Espace Association

Démarches Association

Vos droits et démarches

Professionnels — Mairie de Villasavary

Données officielles Service-Public.fr Licence Ouverte Etalab v2.0

Compte courant d'associé : fonctionnement et fiscalité

VĂ©rifiĂ© le 03/07/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Pour faire face au besoin de trĂ©sorerie d'une sociĂ©tĂ©, les associĂ©s, dirigeants ou salariĂ©s peuvent mettre Ă  la disposition de la sociĂ©tĂ© des fonds appelĂ©s avances en comptes courants. Ces avances sont considĂ©rĂ©es comme des prĂȘts donnant lieu au versement d'intĂ©rĂȘts. Les intĂ©rĂȘts versĂ©s aux associĂ©s sont dĂ©ductibles des bĂ©nĂ©fices de l'entreprise Ă  condition de respecter certains critĂšres.

Pour faire face à ses besoins de trésorerie, la société peut utiliser différents procédés : recourir à une augmentation de capital, emprunter auprÚs d'un établissement de crédit ou encore organiser des avances en compte courant (appelé aussi apports en compte courant).

L'associĂ© ou le dirigeant laisse Ă  la disposition de la sociĂ©tĂ© une somme d'argent soit en versant des fonds soit en renonçant temporairement Ă  recevoir certaines sommes. Le compte courant d'associĂ© s'analyse en un prĂȘt qui donne Ă  l'associĂ© ou au dirigeant prĂȘteur la qualitĂ© de crĂ©ancier social.

Les modalités du compte courant (rémunération, durée, remboursement, etc.) sont précisées par les statuts ou dans une convention de compte courant (c'est-à-dire un contrat) conclu entre la société et l'associé.

Les personnes pouvant réaliser des avances dites en compte courant et ainsi bénéficier d'un compte courant d'associé sont les suivantes :

  • AssociĂ©s et actionnaires, personnes physiques quel que soit le nombre de parts sociales ou d'actions dĂ©tenues dans le capital
  • Dirigeants : administrateur, membre du directoire et du conseil de surveillance, gĂ©rant, prĂ©sident de SAS, directeur gĂ©nĂ©ral, directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©lĂ©guĂ© de SA ou SAS
  • SociĂ©tĂ©s commerciales (SA, SARL, SAS, SCA) dont les comptes sont certifiĂ©s par un commissaire aux comptes. Celles-ci peuvent consentir, Ă  titre accessoire, des prĂȘts Ă  moins de 3 ans Ă  d'autres sociĂ©tĂ©s avec lesquelles elles entretiennent des relations Ă©conomiques (on parle de « prĂȘt intergroupe » ou de « pool de trĂ©sorerie »).
💡 À noter

Il n'y a pas de compte courant d'associé dans une entreprise individuelle.

Le compte courant est alimenté de l'une des façons suivantes :

  • Par la rĂ©munĂ©ration du dirigeant
  • Par les Ă©ventuels dividendes ou remboursements de frais qui n'ont pas Ă©tĂ© perçus
  • Par des sommes d'argent dĂ©posĂ©es volontairement par l'associĂ©, le dirigeant

Dans tous les cas, la personne qui réalise l'avance en compte courant dispose d'une créance à l'égard de la société. Les avances en compte courant sont donc enregistrées au passif du bilan de la société.

Lorsque le compte courant d'associé est débiteur, cela équivaut à un découvert de compte courant. Cela signifie que l'associé doit de l'argent à la société.

Il est interdit aux personnes suivantes d'avoir un compte courant débiteur :

  • Dirigeants et associĂ©s personnes physiques d'une SARL
  • Administrateurs et directeurs gĂ©nĂ©raux d'une SA et SAS.

En revanche, une personne morale (c'est-à-dire une société) peut avoir un compte courant débiteur. Cette pratique est courante dans les groupes de sociétés.

💡 À noter

Dans les SCI et dans les Scop, les comptes courants dĂ©tenus par les associĂ©s personnes physiques peuvent ĂȘtre dĂ©biteurs.

Le compte courant d'associĂ© est un prĂȘt consenti Ă  la sociĂ©tĂ© par un associĂ©. Il peut donc ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©, comme un emprunt bancaire, par le versement d'intĂ©rĂȘts Ă  cet associĂ©.

Si l'associĂ© est une personne physique, la rĂ©munĂ©ration du compte courant (c’est-Ă -dire le versement d’intĂ©rĂȘts) est optionnelle. L’associĂ© est libre de renoncer Ă  percevoir des intĂ©rĂȘts.

En revanche, lorsque l'associĂ© est une personne morale (sociĂ©tĂ© ou association), le fait d’accorder une avance en compte courant d’associĂ© sans aucune contrepartie (donc sans versement d’intĂ©rĂȘts) peut ĂȘtre qualifiĂ© d’«acte anormal de gestion» par l’administration fiscale.

Le taux d'intĂ©rĂȘt est fixĂ© par les statuts ou par la convention de compte courant conclue entre la sociĂ©tĂ© et l'associĂ©.

Les intĂ©rĂȘts versĂ©s aux associĂ©s constituent des charges financiĂšres qui sont dĂ©ductibles du rĂ©sultat fiscal de la sociĂ©tĂ©.

Toutefois, cette dĂ©duction est limitĂ©e fiscalement par un taux maximal d'intĂ©rĂȘts dĂ©ductibles, Ă©galement appelĂ© « taux de rĂ©fĂ©rence ». Son montant varie en fonction de la date de clĂŽture de l'exercice de la sociĂ©tĂ©.

