L'église Saint-Pierre


Notre village comprenait deux paroisses, particularité assez étrange dans une petite localité.

Saint-Jacques était considéré comme l’église principale, ayant sur son territoire la majeure partie du village, y compris la maison commune, l’hôpital et le presbytère. Les paroissiens de Saint-Jacques étaient en grande majorité issue « de la population laborieuse », laboureurs, tisserands, etc … mais aussi des familles « nobles » qui participaient à la vie et à gestion de leur paroisse au travers de la confrérie des pénitents blancs et de l’hôpital.

L’église Saint-Jacques était située à la jonction de la Grand’rue et de la rue Saint-Jacques. Elle était disposée parallèlement à la rue Saint-Jacques où se trouvait son entrée principale, elle occupait toute la largeur de la place jusqu’au Capitoul (la rue actuelle du Capitoul n’existait pas à cette époque).

A l’inverse Saint-Pierre, qui dans sa grande majorité, comptait parmi ses fidèles, des magistrats, avocats, seigneurs, marchands, propriétaires….. avait un territoire paroissial réduit.


L’existence de deux églises dans notre petite localité entretenait sans doute un esprit de rivalité que ne pouvaient admettre les autorités d’alors, plus soucieuse d’ordre, de stricte régularité, que du maintien de vieilles traditions locales.

Un arrêté du Préfet Trouvé (26 octobre 1804) sonna le glas de Saint-Jacques. Malgré l’acharnement des paroissiens pour conserver leur église, le décret impérial du 19 nivôse an XIII, (10 janvier 1805) confirma l’arrêt du préfet Trouvé.

La démolition de Saint-Jacques entraina des conflits, ont dû faire appel à la gendarmerie pour assurer la sécurité du chantier. Une partie des matériaux de Saint-Jacques ont été utilisés pour l’agrandissement se Saint-Pierre.


L’église Saint-Pierre peut être attribuée au XIVᵉ siècle. Extérieurement, de solides murailles en pierre appareillée, et une abside à sept côtés, mesurant 44.5 mètres sur 21 (prolongée de 11 mètres en 1807, avec des matériaux de Saint-Jacques) épaulée par de surpuissants contreforts.

A l’intérieur, le cintre brisé des arcs et des fenêtres, la forme arrondie en boudin avec baguette saillante, des nervures du chœur et des chapelles, les seules parties voûtées anciennement, indiquent bien les procédés de cette époque. La clef de voûte du chœur, plus soulignée offre la croix cantonnée de 12 pommettes, la croix de Toulouse, et une tête humaine tournée vers le fond de l’église.

L’ensemble donne une impression de régularité et de solidité, plutôt que d’élégance. La nef plus haute que large (12mx10m) étayée par des piliers prismatiques à peine dégrossis, paraît écrasée.


A l’extérieur l’église était enserrée par diverses constructions. Du côté de l’ouest, une maison faisait suite à la nef elle appartenait en 1682 à un noble François de Calouin. Contre l’abside étaient adossées des maisons et des locaux servant de boutiques ; l’une était la boucherie communale, l’autre renfermait les mesures. Une maison était blottie dans l'angle, entre la chapelle Saint-Jean et le mur du chœur ; on voit encore des traces de toiture.


Une partie du mobilier est classé (en date du 3 décembre 1965).

— Maître-autel, marbre de diverses couleurs et bois doré XVIIIᵉ siècle.

— Table de communion en fer forgé et tôle dorée XVIIIᵉ siècle.

— Chaire à prêcher en marbre de diverses couleurs XVIIIᵉ siècle.

— Deux bénitiers en marbre rose de Caunes-Minervois XVIIᵉ ou XVIIIᵉ siècle (un provenant de Saint-Jacques)

— Six chandeliers en cuivre XVIIᵉ siècle (conservés dans un lieu sécurisé)


D’après le recueil « Notes d’histoire locale de Villasavary »

Texte réalisé par L’association du patrimoine historique et Culturel de Villasavary

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