Espace Particulier
Procédure de sauvegarde de l'entrepreneur individuel et du micro-entrepreneur
La procédure de sauvegarde intervient avant la constatation de la cessation des paiements. Elle s'adresse à une entreprise qui a des difficultés financiÚres qu'elle n'est pas en mesure de surmonter. La sauvegarde facilite la réorganisation de l'entreprise pour permettre la poursuite de l'activité économique, le maintien de l'emploi et le rÚglement de ses dettes.
Pour bĂ©nĂ©ficier d'une procĂ©dure de sauvegarde, l'entreprise doit justifier de difficultĂ©s qu'elle n'est pas en mesure de surmonter. Ces difficultĂ©s peuvent ĂȘtre de nature juridique (par exemple, procĂšs en cours), Ă©conomique (par exemple, baisse des commandes) ou financiĂšre (par exemple, impossibilitĂ© de rĂ©gler des factures).
L'entreprise ne doit pas ĂȘtre en Ă©tat de cessation des paiements.
Cette procédure s'adresse à toutes les entreprises individuelles, y compris les micro entrepreneurs, quelle que soit l'activité exercée : commerciale, artisanale, libérale ou agricole. La procédure de sauvegarde s'adresse aussi aux sociétés.
Pour connaßtre les seuils de chiffre d'affaires pour appliquer le régime fiscal de la micro-entreprise, vous pouvez consulter la fiche dédiée.
La sauvegarde accĂ©lĂ©rĂ©e Ă©tait rĂ©servĂ©e jusqu'Ă l'ordonnance du 15 septembre 2021 aux entreprises Ă©tablissant des comptes consolidĂ©s ou des comptes certifiĂ©s par un commissaire aux comptes ou Ă©tablis par un expert-comptable et atteignant 20 salariĂ©s ou 3 millions ⏠de CAHT ou 1,5 millions  âŹde total de bilan pour le dernier exercice clos. Ces seuils ont disparu mais en pratique, la sauvegarde accĂ©lĂ©rĂ©e semble s'appliquer aux entreprises d'une certaine taille qui doivent constituer des classes de parties affectĂ©es.
Seul le chef d'entreprise peut demander l'ouverture d'une procédure de sauvegarde.
Il doit saisir le tribunal de commerce ou le tribunal judiciaire en fonction de l'activité exercée :
Pour demander l'ouverture d'une procédure de sauvegarde, l'entrepreneur individuel doit remplir le formulaire de demande d'ouverture suivant :
Il doit préciser dans ce formulaire la procédure souhaitée :
- Soit une procédure de sauvegarde
- Soit une procédure de surendettement
Cette demande indique les difficultés que l'entreprise rencontre et les raisons pour lesquelles elle n'est pas en mesure de les surmonter.
Dans tous les cas, c'est le tribunal de commerce qui décide de la procédure en fonction de la situation financiÚre du chef d'entreprise.
Lorsque les dettes personnelles et les dettes professionnelles sont bien distinctes, le tribunal de commerce ouvre une procédure de sauvegarde pour traiter le passif professionnel et saisit la commission de surendettement pour le passif personnel. L'accord du chef d'entreprise est nécessaire.
Sinon, la procédure de sauvegarde traitera à la fois le passif professionnel et le passif personnel.
La demande d'ouverture est accompagnée des documents suivants :
- Comptes annuels du dernier exercice
- Extrait K-bis ou attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises (RNE)
- Situation de trésorerie
- Compte de résultat prévisionnel
- Nombre des salariés employés
- Ătat chiffrĂ© des crĂ©ances et des dettes
- Ătat actif et passif des sĂ»retĂ©s et Ă©tat des engagements hors bilan
- Inventaire sommaire des biens, droits et obligations de l'entreprise (en distinguant ceux du patrimoine professionnel et ceux du patrimoine personnel). Les actes de renonciation à la protection du patrimoine personnel sont également mentionnés en précisant le nom du créancier concerné et le montant de l'engagement.
- Nom et adresse des représentants de la délégation du personnel du comité social et économique (CSE) s'ils ont déjà été désignés
- Attestation sur l'honneur certifiant l'absence de mandat ad hoc ou de conciliation dans les 18 mois précédant la date de la demande
La demande d'ouverture de la procĂ©dure de sauvegarde doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e ou envoyĂ©e en 2 exemplaires au tribunal de commerce ou au tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).
En effet, depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.
Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :
Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.
Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.