Ainsi, lorsque le taux d'intĂ©rĂȘt (fixĂ© par les statuts ou la convention) est supĂ©rieur au taux de rĂ©fĂ©rence, la partie excĂ©dentaire des intĂ©rĂȘts versĂ©s Ă  l'associĂ© n'est pas dĂ©ductible du bĂ©nĂ©fice imposable.

ClÎture de l'exerciceTaux de référence
Du 31 mai au 29 juin 20255,32 %
Du 30 juin au 30 juillet 20255,16 %
Du 31 juillet au 30 août 20255,07 %
Du 31 août au 29 septembre 20254,97 %
Du 30 septembre au 30 octobre 20254,81 %
Du 31 octobre au 29 novembre 20254,73 %
Du 30 novembre au 30 décembre 20254,64 %
Du 31 décembre au 30 janvier 20264,55 %
Du 31 janvier au 27 février 20264,49 %
Du 28 février au 30 mars 20264,44 %
Du 31 mars au 29 avril 20264,39 %
Du 30 avril au 30 mai 20264,37 %
Du 31 mai au 29 juin 20264,34 %
Du 30 juin au 30 juillet 20264,33 %
Du 31 juillet au 30 août 20264,33 %
Du 31 août au 29 septembre 20264,33 %

En général, les conditions de remboursement du compte courant d'associé sont précisées dans les statuts ou dans la convention de compte courant.

En l'absence de précision, la créance de l'associé à l'égard de la société est remboursable à tout moment.

Lorsque l'associé en fait la demande, la société dispose d'un délai de 5 ans à compter de la demande pour rembourser la créance.

L'associé peut renoncer à son droit à remboursement.

Bloquer un compte courant d'associé signifie que la société n'a plus l'obligation de rembourser les fonds apportés. La société dispose alors de véritables capitaux permanents.

Cette décision est prise soit à l'unanimité de l'assemblée générale des associés, soit dans une convention de blocage (un contrat) signée entre la société et l'associé. Elle sert ainsi de garantie à l'occasion de l'octroi de crédits par un établissement bancaire.

Lorsque l'associĂ© rĂ©clame le remboursement de son compte courant, la sociĂ©tĂ© ne peut pas le refuser (mĂȘme en raison de difficultĂ©s financiĂšres). Elle ne peut pas non plus limiter le remboursement au montant que sa trĂ©sorerie peut supporter.

En revanche, la société peut réclamer des délais de paiement (limités à 2 ans) pour rembourser le compte courant.

AprÚs l'ouverture d'une procédure collective, la société n'a plus le droit de rembourser un compte courant d'associé. L'associé doit donc, comme tout créancier, déclarer sa créance auprÚs du mandataire judiciaire ou du liquidateur judiciaire.

Dans cette hypothÚse, l'associé est remboursé aprÚs les créanciers privilégiés de la société et si les finances de la société le permettent.

Les rÚgles fiscales applicables aux comptes courants d'associé sont différentes pour la société bénéficiaire des avances et l'associé titulaire du compte courant.

Les intĂ©rĂȘts versĂ©s Ă  l'associĂ© sont des charges financiĂšres dĂ©ductibles du rĂ©sultat de l'entreprise Ă  condition que l'entreprise respecte les 2 conditions suivantes :

  • Le capital social est intĂ©gralement libĂ©rĂ© (c'est-Ă -dire que les associĂ©s doivent avoir versĂ© la totalitĂ© de leur apport au capital de l'entreprise).
  • Le taux d'intĂ©rĂȘt pratiquĂ© n'excĂšde pas le taux de rĂ©fĂ©rence (on se rĂ©fĂšre au taux brut avant imposition)

Lorsque le taux d'intĂ©rĂȘt fixĂ© est supĂ©rieur au taux de rĂ©fĂ©rence, la partie excĂ©dentaire constitue une charge non dĂ©ductible du bĂ©nĂ©fice de la sociĂ©tĂ©. Chaque compte courant doit ĂȘtre examinĂ© sĂ©parĂ©ment et il ne peut y avoir compensation entre un excĂ©dent d'intĂ©rĂȘt constatĂ© pour un compte courant et une insuffisance pour un autre.

Par ailleurs, les avances en compte courant constituent une forme de prĂȘt.

L'entreprise qui en bĂ©nĂ©ficie doit ainsi dĂ©poser chaque annĂ©e une dĂ©claration de contrat de prĂȘt (cerfa n° 10142), au plus tard Ă  la date de dĂ©pĂŽt de sa dĂ©claration de rĂ©sultat.

La fiscalité est différente selon que l'associé titulaire du compte courant est une personne physique ou une personne morale.

Les intĂ©rĂȘts perçus par l'associĂ© personne physique constituent des revenus de capitaux mobiliers.

Ils sont imposés au prélÚvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % ou au barÚme progressif de l'impÎt sur le revenu (IR).

Lorsque la sociĂ©tĂ© est soumise Ă  l'impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s (IS), les intĂ©rĂȘts perçus par l'associĂ© sont des produits financiers imposĂ©s Ă  l'impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s (IS).

Cependant, lorsque l'entreprise a optĂ© pour l'impĂŽt sur le revenu (IR), les intĂ©rĂȘts perçus sont imposĂ©s au titre del'impĂŽt sur le revenus (IR)dans la catĂ©gorie des bĂ©nĂ©fices industriels et commerciaux (BIC).

Textes de référence

📍 À Mairie de Villasavary

Mairie de Villasavary 42 Rue du Barry11150 Villasavary📞 04 68 11 93 95✉ mairie@villasavary.fr🕐 Du lundi au vendredi de 8h00 Ă  12h00