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Obligations en matiÚre de protection des données personnelles (RGPD)

VĂ©rifiĂ© le 26/04/2024 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Toute entreprise qui rĂ©alise un traitement de donnĂ©es (gestion de la paie, recrutement, fichier clients ou fournisseurs...) doit respecter le RĂšglement gĂ©nĂ©ral sur la protection des donnĂ©es (RGPD). Il s'applique Ă  toute entreprise, quelle que soit sa taille et son secteur d'activitĂ©, dĂšs lors qu'elle est Ă©tablie sur le territoire de l’Union europĂ©enne ou que son activitĂ© cible directement des rĂ©sidents europĂ©ens.

Il est nécessaire de définir la notion de donnée personnelle pour comprendre ce que recouvre le traitement de données personnelles.

Une donnée personnelle ou « donnée à caractÚre personnel » est une information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable (ex : nom, prénom, numéro de sécurité sociale, adresse, numéro de téléphone, adresse mail, photo, empreinte, donnée de géolocalisation, adresse IP ou identifiant en ligne).

Une personne est dite identifiĂ©e lorsque l'on connaĂźt son identitĂ©. Une personne est identifiable lorsqu'elle peut ĂȘtre identifiĂ©e, quand bien mĂȘme ses nom et prĂ©nom resteraient inconnus, Ă  partir du croisement d'un ensemble de donnĂ©es (ex : une femme vivant Ă  telle adresse, nĂ©e tel jour et membre de telle association).

💡 À noter

Peu importe que l'information soit publique ou confidentielle et peu importe le support sur lequel se trouve l'information (formulaire papier, clé USB, disque dur, caméra, etc.).

En revanche, une donnée n'est plus personnelle lorsqu'elle est anonymisée, éliminant ainsi toute possibilité d'identifier la personne concernée.

De mĂȘme, une donnĂ©e n'est pas personnelle lorsqu'elle se rapporte Ă  une personne morale (ex : une entreprise, une association).

L'adresse postale, le numéro de téléphone du standard ou une adresse mail générique (ex : « compagnie1[@]email.fr ») d'une entreprise ne sont pas des données personnelles.

Un traitement de donnĂ©es personnelles consiste en toute opĂ©ration portant sur des donnĂ©es personnelles, quel que soit le procĂ©dĂ© utilisĂ© (ex : la collecte, l’enregistrement, la conservation, la modification, la consultation, la diffusion ou l’effacement de donnĂ©es).

Autrement dit, on parle de traitement de données dÚs que les données d'une personne sont utilisées d'une maniÚre ou d'une autre et peu importe à qui appartiennent ces données (un client, un fournisseur, un prestataire, un employé, un candidat à l'embauche, etc.).

Un traitement de donnĂ©es personnelles n’est pas nĂ©cessairement informatisĂ©, les fichiers papier sont Ă©galement concernĂ©s et doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©s dans les mĂȘmes conditions.

  • CrĂ©ation d'un fichier clients ou fournisseurs (papier ou informatisĂ©)
  • Consultation d’un tableau Excel contenant des donnĂ©es de ressources humaines (bulletins de paie, contrats de travail, CV et lettres de motivation...)
  • Prospection commerciale par courrier ou par e-mail
  • Livraison d'une commande
  • Conservation d’adresses IP
  • Enregistrement de vidĂ©osurveillance dans un magasin
  • Destruction de documents papiers contenant des donnĂ©es personnelles.

D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, dĂšs qu'une entreprise emploie du personnel, les services des ressources humaines sont amenĂ©s Ă  effectuer un traitement de donnĂ©es des employĂ©s (gestion de la paie, recrutement, contrats de travail...) et sont donc systĂ©matiquement concernĂ©s par le RGPD.

Pour ĂȘtre conforme au RGPD, le traitement de donnĂ©es doit obĂ©ir aux principes suivants :

  • Le traitement doit ĂȘtre licite : il doit ĂȘtre fondĂ© sur l'une des 6 bases lĂ©gales fixĂ©es par le RGPD notamment le consentement de la personne concernĂ©e, l'exĂ©cution d'un contrat ou le respect d'une obligation lĂ©gale.
  • Le traitement doit ĂȘtre transparent : la personne dont les donnĂ©es sont collectĂ©es doit ĂȘtre informĂ©e de la collecte et de sa finalitĂ©, ainsi que des droits dont elle dispose sur ses donnĂ©es (accĂšs, rectification, portabilitĂ©, effacement...).
  • Le traitement doit avoir une finalitĂ© : le responsable du traitement doit dĂ©finir l'objectif poursuivi par la collecte des donnĂ©es (ex : prospection, suivi de relations clients, ressources humaines). Les donnĂ©es ne doivent pas ĂȘtre traitĂ©es d’une maniĂšre incompatible avec cette finalitĂ©.
  • Le traitement doit ĂȘtre proportionnel et pertinent : seules les donnĂ©es strictement nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation de l’objectif peuvent ĂȘtre collectĂ©es. On parle de « principe de minimisation ». Par exemple, une sociĂ©tĂ© n'a pas Ă  collecter le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone de ses clients lorsqu'elle adresse uniquement de la prospection par mail.
  • Le traitement doit ĂȘtre temporaire : la durĂ©e de conservation des informations doit ĂȘtre dĂ©finie dĂšs la mise en place du dispositif qui collecte ces donnĂ©es. Une fois l’objectif atteint, les informations collectĂ©es ne sont plus nĂ©cessaires et doivent donc ĂȘtre supprimĂ©es.
  • Le traitement doit ĂȘtre sĂ©curisĂ© : toutes les mesures nĂ©cessaires pour garantir la sĂ©curitĂ©, et notamment la confidentialitĂ© des donnĂ©es personnelles doivent ĂȘtre mises en place (ex : mots de passe, https, sauvegarde). Ces mesures de sĂ©curitĂ© sont proportionnelles aux risques encourus (ex : vol ou perte de donnĂ©es).

Sauf exceptions, tout traitement portant sur des données dites sensibles est interdit. Il s'agit d'une catégorie de données éminemment personnelles qui sont susceptibles de conduire à des discriminations si elles sont révélées (ex : origine raciale ou ethnique, opinions politiques, convictions religieuses ou philosophiques, orientation sexuelle, appartenance syndicale, données génétiques).

Le représentant légal de l'entreprise (chef d'entreprise, gérant, président...) est désigné « responsable du traitement ». Le responsable du traitement est la personne à l'initiative du traitement de données, il détermine ses finalités et ses moyens.

Le plus souvent, le responsable de traitement a recours Ă  un sous-traitant chargĂ© de traiter les donnĂ©es pour le compte du responsable du traitement (ex : hĂ©bergement de donnĂ©es, maintenance informatique, service d’envoi de messages de prospection commerciale).

Le responsable du traitement et son sous-traitant doivent respecter de nombreuses obligations en matiÚre de protection des données personnelles.

Le responsable du traitement doit informer toute personne dont les données sont collectées.

Cette obligation s'applique que la collecte soit directe (ex : données recueillies auprÚs de la personne dans un formulaire) ou indirecte (ex : données récupérées auprÚs de partenaires commerciaux, de data brokers ou de sources accessibles au public).

L'information doit ĂȘtre dĂ©livrĂ©e au moment de la collecte (en cas de collecte directe) ou dans un dĂ©lai raisonnable aprĂšs avoir obtenu les donnĂ©es, sans dĂ©passer 1 mois (en cas de collecte indirecte).

