprĂšs du juge. Lâaccord a ainsi la mĂȘme valeur quâun jugement.
Ă lâissue de sa mission, le mĂ©diateur informe le juge du rĂ©sultat de la mĂ©diation.
Si un accord a Ă©tĂ© trouvĂ©, il peut ĂȘtre rĂ©digĂ© par Ă©crit et signĂ© par les parties. Le mĂ©diateur y atteste alors quâil rĂ©sulte dâune mĂ©diation judiciaire.
Les parties, ou lâune dâentre elles, peuvent demander au juge dâhomologuer cet accord.
Le juge vĂ©rifie uniquement que son contenu est conforme Ă la loi et Ă lâordre public. Il ne peut en modifier les termes.
Si lâaccord est homologuĂ©, il met fin au litige et acquiert la force exĂ©cutoire, câest-Ă -dire quâil a la mĂȘme valeur quâun jugement : il sâimpose aux parties et doit ĂȘtre exĂ©cutĂ©.
En revanche, si lâaccord nâest pas homologuĂ© (parce quâil est illicite ou contraire Ă lâordre public), la procĂ©dure judiciaire se poursuit normalement devant le tribunal.
En cas dâĂ©chec, chacune des parties conserve la possibilitĂ© de saisir le tribunal compĂ©tent pour faire trancher le litige.
Le médiateur informe le juge de l'échec de sa mission.
Dans ce cas, l'affaire revient devant le juge et elle est jugée comme une affaire classique.
Le recours à un médiateur est payant.
La rémunération du médiateur est fixée à la fin de sa mission, en accord avec les parties. Néanmoins, le juge prévoit en principe une provision à valoir sur la rémunération du médiateur.
Dans ce cas, le juge doit fixer le montant de la provision et dĂ©signer la ou les parties qui doivent verser la provision, et indiquer dans quel le dĂ©lai le versement doit ĂȘtre effectuĂ©.
La provision sera déduite du montant total de la médiation.
Le médiateur doit fournir aux parties, dÚs le début de la médiation, toutes les informations qui peuvent leur permettre d'avoir une idée approximative du coût total de ses services.
Si à la fin de la mission les parties ne trouvent pas un accord avec le médiateur sur sa rémunération, c'est le juge qui fixe la rémunération du médiateur.
Lorsque le juge envisage de fixer un montant inférieur à celui demandé par le médiateur, il doit l'inviter à formuler ses observations avant de prendre sa décision.
Les parties doivent se mettre d'accord entre elles pour répartir le coût de la médiation.
Si les parties ne parviennent pas Ă se mettre d'accord sur une rĂ©partition, les frais doivent ĂȘtre rĂ©partis entre elles Ă parts Ă©gales.
Mais si le juge estime qu'une telle rĂ©partition n'est pas Ă©quitable, il peut fixer lui-mĂȘme la rĂ©partition entre les parties, en fonction de la situation Ă©conomique de chacune d'elles.
Le mĂ©diateur civil peut ĂȘtre une personne physique ou une personne morale.
Cette personne doit remplir les conditions suivantes :
- Ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation, incapacité ou déchéance inscrite au bulletin n°2 de son casier judiciaire pour le médiateur désigné dans le cadre d'une médiation judiciaire ou sur le bulletin n° 3 du casier judiciaire pour le médiateur désigné dans le cadre d'une médiation conventionnelle
- Ne pas avoir commis de faits contraires Ă l'honneur, Ă la probitĂ© et aux bonnes mĆurs ayant entraĂźnĂ© une sanction disciplinaire ou administrative
- Avoir une formation ou une expérience adaptée à la pratique de la médiation
- Présenter les garanties d'indépendance nécessaires à l'exercice de la médiation
- Justifier de son indépendance à l'égard des parties (aucun lien financier, familial...).
Le mĂ©diateur civil ne peut pas ĂȘtre un juge ou un conciliateur de justice.
Textes de référence
- Code de procĂ©dure civile : article 1530 â DĂ©finition mĂ©diation
- Code de procĂ©dure civile : article 1530-2 â MĂ©diateur
- Code de procĂ©dure : articles 1533 Ă 1535-7 â MĂ©diation judiciaire
- Code de procĂ©dure civile : articles 1536 Ă 1537 â MĂ©diation conventionnelle
- Code de procĂ©dure civile : article 750-1 â IrrecevabilitĂ© des demandes non prĂ©cĂ©dĂ©es de conciliation
- Code de procĂ©dure civile : articles 1541 Ă 1549 â Homologation de lâaccord par le juge
- Loi du 8 fĂ©vrier 1995 relative Ă l'organisation des juridictions et Ă la procĂ©dure civile, pĂ©nale et administrative : article 22-1 â Pouvoir du juge d'imposer aux parties de rencontrer un mĂ©diateur
- Loi du 8 fĂ©vrier 1995 relative Ă l'organisation des juridictions et Ă la procĂ©dure civile, pĂ©nale et administrative : article 22-2 â RĂ©partition des frais de la mĂ©diation
- Loi du 8 fĂ©vrier 1995 relative Ă l'organisation des juridictions et Ă la procĂ©dure civile, pĂ©nale et administrative : article 22-3 â DurĂ©e de la mĂ©diation
