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Contrat de bail commercial
Le bail commercial est un contrat de location d'un local dans lequel est exercée une activité commerciale, industrielle ou artisanale. Le local doit servir à l'exploitation d'un fonds de commerce. En signant un bail commercial, le locataire (preneur) et le bailleur (propriétaire) bénéficient automatiquement d'un ensemble de rÚgles qu'on appelle le « statut des baux commerciaux ».
Le statut des baux commerciaux est un ensemble de rĂšgles qui s'applique automatiquement au contrat de bail commercial.
Il permet au locataire de bénéficier de différents avantages : le droit au renouvellement du bail au bout de 9 ans, le versement d'une indemnité d'éviction en cas de non-renouvellement ou la révision du loyer tous les 3 ans ou en fonction d'une clause d'échelle mobile.
Pour que le statut du bail commercial s'applique, les 4 conditions suivantes doivent ĂȘtre rĂ©unies :
- Existence d'un contrat de bail
- Contrat concernant un immeuble ou un local Ă usage commercial, artisanal ou industriel
- Exploitation d'un fonds de commerce dans le local
- Immatriculation du locataire du bail au RCS ou au RNE
Le statut des baux commerciaux s'applique aussi sous certaines conditions aux établissements d'enseignement, services communaux exploités en régie, aux entreprises publiques et Epic et à certaines sociétés coopératives.
Le contrat prévoit l'obligation pour le bailleur de mettre à disposition du locataire un local à usage commercial. En contrepartie, le locataire paie un loyer.
Il s'agit généralement d'un bail commercial.
Il est possible d'exploiter une activitĂ© commerciale ou artisanale dans un contrat autre que le bail commercial. Ce peut ĂȘtre un contrat de location saisonniĂšre ou un bail dĂ©rogatoire (ou bail de courte durĂ©e).
En principe, les professions libérales signent un bail professionnel. Lorsque le bailleur et le locataire (qui est un professionnel libéral) sont d'accord, ils peuvent placer volontairement le bail professionnel sous le régime du bail commercial.
Le contrat de bail doit porter sur un « immeuble » ou un « local », c'est-à -dire une construction présentant un caractÚre « stable et permanent ». Le locataire doit avoir l'assurance de pouvoir rester en possession des lieux loués pendant toute la durée du contrat, sans que le bailleur puisse le déplacer selon son bon vouloir.
Les terrains nus ne sont pas concernés par le statut des baux commerciaux. En revanche, en cas de constructions sur ce terrain nu avec le consentement écrit du bailleur (par exemple : court de tennis avec vestiaires), ces constructions bénéficient du statut des baux commerciaux.
Les boutiques Ă lâintĂ©rieur des centres commerciaux et des grandes surfaces bĂ©nĂ©ficient du statut des baux commerciaux. En revanche, les emplacements (par exemple un stand) doivent respecter les 2 conditions suivantes :
- Le stand ou lâespace allouĂ© est considĂ©rĂ© comme stable et permanent.
- Lâexploitant bĂ©nĂ©ficie dâune clientĂšle propre.
Dans les locaux accessoires (par exemple : un dépÎt ou un entrepÎt) peuvent bénéficier du statut des baux commerciaux s'ils respectent les conditions suivantes :
- Les locaux sont indispensables Ă lâexploitation du fonds de commerce
- Les locaux appartiennent au bailleur du local commercial
La conclusion d'un bail commercial est possible uniquement si le local est à usage commercial, c'est-à -dire affecté à l'exercice d'une activité commerciale, artisanale ou industrielle :
- L'activitĂ© commerciale correspond Ă l'accomplissement d'actes de commerce comme l'achat de biens pour les revendre. La vente de vĂȘtements, de livres ou de produits alimentaires sont des activitĂ©s commerciales.
- L'activité artisanale est une activité professionnelle indépendante de production, de transformation de réparation ou de prestations de services. Les métiers de coiffeur, chocolatier ou boucher sont des activités artisanales.
- L'activité industrielle se définit ici comme une activité de transformation de matiÚres premiÚres (par exemple, les métiers du bois, du papier, de l'électronique).
Un local d'habitation peut ĂȘtre louĂ© Ă un commerçant Ă condition d'ĂȘtre transformĂ© en local commercial. Pour cela , il faut demander une autorisation de changement d'usage auprĂšs de la mairie de la commune du lieu oĂč est situĂ© le local.
Le statut des baux commerciaux s'applique si un fonds de commerce est exploité dans les lieux. Le fonds doit appartenir à un commerçant ou à une entreprise immatriculée au RCS ou au RNE.