Pour en savoir plus sur les TAE, vous pouvez consulter la page suivante :
Entreprises en difficulté : désignation et instauration des tribunaux des activités économiques
Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre
Pour demander l'ouverture d'une procédure de sauvegarde, l'entrepreneur individuel doit remplir le formulaire de demande d'ouverture suivant :
Cette demande indique les difficultés que l'entreprise rencontre et les raisons pour lesquelles elle n'est pas en mesure de les surmonter.
Il doit préciser dans ce formulaire la procédure souhaitée :
- Soit une procédure de sauvegarde
- Soit une procédure de surendettement
Dans tous les cas, c'est le tribunal judiciaire qui décide de la procédure en fonction de la situation financiÚre du chef d'entreprise.
Lorsque les dettes personnelles et les dettes professionnelles sont bien distinctes, le tribunal judiciaire ouvre une procédure de sauvegarde pour traiter le passif professionnel et saisit la commission de surendettement pour le passif personnel. L'accord du chef d'entreprise est nécessaire.
Sinon, la procédure de sauvegarde traitera à la fois le passif professionnel et le passif personnel.
La demande d'ouverture est accompagnée des documents suivants :
- Comptes annuels du dernier exercice
- Attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises (RNE)
- Situation de trésorerie
- Compte de résultat prévisionnel
- Nombre des salariés employés
- Ătat chiffrĂ© des crĂ©ances et des dettes
- Ătat actif et passif des sĂ»retĂ©s et Ă©tat des engagements hors bilan
- Inventaire sommaire des biens, droits et obligations de l'entreprise (en distinguant ceux relevant du patrimoine professionnel et ceux relevant du patrimoine personnel). Les actes de renonciation à la protection du patrimoine personnel sont également mentionnés en précisant le nom du créancier concerné et le montant de l'engagement.
- Nom et adresse des représentants de la délégation du personnel du comité social et économique (CSE) s'ils ont déjà été désignés
- Attestation sur l'honneur certifiant l'absence de mandat ad hoc ou de conciliation dans les 18 mois précédant la date de la demande
- Désignation de l'ordre professionnel ou de l'autorité dont dépend l'entreprise
Cette requĂȘte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e au tribunal judiciaire ou au tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).
En effet, depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux judiciaires de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.
Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :
Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.
Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.
Le tribunal judiciaire est compétent pour les professions réglementées du droit suivantes : avocats, notaires, commissaires de justice, greffiers de tribunal de commerce, administrateurs judiciaires et les mandataires judiciaires.
Pour en savoir plus sur les TAE, vous pouvez consulter la page suivante :
Entreprises en difficulté : désignation et instauration des tribunaux des activités économiques
Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre
Le tribunal se prononce sur l'ouverture de la procédure aprÚs avoir entendu l'entrepreneur individuel et les représentants du CSE. Il peut charger un juge de recueillir tous les renseignements sur la situation financiÚre, économique et sociale de l'entreprise. S'il estime la demande fondée, il ouvre la procédure.
Le jugement d'ouverture de la sauvegarde est mentionné au RNE et au RCS s'il s'agit d'un commerçant.
Le greffier du tribunal procĂšde Ă la publication d'un avis du jugement d'ouverture au Bodacc. Il publie le mĂȘme avis dans un support d'annonces lĂ©gales (Shal) du lieu oĂč l'entreprise a son siĂšge. Ces publicitĂ©s sont faites dans les 15 jours de la date du jugement.
Le jugement d'ouverture nomme les organes de la procédure et ouvre une période d'observation durant laquelle l'entreprise continue son activité.
Lorsque l'entreprise relÚve du secteur libéral réglementé (par exemple, architecte, médecin), le tribunal doit entendre l'ordre professionnel ou l'instance dont il dépend.
Lors du jugement d'ouverture de la procédure de sauvegarde, le tribunal désigne les différents intervenants à la procédure :
- Mandataire judiciaire
- Administrateur judiciaire
- Juge-commissaire
Le tribunal invite le comité social et économique (CSE) lorsqu'il existe, à désigner un représentant parmi les salariés de l'entreprise.
Mandataire judiciaire
Le mandataire judiciaire est chargé de la vérification du passif. à ce titre, il reçoit les déclarations des créanciers et établit la liste des créances déclarées avec ses propositions d'admission, de rejet. C'est le juge-commissaire qui décide du sort de la créance. Le relevé des créances salariales est adressé au mandataire judiciaire pour vérification.
Le mandataire judiciaire est rĂ©munĂ©rĂ© par l'entreprise. Cette rĂ©munĂ©ration est fixĂ©e par un arrĂȘtĂ© pour chacune des missions (par exemple, vĂ©rification des crĂ©ances).