Le responsable du traitement doit transmettre les informations suivantes :

  • IdentitĂ© et coordonnĂ©es du responsable du traitement
  • CoordonnĂ©es du dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection des donnĂ©es (DPO), le cas Ă©chĂ©ant
  • FinalitĂ© poursuivie par le traitement : c'est-Ă -dire Ă  quoi vont servir les donnĂ©es personnelles collectĂ©es
  • Base lĂ©gale justifiant le traitement : il peut s'agir du consentement de la personne, du respect d'une obligation prĂ©vue par un texte de loi, de l'exĂ©cution d'un contrat, etc.
  • CaractĂšre obligatoire ou facultatif de la fourniture de donnĂ©es personnelles : les consĂ©quences pour la personne en cas de non-fourniture des donnĂ©es
  • Destinataires des donnĂ©es personnelles : qui va recevoir et accĂ©der aux donnĂ©es (service interne compĂ©tent, prestataire, etc.)
  • DurĂ©e de conservation des donnĂ©es personnelles
  • Droits de la personne sur ses donnĂ©es : droit de refuser la collecte, droit d'accĂ©der, de rectifier et d'effacer ses donnĂ©es
  • Droit de la personne d'introduire une rĂ©clamation auprĂšs de la Cnil
  • Source d’oĂč proviennent les donnĂ©es personnelles, en cas de collecte indirecte
  • Existence d'un transfert des donnĂ©es personnelles vers un pays hors de l'Union europĂ©enne, le cas Ă©chĂ©ant.

Les informations doivent ĂȘtre transmises de façon concise, transparente, comprĂ©hensible et facilement accessible, en des termes clairs et simples. Autrement dit, l’information doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e de maniĂšre efficace et succincte pour ne pas ĂȘtre noyĂ©e parmi d’autres contenus informatifs.

Une entreprise ne respecte pas l'exigence d’accessibilitĂ© de l’information lorsqu'elle multiplie les pages Ă  consulter, les liens prĂ©sents dans les diffĂ©rentes pages et la redondance des informations.

La forme de prĂ©sentation doit tenir compte du support sur lequel est communiquĂ©e l’information. Par exemple, pour Ă©viter des mentions trop longues au niveau d’un formulaire en ligne, le responsable du traitement peut donner un premier niveau d'information en fin de formulaire et renvoyer vers une page dĂ©diĂ©e sur son site internet.

Le titre de la page doit ĂȘtre clair, par exemple : « politique de confidentialitĂ© », « page vie privĂ©e » ou « donnĂ©es personnelles ». Cette page fait partie des mentions obligatoires sur un site internet.

💡 À noter

La Cnil met à disposition de nombreux exemples de mentions d'information, applicables selon la situation (ex : vente en ligne, prospection commerciale, vidéosurveillance sur le lieu de travail, accÚs aux locaux professionnels par badge).

Le fait de ne pas informer la personne auprĂšs de laquelle sont recueillies des donnĂ©es est puni d'une amende pĂ©nale de 1 500 € pour les entrepreneurs individuels et 7 500 € pour les sociĂ©tĂ©s.

Le consentement correspond à toute manifestation de volonté par laquelle la personne concernée accepte, par une déclaration ou par un acte positif clair, que des données à caractÚre personnel la concernant fassent l'objet d'un traitement.

Le plus souvent, le responsable du traitement doit recueillir le consentement de la personne avant de mettre en Ɠuvre le traitement de ses donnĂ©es personnelles.

Le recueil du consentement est obligatoire, à moins que le traitement soit justifié par l'exécution d'un contrat (ex : contrat de travail, contrat de vente, de location).

De plus, le recueil de consentement est toujours obligatoire dans les cas suivants :

  • Collecte de donnĂ©es personnelles « sensibles ». Il s'agit d'une catĂ©gorie de donnĂ©es Ă©minemment personnelles qui sont susceptibles de conduire Ă  des discriminations si elles sont rĂ©vĂ©lĂ©es (ex : origine raciale ou ethnique, opinions politiques, convictions religieuses ou philosophiques, orientation sexuelle, appartenance syndicale, donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques).
  • RĂ©utilisation des donnĂ©es pour d'autres finalitĂ©s. Par exemple, un magasin de sport organise un concours et collecte les donnĂ©es des participants pour pouvoir contacter le gagnant (finalitĂ© initiale). Si le magasin dĂ©cide, par la suite, d'utiliser ces donnĂ©es pour constituer un fichier client (nouvelle finalitĂ©), il devra de nouveau recueillir le consentement des personnes.
  • Utilisation de cookies non essentiels au fonctionnement du service (ex : ciblage publicitaire). La Cnil a constituĂ© un dossier sur les rĂšgles applicables Ă  l’usage de cookies.
  • Utilisation des donnĂ©es Ă  des fins de prospection commerciale par voie Ă©lectronique (ex : newsletter, sms). L'obligation de consentement s'Ă©teint si la personne prospectĂ©e est dĂ©jĂ  cliente de l'entreprise et que la prospection concerne des produits ou services similaires.

Pour ĂȘtre valable, le consentement obtenu doit remplir les 4 conditions suivantes :

  • Le consentement doit ĂȘtre libre : il ne doit ĂȘtre ni contraint ni influencĂ©. La personne concernĂ©e doit avoir vĂ©ritablement le choix d'accepter ou de refuser le traitement, sans avoir Ă  subir de consĂ©quences nĂ©gatives en cas de refus (ex : inaccessibilitĂ© du site internet). La personne doit Ă©galement avoir le droit de retirer son consentement Ă  tout moment, et aussi facilement qu'elle l'a donnĂ©.
  • Le consentement doit ĂȘtre Ă©clairĂ© : avant de consentir, la personne concernĂ©e doit avoir reçu une information suffisante (identitĂ© du responsable du traitement, finalitĂ© du traitement, type de donnĂ©es collectĂ©es, droit de retirer le consentement et Ă©ventuel transfert des donnĂ©es hors UE) de maniĂšre Ă  pouvoir dĂ©cider en toute connaissance de cause. L'information doit ĂȘtre communiquĂ©e en des termes clairs et facilement comprĂ©hensibles.
  • Le consentement doit ĂȘtre spĂ©cifique : si le traitement comporte plusieurs finalitĂ©s (ex : gestion de clientĂšle, enquĂȘte de satisfaction, opĂ©ration de prospection), la personne concernĂ©e doit pouvoir donner son consentement de façon indĂ©pendante pour l’une ou l’autre de ces finalitĂ©s.
  • Le consentement doit ĂȘtre univoque : il doit ĂȘtre donnĂ© par un acte dĂ©libĂ©rĂ©, sans aucune ambiguĂŻtĂ©. Il peut ĂȘtre recueilli, par exemple, au moyen d'une dĂ©claration Ă©crite ou orale ou via le cochage d'une case par voie Ă©lectronique (ex : « J’accepte que mon adresse Ă©lectronique soit rĂ©utilisĂ©e Ă  des fins de prospection commerciale par courrier Ă©lectronique ».

En revanche, l'utilisation de cases de consentement cochées par défaut est interdite. De plus, le silence de la personne concernée (ex : la personne visite le site internet sans accepter ou refuser les cookies) ne vaut pas consentement.

💡 À noter

Le responsable du traitement doit ĂȘtre en mesure de dĂ©montrer que la personne concernĂ©e a donnĂ© son consentement libre, Ă©clairĂ©, spĂ©cifique et univoque.

La personne concernĂ©e doit Ă©galement avoir le droit de retirer son consentement Ă  tout moment, et aussi facilement qu'elle l'a donnĂ©. Par exemple, lorsque le consentement est obtenu par voie Ă©lectronique uniquement par un clic, une frappe ou en balayant l’écran, la personne concernĂ©e doit pouvoir retirer ce consentement de la mĂȘme maniĂšre.

Le fait d'obliger la personne concernée à suivre un cheminement complexe via des liens vers des documents électroniques ou le fait de la contraindre à saisir un mot de passe ne respecte pas l'exigence de pouvoir retirer son consentement de maniÚre aussi simple qu'on l'a donné.

Lorsqu'une personne concernée retire son consentement, le responsable du traitement doit cesser tous les traitements qui se fondent sur celui-ci. Toutefois, les opérations réalisées sur la base d'un consentement donné valablement avant le retrait restent valables.

Lorsque le recueil de consentement est obligatoire, le traitement de donnĂ©es personnelles obtenues sans le consentement de la personne concernĂ©e est puni pĂ©nalement de 5 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende pour les entrepreneurs individuels et 1 500 000 € pour les sociĂ©tĂ©s.

Le responsable du traitement doit garantir des droits aux personnes dont les données sont collectées : droit d'accÚs, droit de rectification, droit d'effacement, droit à la portabilité des données ainsi que le droit d'opposition au traitement.