Le fonds de commerce est composĂ© Ă la fois d'Ă©lĂ©ments corporels (mobilier commercial, matĂ©riel et outillage servant Ă lâexploitation du fonds) et d'Ă©lĂ©ments incorporels (clientĂšle, nom commercial, enseigne, droit au bail, marques de fabrique, brevets dâinventions, licences ).
L'existence d'une clientÚle propre au fonds de commerce constitue l'élément fondamental. La clientÚle est l'ensemble des personnes qui viennent se fournir chez un commerçant ou un artisan en raison de son habilité, de son savoir-faire, des produits ou marchandises qu'il vend.
Le locataire peut cependant choisir d'exploiter son fonds de commerce en location-gérance. Dans ce cas, le locataire du bail garde le droit au renouvellement du bail commercial et le locataire-gérant n'en bénéficie pas.
Le fonds doit ĂȘtre exploitĂ© de façon effective, c'est-Ă -dire de façon rĂ©elle, rĂ©guliĂšre et conforme Ă la destination du bail.
Pour bĂ©nĂ©ficier du droit au renouvellement du bail commercial, le fonds de commerce doit avoir Ă©tĂ© effectivement exploitĂ© au cours des 3 annĂ©es qui prĂ©cĂšdent la date dâexpiration du bail ou de sa prolongation.
Le locataire doit ĂȘtre immatriculĂ© au RCS ou au RNE. Toutefois, cette condition est nĂ©cessaire pour obtenir le renouvellement du bail Ă l'Ă©chĂ©ance.
L'inscription au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s ou au RNE doit ĂȘtre effectuĂ©e par toutes les personnes qui exercent une activitĂ© commerciale.
L'inscription au RNE, secteur des métiers et de l'artisanat est obligatoire pour les personnes physiques ou les sociétés qui exercent une activité artisanale et qui n'emploient pas plus de 10 salariés.
Si plusieurs locataires exploitent le fonds de commerce, chacun d'eux doit ĂȘtre immatriculĂ© au RCS ou au RNE.
Il n'y a pas de forme obligatoire pour la conclusion d'un contrat de bail commercial.
Le bail commercial peut ĂȘtre un bail verbal, un bail Ă©crit (non enregistrĂ© auprĂšs d'un notaire) ou un bail notariĂ©.
Le bail verbal, c'est-Ă -dire consenti oralement, est possible. Mais il ne permet pas de porter Ă la connaissance du locataire les informations d'ordre environnemental ni le montant ses charges respectives du bailleur et du locataire.
En pratique, le bail commercial est donc le plus souvent établi par écrit afin d'apporter la preuve de l'existence du contrat. L'écrit permet de définir clairement les obligations de chacune des parties et de définir les charges que doivent supporter le bailleur et le locataire. Il permet aussi de porter à la connaissance du locataire les obligations environnementales.
Le bail écrit est établi soit sur un support papier soit sur un support électronique.
Le bail commercial est obligatoirement rédigé par un notaire (on parle d'acte authentique) dans les 2 cas suivants :
- Lorsque la durée du bail dépasse 12 ans.
- Lorsque le bail concerne un débit de boissons, c'est-à -dire un bar, un restaurant, un supermarché, une épicerie ou un caviste.
Les frais dâĂ©tablissement du contrat de bail et ses avenants sont gĂ©nĂ©ralement Ă la charge du locataire.
Avant la conclusion du contrat de bail, le bailleur a l'obligation d'informer le locataire sur l'Ă©tat des risques de la zone oĂč se situe le local. Dans l'annonce immobiliĂšre de location du bien, le bailleur indique au locataire qu'il peut avoir accĂšs Ă l'Ă©tat des risques de la zone concernĂ©e sur un site spĂ©cifique.
Le bail commercial comporte des mentions obligatoires et des clauses qui peuvent ĂȘtre nĂ©gociĂ©es entre le bailleur et le locataire.
Lorsque le contrat de bail commercial est écrit, il doit obligatoirement contenir certains éléments : c'est ce qu'on appelle les dispositions impératives du statut des baux commerciaux.
Il s'agit des mentions suivantes :
- Identité et capacité du bailleur et du locataire : si le bailleur est une société commerciale, il faut vérifier que le dirigeant ou le gérant a la capacité de signer le bail
- DĂ©signation des locaux : locaux dĂ©crits de façon prĂ©cise avec adresse exacte. Les conditions d'accĂšs aux locaux peuvent ĂȘtre prĂ©cisĂ©es (pour la livraison des marchandises). Les issues de secours, dĂ©pendances et locaux annexes (greniers, caves et garages) doivent ĂȘtre mentionnĂ©s et dĂ©crits prĂ©cisĂ©ment.