Administrateur judiciaire
La dĂ©signation d'un administrateur judiciaire est obligatoire lorsque l'entreprise a au moins 20 salariĂ©s et un chiffre d'affaires qui dĂ©passe 3 millions  âŹHT.
Le tribunal le charge de l'une des missions suivantes :
- Surveillance de l'entreprise en difficulté dans sa gestion
- Assistance pour tous les actes de gestion ou pour certains d'entre eux
Le tribunal peut le charger d'assister le dirigeant ou bien d'assurer seul, entiĂšrement ou en partie, l'administration de l'entreprise.
Il établit un bilan économique et social de l'entreprise.
L'administrateur judiciaire est rĂ©munĂ©rĂ© par l'entreprise. Cette rĂ©munĂ©ration est fixĂ©e par un arrĂȘtĂ© pour chacune des missions (par exemple, mission d'assistance, Ă©laboration du bilan social et Ă©conomique). La rĂ©munĂ©ration dĂ©pend Ă©galement du nombre de salariĂ©s et du chiffre d'affaires de l'entreprise.
Juge-commissaire
Il est un membre du tribunal de commerce chargĂ© de veiller Ă la protection des intĂ©rĂȘts de chaque partie et au bon dĂ©roulement de la procĂ©dure.
Le juge-commissaire peut notamment autoriser l'entreprise en difficulté à effectuer les actes suivants :
- Réaliser des actes de disposition. Ce sont des actes qui engagent le patrimoine de l'entreprise, pour le présent ou l'avenir (exemples : vente d'un immeuble, conclusion d'un emprunt, donation). Ils entraßnent une transmission de droits qui peut diminuer la valeur du patrimoine.
- Souscrire une sûreté réelle (par exemple une hypothÚque) en garantie d'une créance postérieure à l'ouverture de la procédure.
Cette période d'observation sert à effectuer un bilan économique et social de l'entreprise. Elle permet aussi d'étudier les possibilités de rétablissement et d'élaborer un projet de plan de sauvegarde.
La durée de la période d'observation est de 12 mois maximum (6 mois renouvelable une fois pour une durée maximale de 6 mois à la demande de l'administrateur judiciaire , de l'entreprise en difficulté ou du ministÚre public).
Lorsqu'il apparaßt que l'entreprise était déjà en cessation des paiements avant l'ouverture de la procédure de sauvegarde, le tribunal doit convertir la sauvegarde en procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire.
L'ouverture d'une période d'observation a des conséquences pour le chef d'entreprise et pour les créanciers.
Situation du chef d'entreprise
Le jugement d'ouverture de la sauvegarde ouvre une pĂ©riode d'observation durant laquelle l'entrepreneur reste Ă la tĂȘte de son entreprise et poursuit l'activitĂ© de l'entreprise. Toutefois, lorsqu'un administrateur judiciaire est dĂ©signĂ©, celui-ci est chargĂ© de le surveiller ou de l'assister pour tous les actes de gestion courante ou pour certains d'entre eux.
Les contrats en cours au moment de l'ouverture de la procédure (par exemple, contrat de franchise ou de crédit- bail) se poursuivent sur décision de l'administrateur judiciaire.
L'entrepreneur doit ĂȘtre en mesure de payer ses salariĂ©s. En effet, le rĂ©gime de la garantie des salaires (AGS) ne prend pas en charge les salaires d'une entreprise en procĂ©dure de sauvegarde.
Il établit un inventaire des biens et la liste des créanciers de l'entreprise.
DÚs l'ouverture de la procédure de sauvegarde, l'entrepreneur ne peut plus modifier la composition de son patrimoine professionnel si cela entraßne une diminution de l'actif.
Situation des créanciers
L'ouverture d'une procédure de sauvegarde affecte tous les créanciers. Les conséquences sont différentes selon que leur créance est apparue avant ou aprÚs le jugement d'ouverture.
Lâouverture de la sauvegarde a les effets suivants :
lnterdiction pour l'entreprise en difficulté de payer toute créance antérieure au jugement d'ouverture. En pratique, cela signifie que l'entreprise ne paie plus ses créances à partir de l'ouverture du jugement de sauvegarde. Les créanciers doivent donc effectuer une déclaration de leurs créances auprÚs du mandataire judiciaire pour pouvoir obtenir le rÚglement de leurs créances.
Suspension des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs. La caution ne peut pas ĂȘtre poursuivie pendant la pĂ©riode d'observation.