Le responsable du traitement doit permettre, à la personne qui en fait la demande, d'accéder à ses données faisant l'objet d'un traitement. La personne concernée doit pouvoir exercer ce droit, par exemple, au moyen d'un formulaire en ligne, d'une messagerie ou d'un mail de contact.

À cette occasion, le responsable doit lui fournir les informations suivantes :

  • FinalitĂ© poursuivie par le traitement : c'est-Ă -dire Ă  quoi vont servir les donnĂ©es personnelles collectĂ©es
  • Destinataires des donnĂ©es personnelles : qui va recevoir et accĂ©der aux donnĂ©es (service interne compĂ©tent, prestataire, etc.)
  • DurĂ©e de conservation des donnĂ©es personnelles
  • Droits de la personne sur ses donnĂ©es : droit de refuser le traitement, droit de rectifier et d'effacer ses donnĂ©es
  • Droit de la personne d'introduire une rĂ©clamation auprĂšs de la Cnil
  • Source d’oĂč proviennent les donnĂ©es personnelles, en cas de collecte indirecte
  • Existence d'un transfert des donnĂ©es personnelles vers un pays hors de l'Union europĂ©enne, le cas Ă©chĂ©ant.

La personne concernĂ©e doit pouvoir accĂ©der aux informations sur lesquelles le responsable du traitement s’est fondĂ© pour prendre une dĂ©cision la concernant. Par exemple, les Ă©lĂ©ments qui auraient servi Ă  un employeur pour ne pas lui accorder une promotion ou le score attribuĂ© par une banque et qui a conduit au rejet d'une demande de crĂ©dit.

Le responsable a 1 mois pour rĂ©pondre Ă  compter de la date de rĂ©ception de la demande, y compris s'il ne dispose d’aucune donnĂ©e sur la personne qui exerce son droit d’accĂšs.

Les Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre communiquĂ©s gratuitement et de maniĂšre facilement comprĂ©hensible. Les codes, sigles et abrĂ©viations utilisĂ©s doivent ĂȘtre expliquĂ©s (Ă©ventuellement par le biais d’un lexique).

Le code « Segmentation : A+ » peut signifier que la personne concernée est considérée comme un client VIP.

Le responsable du traitement peut refuser la demande d’accĂšs Ă  condition de motiver sa dĂ©cision. Dans ce cas, il doit informer le demandeur des voies et dĂ©lais de recours permettant de la contester.

Il peut Ă©galement ne pas rĂ©pondre aux demandes manifestement abusives notamment en raison de leur nombre et de leur caractĂšre rĂ©pĂ©titif ou systĂ©matique (ex : demande d’une copie intĂ©grale d’un enregistrement toutes les semaines).

Le responsable du traitement doit permettre, à la personne qui en fait la demande, de rectifier ses données inexactes dans les meilleurs délais. La personne concernée doit pouvoir compléter ses données incomplÚtes, y compris en fournissant une déclaration complémentaire.

Le responsable du traitement doit permettre, à la personne qui en fait la demande, d'obtenir l'effacement de ses données dans les meilleurs délais.

Ce « droit à l'oubli » n'est pas général, il s'applique uniquement dans les cas suivants :

  • Les donnĂ©es personnelles ne sont plus nĂ©cessaires au regard des finalitĂ©s pour lesquelles elles ont Ă©tĂ© collectĂ©es ou traitĂ©es d’une autre maniĂšre.
  • La personne concernĂ©e retire le consentement sur lequel est fondĂ© le traitement, et ce traitement n'est pas justifiĂ© par l'exĂ©cution d'un contrat (ex : contrat de vente, de location, de travail).
  • La personne concernĂ©e s’oppose au traitement et il n’existe pas de motif lĂ©gitime pour le traitement.
  • Les donnĂ©es personnelles ont fait l’objet d’un traitement illicite (ex : le consentement de la personne n'a pas Ă©tĂ© reucueilli alors qu'il Ă©tait obligatoire)
  • Les donnĂ©es personnelles doivent ĂȘtre effacĂ©es pour respecter une obligation lĂ©gale prĂ©vue par le droit de l’UE ou par le droit de l’État membre auquel le responsable du traitement est soumis.

Le responsable du traitement doit permettre, à la personne qui en fait la demande, de recevoir ses données et de les réutiliser, dans un délai raisonnable (entre 1 et 3 mois selon la complexité de la demande).

Le droit à la portabilité s'applique aux données personnelles déclarées par la personne (ex : adresse mail, nom, ùge) ainsi qu'à celles générées par son activité lorsqu'elle utilise un service ou un appareil (ex : achats enregistrés sur une carte de fidélité).

En revanche, les données personnelles qui sont dérivées, calculées ou déduites à partir des données fournies par la personne concernée (ex : profilage à des fins publicitaires) ne rentrent pas dans le périmÚtre de ce droit.

💡 À noter

Par ailleurs, ce droit concerne uniquement les données traitées à l'aide de procédés automatisés, ce qui exclut les données conservées sous format papier.

Le responsable doit communiquer gratuitement les donnĂ©es dans un format structurĂ©, couramment utilisĂ© et lisible par ordinateur. Lorsque c’est techniquement possible, la personne peut demander Ă  ce que ses donnĂ©es soient directement transmises Ă  un autre responsable de traitement.

Ce droit n’entraĂźne pas la suppression des donnĂ©es du service depuis lequel elles sont portĂ©es. De plus, il peut s’exercer Ă  tout moment, y compris si la personne veut continuer Ă  utiliser le service aprĂšs avoir exercĂ© ce droit.

Le droit Ă  la portabilitĂ© peut ĂȘtre exercĂ© dans de nombreuses situations, par exemple :

  • Services de musique ou de vidĂ©o Ă  la demande (ex : listes de lecture, contenus tĂ©lĂ©chargĂ©s)
  • RĂ©seaux sociaux (ex : liste des messages et des interactions)
  • Sites de e-commerce (ex : adresse, numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
  • Ouverture et gestion d’un compte bancaire (ex : numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, liste de transactions rĂ©alisĂ©es)
  • Services de messagerie en ligne (ex : numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, adresse courriel de rĂ©cupĂ©ration)

La Cnil recommande fortement de mettre en place une procĂ©dure interne pour rĂ©pondre aux demandes qui pourraient ĂȘtre reçues. Par exemple, prĂ©voir une fonctionnalitĂ© permettant Ă  la personne concernĂ©e de tĂ©lĂ©charger ses donnĂ©es dans un format standard lisible par un ordinateur (CSV, XML, JSON, etc.) directement depuis son compte/espace authentifiĂ©.

Le responsable du traitement peut refuser la demande de portabilité à condition de motiver sa décision. Il peut également ne pas répondre aux demandes manifestement abusives notamment en raison de leur nombre et de leur caractÚre répétitif ou systématique.

Le responsable du traitement doit permettre Ă  la personne concernĂ©e de s'opposer Ă  la rĂ©utilisation de ses donnĂ©es Ă  des fins de sollicitations, notamment commerciales, lors d’une commande ou de la signature d’un contrat.

Une case Ă  cocher, non cochĂ©e par dĂ©faut, doit leur permettre d’exprimer leur choix directement sur le formulaire ou le bon de commande Ă  remplir. La simple mention de l’existence de ce droit dans les conditions gĂ©nĂ©rales n’est pas suffisante.

Le droit d'opposition peut ĂȘtre exercĂ© par la personne seulement si le traitement est justifiĂ© par un intĂ©rĂȘt lĂ©gitime (ex : traitement mis en Ɠuvre Ă  des fins de prĂ©vention de la fraude ou visant Ă  garantir la sĂ©curitĂ© du rĂ©seau et des informations).

Au contraire, si le traitement est justifié parce que la personne concernée a donné son consentement, celle-ci devra exercer son droit au retrait du consentement et pas son droit d'opposition.

Le registre des activitĂ©s de traitement permet de recenser les traitements de donnĂ©es et d'avoir d’une vue d’ensemble des utlisations de ces donnĂ©es personnelles.

