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Constitution de partie civile par une association

VĂ©rifiĂ© le 14/04/2025 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

La constitution de partie civile est une demande d'indemnisation des prĂ©judices subis pour une personne qui a Ă©tĂ© victime d'une ou plusieurs infractions. Vous voulez savoir si une association peut se constituer partie civile pour elle-mĂȘme ou pour une victime, et pour quelles infractions elle peut le faire ? Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Une association qui dĂ©fend des intĂ©rĂȘts collectifs de portĂ©e gĂ©nĂ©rale (par exemple, racisme, aide aux victimes) peut se constituer partie civile sous certaines conditions. Elle peut Ă©galement se constituer partie civile pour soutenir une ou plusieurs victimes nommĂ©ment dĂ©signĂ©es Ă  la suite d'infractions entrant dans son objet social.

Enfin, une association peut se constituer partie civile pour la dĂ©fense de ses intĂ©rĂȘts propres Ă  la condition de justifier d'un prĂ©judice rĂ©sultant des Ă©lĂ©ments constitutifs de l'infraction.

Les associations ayant pour objet social l'un des buts suivants peuvent se constituer partie civile :

  • Lutte contre le racisme ou les discrimination fondĂ©es sur l'origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse, le sexe, les mƓurs, l'orientation sexuelle ou l'identitĂ© de genre
  • Lutte contre les violences sexuelles et le harcĂšlement sexuel
  • DĂ©fense des enfants victimes de maltraitances
  • Lutte contre les crimes contre l'humanitĂ© ou les crimes de guerre
  • DĂ©fense des personnes malades, handicapĂ©es ou ĂągĂ©es
  • Assistance des victimes de terrorisme
  • Lutte contre l'exclusion et la pauvretĂ©
  • DĂ©fense des anciens combattants et victimes de guerre
  • Lutte contre la dĂ©linquance routiĂšre
  • DĂ©fense et protection des animaux
  • DĂ©fense de la langue française
  • DĂ©fense des victimes d'un accident collectifs
  • Lutte contre la toxicomanie ou le trafic de stupĂ©fiants
  • DĂ©fense des victimes des dĂ©rives sectaires
  • DĂ©fense des victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelles
  • DĂ©fense des locataires, propriĂ©taires et bailleurs d'immeubles d'habitation
  • Protection du patrimoine mobilier, immobilier et immatĂ©riel
  • DĂ©fense des entreprises et des salariĂ©s
  • Lutte contre l'esclavage, la traite des ĂȘtres humains et le proxĂ©nĂ©tisme
  • Lutte contre la corruption
  • DĂ©fense des victimes de bizutage
  • DĂ©fense de la mĂ©moire de l’esclavage
  • Lutte contre le racisme, la xĂ©nophobie et l'antisĂ©mitisme
  • PrĂ©vention de la violence Ă  l'occasion de manifestations sportives
  • Lutte contre l'alcoolisme
  • Lutte contre le tabagisme
  • Lutte contre les addictions aux jeux d'argent et de hasard
  • DĂ©fense des droits des femmes Ă  accĂ©der Ă  la contraception et Ă  l'interruption de grossesse.

Les associations suivantes peuvent Ă©galement se constituer partie civile pour dĂ©fendre un intĂ©rĂȘt collectif :

  • Association de consommateurs
  • Association familiales
  • Association dĂ©partementale des maires dans toutes les instances introduites par les Ă©lus municipaux Ă  la suite d'injures, d'outrages, de diffamations, de menaces ou de coups et blessures du fait de leurs fonctions.

Toute fondation reconnue d'utilitĂ© publique peut se porter partie civile dans les mĂȘmes conditions et sous les mĂȘmes rĂ©serves que l'ensemble de ces associations.

Une association peut se constituer partie civile, uniquement, pour des infractions limitativement énumérées par la loi.

  • Association de lutte contre le racisme pour des faits de provocation Ă  la discrimination, Ă  la haine ou Ă  la violence raciale
  • Association de dĂ©fense des droits des femmes en cas de violences sexistes, harcĂšlement sexuel, atteintes sexuelles,...
  • Association de protection des animaux en cas de mauvais traitements ou d’actes de cruautĂ© envers les animaux
  • Association de dĂ©fense des consommateurs agréée pour des infractions telles que des pratiques commerciales trompeuses, des clauses abusives, de la publicitĂ© mensongĂšre
  • Association de protection de l'environnement agréée en cas d’infractions environnementales : par exemple, pollution, atteinte Ă  la faune, braconnage.

Pour pouvoir se constituer partie civile, l'association doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e et publiĂ©e.

De plus, dans certains cas, elle doit remplir une ou plusieurs conditions (ancienneté, agrément, inscription auprÚs d'un ministÚre ou d'un organisme).

En principe, si une association subit un préjudice direct et personnel (par exemple, dégradation de ses locaux, vol de matériel), elle peut se constituer partie civile sans condition d'ancienneté.

Toutefois, lorsque l'objet social de l'association vise Ă  protĂ©ger certains domaines (racisme, agressions sexuelles,...), l'association doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e depuis au moins 5 ans Ă  la date des faits pour lesquels elle se constitue partie civile.

Pour une association de lutte contre la corruption, la durĂ©e de 5 ans doit ĂȘtre justifiĂ©e Ă  la date de la constitution de partie civile.