ArrĂȘt des poursuites : Ă compter du jugement dâouverture, la caution ne peut pas ĂȘtre poursuivie. A la fin de de la pĂ©riode dâobservation, la caution peut Ă nouveau ĂȘtre poursuivie lorsqu'une Ă©chĂ©ance du plan de sauvegarde n'est pas payĂ©e.
ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations. Les cautions (personnes physiques) de l'entreprise en difficultĂ© peuvent bĂ©nĂ©ficier de l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts. En revanche, les prĂȘts d'une durĂ©e Ă©gale ou supĂ©rieure Ă une annĂ©e ne sont pas concernĂ©s par l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts.
Les créanciers doivent déclarer leurs créances auprÚs du mandataire judiciaire, dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr). Pour en savoir plus sur la déclaration de créance, se reporter à la fiche dédiée.
En principe, l'entreprise en difficulté ne paie pas les créances qui apparaissent aprÚs le jugement d'ouverture de la procédure de sauvegarde.
En pratique, les apports en trĂ©sorerie apportĂ©s aprĂšs le jugement d'ouverture doivent ĂȘtre remboursĂ©s avant toutes les autres crĂ©ances. C'est que qu'on appelle le privilĂšge de sauvegarde.
Cependant, les créances salariales font exception à cette rÚgle et sont toujours payés en priorité.
D'autres créances sont également payées à leur échéance :
- Créances nécessaires au déroulement de la procédure ou de la période d'observation (par exemple, paiement d'une livraison d'un bien nécessaire à l'activité de la société)
- Contrepartie d'une prestation fournie à l'entreprise en difficulté pendant cette période (par exemple, paiement de travaux de plomberie)
- Créances alimentaires
Pour favoriser la poursuite de l'activité de l'entreprise, le juge-commissaire peut également autoriser le paiement des factures des transporteurs.
Selon lâĂ©tat de la situation de lâentreprise, la procĂ©dure de sauvegarde peut prendre l'une des trois issues suivantes :
- Adoption dâun plan de sauvegarde
- Transformation de la procédure en redressement judiciaire
- Retour Ă la normale du fait de la disparition des causes ayant justifiĂ© lâouverture de la procĂ©dure
Le chef d'entreprise, avec l'aide de l'administrateur judiciaire, propose un projet de plan de sauvegarde qui fixe les perspectives de redressement. La mise en place du projet de plan impose aux créanciers des délais de paiement ou des remises de dettes. Ce plan est soumis au vote des créanciers.
C'est le tribunal qui arrĂȘte le plan de sauvegarde.
Ce plan ne peut pas durer plus de 10 ans. Il peut comporter l'arrĂȘt, l'adjonction ou la cession d'une ou de plusieurs activitĂ©s. Le tribunal peut Ă©galement dĂ©cider que les biens qu'il estime indispensables Ă la continuation de l'activitĂ© ne pourront pas ĂȘtre vendus pendant un certain temps.
Si l'adoption d'un plan de sauvegarde est manifestement impossible et que la clÎture de la procédure conduirait de maniÚre certaine à la cessation des paiements, le tribunal peut convertir la procédure de sauvegarde en redressement ou en liquidation judiciaire.
Dans de trÚs rares cas, la situation de l'entreprise au cours de la procédure de sauvegarde s'améliore et le tribunal peut mettre fin à la procédure de sauvegarde. Dans cette hypothÚse, les créanciers sont réglés et l'entreprise reprend son activité normalement.