L’obligation de tenir un registre des traitements ne s'applique pas Ă  toutes les entreprises, il est nĂ©cessaire de se rĂ©fĂ©rer Ă  leur taille.

La tenue du registre est obligatoire lorsque l'entreprise procĂšde Ă  l'un des traitements suivants :

  • Traitement non occasionnel (ex : gestion de la paie, gestion des clients/prospects et des fournisseurs)
  • Traitement susceptible de comporter un risque pour les droits et libertĂ©s des personnes (ex : systĂšmes de gĂ©olocalisation, de vidĂ©osurveillance)
  • Traitement portant sur des donnĂ©es sensibles ou des donnĂ©es relatives Ă  des condamnations pĂ©nales.

En cas de doute, la Cnil recommande d'’intĂ©grer le traitement dans le registre.

Lorsque l'entreprise emploie au moins 250 salariés, la tenue d'un registre des traitements est obligatoire.

💡 À noter

Les sous-traitants doivent également tenir un registre de leurs activités impliquant le traitement de données.

Le registre doit recenser l'ensemble des traitements mis en Ɠuvre par l'entreprise.

En pratique, une fiche de registre doit ĂȘtre Ă©tablie pour chaque traitement. Chaque fiche de registre doit contenir les Ă©lĂ©ments suivants :

  • IdentitĂ© du responsable de traitement, du dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection des donnĂ©es et des sous-traitants
  • CatĂ©gories de personnes concernĂ©es (ex : client, prospect, employĂ©)
  • CatĂ©gories de donnĂ©es traitĂ©es (ex : identitĂ©, situation familiale, Ă©conomique ou financiĂšre, donnĂ©es bancaires, donnĂ©es de connexion, donnĂ©s de localisation)
  • FinalitĂ©s du traitement, c'est-Ă -dire l’objectif en vue duquel ces donnĂ©es ont Ă©tĂ© collectĂ©es
  • Destinataires des donnĂ©es, c'est-Ă -dire ceux Ă  qui les donnĂ©es ont Ă©tĂ© ou seront communiquĂ©es, y compris les sous-traitants
  • DurĂ©e de conservation des donnĂ©es, ou Ă  dĂ©faut les critĂšres permettant de la dĂ©terminer
  • Description gĂ©nĂ©rale des mesures de sĂ©curitĂ© des donnĂ©es
  • Le cas Ă©chĂ©ant, transfert des donnĂ©es vers un pays hors de l'UE.

Le RGPD impose uniquement que le registre se prĂ©sente sous une forme Ă©crite. Le format du registre est libre et peut ĂȘtre constituĂ© au format papier ou Ă©lectronique.

La CNIL met Ă  disposition des modĂšles de registre de traitement.

Toute entreprise doit assurer la sécurité des données personnelles qu'elle a collectées (données de clients, de fournisseurs, d'employés, etc.). Pour garantir un niveau de sécurité adapté au risque, de nombreuses mesures techniques et organisationnelles sont nécessaires.

La Cnil met à disposition un guide pratique sur la sécurisation des données.

Le responsable du traitement doit recenser les traitements de données personnelles (automatisés ou non) et les supports sur lesquels ces traitements reposent, c'est-à-dire :

  • les matĂ©riels (ex. : serveurs, ordinateurs portables, disques durs)
  • les logiciels (ex. : systĂšmes d’exploitation, logiciels mĂ©tier)
  • les canaux de communication logiques ou physiques (ex. : fibre optique, Wi-Fi, Internet, Ă©changes verbaux, coursiers)
  • les supports papier (ex. : documents imprimĂ©s, photocopies)
  • les locaux et installations physiques oĂč se situent les Ă©lĂ©ments prĂ©cĂ©demment citĂ©s (ex. : locaux informatiques, bureaux).

Ce recensement permet d'apprécier les risques engendrés par chaque traitement, notamment :

  • AccĂšs illĂ©gitime Ă  des donnĂ©es (ex : usurpation d’identitĂ© consĂ©cutive Ă  la divulgation des fiches de paie de l’ensemble des salariĂ©s d’une entreprise)
  • Modification non dĂ©sirĂ©e de donnĂ©es (ex : accusation Ă  tort d’une personne d’une faute ou d’un dĂ©lit suite Ă  la modification de journaux d’accĂšs)
  • Disparition de donnĂ©es (ex : non-dĂ©tection d’une interaction mĂ©dicamenteuse du fait de l’impossibilitĂ© d’accĂ©der au dossier Ă©lectronique du patient).

Le responsable du traitement doit identifier les sources de risques en prenant en compte des sources humaines (ex : administrateur informatique, utilisateur, attaquant externe, concurrent) et non humaines (ex : eau, épidémie, matériaux dangereux, virus informatique non ciblé).

Il doit Ă©galement estimer la gravitĂ© et la vraisemblance des risques (exemple d’échelle utilisable pour l’estimation : nĂ©gligeable, modĂ©rĂ©e, importante, maximale) pour ainsi dĂ©terminer les mesures Ă  mĂȘme de traiter chaque risque (ex : contrĂŽle d’accĂšs, sauvegardes, traçabilitĂ©, sĂ©curitĂ© des locaux, chiffrement, anonymisation).

Le responsable du traitement doit sensibiliser les utilisateurs sur les enjeux en matiÚre de sécurité et de vie privée. Pour ce faire, il peut organiser une séance de sensibilisation, envoyer réguliÚrement les mises à jour des procédures pertinentes pour les personnes selon leurs fonctions, faire des rappels par messagerie électronique, etc.

Le responsable doit documenter les procĂ©dures d’exploitation, les tenir Ă  jour et les rendre disponibles Ă  tous les utilisateurs concernĂ©s. ConcrĂštement, toute action sur un traitement de donnĂ©es personnelles, qu’il s’agisse d’une opĂ©ration d’administration ou de la simple utilisation d’une application, doit ĂȘtre expliquĂ©e dans un langage clair et adaptĂ© Ă  chaque catĂ©gorie d’utilisateurs, dans des documents auxquels ces derniers peuvent se rĂ©fĂ©rer.

De plus, il doit rédiger une charte informatique, annexée au rÚglement intérieur, comportant les informations suivantes :

  • RĂšgles de protection des donnĂ©es et sanctions encourues en cas de manquement
  • Champ d'application de la charte (ex : modalitĂ©s d'intervention des Ă©quipes chargĂ©es de la gestion des donnĂ©es, moyens d'authentification, rĂšgles de sĂ©curitĂ©)
  • ModalitĂ©s d’utilisation des moyens informatiques mis Ă  disposition (poste de travail, espace de stockage, accĂšs Ă  internet, messagerie Ă©lectronique...)
  • Conditions d’administration du systĂšme d’information
  • ResponsabilitĂ©s et sanctions encourues en cas de non respect de la charte.
💡 À noter

Il peut ĂȘtre judicieux de prĂ©voir la signature d’un engagement de confidentialitĂ©, ou de prĂ©voir dans les contrats de travail une clause de confidentialitĂ© spĂ©cifique concernant les donnĂ©es personnelles. Un modĂšle d'engagement de confidentialitĂ© est mis Ă  disposition par la Cnil.

Je soussigné/e Monsieur/Madame __________, exerçant les fonctions de _______ au sein de la société ________ (ci-aprÚs dénommée « la Société »), étant à ce titre amené/e à accéder à des données à caractÚre personnel, déclare

reconnaßtre la confidentialité desdites données.

Je m’engage par consĂ©quent, conformĂ©ment Ă  l’article 32 du rĂšglement gĂ©nĂ©ral sur la protection des donnĂ©es du 27 avril 2016, Ă  prendre toutes prĂ©cautions conformes Ă  l’état de l’art et aux rĂšgles internes dans le cadre de mes attributions

afin de protĂ©ger la confidentialitĂ© des informations auxquelles j’ai accĂšs, et en particulier d’empĂȘcher qu’elles ne soient communiquĂ©es Ă  des personnes non expressĂ©ment autorisĂ©es Ă  recevoir ces informations.