Pour les syndicats professionnels et de salariĂ©s et toute association de dĂ©fense des intĂ©rĂȘts collectifs des entreprises et des salariĂ©s, l'anciennetĂ© exigĂ©e Ă  la date des faits est de 2 ans.

Une association de lutte contre le racisme, la xĂ©nophobie et l'antisĂ©mitisme doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e depuis au moins 3 ans au moment des faits.

Une association non agréée déclarée depuis au moins 5 ans, ayant pour objet la protection de l'eau et des milieux aquatiques et marins, peut se constituer partie civile pour des faits constituant une infraction aux dispositions applicables à l'eau ou aux installations classées.

Une association de protection du patrimoine doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e depuis au moins 3 ans.

Dans certains cas, il est exigé de l'association qu'elle ait un agrément. C'est le cas pour les associations suivantes :

  • Association de victimes de terrorisme (agrĂ©ment du ministĂšre de la justice)
  • Association de dĂ©fense de la langue française (agrĂ©ment des ministĂšres de la justice et chargĂ© de la francophonie)
  • Association de victimes d'accidents collectifs (agrĂ©ment du ministĂšre de la justice)
  • Association de protection du patrimoine (agrĂ©ment des ministĂšres de la justice et de la culture)
  • Association de lutte contre la corruption doivent ĂȘtre (agrĂ©ment du ministĂšre de la justice)
  • Association de prĂ©vention des violences lors des manifestations sportives (agrĂ©ment du ministĂšre chargĂ© des sports).

Dans certains cas, l'association doit ĂȘtre inscrite auprĂšs d'un ministĂšre ou d'un organisme. C'est le cas pour les associations ou organismes suivants :

  • Association d'anciens combattants et victimes de guerre doit ĂȘtre inscrite auprĂšs de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG)
  • Associations de dĂ©fense d'enfants victimes de maltraitances doit ĂȘtre inscrite auprĂšs du ministĂšre de la justice pour pouvoir se constituer partie civile en cas de viol ou de diffusion d'images pornographiques impliquant des mineurs
  • FĂ©dĂ©ration d'associations de dĂ©fense des victimes d'accidents collectifs doit ĂȘtre inscrite auprĂšs du ministĂšre de la justice.

Pour qu'une association puisse se constituer partie civile à la place d'une victime, il faut qu’une loi l’y autorise et que la victime soit d’accord.

Lorsque l'infraction a été commise envers une personne en particulier, l'association doit avoir l'accord de cette personne pour pouvoir se constituer partie civile.

Si elle est mineure, l'association doit avoir l'accord de ses parents ou du représentant légal.

Si la personne est décédée, l'association doit avoir l'accord de ses ayant-droits.

💡 À noter

La constitution de partie civile de l'association n‘empĂȘche pas la victime de se constituer Ă©galement partie civile.

Dans certains cas, l'association ne peut pas ĂȘtre Ă  l'origine du procĂšs pĂ©nal, mais peut s'y associer. C'est-Ă -dire que le procureur de la RĂ©publique doit, au prĂ©alable, avoir engagĂ© lui-mĂȘme, ou suite Ă  une plainte d'une victime, des poursuites pour que l'association puisse se constituer partie civile. C'est le cas, par exemple, des associations de dĂ©fense des victimes d'une infraction, d'accidents collectifs, d'accident du travail ou de maladie professionnelle.

L'association peut porter plainte avec constitution de partie civile auprĂšs du tribunal du lieu de l'infraction ou du domicile de la personne mise en cause.

Elle peut aussi se constituer partie civile auprĂšs des juridictions d'instruction ou de jugement lorsque l'action publique, c'est-Ă -dire la poursuite contre l'auteur de l'infraction, a Ă©tĂ© mise en Ɠuvre.

Une association à but non lucratif peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour couvrir tout ou partie des frais de justice. Cette aide peut inclure la prise en charge (partielle ou totale) des honoraires d'avocat et des frais liés à l'intervention d'un commissaire de justice

Pour bénéficier de l'aide juridictionnelle, l'association doit respecter les conditions suivantes :

  • Avoir son siĂšge social en France
  • Disposer de ressources insuffisantes. Le plafond de ressources applicable varie chaque annĂ©e.
  • Engager une action en justice recevable.
  • Ne pas bĂ©nĂ©ficier d’une couverture totale par une assurance de protection juridique. Si l’association dispose d’un contrat couvrant entiĂšrement les frais de justice, elle ne peut pas obtenir l'aide juridictionnelle.

L'association peut faire la demande d'aide juridictionnelle en remplissant un formulaire :

La demande d'aide juridictionnelle doit ĂȘtre adressĂ©e :

  • Si l'affaire n'est pas encore engagĂ©e, au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire correspondant Ă  la domiciliation du siĂšge social de l’association.
  • Si l’affaire est dĂ©jĂ  engagĂ©e, au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe le tribunal en charge de l’affaire.
  • Si l’affaire est portĂ©e devant une cour d’appel, au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire situĂ© dans la mĂȘme commune que la cour d'appel.
⚠ Attention

L'aide juridictionnelle peut ĂȘtre retirĂ©e aprĂšs son attribution si certaines conditions ne sont plus remplies. Notamment si la dĂ©cision de justice rendue procure des ressources suffisantes Ă  l’association ou si l’association a fait des dĂ©clarations inexactes ou incomplĂštes pour obtenir l’aide ou si l’affaire se rĂ©vĂšle abusive ou frauduleuse.

Textes de référence

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