| Sauvegarde | Redressement judiciaire | Liquidation judiciaire | |
| Cessation des paiements | Non | Oui | Oui |
| CaractÚre obligatoire de la procédure | Non | Oui | Oui |
| Initiative de la procĂ©dure | Uniquement le chef d'entreprise | Une des personnes suivantes :Chef d'entrepriseCrĂ©ancier (Urssaf par exemple)MinistĂšre public (sur requĂȘte) | Une des personnes suivantes :Chef d'entrepriseCrĂ©ancier (Urssaf par exemple)MinistĂšre public (sur requĂȘte) |
| Situation de l'entreprise | DifficultĂ©s juridiques, sociales, Ă©conomiques ou financiĂšres « insurmontables » | Cessation des paiements | Cessation des paiements et redressement de lâentreprise manifestement impossible |
| Organes de la procĂ©dure nommĂ©s par le tribunal | Mandataire judiciaire : il reprĂ©sente les crĂ©anciersAdministrateur judiciaire  (pour les entreprises dâune certaine importance) : il surveille ou assiste l'entreprise dans sa gestion.Juge-commissaire : il veille Ă la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure. | Mandataire judiciaire : il reprĂ©sente les crĂ©anciers.Administrateur judiciaire (pour les entreprises dâune certaine importance) : il assiste l'entreprise dans sa gestion.Juge-commissaire : il veille Ă la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure. | Liquidateur : il est chargĂ© de vĂ©rifier les crĂ©ances, de vendre les actifs et de procĂ©der aux licenciements et au paiement des crĂ©anciers.Juge-commissaire : il veille Ă la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure. |
| Durée de la période d'observation | 12 mois maximum | 18 mois maximum | Pas de période d'observation |
| CoĂ»t | Honoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire Ă la charge de l'entreprise.Frais de greffe | Honoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire Ă la charge de l'entreprise.Frais de greffe | Honoraires du liquidateur Ă la charge de lâentreprise. Ils sont pris en charge par la Caisse des dĂ©pĂŽts et consignations si lâentreprise ne dispose pas de fonds.Frais de greffe |
| ConsĂ©quences du jugement d'ouverture | ArrĂȘt des paiementsInterdiction des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs.ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 1 an. | ArrĂȘt des paiementsInterdiction des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs.ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 1 an. | ArrĂȘt immĂ©diat de l'activitĂ© (maintien parfois autorisĂ© par le tribunal pour 6 mois maximum)Chef d'entreprise perd son pouvoir de direction au profit du liquidateur.Fin des contrats de travailInterdiction des poursuites contre l'entreprise pour des sommes dues et non remboursĂ©esArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 1 an. |
| Objectifs | Faciliter la rĂ©organisation de l'entreprisePermettre la poursuite de l'activitĂ© Ă©conomiqueMaintenir l'emploiApurement du passif | Permettre la poursuite de l'activitĂ© de l'entrepriseMaintenir l'emploiApurement du passifOrganiser la cession de toute lâentreprise ou dâune partie de celle-ci | Fermer l'entrepriseRembourser les crĂ©anciersOrganiser la cession de toute lâentreprise ou dâune partie de celle-ci |
| Fin de la pĂ©riode d'observation | La pĂ©riode d'observation se termine de l'une des façons suivantes :ClĂŽture de la sauvegarde car disparition des difficultĂ©s de l'entreprise au cours de la pĂ©riode d'observation (rare en pratique)Adoption d'un plan de sauvegarde pour 10 ans maximum qui met fin Ă la pĂ©riode d'observation.Redressement ou liquidation judiciaire si pas de possibilitĂ© pour l'entreprise d'ĂȘtre sauvegardĂ©e | La pĂ©riode d'observation se termine de l'une des façons suivantes :ClĂŽture du redressement judiciaire si l'entreprise a remboursĂ© tous ses crĂ©anciers (trĂšs rare en pratique)Adoption d'un plan de redressement pour 10 ans maximum. Le plan peut prĂ©voir la cession d'une ou de plusieurs activitĂ©s.Liquidation judiciaire si le redressement est manifestement impossible | Ă la fin des opĂ©rations de liquidation, le tribunal prononce l'un des jugements suivants :ClĂŽture de la liquidation pour extinction du passif lorsque le liquidateur a pu rembourser tous les crĂ©anciers (trĂšs rare en pratique)ClĂŽture de la liquidation pour insuffisance d'actifs lorsque l'entreprise n'a plus assez d'argent pour rembourser l'ensemble des crĂ©anciers. |
La procédure de sauvegarde accélérée et la liquidation judiciaire simplifiée ne sont pas traitées dans ce tableau.
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Textes de référence
- Code de commerce : articles L620-1 Ă L627-4 â ProcĂ©dure de sauvegarde
- Code de commerce : articles R621-1 Ă R628-13 â Demande d'ouverture de la procĂ©dure de sauvegarde et publicitĂ© du jugement d'ouverture (art R. 621-1 Ă R. 621-8)
- Code de commerce : articles A663-4 Ă A663-13 â RĂ©munĂ©ration de l'administrateur judiciaire
- Code de commerce : articles A663-18 Ă A663-29 â RĂ©munĂ©ration du mandataire judiciaire et du liquidateur
- Loi n°2023-1059 du 20 novembre 2023 sur l'orientation et la programmation du ministĂšre de la justice â Article 23 sur l'expĂ©rimentation des TAE
- ArrĂȘtĂ© du 5 juillet 2024 relatif Ă l'expĂ©rimentation du tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques â Liste des 12 tribunaux des activitĂ©s Ă©conomiques