Je m’engage en particulier à :

  • ne pas utiliser les donnĂ©es auxquelles je peux accĂ©der Ă  des fins autres que celles prĂ©vues par mes attributions ;
  • ne divulguer ces donnĂ©es qu’aux personnes dĂ»ment autorisĂ©es, en raison de leurs fonctions, Ă  en recevoir communication, qu’il s’agisse de personnes privĂ©es, publiques, physiques ou morales ;
  • ne faire aucune copie de ces donnĂ©es sauf Ă  ce que cela soit nĂ©cessaire Ă  l’exĂ©cution de mes fonctions ;
  • prendre toutes les mesures conformes Ă  l’état de l’art et aux rĂšgles internes dans le cadre de mes attributions afin d’éviter l’utilisation dĂ©tournĂ©e ou frauduleuse de ces donnĂ©es ;
  • prendre toutes prĂ©cautions conformes Ă  l’état de l’art et aux rĂšgles internes pour prĂ©server la sĂ©curitĂ© physique et logique de ces donnĂ©es ;
  • m’assurer, dans la limite de mes attributions, que seuls des moyens de communication sĂ©curisĂ©s seront utilisĂ©s pour transfĂ©rer ces donnĂ©es ;
  • en cas de cessation de mes fonctions, restituer intĂ©gralement les donnĂ©es, fichiers informatiques et tout support d’information relatif Ă  ces donnĂ©es.

Cet engagement de confidentialitĂ©, en vigueur pendant toute la durĂ©e de mes fonctions, demeurera effectif, sans limitation de durĂ©e, aprĂšs la cessation de mes fonctions, quelle qu’en soit la cause, dĂšs lors que cet engagement concerne l’utilisation

et la communication de données à caractÚre personnel.

J’ai Ă©tĂ© informĂ© que toute violation du prĂ©sent engagement m’expose Ă  des sanctions disciplinaires et pĂ©nales conformĂ©ment Ă  la rĂšglementation en vigueur, notamment au regard des articles 226-13 et 226-16 Ă  226-24 du code pĂ©nal.

Fait Ă  _____, le jj/mm/aaaa, en X exemplaires

Nom :

Signature :

Pour assurer qu’un utilisateur accĂšde uniquement aux donnĂ©es dont il a besoin, il doit ĂȘtre dotĂ© d’un identifiant qui lui est propre et doit s’authentifier avant toute utilisation des moyens informatiques.

Une prĂ©caution indispensable consiste Ă  dĂ©finir un identifiant unique par utilisateur et interdire les comptes partagĂ©s entre plusieurs utilisateurs. Dans le cas oĂč l’utilisation d’identifiants gĂ©nĂ©riques ou partagĂ©s est incontournable, il est nĂ©cessaire de mettre Ɠuvre les mesures suviantes :

  • Exiger une validation de la hiĂ©rarchie
  • Mettre en Ɠuvre des moyens pour tracer les actions associĂ©es Ă  ces identifiants
  • Renouveler le mot de passe dĂšs qu’une personne n’a plus besoin d’accĂ©der au compte.
💡 À noter

En cas d'authentification des utilisateurs basée sur des mots de passe, il est conseillé de suivre les recommandations de la Cnil.

Le responsable du traitement doit gĂ©rer l'habilitation des utilisateurs afin de limiter leur accĂšs aux seules donnĂ©es dont ils ont besoin pour l’accomplissement de leurs missions.

Le responsable est d'abord amenĂ© Ă  dĂ©finir des profils d’habilitation dans les systĂšmes en sĂ©parant les tĂąches et les domaines de responsabilitĂ© et faire valider toute demande d’habilitation par un responsable (ex : supĂ©rieur hiĂ©rarchique, chef de projet).

Il est impĂ©ratif de supprimer les permissions d’accĂšs des utilisateurs dĂšs qu’ils ne sont plus habilitĂ©s Ă  accĂ©der Ă  un local ou Ă  une ressource informatique (ex : changement de mission ou de poste), ainsi qu’à la fin de leur contrat.

💡 À noter

Il est recommandé de réaliser une revue réguliÚre des habilitations (au moins une fois par an) pour identifier et supprimer les comptes non utilisés et réaligner les droits accordés sur les fonctions de chaque utilisateur.

Le responsable du traitement doit Ă©galement tracer les opĂ©rations afin de pouvoir rĂ©agir en cas de violation de donnĂ©es (atteinte Ă  la confidentialitĂ©, l’intĂ©gritĂ© ou la disponibilitĂ©).

Pour ce faire, il est nĂ©cessaire de mettre en place un systĂšme de journalisation, c’est-Ă -dire un enregistrement des activitĂ©s mĂ©tier des utilisateurs, des interventions techniques (y compris par les administrateurs), des anomalies et des Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  la sĂ©curitĂ©.

Le responsable du traitement doit s’assurer que les gestionnaires de l'enregistrement des opĂ©rations lui notifient toute anomalie ou tout incident de sĂ©curitĂ©, dans les plus brefs dĂ©lais.

💡 À noter

L'Anssi met à disposition un guide des bonnes pratiques pour établir un systÚme de journalisation efficace et sécurisé.

Les risques d’intrusion dans les systĂšmes informatiques sont importants. Le responsable du traitement doit protĂ©ger les postes de travail qui constituent un des principaux points d’entrĂ©e.

Afin de prĂ©venir les accĂšs frauduleux, l’exĂ©cution de virus ou les prises de contrĂŽle malveillantes Ă  distance, le responsable du traitement doit prendre les prĂ©cautions suivantes :

  • PrĂ©voir un mĂ©canisme de verrouillage automatique de session en cas de non-utilisation du poste pendant un temps donnĂ©
  • Installer un « pare-feu » (« firewall ») logiciel sur le poste et limiter l’ouverture des ports de communication Ă  ceux strictement nĂ©cessaires au bon fonctionnement des applications installĂ©es sur le poste de travail
  • Utiliser des antivirus rĂ©guliĂšrement mis Ă  jour et prĂ©voir une politique de mise Ă  jour rĂ©guliĂšre des logiciels
  • Effacer de façon sĂ©curisĂ©e les donnĂ©es prĂ©sentes sur un poste avant sa rĂ©affectation Ă  une autre personne.
💡 À noter

Le Centre gouvernemental de veille, d’alerte et de rĂ©ponse aux attaques informatiques (CERT-FR) dĂ©taille les bons rĂ©flexes Ă  adopter en cas d’intrusion sur un systĂšme d’information.

Les pratiques de travail hors des locaux (ex : dĂ©placements, tĂ©lĂ©travail) comportent des risques spĂ©cifiques liĂ©s Ă  l’usage d’ordinateurs portables, de clĂ©s USB ou encore de smartphones. Il est donc indispensable d'anticiper l’atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es Ă  l'extĂ©rieur des locaux.

Le responsable du traitement doit sensibiliser les utilisateurs aux risques spĂ©cifiques liĂ©s Ă  l’utilisation d’outils informatiques mobiles (ex : vol de matĂ©riel, risques liĂ©s Ă  la connexion aux rĂ©seaux publics) et imposer l'utilisation d'un VPN Ă  authentification forte.

Il est également recommandé de prévoir des moyens de chiffrement des postes nomades et des supports de stockage mobiles (ex : ordinateur portable, clés USB, disque dur externes, CD-R, DVD-RW), tels que :

  • Le chiffrement du disque dur (de nombreux systĂšmes d'exploitation intĂšgrent une telle fonctionnalitĂ©)
  • Le chiffrement fichier par fichier
  • La crĂ©ation de conteneurs (fichier susceptible de contenir plusieurs fichiers) chiffrĂ©s.
💡 À noter

La CNIL rappelle les grands principes de la cryptologie (chiffrement, hachage, signature).

Le responsable du traitement doit effectuer des sauvegardes rĂ©guliĂšres pour limiter l’impact d’une disparition ou d'une altĂ©ration non dĂ©sirĂ©e de donnĂ©es. Il est Ă©galement recommandĂ© de stocker au moins une sauvegarde sur un site extĂ©rieur et d'isoler une sauvegarde hors ligne, dĂ©connectĂ©e du rĂ©seau de l'entreprise.