- Durée du bail
- Type de commerce ou d'activitĂ©s que le locataire est autorisĂ© Ă exercer dans le local : on parle de « clause de destination ». Cette destination des lieux doit ĂȘtre respectĂ©e pendant toute la durĂ©e du bail. Si le locataire souhaite changer d'activitĂ©, il doit utiliser une procĂ©dure particuliĂšre appelĂ©e dĂ©spĂ©cialisation.
- Montant du loyer et date de paiement du loyer (mensuel ou trimestriel). Il faut aussi préciser le mode de révision du loyer : soit triennale soit en fonction d'une clause d'indexation
- Si un dépÎt de garantie est prévu, il faut préciser son montant et la date de son encaissement
- Répartition des charges, impÎts, taxes entre le locataire et le bailleur
- Conditions pour donner congé et mettre fin au bail commercial
Le bailleur et le locataire peuvent s'entendre sur certains éléments. Il s'agit notamment des éléménts suivants :
- Sous-location : le bailleur peut autoriser la sous-location à certaines conditions.
- Cession du bail : le bailleur peut interdire au locataire de céder son bail seul. En revanche, il ne peut pas interdire cette cession lorsque le locataire vend son fonds de commerce.
- Clause d'exclusivité : elle interdit au bailleur de louer dâautres locaux, dans le mĂȘme bĂątiment ou ensemble commercial, Ă des entreprises exerçant une activitĂ© concurrente de celle du locataire.
Le bailleur doit annexer au contrat de bail commercial les documents suivants :
- Ătat des lieux
- Inventaire des charges, impÎts, taxes et redevances fourni par le propriétaire lié au bail conclu ou renouvelé depuis le 5 novembre 2014
- Liste des travaux réalisés depuis 3 ans et ceux prévus pour les 3 années à venir
- Diagnostic de performance énergétique (DPE)
- Diagnostic de l'Ă©tat des risques naturels, miniers et technologiques (ERNMT) Ă©galement appelĂ© diagnostic de l'Ă©tat des risques et pollutions (ERP). Ce document doit ĂȘtre datĂ© de moins de 6 mois
- DĂ©claration et suivi des consommations d'Ă©nergie des bĂątiments dĂ©diĂ©s aux activitĂ©s tertiaires de plus de 1 000 m2Â
- Annexe environnementale pour les surfaces supĂ©rieures ou Ă©gales Ă 2 000 m2Â
Le diagnostic technique amiante n'est pas obligatoirement annexĂ© mais il doit ĂȘtre tenu Ă jour par le bailleur et mis Ă disposition du locataire.
Un Ă©tat des lieux doit ĂȘtre Ă©tabli par le bailleur et le locataire lors de la prise de possession des locaux par le locataire. Il peut aussi ĂȘtre Ă©tabli par un tiers mandatĂ© par l'une ou les deux parties.
Il doit présenter avec précision l'état de chaque piÚce et les équipements contenus dans le local commercial.
Si les parties ne sont pas d'accord, un commissaire de justice (ex huissier de justice) peut l'établir. Dans ce cas, le bailleur et le locataire paient chacun la moitié des frais d'établissement de l'état des lieux.
Le contrat de bail est généralement signé avant l'entrée dans les lieux. De son cÎté, l'état des lieux est obligatoirement établi lors de l'entrée dans les locaux. Il est donc joint au contrat de bail qui a été signé.
Un état des lieux de sortie est rédigé lors de la restitution des locaux, lors de la cession du droit au bail commercial, de la cession ou de la transmission à titre gratuit du fonds de commerce dans le cadre d'une donation ou d'une succession.
Lorsqu'un état des lieux n'a pas été fait lors de l'entrée dans les lieux, on considÚre les lieux étaient en bon état de réparations locatives. Le bailleur doit cependant prouver qu'il a tout fait pour réaliser un état des lieux.
pour les baux conclus avant le 20 juin 2014, un Ă©tat des lieux doit ĂȘtre Ă©tabli lors de la restitution du local uniquement si un Ă©tat des lieux a Ă©tĂ© effectuĂ© au moment de la prise de possession.
Un inventaire des charges, des impĂŽts, des taxes et redevances doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©. La loi ne prĂ©cise pas l'emplacement de cet inventaire. Il peut donc figurer dans le contrat de bail ou faire l'objet d'une annexe distincte.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche sur la répartition des charges entre le bailleur et le locataire.
Le bailleur doit annexer au contrat de bail les éléments suivants :
- Exposé des travaux qu'il envisage de réaliser au cours des 3 prochaines années, avec un budget prévisionnel
- Ătat rĂ©capitulatif des travaux qu'il a rĂ©alisĂ©s au cours des 3 annĂ©es prĂ©cĂ©dentes en prĂ©cisant leurs montants
Le bailleur doit également informer le locataire tous les 3 ans sur ces éléments.
