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Particuliers — Mairie de Villasavary
Constitution de partie civile par une association
La constitution de partie civile est une demande d'indemnisation des prĂ©judices subis pour une personne qui a Ă©tĂ© victime d'une ou plusieurs infractions. Vous voulez savoir si une association peut se constituer partie civile pour elle-mĂȘme ou pour une victime, et pour quelles infractions elle peut le faire ? Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
Une association qui dĂ©fend des intĂ©rĂȘts collectifs de portĂ©e gĂ©nĂ©rale (par exemple, racisme, aide aux victimes) peut se constituer partie civile sous certaines conditions. Elle peut Ă©galement se constituer partie civile pour soutenir une ou plusieurs victimes nommĂ©ment dĂ©signĂ©es Ă la suite d'infractions entrant dans son objet social.
Enfin, une association peut se constituer partie civile pour la dĂ©fense de ses intĂ©rĂȘts propres Ă la condition de justifier d'un prĂ©judice rĂ©sultant des Ă©lĂ©ments constitutifs de l'infraction.
Les associations ayant pour objet social l'un des buts suivants peuvent se constituer partie civile :
- Lutte contre le racisme ou les discrimination fondĂ©es sur l'origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse, le sexe, les mĆurs, l'orientation sexuelle ou l'identitĂ© de genre
- Lutte contre les violences sexuelles et le harcĂšlement sexuel
- Défense des enfants victimes de maltraitances
- Lutte contre les crimes contre l'humanité ou les crimes de guerre
- Défense des personnes malades, handicapées ou ùgées
- Assistance des victimes de terrorisme
- Lutte contre l'exclusion et la pauvreté
- Défense des anciens combattants et victimes de guerre
- Lutte contre la délinquance routiÚre
- Défense et protection des animaux
- Défense de la langue française
- Défense des victimes d'un accident collectifs
- Lutte contre la toxicomanie ou le trafic de stupéfiants
- Défense des victimes des dérives sectaires
- Défense des victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelles
- Défense des locataires, propriétaires et bailleurs d'immeubles d'habitation
- Protection du patrimoine mobilier, immobilier et immatériel
- Défense des entreprises et des salariés
- Lutte contre l'esclavage, la traite des ĂȘtres humains et le proxĂ©nĂ©tisme
- Lutte contre la corruption
- Défense des victimes de bizutage
- DĂ©fense de la mĂ©moire de lâesclavage
- Lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme
- Prévention de la violence à l'occasion de manifestations sportives
- Lutte contre l'alcoolisme
- Lutte contre le tabagisme
- Lutte contre les addictions aux jeux d'argent et de hasard
- Défense des droits des femmes à accéder à la contraception et à l'interruption de grossesse.
Les associations suivantes peuvent Ă©galement se constituer partie civile pour dĂ©fendre un intĂ©rĂȘt collectif :
- Association de consommateurs
- Association familiales
- Association départementale des maires dans toutes les instances introduites par les élus municipaux à la suite d'injures, d'outrages, de diffamations, de menaces ou de coups et blessures du fait de leurs fonctions.
Toute fondation reconnue d'utilitĂ© publique peut se porter partie civile dans les mĂȘmes conditions et sous les mĂȘmes rĂ©serves que l'ensemble de ces associations.
Une association peut se constituer partie civile, uniquement, pour des infractions limitativement énumérées par la loi.
- Association de lutte contre le racisme pour des faits de provocation Ă la discrimination, Ă la haine ou Ă la violence raciale
- Association de défense des droits des femmes en cas de violences sexistes, harcÚlement sexuel, atteintes sexuelles,...
- Association de protection des animaux en cas de mauvais traitements ou dâactes de cruautĂ© envers les animaux
- Association de défense des consommateurs agréée pour des infractions telles que des pratiques commerciales trompeuses, des clauses abusives, de la publicité mensongÚre
- Association de protection de l'environnement agréée en cas dâinfractions environnementales : par exemple, pollution, atteinte Ă la faune, braconnage.
Pour pouvoir se constituer partie civile, l'association doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e et publiĂ©e.
De plus, dans certains cas, elle doit remplir une ou plusieurs conditions (ancienneté, agrément, inscription auprÚs d'un ministÚre ou d'un organisme).
En principe, si une association subit un préjudice direct et personnel (par exemple, dégradation de ses locaux, vol de matériel), elle peut se constituer partie civile sans condition d'ancienneté.
Toutefois, lorsque l'objet social de l'association vise Ă protĂ©ger certains domaines (racisme, agressions sexuelles,...), l'association doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e depuis au moins 5 ans Ă la date des faits pour lesquels elle se constitue partie civile.
Pour une association de lutte contre la corruption, la durĂ©e de 5 ans doit ĂȘtre justifiĂ©e Ă la date de la constitution de partie civile.
Pour les syndicats professionnels et de salariĂ©s et toute association de dĂ©fense des intĂ©rĂȘts collectifs des entreprises et des salariĂ©s, l'anciennetĂ© exigĂ©e Ă la date des faits est de 2 ans.
Une association de lutte contre le racisme, la xĂ©nophobie et l'antisĂ©mitisme doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e depuis au moins 3 ans au moment des faits.
Une association non agréée déclarée depuis au moins 5 ans, ayant pour objet la protection de l'eau et des milieux aquatiques et marins, peut se constituer partie civile pour des faits constituant une infraction aux dispositions applicables à l'eau ou aux installations classées.
Une association de protection du patrimoine doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e depuis au moins 3 ans.