Par ailleurs, le responsable doit archiver les donnĂ©es qui ne sont plus utilisĂ©es au quotidien mais qui n’ont pas encore atteint leur durĂ©e limite de conservation, par exemple parce qu’elles sont conservĂ©es afin d’ĂȘtre utilisĂ©es en cas de litige.

Pour ce faire, il doit définir un processus de gestion des archives qui appelent plusieurs questions, notamment :

  • Quelles donnĂ©es doivent ĂȘtre archivĂ©es ?
  • Comment et oĂč sont-elles stockĂ©es ?
  • Quelles sont les modalitĂ©s d’accĂšs spĂ©cifiques aux donnĂ©es archivĂ©es ? (l’utilisation d’une archive doit intervenir de maniĂšre ponctuelle et exceptionnelle)
  • S’agissant de la destruction des archives, quel mode opĂ©ratoire faut-il choisir pour garantir que l’intĂ©gralitĂ© d’une archive a Ă©tĂ© dĂ©truite ?
💡 À noter

La CNIL a établi une liste de recommandations concernant les modalités d'archivage électronique.

Les traitements de données réalisés par un sous-traitant pour le compte du responsable de traitement doivent bénéficier de garanties suffisantes, notamment en matiÚre de sécurité.

Il est impĂ©ratif de faire appel uniquement Ă  des sous-traitants prĂ©sentant des garanties suffisantes, notamment en termes de connaissances spĂ©cialisĂ©es, de fiabilitĂ© et de ressources. Le responsable doit exiger la communication par le prestataire de sa politique de sĂ©curitĂ© des systĂšmes d’information et de ses Ă©ventuelles certifications.

Un contrat de sous-traitance doit dĂ©finir l’objet, la durĂ©e, la finalitĂ© du traitement ainsi que les obligations des parties, notamment en termes de sĂ©curitĂ© des traitements. Il doit contenir des dispositions fixant les Ă©lĂ©ments suivants :

  • RĂ©partition des responsabilitĂ©s et des obligations en matiĂšre de confidentialitĂ© des donnĂ©es personnelles confiĂ©es
  • Contraintes minimales en matiĂšre d’authentification des utilisateurs
  • Conditions de restitution et de destruction des donnĂ©es en fin du contrat
  • RĂšgles de gestion et de notification des incidents. Celles-ci doit comprendre une information du responsable de traitement en cas de dĂ©couverte de faille de sĂ©curitĂ© ou d’incident de sĂ©curitĂ©.
💡 À noter

La CNIL a publié un guide pour accompagner les sous-traitants dans la mise en oeuvre concrÚte de leurs obligations.

Les mesures permettant de garantir la sécurité des données étant nombreuses, il est opportun d'évaluer le niveau de sécurité des données personnelles de l'entreprise. La CNIL met à disposition une grille d'évaluation.

Les mesures techniques et organisationnelles mises en Ɠuvre par le responsable de traitement doivent ĂȘtre appropriĂ©es, compte tenu de la nature, de la portĂ©e, du contexte et des finalitĂ©s du traitement ainsi que des risques (dont le degrĂ© de probabilitĂ© et de gravitĂ© varie) pour les droits et libertĂ©s des personnes.

En cas de violation de donnĂ©es (ex : divulgation non autorisĂ©e, accĂšs irrĂ©gulier), le responsable de traitement doit ĂȘtre en mesure de prouver qu'il a pris les mesures de sĂ©curitĂ© adĂ©quates.

Le responsable de traitement peut recourir à un sous-traitant chargé de traiter les données personnelles pour son compte.

Il peut s'agir d'un prestataire de service informatique (ex : hébergement, maintenance), d'une entreprise de sécurité informatique voire d'une agence de marketing ou de communication traitant les données personnelles pour le compte du responsable de traitement.

Pour encadrer leur relation, le responsable de traitement et son sous-traitant doivent conclure un contrat de sous-traitance.

Le responsable de traitement et le sous-traitant doivent conclure un contrat incluant les mentions obligatoires suivantes :

  • Objet du contrat, c'est-Ă -dire l'activitĂ© du sous-traitant (ex : hĂ©bergement de donnĂ©es, routage d'emails, maintenance)
  • Nature, finalitĂ© et durĂ©e du traitement
  • Type de donnĂ©es personnelles collectĂ©es et catĂ©gories de personnes concernĂ©es
  • Obligations et droits du responsable du traitement
  • Obligations et droits du sous-traitant.

Pour faciliter la rédaction de ce contrat, les parties peuvent y insérer certaines clauses contractuelles types (CCT) rédigées par la Commission européenne. Elles fournissent un support utile pour encadrer la sous-traitance conformément aux exigences du RGPD.

💡 À noter

Toute opĂ©ration de traitement non prĂ©vue dans le contrat doit, en principe, faire l’objet d’une renĂ©gociation prĂ©alable entre les parties ou au moins d’instructions Ă©crites du responsable de traitement.

Le sous-traitant doit respecter les obligations suivantes :

  • Assurer un niveau de sĂ©curitĂ© suffisant au regard de la nature des donnĂ©es traitĂ©es
  • Conseiller le responsable de traitement (ex : l'alerter s’il estime qu’une instruction qu’il reçoit constitue une violation de la rĂ©glementation applicable)
  • Aider le responsable de traitement Ă  garantir les droits des personnes (accĂšs, rectification, effacement, portabilitĂ©)
  • Formaliser Ă  l'Ă©crit les instructions dĂ©livrĂ©es par le responsable de traitement
  • Tenir un registre des activitĂ©s de traitement effectuĂ©es pour le compte du responsable de traitement
  • Tenir Ă  disposition du responsable de traitement toutes les informations nĂ©cessaires pour dĂ©montrer le respect de ses obligations et permettre la rĂ©alisation d’audits
  • Veiller Ă  ce que les personnes autorisĂ©es Ă  traiter les donnĂ©es personnelles s'engagent Ă  respecter la confidentialitĂ©.

Le sous-traitant doit tenir son propre registre, recensant toutes les catĂ©gories d'activitĂ© de traitement effectuĂ©es pour le compte de ses clients (ex : hĂ©bergement de donnĂ©es, maintenance informatique, service d’envoi de messages de prospection commerciale).

En pratique, une fiche de registre doit ĂȘtre Ă©tablie pour chacune de ces catĂ©gories d’activitĂ©s. Chaque fiche de registre doit contenir les Ă©lĂ©ments suivants :

  • IdentitĂ© du sous-traitant, de son reprĂ©sentant en cas d'Ă©tablissement hors UE, de son dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection de donnĂ©es ainsi que les sous-traitants auxquels il a lui-mĂȘme recours
  • CatĂ©gories de traitements effectuĂ©s pour le compte de chacun de ses clients, c’est-Ă -dire les opĂ©rations effectivement rĂ©alisĂ©es pour leur compte. Par exemple, pour la catĂ©gorie « service d’envoi de messages de prospection », il peut s’agir de la collecte des adresses mails, de l’envoi sĂ©curisĂ© des messages, de la gestion des dĂ©sabonnements, etc.)
  • Description gĂ©nĂ©rale des mesures de sĂ©curitĂ© des donnĂ©es
  • Le cas Ă©chĂ©ant, transfert des donnĂ©es vers un pays hors de l'UE.
💡 À noter

La CNIL met Ă  disposition un guide pratique Ă  destination des sous-traitants.

Le sous-traitant doit obtenir l'autorisation Ă©crite du responsable de traitement avant de recruter un autre sous-traitant. Cette autorisation peut ĂȘtre donnĂ©e au sous-traitant au cas par cas pour chaque nouveau sous-traitant, ou avoir une portĂ©e gĂ©nĂ©rale.

La CNIL recommande de prĂ©ciser dans le contrat laquelle de ces 2 modalitĂ©s d’autorisation est choisie par les parties.

Si l’autorisation a une portĂ©e gĂ©nĂ©rale, le sous-traitant doit communiquer au responsable de traitement de la liste de ses sous-traitants ultĂ©rieurs, ainsi que tout ajout ou remplacement dans cette liste pour lui permettre de s'y opposer s’il le souhaite. Dans ce cas, la Cnil recommande de formaliser les modalitĂ©s d’information du responsable de traitement et, Ă©ventuellement, les critĂšres du choix de ces sous-traitants.