Le diagnostic de performance Ă©nergĂ©tique (DPE) doit ĂȘtre annexĂ© au contrat de bail commercial.
Il comporte les éléments suivants :
- Quantité d'énergie effectivement consommée ou estimée
- Ămissions de gaz Ă effet de serre pour une utilisation standardisĂ©e du bĂątiment ou d'une partie de bĂątiment
- Information sur les conditions d'aération ou de ventilation.
Certains locaux ne sont pas concernés par le DPE. Il s'agit des locaux suivants :
- Certains bĂątiments indĂ©pendants d'une surface infĂ©rieure Ă 50 mÂČ
- Locaux Ă usage artisanal ou industriel, dans lesquels le systĂšme de chauffage, de refroidissement ou de production dâeau chaude pour lâoccupation humaine consomme une faible quantitĂ© dâĂ©nergie
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche d'information sur le diagnostic de performance énergétique (DPE).
Le diagnostic de l'ERNMT ou diagnostic de l'état des risques et pollutions (ERP) n'est pas obligatoire pour tous les locaux. Il concerne uniquement les locaux situés dans une zone spécifique. Il s'agit d'une des zones suivantes :
- Zone couverte par un plan de prévention des risques technologiques
- Zone couverte par un plan de prévention des risques naturels prévisibles
- Zone de sismicité
- Zone Ă potentiel radon (gaz radioactif) significatif
- Zone exposée au recul du trait de cÎte
- Zone concernée par les obligations de débroussaillement et de maintien en l'état débroussaillé.
Lorsque le local est situĂ© dans une zone spĂ©cifique, ce document doit ĂȘtre annexĂ© au bail commercial et dater de moins de 6 mois.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter la fiche d'information sur l'état des risques (diagnostic immobilier).
Lorsqu'il existe un risque de pollution des sols, le propriĂ©taire du terrain doit informer le locataire par Ă©crit. Une information sur les risques de pollution des sols doit ĂȘtre annexĂ©e au contrat de bail.
Les propriétaires des bùtiments ou des parties de bùtiments dépassant 1 000 m2 et dédiés aux activités tertiaires doivent transmettre annuellement leurs consommations d'énergie via la plateforme OPERAT.
Cette plateforme permet de générer une attestation numérique annuelle.
En cas de location d'un local commercial, le propriétaire doit annexer au contrat de bail, à titre d'information, la derniÚre attestation numérique annuelle.
Pour en savoir plus, vous pouvez notre fiche sur la réduction de la consommation d'énergie dans les bùtiments à usage tertiaire.
Un bail commercial qui porte sur un local de plus de 2 000 m2 Ă usage de bureaux ou de commerces doit comporter une annexe environnementale. Elle doit ĂȘtre annexĂ©e au contrat de bail par le bailleur.
L'annexe environnementale (dite annexe verte) contient les informations suivantes :
- Descriptif des caractéristiques énergétiques des équipements et des systÚmes du bùtiment et des locaux loués (traitement des déchets, chauffage, refroidissement, ventilation, éclairage...)
- Consommation annuelle d'eau et d'énergie de ces équipements et systÚmes
- Quantité annuelle de déchets générée
Cette annexe peut prévoir des obligations pour limiter la consommation énergétique des locaux.
Plusieurs objectifs peuvent figurer dans l'annexe verte. Par exemple : travaux d'entretien, plan de réduction de la consommation d'eau, réduction des émissions de gaz à effet de serre.
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Textes de référence
- Code de commerce : articles L145-1 Ă L145-3 â Champ d'application du bail commercial
- Code de l'environnement : article L125-5 â Diagnostic Ă©tat des risques naturels, miniers et technologiques (ERNMT) ou diagnostic de l'Ă©tat des risques et pollutions (ERP
- Code de l'environnement : article L125-9 â Annexe verte
- Code de la construction et de l'habitation : articles L126-23 Ă L126-35-1 â Diagnostics divers
- Code de la construction et de l'habitation : articles R137-1 Ă R137-3 â Obligation de fournir l'annexe environnementale
Voir aussi
- Diagnostic immobilier : diagnostic de performance énergétique (DPE)
- Diagnostic immobilier : état des risques
- Prévenir les risques naturels et technologiques pouvant impacter son activité
- Bail commercial : fixer et réviser le loyer
- Résilier un bail commercial
- Sous-location du bail commercial
- Bail commercial : charges et dépenses du locataire et du bailleur
- Réduction de la consommation d'énergie dans les bùtiments à usage tertiaire