Dans certains cas, il est exigé de l'association qu'elle ait un agrément. C'est le cas pour les associations suivantes :
- Association de victimes de terrorisme (agrément du ministÚre de la justice)
- Association de défense de la langue française (agrément des ministÚres de la justice et chargé de la francophonie)
- Association de victimes d'accidents collectifs (agrément du ministÚre de la justice)
- Association de protection du patrimoine (agrément des ministÚres de la justice et de la culture)
- Association de lutte contre la corruption doivent ĂȘtre (agrĂ©ment du ministĂšre de la justice)
- Association de prévention des violences lors des manifestations sportives (agrément du ministÚre chargé des sports).
Dans certains cas, l'association doit ĂȘtre inscrite auprĂšs d'un ministĂšre ou d'un organisme. C'est le cas pour les associations ou organismes suivants :
- Association d'anciens combattants et victimes de guerre doit ĂȘtre inscrite auprĂšs de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG)
- Associations de dĂ©fense d'enfants victimes de maltraitances doit ĂȘtre inscrite auprĂšs du ministĂšre de la justice pour pouvoir se constituer partie civile en cas de viol ou de diffusion d'images pornographiques impliquant des mineurs
- FĂ©dĂ©ration d'associations de dĂ©fense des victimes d'accidents collectifs doit ĂȘtre inscrite auprĂšs du ministĂšre de la justice.
Pour qu'une association puisse se constituer partie civile Ă la place d'une victime, il faut quâune loi lây autorise et que la victime soit dâaccord.
Lorsque l'infraction a été commise envers une personne en particulier, l'association doit avoir l'accord de cette personne pour pouvoir se constituer partie civile.
Si elle est mineure, l'association doit avoir l'accord de ses parents ou du représentant légal.
Si la personne est décédée, l'association doit avoir l'accord de ses ayant-droits.
La constitution de partie civile de l'association nâempĂȘche pas la victime de se constituer Ă©galement partie civile.
Dans certains cas, l'association ne peut pas ĂȘtre Ă l'origine du procĂšs pĂ©nal, mais peut s'y associer. C'est-Ă -dire que le procureur de la RĂ©publique doit, au prĂ©alable, avoir engagĂ© lui-mĂȘme, ou suite Ă une plainte d'une victime, des poursuites pour que l'association puisse se constituer partie civile. C'est le cas, par exemple, des associations de dĂ©fense des victimes d'une infraction, d'accidents collectifs, d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
L'association peut porter plainte avec constitution de partie civile auprĂšs du tribunal du lieu de l'infraction ou du domicile de la personne mise en cause.
Elle peut aussi se constituer partie civile auprĂšs des juridictions d'instruction ou de jugement lorsque l'action publique, c'est-Ă -dire la poursuite contre l'auteur de l'infraction, a Ă©tĂ© mise en Ćuvre.
Une association à but non lucratif peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour couvrir tout ou partie des frais de justice. Cette aide peut inclure la prise en charge (partielle ou totale) des honoraires d'avocat et des frais liés à l'intervention d'un commissaire de justice
Pour bénéficier de l'aide juridictionnelle, l'association doit respecter les conditions suivantes :
- Avoir son siĂšge social en France
- Disposer de ressources insuffisantes. Le plafond de ressources applicable varie chaque année.
- Engager une action en justice recevable.
- Ne pas bĂ©nĂ©ficier dâune couverture totale par une assurance de protection juridique. Si lâassociation dispose dâun contrat couvrant entiĂšrement les frais de justice, elle ne peut pas obtenir l'aide juridictionnelle.
L'association peut faire la demande d'aide juridictionnelle en remplissant un formulaire :
La demande d'aide juridictionnelle doit ĂȘtre adressĂ©e :
- Si l'affaire n'est pas encore engagĂ©e, au bureau dâaide juridictionnelle du tribunal judiciaire correspondant Ă la domiciliation du siĂšge social de lâassociation.
- Si lâaffaire est dĂ©jĂ engagĂ©e, au bureau dâaide juridictionnelle du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe le tribunal en charge de lâaffaire.
- Si lâaffaire est portĂ©e devant une cour dâappel, au bureau dâaide juridictionnelle du tribunal judiciaire situĂ© dans la mĂȘme commune que la cour d'appel.
L'aide juridictionnelle peut ĂȘtre retirĂ©e aprĂšs son attribution si certaines conditions ne sont plus remplies. Notamment si la dĂ©cision de justice rendue procure des ressources suffisantes Ă lâassociation ou si lâassociation a fait des dĂ©clarations inexactes ou incomplĂštes pour obtenir lâaide ou si lâaffaire se rĂ©vĂšle abusive ou frauduleuse.
Textes de référence
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : articles 1 Ă 10 â Action publique et action civile
- Code du sport : article L332-17 â Associations de prĂ©vention de la violence Ă l'occasion de manifestations sportives et de lutte contre le racisme, la xĂ©nophobie et l'antisĂ©mitisme
- Code de la santĂ© publique : article L2223-1 â Associations de dĂ©fense des droits des femmes Ă accĂ©der Ă la contraception et Ă l'interruption de grossesse
- Code de la santĂ© publique : article L3355-1 â Associations de lutte contre l'alcoolisme
- Code de la santĂ© publique : article L3515-7 â Associations de lutte contre le tabagisme
- Code du travail : article L2132-3 â CapacitĂ© civile des syndicats professionnels
- Loi n°87-588 portant diverses mesures d'ordre social : article 99 â Associations de parents d'Ă©lĂšves, de jeunesse et de dĂ©fense de l'enfance en danger
- Loi n°2010-476 relative Ă l'ouverture Ă la concurrence et Ă la rĂ©gulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne : article 9 â Associations de lutte contre les addictions aux jeux d'argent et de hasard
- Loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse â Articles 48-1 Ă 50