💡 À noter

Le sous-traitant doit tenir Ă  jour, dans son registre, une liste des sous-traitants auxquels il recourt.

Les entreprises réalisant des traitement de données à grande échelle doivent désigner un délégué à la protection des données, appelé le plus souvent « data protection officer (DPO) » en anglais. Le DPO est chargé d'assurer la protection des données personnelles collectées et traitées par l'entreprise qui l'emploie.

💡 À noter

La CNIL met Ă  disposition un guide pratique du DPO.

La dĂ©signation d’un DPO par l'entreprise est obligatoire dans les 2 cas suivants :

  • Les activitĂ©s principales de l'entreprise ou du sous-traitant impliquent un suivi rĂ©gulier et systĂ©matique Ă  grande Ă©chelle des personnes concernĂ©es par les opĂ©rations de traitement (ex : gĂ©olocalisation, vidĂ©osurveillance, traitement des Ă©changes bancaires).
  • Les activitĂ©s principales de l'entreprise ou du sous-traitant impliquent un traitement Ă  grande Ă©chelle de donnĂ©es sensibles ou relatives Ă  des condamnations pĂ©nales.

La notion de traitement « à grande échelle » s'analyse au cas par cas, en fonction du nombre de personnes concernées, du volume et de l'éventail des différentes données collectées, de la durée de l'activité de traitement et de la répartition géographique de l'activité de traitement.

Quelques exemples de traitements à grande échelle :

  • le traitement Ă  des fins statistiques de donnĂ©es de localisation actuelles de clients d'une chaĂźne de restauration rapide internationale par un sous-traitant spĂ©cialisĂ© dans ces services
  • le traitement de donnĂ©es de clients dans le cadre des activitĂ©s courantes d'une compagnie d'assurance ou d'une banque
  • le traitement de donnĂ©es personnelles par un moteur de recherche en vue de l'affichage de publicitĂ©s sur la base du comportement de navigation
  • le traitement de donnĂ©es personnelles (contenu, flux des donnĂ©es, localisation) par des fournisseurs de services de tĂ©lĂ©phonie et d'Internet.

À l'inverse, des exemples de traitements qui ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des traitements Ă  grande Ă©chelle :

  • le traitement de donnĂ©es de patients par un mĂ©decin indĂ©pendant
  • le traitement de donnĂ©es personnelles relatives Ă  des condamnations par un avocat.
💡 À noter

En dehors des cas de dĂ©signation obligatoire, la dĂ©signation d’un dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection des donnĂ©es est encouragĂ©e.

Les missions du délégué à la protection des données sont les suivantes :

  • Informer et conseiller le responsable du traitement ou le sous-traitant ainsi que les employĂ©s qui procĂšdent au traitement sur les obligations qui leur incombent
  • ContrĂŽler le respect du RGPD et des rĂšgles internes du responsable du traitement ou du sous-traitant en matiĂšre de protection des donnĂ©es, y compris en ce qui concerne la rĂ©partition des responsabilitĂ©s, la sensibilisation et la formation du personnel participant aux opĂ©rations de traitement
  • Dispenser des conseils et recommandations, sur demande, sur un sujet prĂ©cis en lien avec le traitement des donnĂ©es personnelles
  • CoopĂ©rer avec la Cnil et faire office de point de contact sur les questions relatives au traitement.
💡 À noter

Le délégué à la protection des données est soumis à une obligation de confidentialité en ce qui concerne l'exercice de ses missions.

Le responsable de traitement peut dĂ©signer un DPO en interne ou un prestataire externe proposant ses services de DPO. Il doit s’assurer que le DPO dispose de connaissances spĂ©cialisĂ©es du droit et des pratiques en matiĂšre de protection des donnĂ©es. Il doit prendre en compte les formations suivies par la personne pressentie, ainsi que son expĂ©rience et sa connaissance du secteur.

La Cnil a mis en place une procédure de certification des compétences du DPO. La procédure n'est pas obligatoire mais permet au DPO l'ayant suivie de justifier qu'il répond aux exigences de compétences. Les certifications sont délivrées par des organismes certificateurs agréés par la CNIL.

💡 À noter

Pour vĂ©rifier qu’un DPO est vĂ©ritablement certifiĂ©, le responsable de traitement peut contacter l’organisme ayant attribuĂ© la certification. La CNIL publie une liste des organismes de certification agréés.

Lorsqu'il a choisi le DPO de l'entreprise, le responsable de traitement doit remplir le formulaire de désignation en ligne pour en informer la CNIL.

Le responsable du traitement doit permettre au DPO d’exercer ses missions de contrĂŽle, de conseil et de point de contact en toute indĂ©pendance. L'indĂ©pendance doit ĂȘtre garantie de la maniĂšre suivante :

  • Le DPO ne doit pas ĂȘtre en situation de conflit d’intĂ©rĂȘts en cas de cumul de sa fonction de DPO avec une autre fonction. Par exemple, il y a conflit d'intĂ©rĂȘts lorsque le DPO se voit confier des missions dans lesquelles il dĂ©termine les finalitĂ©s et les moyens du traitement.
  • Le DPO doit pouvoir rendre compte de son action au plus haut niveau de la direction de l'entreprise
  • Le DPO ne pas ĂȘtre sanctionnĂ© pour l'exercice de ses missions de DPO
  • Le DPO ne doit pas recevoir d’instruction dans le cadre de l’exercice de ses missions de DPO.

De plus, le DPO doit disposer du temps suffisant ainsi que des moyens matĂ©riels et humains adĂ©quats pour exercer sa mission. Il doit bĂ©nĂ©ficier du soutien actif de la direction et ĂȘtre associĂ© en amont Ă  tous les projets impliquant des donnĂ©es personnelles.

💡 À noter

Le DPO peut exercer sa fonction de dĂ©lĂ©guĂ© Ă  temps partiel, en complĂ©ment d’autres activitĂ©s pour l’organisme (en interne) ou pour d’autres clients (en externe).

Une entreprise qui ne dĂ©signe pas DPO lorsque cette dĂ©signation est obligatoire s’expose aux sanctions de la Cnil :

  • Rappel Ă  l’ordre
  • Injonction Ă  se mettre en conformitĂ©
  • Amende administrative pouvant s’élever jusqu’à 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’exercice prĂ©cĂ©dent, le montant le plus Ă©levĂ© Ă©tant retenu.

Pour s’assurer de la conformitĂ© de son traitement au RGPD, l'entreprise peut ĂȘtre amenĂ©e Ă  rĂ©aliser une analyse d'impact relative Ă  la protection des donnĂ©es (AIPD). Cette procĂ©dure permet d’évaluer Ă  la fois les risques encourus et la maniĂšre dont ils peuvent ĂȘtre maĂźtrisĂ©s.

La réalisation d'une analyse d'impact est obligatoire lorsque le traitement de données présente un risque élevé pour les droits et libertés des personnes concernées, c'est-à-dire :

  • Soit le traitement figure dans la liste des traitements pour lesquels la CNIL a estimĂ© obligatoire de rĂ©aliser une analyse d’impact.
  • Soit le traitement remplit au moins 2 des critĂšres suivants :Ă©valuation/scoring (y compris le profilage)dĂ©cision automatique avec effet lĂ©gal ou similairesurveillance systĂ©matiquecollecte de donnĂ©es sensiblescollecte de donnĂ©es personnelles Ă  large Ă©chellecroisement de donnĂ©espersonnes vulnĂ©rables (patients, personnes ĂągĂ©es, enfants, etc.)usage innovant (utilisation d’une nouvelle technologie)exclusion du bĂ©nĂ©fice d’un droit/contrat.

Une entreprise met en place un traitement publicitaire visant Ă  collecter les donnĂ©es de gĂ©olocalisation de plusieurs millions d’individus pour crĂ©er des profils publicitaires et leur afficher de la publicitĂ© ciblĂ©e en fonction de leurs dĂ©placements.

Ce traitement remplit le critĂšre de la collecte Ă  grande Ă©chelle et celui de la collecte de donnĂ©es sensibles (donnĂ©es de localisation). Ainsi, la rĂ©alisation d’une AIPD sera nĂ©cessaire.

L'AIPD doit ĂȘtre menĂ©e avant la mise en Ɠuvre du traitement. Elle doit ĂȘtre dĂ©marrĂ©e le plus en amont possible et sera mise Ă  jour tout au long du cycle de vie du traitement.

L'analyse d'impact doit contenir au minimum les informations suivantes :

  • Description systĂ©matique des opĂ©rations de traitement envisagĂ©es et les finalitĂ©s du traitement, y compris, le cas Ă©chĂ©ant, l'intĂ©rĂȘt lĂ©gitime poursuivi par le responsable du traitement
  • Évaluation de la nĂ©cessitĂ© et de la proportionnalitĂ© des opĂ©rations de traitement au regard des finalitĂ©s
  • Évaluation des risques sur les droits et libertĂ©s des personnes concernĂ©es
  • Mesures envisagĂ©es pour faire face aux risques, y compris les garanties, mesures et mĂ©canismes de sĂ©curitĂ© visant Ă  assurer la protection des donnĂ©es personnelles et Ă  apporter la preuve du respect du rĂšglement.
💡 À noter

La Cnil met à disposition des guides de bonnes pratiques ainsi qu'un logiciel gratuit pour faciliter la réalisation d'une analyse d'impact.

Le responsable du traitement doit ensuite transmettre l'analyse d'impact Ă  la Cnil au moyen du service en ligne suivant :

Une entreprise qui ne rĂ©alise pas d'analyse d'impact s’expose aux sanctions de la Cnil :

  • Rappel Ă  l’ordre
  • Injonction Ă  se mettre en conformitĂ©
  • Amende administrative pouvant s’élever jusqu’à 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’exercice prĂ©cĂ©dent, le montant le plus Ă©levĂ© Ă©tant retenu.

Le transfert de données hors de l'UE consiste pour une entreprise à envoyer des données personnelles qu'elle a collectées vers un pays non membre de l'Union européenne (UE).

Le plus souvent, un transfert de données hors UE a lieu dans les 2 cas suivants :

  • L'entreprise a recours Ă  un sous-traitant Ă©tabli hors de l'UE (ex : un hĂ©bergeur de donnĂ©es Ă©tabli aux États-Unis)
  • Les entreprises d'un mĂȘme groupe Ă©changent des donnĂ©es (ex : la filiale française envoie les donnĂ©es personnelles de ses salariĂ©s au siĂšge du groupe situĂ© au Japon).

Pour qu'un transfert de données hors de l'UE soit autorisé, le pays recevant les données doit faire l'objet d'une décision d'adéquation.

Il s'agit d'une dĂ©cision adoptĂ©e par la Commission europĂ©enne qui Ă©tablit qu’un pays tier prĂ©sente un niveau de protection adĂ©quat des donnĂ©es personnelles. La Commission Ă©value ce niveau de protection Ă  partir d'Ă©lĂ©ments fixĂ©s par le RGPD (ex : la lĂ©gislation interne du pays, l’existence d’une autoritĂ© de contrĂŽle indĂ©pendante en matiĂšre de protection des donnĂ©es et les engagements internationaux pris par le pays).

La dĂ©cision d’adĂ©quation a pour effet de permettre le transfert de donnĂ©es vers le pays concernĂ©, sans exigences supplĂ©mentaires.

💡 À noter

Le transfert de donnĂ©es est libre, par exemple, vers le Royaume-Uni, le Japon, l'Argentine, la CorĂ©e du Sud ou les États-Unis (vers les entitĂ©s amĂ©ricaines certifiĂ©es). La liste des pays adĂ©quats est accessible sur le site de la CNIL.

En l’absence de dĂ©cision d'adĂ©quation, le responsable de traitement doit mettre en place des « garanties appropriĂ©es » avant de transfĂ©rer les donnĂ©es hors de l'UE. Il peut s'agir des garanties suivantes :

  • Conclure un contrat incluant des clauses contractuelles types (CCT) de la Commission europĂ©enne. Ces clauses fournissent un support utile pour encadrer le transfert hors UE, conformĂ©ment aux exigences du RGPD.
  • Établir des rĂšgles d'entreprise contraignantes (Binding Corporate Rules (BCR) en anglais). Pour les multinationales effectuant de nombreux transfert de donnĂ©es, ces rĂšgles dĂ©signent une politique de protection des donnĂ©es intra-groupe permettant d’unifier les garanties concernant les traitements de donnĂ©es personnelles offertes par leurs filiales dans le monde entier.
  • AdhĂ©rer Ă  un code de conduite. Le code est un outil mis en place par une organisation reprĂ©sentative d’un secteur d’activitĂ©. Il met en lumiĂšre les bonnes pratiques du secteur avec, par exemple, des mentions d’information type, des modĂšles de clauses contractuelles ou des prĂ©conisations en matiĂšre de mesures de sĂ©curitĂ©, dans un vocabulaire adaptĂ© au secteur. Le code est juridiquement contraignant pour ses adhĂ©rents.
💡 À noter

S’il existe un risque que ces garanties ne soient pas effectives, l’exportateur de donnĂ©es doit mettre en place des mesures supplĂ©mentaires afin d’assurer l’effectivitĂ© des garanties.

En l’absence de dĂ©cision d'adĂ©quation ou de garanties appropriĂ©es, le transfert peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© par dĂ©rogation, dans des situations particuliĂšres :

  • La personne concernĂ©e a donnĂ© son consentement explicite au transfert envisagĂ©, aprĂšs avoir Ă©tĂ© informĂ©e des risques que ce transfert pouvait comporter pour elle
  • Le transfert est nĂ©cessaire Ă  l'exĂ©cution d'un contrat entre la personne concernĂ©e et le responsable du traitement ou Ă  la mise en Ɠuvre de mesures prĂ©contractuelles prises Ă  sa demande
  • Le transfert est nĂ©cessaire Ă  la conclusion ou Ă  l'exĂ©cution d'un contrat conclu dans l'intĂ©rĂȘt de la personne concernĂ©e entre le responsable du traitement et une autre personne physique ou morale
  • Le transfert est nĂ©cessaire pour des motifs importants d'intĂ©rĂȘt public
  • Le transfert est nĂ©cessaire Ă  la constatation, Ă  l'exercice ou Ă  la dĂ©fense de droits en justice
  • Le transfert est nĂ©cessaire Ă  la sauvegarde des intĂ©rĂȘts vitaux de la personne concernĂ©e ou d'autres personnes, lorsque la personne concernĂ©e se trouve dans l'incapacitĂ© physique ou juridique de donner son consentement
  • Le transfert a lieu au dĂ©part d'un registre qui est lĂ©galement destinĂ© Ă  fournir des informations au public et est ouvert Ă  la consultation du public ou de toute personne justifiant d'un intĂ©rĂȘt lĂ©gitime.

Lorsqu'aucune de ces situations n'est applicable, un transfert vers un pays tier est tout de mĂȘme autorisĂ© si les conditions suivantes sont respectĂ©es :

  • Le transfert n'a pas un caractĂšre rĂ©pĂ©titif et ne touche qu'un nombre limitĂ© de personnes concernĂ©es
  • Le transfert est nĂ©cessaire aux fins des intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes poursuivis par le responsable du traitement sur lesquels ne prĂ©valent pas les intĂ©rĂȘts ou les droits et libertĂ©s de la personne concernĂ©e
  • Le responsable du traitement a Ă©valuĂ© toutes les circonstances entourant le transfert de donnĂ©es et a offert, sur la base de cette Ă©valuation, des garanties appropriĂ©es en ce qui concerne la protection des donnĂ©es personnelles.

📍 À Mairie de Villasavary

Mairie de Villasavary 42 Rue du Barry11150 Villasavary📞 04 68 11 93 95✉ mairie@villasavary.fr🕐 Du lundi au vendredi de 8h00 Ă  12h00